« Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie »

La guerre d’agression impérialiste de la Russie contre l’Ukraine est l’événement géopolitique le plus important depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Elle ouvre une nouvelle ère de l’impérialisme, marquée par l’intensification des rivalités, par des traits d’une démondialisation, par l’intensification des conflits entre blocs commerciaux et entre les alliances géopolitiques, par la militarisation accrue et les guerres par procuration entre les grandes puissances en vue de la détention de sphères d’influence avec leurs répercussions sur des nations opprimées.

La guerre exacerbe toutes les crises du capitalisme mondialisé : marasme économique, inflation, changement climatique et migrations. Elle en a ajouté de nouvelles, dont la plus importante est le nouvel endettement des pays du Sud, ainsi que la famine dans les pays devant faire face, entre autres, à la perte de livraison de céréales ukrainiennes et à une flambée spectaculaire et spéculative des prix des biens alimentaires. L’austérité, la misère et la faim frappent les pays les plus pauvres du monde.

Toutes ces crises en cascade vont approfondir les fractures entre les Etats à l’échelle internationale. Elles aggraveront également la polarisation politique déjà profonde au sein des pays, et déclencheront des soulèvements réactionnaires et/ou progressistes issus des profondeurs sociales. A son tour, l’establishment capitaliste de chaque Etat se tournera vers des méthodes autoritaires pour faire respecter l’ordre existant. Continuer à lire … « « Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie » »

Interdiction de l’avortement : l’antiféminisme nourrit l’opposition à la démocratie

L’arrêt Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization rendu par la Cour suprême des États-Unis, le 24 juin 2022, donne toute latitude aux États fédérés pour autoriser ou interdire l’avortement. La Cour fait donc le choix délibéré d’affaiblir la démocratie par la suppression d’un droit constitutionnel pour la moitié de la population : celui de disposer de son corps, de mener une vie autonome. Il faut, en outre, être clair : des milliers de femmes mourront à cause de cette décision. Les six juges conservateurs (cinq hommes, une femme) avancent une relecture du 14e amendement en chaussant les lunettes du XIXe siècle, autrement dit une époque où les femmes n’étaient pas des sujets de droit.  Continuer à lire … « Interdiction de l’avortement : l’antiféminisme nourrit l’opposition à la démocratie »

États-Unis : De nouvelles restrictions sur la contraception pourraient ramener les femmes en arrière de plusieurs générations

Le droit d’accès à la contraception a radicalement élargi les perspectives économiques des femmes. En annulant l’arrêt Roe v. Wade, la Cour suprême étasunienne vient de créer une feuille de route pour remettre en question ce droit.

Claudia Goldin, professeure d’économie à Harvard et autrice de Career and Family : Women’s Century-Long Journey Toward Equity, était étudiante à l’université Cornell de 1963 à 1967. À l’époque, avant la pilule contraceptive et les avortements légaux, les services de planification familiale n’étaient pas proposés aux femmes qui n’étaient pas mariées. À Cornell, si les étudiantes voulaient obtenir un moyen de contraception, quel qu’il soit, elles devaient se rendre au service de santé de l’université et prétendre qu’elles étaient fiancées ou déjà mariées. Alors qu’elle effectuait des recherches sur la question, des années après avoir obtenu son diplôme, Mme Goldin a appris que des femmes se mettaient une bague au doigt pour tromper le personnel médical ; parfois, elles devaient le faire plusieurs fois, chaque fois qu’une ordonnance était épuisée. Elles prenaient également d’autres précautions. « Pour avoir une vie sociale et sexuelle normale en tant que jeune femme de dix-huit, dix-neuf ou vingt ans à l’université, ou même en dehors de l’université, vous vouliez vous assurer, m’a dit Goldin. Donc, vous achetiez, essentiellement, une police d’assurance. » Continuer à lire … « États-Unis : De nouvelles restrictions sur la contraception pourraient ramener les femmes en arrière de plusieurs générations »

L’arrêt Roe v Wade a été annulé. Voici ce que cela veut dire (et autres textes)

