Les leçons de la favela de Maré

Comment par l’auto-organisation une favela de 140 000 habitants a réduit les décès Covid de 90% alors que Rio vivait une tragédie.

« Comment vais-je me débrouiller ? Comment vais-je me nourrir ? » Ce sont les questions qui ont assailli l’esprit de David Nascimento, 24 ans, lorsqu’il a commencé à ressentir les symptômes du Covid-19 début janvier. Habitant de la favela de Maré, à Rio de Janeiro, il travaillait dans un petit atelier de réparation de téléphones portables et avait besoin de cet argent.  Continuer à lire … « Les leçons de la favela de Maré »

La pandémie de COVID-19 n’est pas terminée : quelle stratégie pour aujourd’hui et pour demain ?

La pandémie de COVID-19 semble terminée : politiques et médias n’en parlent plus. La campagne présidentielle aurait pu être l’occasion de faire un bilan. Mais pas un mot, rien ou presque, à tel point que l’on pouvait avoir le sentiment étrange que la crise sanitaire n’avait jamais eu lieu. Après avoir vécu pendant deux ans à travers le prisme du COVID-19, ne plus en parler serait une façon non seulement de tourner la page, mais de l’arracher du livre.

Après chaque vague épidémique, on avait déjà observé un phénomène similaire de déni de la situation pandémique. Mais cette fois-ci, l’occultation prend un tour massif.  Continuer à lire … « La pandémie de COVID-19 n’est pas terminée : quelle stratégie pour aujourd’hui et pour demain ? »

Psychiatrie et émancipation

  • Jean-Pierre Martin : Quelle psychiatrie publique émancipatrice ?
  • Mathieu Bellahsen : Pour une abolition de la contention physique en psychiatrie
  • ANNEXE 1 : Communiqué de presse de l’Atelier Démocratie tenu lors des ASSISES CITOYENNES DU SOIN PSYCHIQUE
  • ANNEXE 2 : Communiqué de l’atelier « Urgence de repenser l’Enfance en souffrance » adressé aux parlementaires

Quelle psychiatrie publique émancipatrice ?

En 2019, les revendications centrales des mouvements de grèves dans les services d’urgence et dans les hôpitaux psychiatriques ont été la défense du métier de soignant et des moyens d’un réel service public. Si elles ont obtenu des acquis momentanés partiels, ils sont restés sans suite globale et les luttes actuelles à Orléans et Tours appellent toujours à une convergence.

La concertation de Ségur qui suit la première vague de la pandémie du Covid19 indique clairement que ces revendications n’ont pas été réellement prises en compte avec des augmentations de salaire à géométrie variable de 183 euros. Dans ce contexte, l’exemplaire « héroïsation » de la mobilisation de soins intensifs par les soignants (avec la mort de nombre d’entre eux contaminés) a donc été instrumentalisé par le gouvernement pendant la pandémie (perte de 20 000 lits à ce jour), pour continuer les restructurations financières destructrices de l’hôpital public.

Parler d’émancipation de la psychiatrie et de la santé publique commence donc avec cet enjeu politique central d’une lutte contre la transformation de l’hôpital public d’intérêt général en une organisation de production de soins référée à sa fonctionnalité de rentabilité immédiate. C’est toute l’éthique soignante de service public qui est mise en crise pour l’ensemble des métiers du soin et du social réduits à une employabilité professionnelle technicienne immédiate dans les services publics de santé, de psychiatrie et du médico-social. Ce mépris de la fonction, du rôle et du statut des soignant.es alimente la souffrance au travail des personnels qui ne peuvent plus faire leur métier et entraine nombre de démissions. Là où 3  soignants sont nécessaires il en reste souvent 1 seul. Cette perte de moyens en psychiatrie dégrade non seulement la qualité relationnelle du soin psychique mais aussi entraine la maltraitance des patient.es et de leurs droits humains. L’essor du recours à une contention généralisée est l’absence de présence humaine. Continuer à lire … « Psychiatrie et émancipation »

Pour la santé de toutes les femmes au Québec, sans exclusion

Médecins du Monde et une coalition d’organisations, dont Médecins Québecois pour le Régime Public, déposent aujourd’hui (17 mars NDLR) un mémoire pour demander au gouvernement du Québec de garantir la couverture des régimes publics d’assurance maladie et médicaments pour toutes les femmes vivant sur son territoire, peu importe leur statut d’immigration.

