Le droit à l’avortement sur la sellette aux Etats-Unis

Le 2 mai, lorsque le site d’information Politico a publié une ébauche de la décision à venir de la Cour suprême des Etats-Unis, qui annule l’arrêt Roe v Wade de 1973, qui a légalisé l’avortement, une récrimination collective s’est fait entendre dans tout le pays. Même pour ceux et celles d’entre nous qui ont assisté à l’érosion constante du droit à l’avortement depuis plus de quatre décennies et qui savaient que l’annulation de Roe était probable, le choc à la lecture du projet de décision a néanmoins été ressenti comme un coup de poing à l’estomac.

Le principe clé de l’arrêt Roe v Wade permettait le droit à l’avortement légal pour n’importe quelle raison jusqu’à la « viabilité du fœtus », à environ 24 semaines de grossesse, lorsque le fœtus est capable de survivre en dehors de l’utérus. Le projet de décision sur Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization, rédigé par le juge ultra-conservateur Samuel Alito, confirme une loi du Mississippi de 2018 qui interdit les avortements après 15 semaines de grossesse – bien avant la viabilité du fœtus – et ne prévoit pas d’exceptions en cas de viol ou d’inceste. Continuer à lire … « Le droit à l’avortement sur la sellette aux Etats-Unis »

Remarques lors d’un rassemblement d’urgence sur les droits reproductifs

Le projet de décision de la Cour suprême des États-Unis dans l’affaire Dobbs contre Jackson Women’s Health Organization a été rédigé par Samuel Alito Jr. Il affirme qu’il n’existe pas de droit à l’avortement en vertu du 14e amendement et que, par conséquent, Roe v. Wade est inconstitutionnel. Bien sûr, ni l’avortement ni les femmes ne sont mentionnés dans la Constitution des États-Unis ! Continuer à lire … « Remarques lors d’un rassemblement d’urgence sur les droits reproductifs »

États-Unis : Le syndicat des infirmièr·es dénonce les menaces sur le droit à avortement (+ appel en France)

Le National Nurses United (NNU) a qualifié aujourd’hui le projet de la Cour suprême des États-Unis annulant l’arrêt Roe v. Wade [qui a ouvert le droit à l’avortement aux États-Unis en 1973], communiqué tard hier soir, de « menace déraisonnable pour la santé et la sécurité des femmes, en particulier les femmes à faible revenu et toutes les personnes en âge de procréer qui ont moins d’options pour exercer leurs droits reproductifs ».

« Les infirmières se joindront aux femmes et aux partisans de la justice de genre dans tout le pays pour s’opposer aux restrictions politiques, juridiques et patronales imposées aux services de santé des femmes, y compris le droit aux services relatif à la reproduction et autres services de planification familiale », a déclaré la présidente du NNU, Jean Ross. Continuer à lire … « États-Unis : Le syndicat des infirmièr·es dénonce les menaces sur le droit à avortement (+ appel en France) »

Les travailleur·euses d’Amazon à Staten Island remportent une victoire historique (plus autres articles)

  • Luis Feliz Leon : Les travailleur·euses d’Amazon à Staten Island remportent une victoire historique
  • Justine Medina : Comment nous l’avons fait
  • Harold Meyerson : La révolte d’une génération de salarié·e·s est en marche
  • Johnnie Kallas, Eli Friedman et Leonardo Grageda : Pour la première fois depuis des décennies, un vrai bilan du nombre de grèves et de grévistes
  • Sharon Zhang : Plus de 100 établissements Starbucks en voie de syndicalisation.
  • Sonali Kolhatkar : Un nombre record de travailleurs démissionnent et font grève

Les travailleur·euses d’Amazon à Staten Island remportent une victoire historique

C’est presque comme de l’étoffe magique des films de Disney. Mais hier, l’improbable est devenu réalité lorsqu’un groupe pugnace de travailleur·euses membres de Amazon Labor Union (ALU) a remporté un vote en faveur de la création d’un syndicat dans un entrepôt de Staten Island, dans l’État de New York, remportant une victoire syndicale historique contre le géant des entreprises.

Avant le décompte des voix, la plupart des journalistes avaient écarté les chances du syndicat indépendant, traitant l’organisation comme une curiosité, au mieux. « Je pense que nous avons été ignoré·es », a déclaré jeudi soir Madeline Wesley, trésorière de l’ALU. « Et je pense que cela prendra fin demain lorsque nous serons victorieux ».

