Archives de Catégorie: Contretemps

La cadence de nos pas est désormais rythmée par la perspective réelle du terminable

Comme pour de précédents numéros, je choisis de n’aborder que certains articles.

Daniel Tanuro analyse « La place du Trumpisme dans l’histoire ». Une élection qui ne être appréhendée comme un accident de parcours mais comme un « symptôme de quelque chose de plus profond ».

L’auteur souligne une dimension, souvent oubliée du capitalisme, « la contradiction croissante entre la rationalité partielle des entreprises et l’irrationalité globale du système ». Rationalité et irrationalité, « comprendre que l’irrationalité globale découle de la rationalité partielle du capital », place de la guerre dans « la rationalité partielle du capitalisme », incapacité du système à « juguler durablement ses contradictions », politiques répondant à certains éléments mais reportant « les échéances sans rien résoudre ». Lire la suite

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L’action politique à l’ère du terminable. Entre temps sociaux et temps historiques

Avec l’aimable autorisation de la revue ContreTemps

« Deux temps historiques, inconciliables, s’affrontaient dans cette lutte sans trêve possible, qui opposait l’homme des totems à l’homme de la théologie. Car, tout d’un coup, l’archipel en litige était devenu un archipel théologique. Les îles changeaient d’identité, s’intégraient dans le mystère. (…). Faisant un bond de milliers d’années, cette mer Méditerranée devenait l’héritière de l’autre Méditerranée, et recevait avec le blé et le latin, le vin et la vulgate, l’imposition des signes chrétiens. Les Caraïbes n’atteindraient jamais l’Empire des Mayas ; ils seraient arrêtés, race frustrée et blessée à mort, au meilleur moment de leur tenace effort séculaire. Et de leur grande migration manquée, qui avait débuté peut-être sur la rive gauche du fleuve des Amazones, quand la chronologie des autres indiquait un XIIIe siècle qui ne l’était que pour eux, il restait seulement sur les plages et les rivages la réalité des pétroglyphes caraïbes, jalons d’une épopée jamais écrite, avec ses êtres dessinés, encastrés dans la pierre, sous de fiers emblèmes solaires »1.

Des trajectoires historiques, inconnues l’une à l’autre, se sont rencontrées sous le signe d’un Nouveau Monde il y a désormais six siècles. L’une des accélérations rythmiques trouvées par ce temps devenu commun est donnée par la Révolution française aux couleurs vivement dépeintes dans cet ouvrage d’Alejo Carpentier. L’inconciliabilité des temps historiques s’est fondue dans une nouvelle histoire mondiale, celle où la nouveauté peut surgir toujours et partout, imprévisibilité des passions politiques des peuples2. Un temps historique, venu de la dynamique du capitalisme, semble avoir unifié l’histoire de l’humanité, créé un seul univers mental, tendu les esprits et les actions vers l’accumulation comme seul mode d’existence. Il est une part de vérité dans cette affirmation. Mais la fusion des temps historiques, battant aux rythmes de l’accumulation économique et de la possibilité du changement politique, n’a pas abattu les murs entre temps sociaux. L’inconciliabilité de ces temps – en tant que représentations du temps – qui rythment tel ou tel groupe, telle force sociale dominante ou dominée, et cette pluralité des rapports aux actions menées n’ont pas disparu. Elles conservent une prégnance sensible dans l’espace comme dans le temps3. Lire la suite

Contretemps n°33 : Sommaire



ÉDITO

Francis Sitel : Union européenne : péril en la demeure

DOSSIER : BOULEVERSEMENTS DU MONDE

Daniel Tanuro : La place du Trumpisme dans l’histoire

Ziad Majed : Syrie. La révolution orpheline, la révolution continue

Dominique Vidal Syrie : pourquoi la confusion ?

Emre Ongün : La Turquie au risque du naufrage

Pierre Rousset Entretien, Où va la Chine ?
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Dégager du commun du point de vue de la dénonciation et d’axes de solution

ct32Comme pour les précédents numéros, je n’aborde, choix très subjectif, que certains articles et certains points traités.

Un premier dossier : Vie intellectuelle et politique, composé de quatre textes. « Il s’agit de proposer quelques analyses qui toutes interrogent la définition même du travail intellectuel dans son lien à la politique, en s’attachant à élargir l’approche habituelle ». Lire la suite

Edito et sommaire de ContreTemps n°32 : Sous le signe de l’imprévisible…

Avec l’aimable autorisation de la revue

ct32Donald Trump n’était ni envisageable ni annoncé, et le voici président de l’État le plus puissant du monde : ses décisions et non-décisions vont agir sur le destin de la plupart des habitants de cette planète.

Son inexpérience politique, son inculture, sa vulgarité, loin de nuire à sa popularité auprès d’une grande partie des électeurs américains, ont été autant d’atouts lui assurant la victoire, d’abord à la primaire du Parti républicain puis à l’élection présidentielle.

De ses tares ont connaît (presque) tout : racisme, misogynie, égocentrisme boursouflé… De ce que sera sa politique, on ne sait quasiment rien de sûr.

Il va falloir faire avec !

Mais déjà les signes de mauvais augure s’accumulent. Lire la suite

Alep – Leur dignité, notre honte… (Contretemps)

Avec l’aimable autorisation de la revue

Ce numéro est consacré à la crise démocratique.

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Une question décisive donc, mais qu’on aborde avec quelque honte à l’heure où Alep, écrasé sous le bombes, irradie une sombre lumière quant à ce qu’il en est en ces temps-ci de la démocratie.

De quel crime le peuple syrien, la jeunesse de ce pays, la population d’Alep-Est se sont-ils rendus coupables pour subir un tel châtiment ? Des centaines de milliers de morts, d’autres dizaines de milliers emprisonnés, mutilés, des millions d’exilés, condamnés au déracinement et à l’errance, des villes de haute civilisation, tel Alep, assiégées, affamées, rasées… Lire la suite

Archéologie et avenir des bidonvilles

Avec l’aimable autorisation de ContreTemps

Entretien avec Cyrille Hanappe

Cyrille Hanappe est architecte, ingénieur, Maître assistant à l’École nationale supérieure d’architecture Paris Belleville.

ct30b_prdVilles informelles, jungles, habitats précaires, camps, ghettos, slums, favellas représentent un modèle urbain en plein développement, où se rejoignent toutes les questions liées au développement durable qui associe le souci humain, écologique, environnemental, économique et social. Près du tiers de la population mondiale, soit 2 milliards de personnes sur terre, y vivront d’ici à 2030. D’ores et déjà, plus de 75 millions de personnes vivent en situation de déplacement forcé dans plus de 1 000 camps et un nombre incalculable de petits campements. Pour Cyrille Hanappe, il s’agit avant tout d’« apprendre de Calais » et de ne pas commettre un « urbicide supplémentaire ». Quel hébergement, quel accueil pour celles et ceux qui ont fui leur pays, leur culture, leur maison, leur famille, en raison des guerres, des massacres, de l’extrême pauvreté ? Ils sont là, ils sont arrivés là, ils ont bâti un refuge et ils tentent de se reconstruire. C’est un fait urbain et humain, un espace de vie. Comment le préserver, l’accompagner ? Lire la suite