Pour lire l’intégral du mémoire.

Le dépôt de ce mémoire s’inscrit dans la continuité du Projet de loi 83 donnant enfin accès à la couverture des régimes publics d’assurance maladie et médicaments à tous les enfants du Québec, quel que soit le statut d’immigration de leurs parents. En 2021, l’importance d’une couverture de santé pour les femmes enceintes a été reconnue lors de l’étude détaillée, mais la proposition n’a pas été retenue.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a donc confié à la RAMQ le mandat de poursuivre les travaux sur cet enjeu avec un comité interministériel afin de rendre un rapport d’ici la fin juin 2022. C’est dans ce contexte que Médecins du Monde a pris l’initiative de déposer un mémoire pour émettre plusieurs recommandations.

« Nous saluons le courage politique du ministre de la Santé qui, en pleine pandémie, a pris les mesures nécessaires pour protéger la santé de tous les enfants du Québec avec l’adoption du Projet de loi 83. Nous sommes confiants que ce leadership se poursuivra d’ici les prochaines élections en ce qui concerne les droits et la santé de toutes les femmes », souligne Nadja Pollaert, directrice générale de Médecins du Monde Canada. Continuer à lire … « Pour la santé de toutes les femmes au Québec, sans exclusion »

Nous devons créer notre propre CDC populaire

Nous sommes des épidémiologistes et des médecins, des artistes et des biologistes. Nous sommes des enfants, des parents et des grands-parents. Nous vivons avec le Covid long et la perte d’êtres chers. Nous nous sommes réunis autour d’une même colère contre le mépris de notre gouvernement pour ses responsabilités sociales et de santé publique. Bien que beaucoup d’entre nous viennent de se rencontrer, nous héritons de centaines d’années de traditions de résistance.

* * *

Cette tribune du People’s CDC est parue le 3 avril 2022 dans Le Guardian. People’s CDC est un collectif de praticiens de la santé publique, de scientifiques, de travailleurs de la santé, d’éducateurs, de militants et de personnes de tous horizons qui ont à cœur de réduire les effets néfastes du Covid-19. Le People’s CDC est géré par des bénévoles et est indépendant des intérêts politiques partisans et des entreprises. Leur site internet est consultable ici : peoplescdc.org.

* Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (en anglais : Centers for Disease Control and Prevention ou CDC) forment ensemble la principale agence fédérale des États-Unis en matière de protection de la santé publique Continuer à lire … « Nous devons créer notre propre CDC populaire »

7 avril : journée mondiale citoyenne de la santé

Appel

7 Avril 2022, Pour faire de « La Journée Mondiale de la Santé » « Notre Journée Mondiale Citoyenne de la Santé »

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Les politiques publiques menées dans toute l’Europe dans le domaine de la santé et de la protection sociale, au nom d’une dette qui n’est pas la nôtre, ont conduit à une dégradation continue et désormais dramatique Continuer à lire … « 7 avril : journée mondiale citoyenne de la santé »

Dépolitiser le meurtre social dans la pandémie de Covid-19 (+ La vaccinophobie, ou la haine de l’égalité)

Le cauchemar pandémique actuel est la manifestation la plus récente et la plus aiguë de la tendance de la société capitaliste à tuer beaucoup et régulièrement, une tendance que Friedrich Engels appelait « meurtre social ». Le capitalisme tue parce que les comportements destructeurs sont, dans une large mesure, obligatoires dans ce type de société. Les entreprises doivent faire suffisamment d’argent ou de graves conséquences sociales s’ensuivent – pour elles, leurs employés et le gouvernement. Pour que cela se produise, le reste d’entre nous doit poursuivre ses activités économiques qui sont obligatoires pour maintenir ce type de société. Continuer à lire … « Dépolitiser le meurtre social dans la pandémie de Covid-19 (+ La vaccinophobie, ou la haine de l’égalité) »

Les fresques carabines : une institutionnalisation des violences sexistes à l’hôpital 