L’ALU a remporté une victoire décisive aujourd’hui, en obtenant à une large majorité la création d’un premier espace de travail syndiqué dans le vaste réseau de centres d’exécution, de livraison et de triage d’Amazon à travers les États-Unis. Les installations de la société sont concentrées dans des zones métropolitaines comme New York, Chicago et Los Angeles, ce qui ouvre la voie à davantage d’organisation syndicale. Continuer à lire … « Les travailleur·euses d’Amazon à Staten Island remportent une victoire historique (plus autres articles) »

Quand l’extrême-droite subvertit la « notion de liberté ». A propos du « Freedom Convoy » (+ autres textes)

Le mouvement du « convoi de la liberté » (« Freedom Convoy »), composé de centaines de camions, a paralysé le passage frontalier le plus fréquenté entre le Canada et les Etats-Unis et a occupé Ottawa, la capitale du Canada, bloquant effectivement la ville et perturbant la vie quotidienne de la plupart des résidents du centre-ville. Les participants au convoi rejettent toutes les exigences et toutes les instructions en matière de vaccination et soutiennent un discours résolument antigouvernemental qui rappelle l’idéologie d’extrême droite aux Etats-Unis.

Les participants au convoi n’ont pas le soutien du grand public, qui est largement vacciné. Ils n’ont pas non plus le soutien de la plupart des camionneurs canadiens, dont 90% sont vaccinés, et de l’Alliance canadienne du camionnage (ACC–CTA, Canadian Trucking Alliance).

Les camionneurs sont largement soutenus par les principaux républicains des Etats-Unis tels que Donald Trump, Ted Cruz [sénateur du Texas] et Marjorie Taylor Greene [élue républicaine de l’Etat de Georgie à la Chambre des représentants, proche des milieux complotistes], ainsi que par certains politiciens conservateurs canadiens. Ils sont également soutenus par d’influentes personnalités antidémocratiques des médias sociaux, comme Tucker Carlson [Fox News], Jordan Peterson, Elon Musk, ainsi que par toute une série de groupes suprémacistes blancs. Parmi les groupes d’extrême droite les plus puissants au Canada, on trouve Action4Canada, qui affirme, à tort et à travers, que la pandémie de Covid-19 « a été provoquée, du moins en partie, par Bill Gates et un « Nouvel ordre (économique) mondial » pour faciliter l’injection de puces électroniques à 5G dans la population ». Avec l’aide des réseaux sociaux, le soutien aux manifestations du Freedom Convoy a fait boule de neige au niveau international, les prochains convois étant prévus aux Etats-Unis, en France et dans les 27 pays européens. Continuer à lire … « Quand l’extrême-droite subvertit la « notion de liberté ». A propos du « Freedom Convoy » (+ autres textes) »

Un Parti républicain trumpisé, un Parti démocrate débile. En question : les droits de la population laborieuse

Le Parti républicain a été complètement transformé. Donald Trump en a le contrôle total. Une grande partie de la base républicaine le vénère comme l’homme fort qui seul peut redresser le pays. Elle lui voue un culte, lui est personnellement fidèle, croit tout ce qu’il dit et est prête à faire ce qu’il veut.

Le danger que représente Trump

Trump assume actuellement un rôle plus public, notamment en organisant des rassemblements de masse, son activité de prédilection. Le premier rassemblement a eu lieu le 15 janvier.

Il a amassé des fonds importants qu’il compte utiliser lors des primaires républicaines de cette année afin de soutenir les candidats qui lui sont fidèles contre ceux qu’il estime ne pas être suffisamment soumis.

Ses nouvelles initiatives publiques se poursuivront jusqu’aux élections de novembre: élections de mi-mandat pour le renouvellement d’un tiers des 100 sièges du Sénat et de l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants ainsi que l’élection de 34 gouverneurs des Etats fédérés, sans compter les élections dans les comtés et les villes. Il s’agit là de la première étape de sa campagne pour se représenter à la présidence en 2024. Continuer à lire … « Un Parti républicain trumpisé, un Parti démocrate débile. En question : les droits de la population laborieuse »

Perspective cauchemardesque

Une année de Biden et le retour de Trump au pouvoir paraît de plus en plus probable !