  • Jia Tolentino : Nous ne retournons pas à l’époque d’avant le jugement Roe v. Wade de la Cour suprême des États-Unis. Nous allons dans un endroit encore pire
  • Moira Donegan : L’arrêt Roe v Wade a été annulé. Voici ce que cela veut dire.
  • « La situation aux États-Unis est explosive ». Entretien fleuve avec Nancy Fraser
  • Rebecca Amsellem et Megan Clement : Nous sommes trop nombreuses pour perdre.
  • Union syndicale Solidaires : Avortement : Solidarité avec les femmes des Etats-Unis et d’ailleurs
  • Déclaration de UIES Canada sur la décision de faire reculer les droits des femmes aux États-Unis
  • Etats-Unis : Le syndicat des infirmières NNU du pays condamne l’annulation par la Cour suprême du droit constitutionnel à l’avortement
  • Etats-Unis et droit à l’avortement : Un recul de 50 ans ! – Communiqué LDH

  • Pétition

  • Manifestation à Paris le 2 juillet 2022

Nous ne retournons pas à l’époque d’avant le jugement Roe v. Wade de la Cour suprême des États-Unis. Nous allons dans un endroit encore pire Continuer à lire … « L’arrêt Roe v Wade a été annulé. Voici ce que cela veut dire (et autres textes) »

Fusillades de masse aux États-Unis : questionner le virilisme

Plusieurs centaines de fusillades de masse se produisent chaque année aux États-Unis. En 2021, il y en a eu près de 700, soit quasiment deux par jour. Celles à motivation ouvertement raciste, ou touchant des institutions scolaires sont particulièrement médiatisées. Les massacres de l’école Sandy Hook, à Newtown en 2012, et du lycée de Parkland, en Floride en 2018, et plus récemment celui de l’école d’Uvalde au Texas et celui survenu dans un supermarché au sein d’un quartier noir de Buffalo, dans l’État de New York, ont beaucoup choqué.

Le Congrès fédéral américain n’a toujours pas voté de loi significative pour restreindre le libre port d’armes et notamment interdire les fusils d’assaut. Si plusieurs États fédérés ont durci ou envisagent de durcir leur propre législation, d’autres, aux mains des républicains, ne changeront rien. Vingt millions d’armes à feu ont été vendues aux États-Unis en 2021, après l’année record de 2020 avec près de vingt-trois millions. Un business florissant. Continuer à lire … « Fusillades de masse aux États-Unis : questionner le virilisme »

« Voici vos réparations ! » : communiqué sur la tuerie de Buffalo

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Le samedi 14 mai 2022, Payton Gendron, un adolescent blanc de 18 ans ouvrait le feu dans un supermarché d’un quartier majoritairement noir de Buffalo, à l’est de l’État de New York. L’attentat a fait dix victimes. L’arme du crime, un fusil d’assaut de type AR15, modèle employé par l’armée américaine, est recouverte d’inscriptions à la peinture blanche. Cette particularité évoque les mots inscrits sur les carabines utilisées en mars 2019 par Brenton Tarrant, responsable des attentats commis contre deux mosquées à Christchurch, en Nouvelle Zélande. Les similitudes ne s’arrêtent pas là. Comme son prédécesseur, Gendron a tenté de diffuser son massacre en direct sur internet et, comme lui, il a revendiqué son crime dans les pages d’un pamphlet : un document PDF de 180 pages où il s’inquiète du déclin démographique de la race blanche en Amérique, en Europe et en Océanie, et met en garde contre « le remplacement racial et culturel complet du peuple européen » (p.2). Continuer à lire … « « Voici vos réparations ! » : communiqué sur la tuerie de Buffalo »

Vers la fin du droit à l’avortement aux États-Unis ? (+ Les américaines vont-elles devenir des servantes écarlates ? + Régenter les utérus)

  • Anne E. Deysine : Vers la fin du droit à l’avortement aux États-Unis ?
  • Christine : Menaces sur le droit à l’IVG aux Etats-Unis, les américaines vont-elles devenir des servantes écarlates ?
  • Régenter les utérus. Michele Goodwin analyse les lois contre l’avortement et décrit la nouvelle situation de la reproduction

À l’automne 2021, la Cour suprême a entendu les arguments des parties dans deux affaires touchant au droit à l’avortement. La première audience le 1er novembre consacrée à la loi texane SB8 (qui interdit l’avortement après six semaines et sous-traite l’application à des citoyens privés) était de nature procédurale. Celle du 1er décembre concernait la loi du Mississippi HB 1510, qui interdit l’avortement après quinze semaines (même en cas d’inceste ou de viol) et est aussi en violation des jurisprudences de la Cour.

Les deux sont intimement liées car le cheminement judiciaire de la loi texane et le refus de la Cour suprême de suspendre l’entrée en vigueur d’une loi manifestement inconstitutionnelle ont permis de saisir l’attitude radicale des juges conservateurs en matière d’avortement. Ils sont désormais six et constituent la majorité grâce aux trois juges nommés par Donald Trump. Le président de la Cour John Roberts n’est plus en position de juge pivot, comme avant la nomination d’Amy Coney Barrett, en octobre 2020.