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Après deux mois de mobilisation contre les fresques pornographiques au CHU de Toulouse puis Rennes et une victoire à Toulouse, nous avons décidé d’élargir la lutte contre les violences sexistes dans le milieu hospitalier à l’ensemble du territoire. Bien loin de se cantonner à ces seuls CHU, les fresques pornographiques et la culture carabine sont présentes dans de nombreux internats de France. Conjointement avec des associations, collectifs, patientes, professionnel.le.s et syndicats nous avons publié cette tribune dans le quotidien le Monde afin d’interpeler Olivier Véran. Depuis, le syndicat des internes des hôpitaux de Paris a décidé d’agir sans attendre en annonçant le recouvrement des fresques pornographiques à l’APHP au profit de fresques participatives !

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Tribune. Nous, associations et collectifs de patientes, syndicats de professionnel.les de santé, dénonçons le climat misogyne, homophobe et raciste qu’instaure la culture carabine au sein des services hospitaliers et auprès des patientes. Cette culture patriarcale contribue autant à accroître les risques psychosociaux chez les professionnel.les qu’elle participe aux violences subies par les patientes. Continuer à lire … « Les fresques carabines : une institutionnalisation des violences sexistes à l’hôpital « 

Faisons front pour construire l’autodéfense sanitaire et exiger des mesures solidaires (+ Les conditions de la sortie du tunnel pandémique – Québec)

Il y a un an, nous faisions partie des initiateurs/trices de cette tribune « Pour une stratégie zéro covid solidaire » publiée sur Bastamag [1] et Médiapart [2]. Elle s’inspirait d’une campagne de nos ami.e.s allemand.e.s du collectif Zéro Covid [3] [4] qui eux-mêmes avaient rebondi sur un appel paneuropéen de scientifiques paru dans The Lancet le 18 décembre 2020 [5].

Entre temps la situation a changé. Il y a eu les vaccins, les multiples variants, les manifestations dites « anti-pass » et la continuité de la politique du gouvernement qui nous enfonce dans le « vivre avec le virus » et les conséquences néfastes qui vont avec…

Ces derniers temps nous avons eu l’agréable surprise de lire des textes qui rejoignent grandement ce que nous disons peu ou prou depuis quasiment deux ans. Continuer à lire … « Faisons front pour construire l’autodéfense sanitaire et exiger des mesures solidaires (+ Les conditions de la sortie du tunnel pandémique – Québec) »

Solitude, soins, et sociologie

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L’apport du travail de Jean-François Laé

Amplement salué comme remarquable [1], le travail de Jean-François Laé devrait être lu pour tout ce qu’il apporte aux réflexions sociologiques, au travers des questions de la banlieue.

Parole donnée. Entraide et solidarité en Seine-Saint-Denis en temps de pandémie – apporte des éclairages, des réalités qui se manifestent ainsi et devront être prises en compte, indispensables aux sciences sociales. 

Son travail de sociologue vise à changer les regards sur les souffrances, faire entendre la vie de « gens de la moyenne » et de pauvres gens.

Il restitue une enquête, après l’histoire collective vécue durant deux ans. Pas banale, en baignant soi-même dans une Université sectorisée de la banlieue-nord… Depuis plus de trente années, il donne à penser des réalités trop silencieuses qu’il ne faut pas oublier. Par les choix de l’auteur et de ses complices, un courant de la sociologie s’affirme [2] ; un pas de côté de ce qui est attendu, un tableau quantifié pour des administrateurs, des gestionnaires, élu.es ou nommé.es. Ces renseignements sont donnés, certes. Mais dans le même mouvement, ce livre illustre comment une approche sociologique aurait pu mener, depuis bien longtemps, à un changement des pratiques et des réflexions politiques. Continuer à lire … « Solitude, soins, et sociologie »

M. le Président, Covax et le système des brevets sont en échec face à la pandémie, il faut lever les brevets !

Monsieur le Président,

Vous avez inauguré votre présidence de l’Union européenne par un refus opposé à la demande légitime de lever les brevets, portée par l’Inde et l’Afrique du Sud, qui seule permettrait enfin que toute la population mondiale ait accès aux vaccins, tests et traitements anti-covid.