« Chaos », « Insurrection », « Agression de la populace »… un an plus tard, les médias américains et internationaux ainsi que les chancelleries de par le monde continuent d’attribuer maintes appellations aux événements du 5 Janvier 2021, oubliant pourtant systématiquement une, celle qui est d’ailleurs la seule correcte : Coup d’état. Ou plutôt tentative de coup d’état. Alors, pourquoi tout ce bon monde persiste à « oublier » l’évidence quand les événements parlent d’eux-mêmes et un Noam Chomsky n’hésite pas de dire de l’attaque de l’année passée contre le Capitole qu’elle est… « la définition même du coup d’état » ? (1) Continuer à lire … « Perspective cauchemardesque »

Etats-Unis : menaces sur la démocratie et le droit à l’avortement

1. Le « sommet pour la démocratie », promesse de campagne de Joe Biden, a réuni virtuellement jeudi et vendredi quelque 110 pays et territoires, dont des invités très critiqués. Que doit-on retenir de ce sommet ? Réussite ou défaite pour le président étatsunien ?

Ce sommet, organisé en visioconférence, les 9 et 10 décembre, est passé relativement inaperçu. Il participait de la volonté du président Biden d’être le chef de file des défenseurs de la démocratie dans le monde face à ses adversaires (autocraties, dictatures, etc.). Réduit au strict minimum (déclaration de grands principes, défense de la liberté de la presse, etc.), le sommet a déçu par sa faible ambition et surpris par le choix des pays invités (la République démocratique du Congo et le Brésil, alors que ni la Turquie ni la Tunisie ou la Hongrie n’étaient conviées). La Chine et la Russie ont fortement critiqué l’événement : l’opposition à la démocratie est devenue un soft power. Le boycott diplomatique par les États-Unis des J.O. d’hiver de Pékin 2022 est une autre illustration de cette bataille qui ne se limite pas aux symboles et aux mots : le département du Trésor a sanctionné deux hauts responsables chinois pour violation des droits humains dans le Xinjiang et inscrit SenseTime, une entreprise d’intelligence artificielle, sur sa liste noire des investissements pour sa technologie de reconnaissance faciale qui cible la minorité ouïghoure. La défense des droits humains se double d’intérêts économiques et stratégiques. Continuer à lire … « Etats-Unis : menaces sur la démocratie et le droit à l’avortement »

Kyle Rittenhouse est libre. Les manifestant·e·s doivent faire face à la police et à des milices d’extrême droite

Kyle Rittenhouse – l’adolescent blanc armé qui s’était rendu de l’Illinois au Wisconsin pour, paraît-il, « protéger»  les commerces locaux contre les manifestant·e·s antiracistes de Kenosha [ville située dans l’extrême sud-est du Wisconsin], sur quoi il avait abattu deux personnes et en avait blessé une autre – a été acquitté de tous les chefs d’accusation. Je ne pense pas que qui conque a suivi le procès, même de façon superficielle, sera surpris par ce verdict. Le scénario était clair, après les diverses pitreries du juge élu (Bruce Schroeder), qui semblaient indiquer où se situaient ses sympathies, et le fait que l’accusation ait demandé aux jurés d’envisager des chefs d’accusation moins graves que le meurtre.

Je ne veux pas discuter des détails juridiques du verdict. Il est clair que l’accusation a commis de nombreuses erreurs et n’a bénéficié d’aucune marge de manœuvre de la part du juge, contrairement à l’équipe de défense. De plus, nous savons que la « légitime défense » – souvent mieux connue sous le nom de vigilantisme – est juridiquement protégée et fortement racialisée dans ce pays. Pensez à l’acquittement de George Zimmerman pour le meurtre de Trayvon Martin en 2013. Continuer à lire … « Kyle Rittenhouse est libre. Les manifestant·e·s doivent faire face à la police et à des milices d’extrême droite »

Les droits du travail doivent inclure les prisonniers

Après une longue et pénible semaine de travail, Vidal Guzman reçoit un chèque de 3,50 dollars. Avec cette somme, il n’a pu acheter que quatre articles : du dentifrice, deux boîtes de soupe et un timbre-poste. Il avait d’abord protesté contre le fait d’être affecté à la cantine, mais on lui a posé un ultimatum : c’était ça ou il pouvait retourner en cellule d’isolement. Quiconque a passé un temps considérable en isolement complet pendant 23 heures par jour peut vous dire que c’est une pure torture. Les gens ont souvent des hallucinations et, dans les cas extrêmes, subissent des dommages mentaux irréversibles. Pour Guzman, qui a passé deux ans et demi en tout et pour tout en isolement, le retour en arrière n’était pas une option. Il s’est soumis au travail forcé à la cantine et à ses salaires de misère, l’un des nombreux facteurs de déshumanisation d’un système carcéral conçu pour enrichir les entreprises aux dépens des personnes incarcérées. Continuer à lire … « Les droits du travail doivent inclure les prisonniers »

Les États-Unis sont partis d’Afghanistan, mais l’impérialisme US n’est pas près de s’en aller

Les États-Unis ont subi de lourdes défaites en Irak et en Afghanistan, tout comme au Vietnam auparavant. Il ne faudrait cependant pas prendre les révisions de la stratégie militaire états-unienne après ces graves échecs pour un abandon des ambitions impérialistes des États-Unis.