L’audience de décembre avait donné lieu à de multiples spéculations mais la révélation par le site Politico de la première mouture de ce que serait la décision Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization lève les doutes.

Ce ne serait pas un grignotage supplémentaire mais un revirement de jurisprudence. Continuer à lire … « Vers la fin du droit à l’avortement aux États-Unis ? (+ Les américaines vont-elles devenir des servantes écarlates ? + Régenter les utérus) »

Chicago 1995, un avant-goût de l’avenir

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Été 1995, la ville de Chicago subit une vague de chaleur inédite qui fera des centaines des victimes. Au-delà du phénomène climatique, les causes de cette catastrophe sont avant tout sociales, tels que la ségrégation spatiale, l’incapacité des pouvoirs publics à faire face à ce genre de situation ou encore le traitement médiatique de l’évènement. (Renaud Duterme) Continuer à lire … « Chicago 1995, un avant-goût de l’avenir »

Le droit à l’avortement sur la sellette aux Etats-Unis

Le 2 mai, lorsque le site d’information Politico a publié une ébauche de la décision à venir de la Cour suprême des Etats-Unis, qui annule l’arrêt Roe v Wade de 1973, qui a légalisé l’avortement, une récrimination collective s’est fait entendre dans tout le pays. Même pour ceux et celles d’entre nous qui ont assisté à l’érosion constante du droit à l’avortement depuis plus de quatre décennies et qui savaient que l’annulation de Roe était probable, le choc à la lecture du projet de décision a néanmoins été ressenti comme un coup de poing à l’estomac.

Le principe clé de l’arrêt Roe v Wade permettait le droit à l’avortement légal pour n’importe quelle raison jusqu’à la « viabilité du fœtus », à environ 24 semaines de grossesse, lorsque le fœtus est capable de survivre en dehors de l’utérus. Le projet de décision sur Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization, rédigé par le juge ultra-conservateur Samuel Alito, confirme une loi du Mississippi de 2018 qui interdit les avortements après 15 semaines de grossesse – bien avant la viabilité du fœtus – et ne prévoit pas d’exceptions en cas de viol ou d’inceste. Continuer à lire … « Le droit à l’avortement sur la sellette aux Etats-Unis »

Remarques lors d’un rassemblement d’urgence sur les droits reproductifs

Le projet de décision de la Cour suprême des États-Unis dans l’affaire Dobbs contre Jackson Women’s Health Organization a été rédigé par Samuel Alito Jr. Il affirme qu’il n’existe pas de droit à l’avortement en vertu du 14e amendement et que, par conséquent, Roe v. Wade est inconstitutionnel. Bien sûr, ni l’avortement ni les femmes ne sont mentionnés dans la Constitution des États-Unis ! Continuer à lire … « Remarques lors d’un rassemblement d’urgence sur les droits reproductifs »

États-Unis : Le syndicat des infirmièr·es dénonce les menaces sur le droit à avortement (+ appel en France)

Le National Nurses United (NNU) a qualifié aujourd’hui le projet de la Cour suprême des États-Unis annulant l’arrêt Roe v. Wade [qui a ouvert le droit à l’avortement aux États-Unis en 1973], communiqué tard hier soir, de « menace déraisonnable pour la santé et la sécurité des femmes, en particulier les femmes à faible revenu et toutes les personnes en âge de procréer qui ont moins d’options pour exercer leurs droits reproductifs ».

« Les infirmières se joindront aux femmes et aux partisans de la justice de genre dans tout le pays pour s’opposer aux restrictions politiques, juridiques et patronales imposées aux services de santé des femmes, y compris le droit aux services relatif à la reproduction et autres services de planification familiale », a déclaré la présidente du NNU, Jean Ross. Continuer à lire … « États-Unis : Le syndicat des infirmièr·es dénonce les menaces sur le droit à avortement (+ appel en France) »

Les travailleur·euses d’Amazon à Staten Island remportent une victoire historique (plus autres articles)

  • Luis Feliz Leon : Les travailleur·euses d’Amazon à Staten Island remportent une victoire historique
  • Justine Medina : Comment nous l’avons fait
  • Harold Meyerson : La révolte d’une génération de salarié·e·s est en marche
  • Johnnie Kallas, Eli Friedman et Leonardo Grageda : Pour la première fois depuis des décennies, un vrai bilan du nombre de grèves et de grévistes
  • Sharon Zhang : Plus de 100 établissements Starbucks en voie de syndicalisation.
  • Sonali Kolhatkar : Un nombre record de travailleurs démissionnent et font grève