Cette disposition est pourtant prévue par les accords de l’OMC. Elle est soutenue par une majorité des États, de très nombreuses ONG, des scientifiques ou professionnels de santé. Jusqu’au directeur de l’OMS, T. Adhanom Ghebreyesus, qui souligne que « la levée des brevets, accompagnée d’un transfert de technologie, est une étape nécessaire pour coordonner les réponses et couvrir les besoins mondiaux ». Par trois fois, elle a reçu un vote favorable du Parlement européen. 

Malgré l’urgence sanitaire, malgré ces votes, l’Union Européenne est le principal artisan du refus de cette mesure de bon sens. 

Le monopole de production, conféré pour 20 ans par les brevets, est la principale cause des prix trop élevés et de la pénurie de vaccins et de traitements. Alors qu’ils ont été obtenus grâce à de gigantesques investissements publics !  Continuer à lire … « M. le Président, Covax et le système des brevets sont en échec face à la pandémie, il faut lever les brevets ! »

Face à la pandémie, le camp des luttes doit sortir du déni

Alors que la pandémie de Covid-19 fait rage et touche en premier lieu les catégories les plus discriminées de la société, le gouvernement français laisse filer et des centaines de milliers de nouvelles contaminations ont lieu chaque jour. En cette journée de mobilisation interprofessionnelle, le collectif Cabrioles appelle à sortir du covidonégationnisme, et à nous emparer enfin des moyens de l’autodéfense sanitaire, en nous appuyant sur l’histoire des luttes populaires en faveur de la santé communautaire : pratiques de prévention et de réduction des risques, grève, autoréductions de masques FFP2, etc. Continuer à lire … « Face à la pandémie, le camp des luttes doit sortir du déni »

Fibromyalgie. Quand l’histoire essentialiste de la douleur révèle l’agnotologie de genre de la médecine

Résumé

La fibromyalgie, maladie chronique invalidante et méconnue, touche très majoritairement des femmes. En France, sa prise en charge est mauvaise et s’explique par une histoire du soin de la douleur emprunte d’une culture doloriste et d’une biologie ciblée qui néglige les symptômes nombreux de la maladie. Cette culture se double d’une négligence des rôles différenciés de sexe si bien que la forte prévalence féminine n’est expliquée que par les aspects physiologiques ou psychosociaux. La médecine, qui prend ses racines dans une vision essentialiste des sexes, réduit les femmes à leurs fonctions reproductives et les considère facilement affabulatrices. Les soins proposés aux patientes relèvent du sport-santé qui est basé sur la division sexuelle. On assiste ainsi à une forme d’agnotologie de genre de la médecine dont la stratégie consiste à invisibiliser les savoirs des patientes, voulues ignorantes. Après avoir présenté les fondements de ces croyances et pratiques, cet article explore les rapports de domination qui structure la relation médecin·es/patientes.

Mots-clés

Santé, médecine, douleur, fibromyalgie, agnotologie, genre, études féministes, études subalternes, France

La fibromyalgie est une maladie chronique très répandue et peu reconnue. En France, elle est considérée comme une « forme de douleur chronique diffuse qui est définie comme un syndrome fait de symptômes chroniques » (INSERM 2020). Ces multi-symptômes se caractérisent par des déficiences physiologiques (douleurs diffuses sur tout le corps, fatigue, perte de mobilité, troubles du sommeil, nausées, maux de ventre…), psychologiques (troubles de la mémoire, du comportement et de la concentration…), émotionnelles (peur, colère, tristesse…), toutes imbriquées dans un contexte social spécifique (Berquin et Grisart 2016). Continuer à lire … « Fibromyalgie. Quand l’histoire essentialiste de la douleur révèle l’agnotologie de genre de la médecine »

Les déterminants sociaux de la santé en démocratie

Peu discutées dans l’espace public, les nuances sémantiques entre pandémie et syndémie (1) posent la question de l’exclusion des déterminants sociaux de la santé dans la représentation politique de la COVID-19 (2). Pandémie implique une représentation universelle des risques, identiques pour chaque individu, sans considération de l’âge, des conditions de vie, de l’état de santé général, etc. Syndémie désignerait plus spécifiquement la propagation d’une maladie touchant différemment les personnes, selon des facteurs socio-économiques et culturels (maladies préexistantes, âge, habitudes en santé, etc.).

