Survie : Élections en françafrique – Congo, Djibouti, Tchad, Gabon. La coopération militaire française au service des dictatures :

Un rapport publié par Survie

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Introduction

arton5100-fcd34En prononçant à Dakar en novembre 2014 devant l’Organisation Internationale de la Francophonie un discours défendant l’alternance politique, François Hollande a tenté de se racheter un vernis démocratique après un début de mandat marqué par une forte continuité avec ses prédécesseurs en matière de soutien aux régimes autoritaires africains, sur fond de préservation des intérêts économiques et militaires français. On constate en effet que la politique africaine de la France transcende les clivages partisans : interventionnisme militaire (en Côte d’Ivoire et en Libye sous Nicolas Sarkozy, au Mali et en Centrafrique sous Hollande), réception de dictateurs à l’Elysée (dont Ali Bongo et Idriss Déby dès 2012), silence quant aux violations des droits humains et à la répression des luttes pour plus de démocratie sont une constante de la Ve République. Tout comme la prétention de défendre partout les droits humains et la démocratie !

Parmi les dernières illustrations de cette ambivalence, on se souvient du fiasco diplomatique tricolore dans les premiers jours du « printemps tunisien » (avec la proposition d’aide au maintien de l’ordre de Michèle Alliot-Marie). Au lendemain de la révolte populaire burkinabè ayant conduit à la chute de Blaise Compaoré, soutenu jusqu’à son exfiltration en Côte d’Ivoire par son allié français, Hollande opérait en prononçant le discours de Dakar un ralliement opportuniste et sans conséquences à certains principes démocratiques « universels ».

Comme toujours lorsqu’il est question des relations franco-africaines, seul l’examen des faits peut permettre de déceler une inflexion significative, plutôt que l’aggiornamento attendu et si souvent annoncé, dans la longue pratique de soutiens multiformes apportés aux despotes favorables aux intérêts politiques et stratégiques français.

En ce premier semestre 2016, un calendrier électoral particulièrement chargé réunit devant les urnes plusieurs régimes clés de la « Françafrique » : le 20 mars le Congo du clan Sassou Nguesso, le 8 avril à Djibouti aux mains d’Ismaïl Omar Guelleh, le Tchad d’Idriss Déby le 10 avril, le Gabon de la dynastie Bongo en août, entre autres. Ces élections présidentielles et le contexte pré-électoral qui les annonce constituent un test grandeur nature pour mesurer la portée du discours de Dakar et les éventuels « changements » diplomatiques qui auraient pu en découler côté français. Ou pour constater à l’inverse l’absence de volonté politique de modifier des pratiques que le pouvoir socialiste a eu pourtant beau jeu de réprouver (souvent timidement) lorsqu’il était dans l’opposition, et de donner raison aux paroles du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian qui, pour rassurer les dictateurs françafricains, expliquera quelques jours avec le discours de Hollande au Sénégal qu’« il faut trouver un équilibre entre l’objectif démocratique et la nécessité sécuritaire dans le cadre d’un dialogue parfois tonique, mais nécessaire. Même si la priorité est aujourd’hui sécuritaire ».

Dans son rapport Elections en Françafrique – La coopération militaire française au service des dictatures, l’association Survie relève certains points communs et spécificités qui caractérisent ces régimes fondés sur la violence et qui utilisent tous les moyens possibles pour ne pas perdre le pouvoir, en particulier dans la phase pré-électorale. Qu’il s’agisse du passage en force d’une modification constitutionnelle (qui, au Burkina, a fait chuter le régime), effectuée récemment (2015 au Congo) ou lors d’échéances électorales précédentes (2010 à Djibouti, 2005 au Tchad, 2011 au Gabon); ou de menaces et actes de répression à l’encontre de la société civile et de l’opposition, fortement mobilisées depuis des années à chaque élection présidentielle contre la reconduction par la force du chef de l’État.

Ce rapport met en regard les pratiques de ces dictatures avec une composante essentielle et souvent méconnue et minimisée de leur relation avec la France, à savoir la coopération militaire et policière. Il s’agit d’une part d’analyser les dispositifs de l’armée française, présents de façon permanente à Djibouti, au Gabon et au Tchad et d’autre part d’examiner la coopération militaire et sécuritaire déployée avec chacun de ces quatre régimes, qui constitue un des piliers du partenariat entre la France et ces derniers et de leur préservation.

Cette étude de cas met en évidence les compromissions auxquelles se livrent les dirigeants français vis-à-vis de leurs engagements officiels à défendre partout la démocratie et les droits humains, dès lors qu’il s’agit de maintenir la présence militaire et l’influence politique.

A télécharger :

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En complément possible :

Elections en Françafrique : la France doit en finir avec son soutien militaire aux dictatures : elections-en-francafrique-la-france-doit-en-finir-avec-son-soutien-militaire-aux-dictatures/

Thomas Noirot et Fabrice Tarrit (coord.) : Françafrique, la famille recomposée, la-francafrique-existe-toujours-et-se-porte-bien/

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