Les travailleur·euses d’Amazon à Staten Island remportent une victoire historique

C’est presque comme de l’étoffe magique des films de Disney. Mais hier, l’improbable est devenu réalité lorsqu’un groupe pugnace de travailleur·euses membres de Amazon Labor Union (ALU) a remporté un vote en faveur de la création d’un syndicat dans un entrepôt de Staten Island, dans l’État de New York, remportant une victoire syndicale historique contre le géant des entreprises.

Avant le décompte des voix, la plupart des journalistes avaient écarté les chances du syndicat indépendant, traitant l’organisation comme une curiosité, au mieux. « Je pense que nous avons été ignoré·es », a déclaré jeudi soir Madeline Wesley, trésorière de l’ALU. « Et je pense que cela prendra fin demain lorsque nous serons victorieux ».

L’ALU a remporté une victoire décisive aujourd’hui, en obtenant à une large majorité la création d’un premier espace de travail syndiqué dans le vaste réseau de centres d’exécution, de livraison et de triage d’Amazon à travers les États-Unis. Les installations de la société sont concentrées dans des zones métropolitaines comme New York, Chicago et Los Angeles, ce qui ouvre la voie à davantage d’organisation syndicale. Continuer à lire … « Les travailleur·euses d’Amazon à Staten Island remportent une victoire historique (plus autres articles) »

Quand l’extrême-droite subvertit la « notion de liberté ». A propos du « Freedom Convoy » (+ autres textes)

Le mouvement du « convoi de la liberté » (« Freedom Convoy »), composé de centaines de camions, a paralysé le passage frontalier le plus fréquenté entre le Canada et les Etats-Unis et a occupé Ottawa, la capitale du Canada, bloquant effectivement la ville et perturbant la vie quotidienne de la plupart des résidents du centre-ville. Les participants au convoi rejettent toutes les exigences et toutes les instructions en matière de vaccination et soutiennent un discours résolument antigouvernemental qui rappelle l’idéologie d’extrême droite aux Etats-Unis.

Les participants au convoi n’ont pas le soutien du grand public, qui est largement vacciné. Ils n’ont pas non plus le soutien de la plupart des camionneurs canadiens, dont 90% sont vaccinés, et de l’Alliance canadienne du camionnage (ACC–CTA, Canadian Trucking Alliance).

Les camionneurs sont largement soutenus par les principaux républicains des Etats-Unis tels que Donald Trump, Ted Cruz [sénateur du Texas] et Marjorie Taylor Greene [élue républicaine de l’Etat de Georgie à la Chambre des représentants, proche des milieux complotistes], ainsi que par certains politiciens conservateurs canadiens. Ils sont également soutenus par d’influentes personnalités antidémocratiques des médias sociaux, comme Tucker Carlson [Fox News], Jordan Peterson, Elon Musk, ainsi que par toute une série de groupes suprémacistes blancs. Parmi les groupes d’extrême droite les plus puissants au Canada, on trouve Action4Canada, qui affirme, à tort et à travers, que la pandémie de Covid-19 « a été provoquée, du moins en partie, par Bill Gates et un « Nouvel ordre (économique) mondial » pour faciliter l’injection de puces électroniques à 5G dans la population ». Avec l’aide des réseaux sociaux, le soutien aux manifestations du Freedom Convoy a fait boule de neige au niveau international, les prochains convois étant prévus aux Etats-Unis, en France et dans les 27 pays européens. Continuer à lire … « Quand l’extrême-droite subvertit la « notion de liberté ». A propos du « Freedom Convoy » (+ autres textes) »

Un Parti républicain trumpisé, un Parti démocrate débile. En question : les droits de la population laborieuse

Le Parti républicain a été complètement transformé. Donald Trump en a le contrôle total. Une grande partie de la base républicaine le vénère comme l’homme fort qui seul peut redresser le pays. Elle lui voue un culte, lui est personnellement fidèle, croit tout ce qu’il dit et est prête à faire ce qu’il veut.

Le danger que représente Trump

Trump assume actuellement un rôle plus public, notamment en organisant des rassemblements de masse, son activité de prédilection. Le premier rassemblement a eu lieu le 15 janvier.