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La débâcle du gouvernement fantoche afghan à la solde de États-Unis a inspiré d’innombrables avis de décès concernant la puissance impériale américaine. Ces nécrologies sont prématurées.

Le mouvement anti-guerre ne doit se faire aucune illusion quant à l’idée que l’ère des guerres impérialistes états-uniennes puisse toucher à sa fin avec le retrait d’Afghanistan. Ce à quoi l’on assiste n’est rien de plus qu’une actualisation et mise à jour des leçons tirées du Vietnam dans le but de gérer mieux et de façon plus rentable les interventions militaires américaines, et non de renoncer à la domination mondiale exercée par le pouvoir impérial états-unien.

La défaite des États-Unis au Vietnam, conclue par le retrait de leurs troupes en 1973, donna lieu à une révision fondamentale de la stratégie militaire qui les prépara aux guerres de l’ère numérique. Le Vietnam eut d’énormes conséquences aux États-Unis mêmes, créant notamment une puissante aversion pour la guerre auprès de la population, en particulier parmi les jeunes. Les va-t-en-guerre impérialistes appelèrent cela « syndrome vietnamien », voyant une maladie dans ce qui relevait en vérité d’une défiance publique très saine envers le penchant de l’élite du pouvoir pour les expéditions impériales. Continuer à lire … « Les États-Unis sont partis d’Afghanistan, mais l’impérialisme US n’est pas près de s’en aller »

Aux États-Unis, les géants du numérique sortent les griffes contre l’émergence du syndicalisme

Le 9 avril dernier, les employé·es du site [de l’entrepôt Amazon de Bessemer dans l’Alabama] ont voté à une écrasante majorité contre la création d’une section syndicale, lors d’un scrutin très suivi aux États-Unis. Mais depuis, des témoignages de travailleur·euses ont émergé accusant le géant du commerce en ligne d’avoir cherché à interférer dans le vote, en demandant aux services postaux d’installer une boîte à l’extérieur du site, visant à recueillir les bulletins des salarié·es. La presse américaine a révélé qu’au cours de la campagne syndicale, Amazon avait encouragé à de multiples reprises les employé·es à se servir de cette boîte aux lettres [pour voter], installant même une petite tente autour d’elle. Une initiative critiquée par le puissant syndicat du commerce de détail, des entrepôts et des grands magasins (Retail, Warehouse and Department Store Union – RWDSU), qui aurait représenté les salarié·es en cas de victoire du « oui ». Celui-ci estime que l’installation de la boîte à la demande d’Amazon a pu dissuader certains travailleur·euses de participer au scrutin, par crainte d’être surveillés. Sur les 5 800 salarié·es invités à prendre part au vote, 45% ont préféré s’abstenir. Continuer à lire … « Aux États-Unis, les géants du numérique sortent les griffes contre l’émergence du syndicalisme »

Administration Biden : « mettez fin, maintenant, à la déportation des migrant·e·s »

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Pendant la campagne électorale, Joe Biden s’est donné beaucoup de mal pour établir les différences spectaculaires entre lui et Donald Trump en matière d’immigration. Joe Biden a été très clair : il réunirait les familles séparées, réinstallerait 125 000 réfugié·e·s et reléguerait aux oubliettes les centres de détention privés pour immigré·e·s.

Six mois après le début de son administration, les activistes de l’immigration ressentent une sorte de coup du lapin.

La Maison-Blanche a tenu sa promesse d’un moratoire de 100 jours sur les expulsions. Mais elle a rapidement abandonné les objectifs de son propre décret lorsqu’il a été bloqué par un juge fédéral nommé par Trump, au lieu de rechercher des solutions légales tel que l’octroi d’une protection temporaire contre l’expulsion.

