Archives de Catégorie: Contretemps

Retours sur mai 68…

Lorsque mai 68, anniversaire oblige, revient en une de l’actualité, on voit refleurir les jugements péremptoires. « Mai 68 fut ceci », « a signifié cela », tout est dit, fermez le ban…

Rien de plus contraire à l’esprit de liberté de mai 68 !

Les contributions de ce dossier, dont nous remercions chaleureusement les auteurs, en portent témoignage.

Ce que fut mai 68, ses ressorts et ses effets, reste une question ouverte. Et mai 68 ce fut aussi, dans ce vaste soulèvement populaire, une incroyable diversité de sensibilités et d’idées. On était socialiste ou communiste, libertaire, révolutionnaire ou réformiste… On se revendiquait de sensibilités d’obédiences multiples, trotskistes, maoïstes, anarchistes, autogestionnaires… On lisait Sartre et Deleuze, Bourdieu et Foucault, Marx et Freud…

De tout cela les traces ne sont pas effacées. Elles sont ici présentes comme autant de repères au cœur de ce dossier. Lire la suite

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Avec l’événement actuel, c’est le corps qui se rebelle ! Entretien avec Geneviève Fraisse

Avec l’aimable autorisation de la revue ContreTemps

ContreTemps : Ladite « affaire Weinstein » provoque une onde de choc, et ce à l’échelle internationale. Comment analyser et caractériser cet événement ?

Geneviève Fraisse : C’est en effet ce que j’appelle un événement. J’ai également évoqué une révolte historique et politique, c’est-à-dire quelque chose qui s’inscrit dans l’histoire et qui a des suites. Une révolte, non une révolution, laquelle signifierait le renversement de la domination masculine. Rassurons-nous : on en est loin !

Ici nous en sommes en présence de personnes qui forment corps, qui constituent un ensemble, et cette révolte devient ce qu’on peut nommer déclencheur ou catalyseur. Il faut expliquer pourquoi. Lire la suite

« Tout s’oublie rien ne passe ». Pour que la voix des femmes, une nouvelle fois, ne soit pas rendue silencieuse !

Avec l’aimable autorisation de ContreTemps

Trois phénomènes, dits de société, en apparence non liés, gênent ou étonnent nos contemporains. Tandis que partout dans le monde, les femmes semblent recouvrer le chemin de l’émancipation réelle, le rejet des migrants associé à une montée du racisme et de l’antisémitisme soulève les protestations de toutes celles et ceux qui ne souhaitent pas revenir à la période noire des années 1940 et dont les héritiers gardent les stigmates. Lire la suite

L’accommodement aux normes englue la transformation dans l’ordre existant

Comme pour les précédents numéros, je n’aborde, choix très subjectif, que certains articles et certains points traités.

Geneviève Fraisse parle d’un événement, d’une révolte historique et politique, du corps qui se rebelle, de la démocratie, « Toute démocratie pose la question de l’égalité des sexes, tout en cherchant à freiner l’émancipation des femmes », du contrat sexuel (voir sa belle introduction « À rebours » à l’indispensable ouvrage de Carole Pateman : Le Contrat sexuel (1988), a-rebours-preface-de-genevieve-fraisse-a-louvrage-de-carole-pateman-le-contrat-sexuel-1988/), du corps des femmes à la disposition des hommes, des corps invisibilisés, de l’impensé et de sa centralité, du formel ne faisant pas le réel, « le droit ne change pas automatiquement le réel et la hiérarchie des sexes », de l’autonomie économique condition décisive de la lutte, du refus de consentir (lire en particulier Du consentement : Car dire « oui », c’est aussi pouvoir dire « non », Et le refus de consentir ? » : etre-exclue-du-pouvoir-ne-premunit-pas-necessairement-contre-ses-sortileges/), « on ne doit pas discuter de la validité d’un consentement individuel mais se demander si c’est un argument politique, un argument pour le monde de demain », de déqualification, d’histoire et de politique. Lire la suite

L’urgent et l’important. Une candidate indigène zapatiste aux élections présidentielles de 2018

Avec l’aimable autorisation de la revue ContreTemps

Dans la perspective des élections présidentielles de 2018, le Congrès National Indigène (CNI) et l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) ont décidé de présenter une candidature : celle Maria de Jesús Martinez, femme indigène zapatiste…

Quelles significations de cette décision dans le contexte actuel du Mexique et au regard de l’action zapatiste ? Fernando Matamoros Ponce développe sa réflexion à ce sujet… Lire la suite

Du chavisme au madurisme. Crise d’un projet de réforme anti-néolibérale

Avec l’aimable autorisation de la revue ContreTemps

Cet article n’a pas comme objectif de rendre compte en détail des causes de la pénible situation que vit actuellement le peuple vénézuélien1. Il vise plutôt à questionner les difficultés du gouvernement Maduro et plus généralement les échecs politiques des gauches arrivées au gouvernement en Amérique latine. Car il n’y a rien de plus affligeant que de voir, au niveau international, une partie de la gauche s’aligner sur des dirigeants politiques qui prétendent représenter le peuple, mais sont incapables de tirer les leçons de leurs difficultés et échecs successifs.

En fait, il apparaît tout à fait compréhensible que l’importante crise économique, sociale et politique qui secoue le Venezuela, amène les divers courants de la gauche à s’interroger et à prendre position sur les causes profondes qui peuvent en être à l’origine. Ce débat ne peut être que positif. Lire la suite

La cadence de nos pas est désormais rythmée par la perspective réelle du terminable

Comme pour de précédents numéros, je choisis de n’aborder que certains articles.

Daniel Tanuro analyse « La place du Trumpisme dans l’histoire ». Une élection qui ne être appréhendée comme un accident de parcours mais comme un « symptôme de quelque chose de plus profond ».

L’auteur souligne une dimension, souvent oubliée du capitalisme, « la contradiction croissante entre la rationalité partielle des entreprises et l’irrationalité globale du système ». Rationalité et irrationalité, « comprendre que l’irrationalité globale découle de la rationalité partielle du capital », place de la guerre dans « la rationalité partielle du capitalisme », incapacité du système à « juguler durablement ses contradictions », politiques répondant à certains éléments mais reportant « les échéances sans rien résoudre ». Lire la suite