En imposant une régulation standardisée des comportements, la politique de santé actuelle oblitère largement les déterminants socio-économiques de la santé, même si des profils de vulnérabilité sont établis face au SRAS-CoV-2 et que la définition officielle de la santé inclut explicitement le bien-être physique, social et mental (OMS, Charte d’Ottawa).

À l’échelle collective, l’ampleur des conséquences psychosociales, le cumul et la nature des dommages dits collatéraux (mais qui n’ont rien de secondaires) de cette gestion biopolitique questionnent le basculement de nos organisations sociales et les chances qu’il reste à la démocratie de prendre en main notre avenir. Continuer à lire … « Les déterminants sociaux de la santé en démocratie »

La pandémie du coronavirus a renforcé le fossé entre Nord global et Sud global

Face à la pandémie du coronavirus qui a commencé fin 2019-début 2020, la réponse des gouvernements des pays qui font traditionnellement partie des puissances impérialistes (Europe occidentale, Amérique du Nord, Japon, Australie-Nouvelle Zélande) et celle des grandes firmes pharmaceutiques privées ont augmenté le fossé entre Nord global et Sud Global.

Pour les grandes firmes pharmaceutiques, il est plus profitable et plus sûr de fournir en priorité les pays riches car les gouvernements du Nord préfinancent une partie de la production et sont prêts à payer le prix fort. Dès lors les grandes firmes du Big Pharma leur ont donné une priorité absolue. Les chiffres indiquant la distribution géographique des fournitures des vaccins sont éloquents. Pour Moderna, l’Union européenne et les États-Unis représentent 84% de ses ventes totales. 98% des livraisons de Pfizer/BioNTech et 79% des livraisons de Johnson & Johnson ont été allouées aux pays à revenu élevé ou intermédiaire supérieur. Pfizer et BioNTech ont pour l’instant livré au seul État suédois neuf fois plus de doses de vaccin qu’à tous les pays à faible revenu réunis [1]. Continuer à lire … « La pandémie du coronavirus a renforcé le fossé entre Nord global et Sud global »

Appel Unitaire journée nationale de mobilisation le 11 janvier 2022 (+ Monsieur le président, aujourd’hui je suis en guerre !)

Pour cette nouvelle année 2022, l’exigence d’une Bonne Santé pour les salarié.e.s et la population !

Résolument uni·e·s et dans l’action, pour une meilleure Santé et action sociale en 2022 ! Les professionnel·le·s et usager·e·s des hôpitaux et des établissements du sanitaire, médico-social et social public associatif et privé dénoncent la dégradation des conditions de travail des personnels, ainsi que les difficultés d’accueil et de prise en charge dans la dignité pour l’ensemble de la population. Malgré le dévouement des personnels, la situation s’aggrave avec la pandémie qui entraîne un surcroît d’activité à gérer, en plus du suivi au quotidien et classique des résident·e·s et patient·e·s dans ces établissements.

Les personnels et les étudiant·e·s sont en colère et épuisé·e·s par le manque de lits, de lieux d’accueil et de professionnel·le·s en nombre suffisant, elles et ils dénoncent la surcharge de travail, l’impossibilité de faire valoir leurs droits à la formation, leur temps de repos et de congé. Et le nombre de fuites et de démissions de collègues ces derniers mois est plus qu’inquiétant. Continuer à lire … « Appel Unitaire journée nationale de mobilisation le 11 janvier 2022 (+ Monsieur le président, aujourd’hui je suis en guerre !) »

Quand néolibéraux et anti-vaccins nous accoutument à la mort et à la dépréciation de la vie !