Il a amassé des fonds importants qu’il compte utiliser lors des primaires républicaines de cette année afin de soutenir les candidats qui lui sont fidèles contre ceux qu’il estime ne pas être suffisamment soumis.

Ses nouvelles initiatives publiques se poursuivront jusqu’aux élections de novembre: élections de mi-mandat pour le renouvellement d’un tiers des 100 sièges du Sénat et de l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants ainsi que l’élection de 34 gouverneurs des Etats fédérés, sans compter les élections dans les comtés et les villes. Il s’agit là de la première étape de sa campagne pour se représenter à la présidence en 2024. Continuer à lire … « Un Parti républicain trumpisé, un Parti démocrate débile. En question : les droits de la population laborieuse »

Perspective cauchemardesque

Une année de Biden et le retour de Trump au pouvoir paraît de plus en plus probable !

« Chaos », « Insurrection », « Agression de la populace »… un an plus tard, les médias américains et internationaux ainsi que les chancelleries de par le monde continuent d’attribuer maintes appellations aux événements du 5 Janvier 2021, oubliant pourtant systématiquement une, celle qui est d’ailleurs la seule correcte : Coup d’état. Ou plutôt tentative de coup d’état. Alors, pourquoi tout ce bon monde persiste à « oublier » l’évidence quand les événements parlent d’eux-mêmes et un Noam Chomsky n’hésite pas de dire de l’attaque de l’année passée contre le Capitole qu’elle est… « la définition même du coup d’état » ? (1) Continuer à lire … « Perspective cauchemardesque »

Etats-Unis : menaces sur la démocratie et le droit à l’avortement

1. Le « sommet pour la démocratie », promesse de campagne de Joe Biden, a réuni virtuellement jeudi et vendredi quelque 110 pays et territoires, dont des invités très critiqués. Que doit-on retenir de ce sommet ? Réussite ou défaite pour le président étatsunien ?

Ce sommet, organisé en visioconférence, les 9 et 10 décembre, est passé relativement inaperçu. Il participait de la volonté du président Biden d’être le chef de file des défenseurs de la démocratie dans le monde face à ses adversaires (autocraties, dictatures, etc.). Réduit au strict minimum (déclaration de grands principes, défense de la liberté de la presse, etc.), le sommet a déçu par sa faible ambition et surpris par le choix des pays invités (la République démocratique du Congo et le Brésil, alors que ni la Turquie ni la Tunisie ou la Hongrie n’étaient conviées). La Chine et la Russie ont fortement critiqué l’événement : l’opposition à la démocratie est devenue un soft power. Le boycott diplomatique par les États-Unis des J.O. d’hiver de Pékin 2022 est une autre illustration de cette bataille qui ne se limite pas aux symboles et aux mots : le département du Trésor a sanctionné deux hauts responsables chinois pour violation des droits humains dans le Xinjiang et inscrit SenseTime, une entreprise d’intelligence artificielle, sur sa liste noire des investissements pour sa technologie de reconnaissance faciale qui cible la minorité ouïghoure. La défense des droits humains se double d’intérêts économiques et stratégiques. Continuer à lire … « Etats-Unis : menaces sur la démocratie et le droit à l’avortement »

Kyle Rittenhouse est libre. Les manifestant·e·s doivent faire face à la police et à des milices d’extrême droite

Kyle Rittenhouse – l’adolescent blanc armé qui s’était rendu de l’Illinois au Wisconsin pour, paraît-il, « protéger»  les commerces locaux contre les manifestant·e·s antiracistes de Kenosha [ville située dans l’extrême sud-est du Wisconsin], sur quoi il avait abattu deux personnes et en avait blessé une autre – a été acquitté de tous les chefs d’accusation. Je ne pense pas que qui conque a suivi le procès, même de façon superficielle, sera surpris par ce verdict. Le scénario était clair, après les diverses pitreries du juge élu (Bruce Schroeder), qui semblaient indiquer où se situaient ses sympathies, et le fait que l’accusation ait demandé aux jurés d’envisager des chefs d’accusation moins graves que le meurtre.