L’administration Biden a cessé d’ajouter des immigrant·e·s aux Migrant Protection Protocols (Protocoles de protection des migrants) qui obligeaient les personnes demandant l’asile aux Etats-Unis à attendre au Mexique pendant que leur cas était traité par les tribunaux américains. Elle a accepté de permettre aux enfants de traverser la frontière sans être refoulés, mais la vice-présidente Kamala Harris a communiqué un message très différent en disant explicitement [lors de sa visite au Guatemala] aux migrant·e·s et aux demandeurs d’asile : « Ne venez pas [aux Etats-Unis] ». Continuer à lire … « Administration Biden : « mettez fin, maintenant, à la déportation des migrant·e·s » »

Biden : miracle ou mirage ?

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La « relance keynésienne phénoménale » [1] des Etats-Unis a de quoi impressionner. Il y a en fait trois plans Biden, qui représentent une somme totale de 6000 milliards de dollars, soit plus d’un quart du PIB actuel. Mais cette présentation risque d’être trompeuse, et il faut y aller voir de plus près. Le premier (American Rescue Plan) est un plan d’urgence, autrement dit une réponse immédiate à la crise pandémique. Son montant est de 1900 milliards de dollars et il est en cours d’exécution. Sa mesure la plus significative est la distribution des chèques de 1400 dollars, une sorte de « monnaie hélicoptère ». C’est assurément beaucoup, plus que les plans analogues en Europe. Continuer à lire … « Biden : miracle ou mirage ? »

Amérique du Nord – Grands pas en avant dans la lutte contre l’exploitation sexuelle

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Dawn Hawkins nous informe aujourd’hui de grandes avancées dans la lutte contre l’exploitation sexuelle sous toutes ses formes. Mme Hawkins est présidente directrice générale du National Center on Sexual Exploitation (NCOSE), un organisme de bienfaisance qui s’est imposé comme chef de file dans la dénonciation des liens entre toutes les formes de sévices sexuels et d’exploitation basée sur le sexe. Le communiqué fait part de trois changements législatifs aux États-Unis qui reflètent les efforts des législateurs pour doter de cohérence le discours des sociétés modernes néo-libérales au sujet de leurs systèmes économiques et des impacts des industries les plus nocives. À la lumière des drames humains au cœur des industries de l’exploitation sexuelle, ces nouvelles lois repositionnent la base même des pratiques de ces industries non seulement sur les producteurs de ces prétendus services, produits et échanges, mais aussi sur les acheteurs, ceux qui en créent la demande et les profits, et maintiennent ce lucratif modèle économique. Pas d’acheteur, pas de marché, pas de profit. Brisant le double discours autour de ces industries, où les études de marché et les analyses des impacts sociétaux n’existent que dans la critique féministe radicale, on  s’attarde maintenant sur la demande – les acheteurs – en reliant acheteurs et victimes. Au Maine et au Texas, bastion du capitalisme sauvage, les législateurs ont finalement compris les tenants et aboutissants du système d’exploitation sexuelle ; ils et elles ont finalement reconnu le sort des milliers de victimes laissées pour compte ; et on a finalement accepté que les solutions aux drames créés par ces industries passent par la responsabilité des hommes qui achètent leurs prétendus produits et services. Au Maine et au Texas, ces achats seront désormais définis respectivement comme des délits et des crimes. C’est une avancée majeure dans la lutte contre l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants.  Continuer à lire … « Amérique du Nord – Grands pas en avant dans la lutte contre l’exploitation sexuelle »

Lincoln, Marx, l’esclavage et la guerre civile

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

L’esclavage a été légalement aboli aux États-Unis en 1865, après cinq ans de guerre civile. De nos jours, la situation réelle des Afro-Américains montre que cette abolition a été pour le moins incomplète. Cette histoire nous intéresse d’autant plus que Marx et Engels, avec la Première Internationale, l’ont suivie activement et ont soutenu publiquement le président Abraham Lincoln. Pourtant les différences étaient a priori énormes entre la politique d’indépendance ouvrière des fondateurs du socialisme moderne et le prudent réformisme assumé par un bourgeois conscient, élu par deux fois à la présidence des USA (1860 et 1864). Continuer à lire … « Lincoln, Marx, l’esclavage et la guerre civile »

L’organisation de la base, des immigrants et de l’agriculture aux États-Unis

Lisez et écoutez la contribution de Kathia Ramirez sur le travail du Comité de soutien aux travailleurs agricoles (CATA), au webinaire « Migration et refuge dans l’agenda féministe. »