Un résultat passé totalement inaperçu des politiques anti-Covid en place, est qu’elles banalisent la mort, qu’elles nous accoutument à la mort ! Ici on n’a pas affaire à quelque chose de secondaire ou d’anodin, d’un dommage collatéral des politiques anti-Covid de nos gouvernements, mais peut être de leur conséquence la plus terrible et effrayante, celle qui promet les pires malheurs à moyen et à long terme… 

La plus éclatante preuve de cette accoutumance mortifère est évidemment l’absence totale de toute mobilisation de protestation contre l’hécatombe désormais quotidienne de morts victimes du Covid. Après des semaines, des mois et des années de pandémie, la perte des centaines des milliers et des millions de vies, est devenue partie intégrante du paysage quotidien, quelque chose d’aussi « normal » et prévu d’avance que le lever et le coucher du soleil. Et force est de constater que cette accoutumance est renforcée jour après jour par les déclarations et les mesures de nos gouvernants qui, très cyniquement, n’hésitent pas de présenter ces hécatombes presque comme des sacrifices nécessaires et inévitables sur l’autel… de la bonne marche de l’économie de marché ! Continuer à lire … « Quand néolibéraux et anti-vaccins nous accoutument à la mort et à la dépréciation de la vie ! »

Contre les comportements discriminatoires, notamment le sexisme du monde médical

L’actualité récente a mis en lumière plusieurs scandales liés au milieu hospitalo-universitaire qui sont révélateurs des discriminations sexistes omniprésentes dans le milieu médical.

Courant septembre, les agressions sexuelles d’un gynécologue de l’hôpital Tenon (Paris), ponte de l’endométriose, ont été médiatisées après la mobilisation de longue haleine de Marie-Rose Galès, patiente-experte, et du collectif « Stop VOG » (Violences Gynécologiques et Obstétricales @StopVOGfr). Malgré une avalanche de témoignages et l’ouverture d’une enquête interne (après plusieurs semaines de mobilisation), ce médecin exerce encore, notamment grâce à sa haute position hiérarchique. Durant cette affaire, il a également été révélé que les témoins de ces agressions (principalement des étudiant·e·s en médecine), ont été fortement invité·e·s à se taire.  Continuer à lire … « Contre les comportements discriminatoires, notamment le sexisme du monde médical »

Congrès du SPS : être fibromyalgique et patiente-experte

Dans le cadre du congrès du Syndicat des professionnels du shiatsu, j’intervenais samedi 4 décembre 2021en visioconférence, sur le rôle de patientes-expertes des personnes atteintes de fibromyalgie.

Lors de cette édition, l’occasion m’a été donnée de présenter mon livre « La douleur impensée – Autopsie féministe de la fibromyalgie, une “maladie de femmes” » et en particulier de m’appesantir sur les dispositifs à mettre en place pour que les savoirs des patientes enrichissent la prise en charge de la douleur. Partant de mon expérience de la fibromyalgie, j’ai fait part de la connaissance acquise tout au long de mon parcours de santé et ai proposé quelques pistes de dispositifs à mettre en place pour que les autres patientes puissent « témoigner » avec leur propre langage qu’il soit verbal ou non verbal. Le recueil de ces récits par les praticien.nes de santé et en particulier par les professionnel.les du shiatsu représente à la fois un réel engagement et une piste d’alternative aux politiques sanitaires.

Les 160 personnes participantes ont nettement apprécié la qualité des échanges de cette journée en posant leurs questions aux médecin.es et aux praticien.nes shiatsu ou en écrivant leurs impressions. Continuer à lire … « Congrès du SPS : être fibromyalgique et patiente-experte »

Un « Manifeste pour la santé 2022 » qui arrive à son heure

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L’acceptation en Suisse le 28 novembre de l’initiative pour des soins infirmiers forts, avec 61% de OUI, est une bonne nouvelle. Elle traduit un attachement à des soins de qualité et une certaine reconnaissance du fait que cette qualité exige des conditions de travail correctes pour un personnel suffisamment nombreux et bien formé.

La mise en œuvre de cette initiative sera maintenant l’objet d’une bataille sociale et politique, sur la durée. On peut faire confiance au Conseil fédéral et à la majorité de droite du Parlement pour la vider autant que possible de son contenu, en particulier de tout ce qui a trait à la définition des conditions de travail et des effectifs nécessaires. Il sera difficile de contrecarrer ce travail d’évidement sans inscrire la reconnaissance des soins infirmiers dans une perspective plus large, s’attaquant aux mécanismes mis en place depuis deux décennies et qui étouffent les hôpitaux publics (voir à ce sujet l’article publié sur ce site le 8 novembre 2021). Continuer à lire … « Un « Manifeste pour la santé 2022 » qui arrive à son heure »