Je ne veux pas discuter des détails juridiques du verdict. Il est clair que l’accusation a commis de nombreuses erreurs et n’a bénéficié d’aucune marge de manœuvre de la part du juge, contrairement à l’équipe de défense. De plus, nous savons que la « légitime défense » – souvent mieux connue sous le nom de vigilantisme – est juridiquement protégée et fortement racialisée dans ce pays. Pensez à l’acquittement de George Zimmerman pour le meurtre de Trayvon Martin en 2013. Continuer à lire … « Kyle Rittenhouse est libre. Les manifestant·e·s doivent faire face à la police et à des milices d’extrême droite »

Les droits du travail doivent inclure les prisonniers

Après une longue et pénible semaine de travail, Vidal Guzman reçoit un chèque de 3,50 dollars. Avec cette somme, il n’a pu acheter que quatre articles : du dentifrice, deux boîtes de soupe et un timbre-poste. Il avait d’abord protesté contre le fait d’être affecté à la cantine, mais on lui a posé un ultimatum : c’était ça ou il pouvait retourner en cellule d’isolement. Quiconque a passé un temps considérable en isolement complet pendant 23 heures par jour peut vous dire que c’est une pure torture. Les gens ont souvent des hallucinations et, dans les cas extrêmes, subissent des dommages mentaux irréversibles. Pour Guzman, qui a passé deux ans et demi en tout et pour tout en isolement, le retour en arrière n’était pas une option. Il s’est soumis au travail forcé à la cantine et à ses salaires de misère, l’un des nombreux facteurs de déshumanisation d’un système carcéral conçu pour enrichir les entreprises aux dépens des personnes incarcérées. Continuer à lire … « Les droits du travail doivent inclure les prisonniers »

Les États-Unis sont partis d’Afghanistan, mais l’impérialisme US n’est pas près de s’en aller

Les États-Unis ont subi de lourdes défaites en Irak et en Afghanistan, tout comme au Vietnam auparavant. Il ne faudrait cependant pas prendre les révisions de la stratégie militaire états-unienne après ces graves échecs pour un abandon des ambitions impérialistes des États-Unis.

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La débâcle du gouvernement fantoche afghan à la solde de États-Unis a inspiré d’innombrables avis de décès concernant la puissance impériale américaine. Ces nécrologies sont prématurées.

Le mouvement anti-guerre ne doit se faire aucune illusion quant à l’idée que l’ère des guerres impérialistes états-uniennes puisse toucher à sa fin avec le retrait d’Afghanistan. Ce à quoi l’on assiste n’est rien de plus qu’une actualisation et mise à jour des leçons tirées du Vietnam dans le but de gérer mieux et de façon plus rentable les interventions militaires américaines, et non de renoncer à la domination mondiale exercée par le pouvoir impérial états-unien.

La défaite des États-Unis au Vietnam, conclue par le retrait de leurs troupes en 1973, donna lieu à une révision fondamentale de la stratégie militaire qui les prépara aux guerres de l’ère numérique. Le Vietnam eut d’énormes conséquences aux États-Unis mêmes, créant notamment une puissante aversion pour la guerre auprès de la population, en particulier parmi les jeunes. Les va-t-en-guerre impérialistes appelèrent cela « syndrome vietnamien », voyant une maladie dans ce qui relevait en vérité d’une défiance publique très saine envers le penchant de l’élite du pouvoir pour les expéditions impériales. Continuer à lire … « Les États-Unis sont partis d’Afghanistan, mais l’impérialisme US n’est pas près de s’en aller »

Aux États-Unis, les géants du numérique sortent les griffes contre l’émergence du syndicalisme

Le 9 avril dernier, les employé·es du site [de l’entrepôt Amazon de Bessemer dans l’Alabama] ont voté à une écrasante majorité contre la création d’une section syndicale, lors d’un scrutin très suivi aux États-Unis. Mais depuis, des témoignages de travailleur·euses ont émergé accusant le géant du commerce en ligne d’avoir cherché à interférer dans le vote, en demandant aux services postaux d’installer une boîte à l’extérieur du site, visant à recueillir les bulletins des salarié·es. La presse américaine a révélé qu’au cours de la campagne syndicale, Amazon avait encouragé à de multiples reprises les employé·es à se servir de cette boîte aux lettres [pour voter], installant même une petite tente autour d’elle. Une initiative critiquée par le puissant syndicat du commerce de détail, des entrepôts et des grands magasins (Retail, Warehouse and Department Store Union – RWDSU), qui aurait représenté les salarié·es en cas de victoire du « oui ». Celui-ci estime que l’installation de la boîte à la demande d’Amazon a pu dissuader certains travailleur·euses de participer au scrutin, par crainte d’être surveillés. Sur les 5 800 salarié·es invités à prendre part au vote, 45% ont préféré s’abstenir. Continuer à lire … « Aux États-Unis, les géants du numérique sortent les griffes contre l’émergence du syndicalisme »