Les États-Unis sont connus pour être le pays des opportunités, où il est possible de vivre le « rêve américain ». Mais la réalité est que nous vivons dans le « ventre de la bête ». La première fois que j’ai participé à un séminaire international, j’ai trouvé intéressant que les participants soient surpris d’apprendre qu’il existe également des luttes populaires aux États-Unis. Des organisations comme le Comité de soutien aux travailleurs agricoles (CATA-Comitê de Apoyo a los trabajadores agrícolos) se concentrent sur les communautés impactées par les lois, les politiques et les injustices aux États-Unis. Continuer à lire … « L’organisation de la base, des immigrants et de l’agriculture aux États-Unis »

Les travailleurs et travailleuses de la restauration disent : pas de retour au travail sans un réel salaire minimum décent

Le 20 mai 2021, une cinquantaine de dirigeants de travailleurs du secteur des services de One Fair Wage, une organisation que je dirige et qui rassemble des travailleurs et travailleuses du secteur des services pour exiger un salaire décent, se sont réunis pour procéder à un vote officiel sur l’opportunité de faire une « grève des salaires ». Certains travailleurs et travailleuses avaient déjà quitté le secteur de la restauration et envisageaient de ne pas y revenir, tandis que d’autres étaient restés, effectuant le travail de deux ou même trois salarié·e·s dans des entreprises en sous-effectif. Tous étaient unis dans leur détermination à ne pas continuer à travailler pour un salaire inférieur à un salaire complet et décent, plus les pourboires.

« Lorsque la pandémie a frappé, j’ai été mis au chômage technique. J’ai essayé de toucher le chômage, mais mon salaire minimum était trop bas pour que je puisse y prétendre », a déclaré Ifeoma Ezimako, une serveuse afro-américaine de Washington D.C. qui est devenue un leader de One Fair Wage juste après le début des fermetures liées à la pandémie l’année dernière. « Mon vrai problème est que les pourboires sont censés être un supplément. Or, ce n’est pas l’obligation du client de nous payer. Du fait que l’employeur ne transmet pas cette obligation au client, et que le client le sait, c’est alors que le harcèlement sexuel intervient. » Continuer à lire … « Les travailleurs et travailleuses de la restauration disent : pas de retour au travail sans un réel salaire minimum décent »

États-Unis 2021: Néolibéralisme malmené et la gauche en embuscade !

Ayant été député ou sénateur pendant 39 ans, et vice président du pays pendant huit ans supplémentaires, Joe Biden a eu évidemment tout le temps pour se faire un profil de politicien que Wikipedia situe avec raison à « l’aile droite du parti Démocrate ». Alors, que se passe-t-il que les uns après les autres des économistes de gauche et même d’extrême gauche se déclarent « surpris agréablement » par le bilan des 100 premiers jours de la présidence de Biden, allant même jusqu’à constater qu’il s’éloigne du néolibéralisme dominant ?

Comme en notre époque il n’y en a plus de miracles, ce qui se passe c’est tout simplement qu’il y a désormais aux États-Unis non seulement de très importants mouvements populaires mais aussi des forces de la gauche radicale jouissant d’une influence sociale sans précédent, capables de faire sentir leur présence au centre de la scène politique, et même d’imposer quelques unes de leurs thèses et de leurs propositions ! Et pour preuve, voici tout de suite comment se manifeste cette capacité sans précédent de la nouvelle gauche américaine d’influencer et de « gauchiser » les politiques de ce président Biden, par ailleurs conservateur chevronné, tout en luttant et mobilisant sur son propre programme revendicatif et émancipateur. Continuer à lire … « États-Unis 2021: Néolibéralisme malmené et la gauche en embuscade ! »

Introduction de Chafik Sayari à son livre : Une histoire politique du ring noir

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Le persistant fantôme de l’Espoir blanc

Le 24 mars 1975, Sylvester Stallone, qui n’est alors qu’un inconnu, assiste au combat qui oppose Muhammad Ali à Chuck Wepner. Ce jour-là, en dépit de toutes les prévisions, Wepner résiste d’une manière si remarquable qu’il contraint le champion du monde à batailler jusqu’à l’ultime round pour remporter la décision. Pour le jeune Stallone, qui fut profondément secoué par le spectacle, il importait peu que David n’ait pu mettre Goliath à terre car, malgré les innombrables coups reçus et un visage devenu peu à peu méconnaissable, Chuck Wepner lui apparut comme le « gladiateur du 20siècle. Une métamorphose de la vie1 ». Continuer à lire … « Introduction de Chafik Sayari à son livre : Une histoire politique du ring noir »