Les leçons de la favela de Maré

Comment par l’auto-organisation une favela de 140 000 habitants a réduit les décès Covid de 90% alors que Rio vivait une tragédie.

« Comment vais-je me débrouiller ? Comment vais-je me nourrir ? » Ce sont les questions qui ont assailli l’esprit de David Nascimento, 24 ans, lorsqu’il a commencé à ressentir les symptômes du Covid-19 début janvier. Habitant de la favela de Maré, à Rio de Janeiro, il travaillait dans un petit atelier de réparation de téléphones portables et avait besoin de cet argent.  Continuer à lire … « Les leçons de la favela de Maré »

Haïti : enjeux et défis des luttes ouvrières dans l’industrie textile

En février 2022, des milliers d’ouvrières et d’ouvriers des usines textiles d’Haïti ont manifesté à plusieurs reprises pour réclamer une augmentation du salaire minimum. Ces mobilisations éclairent l’impasse dans laquelle se trouve le pays, ainsi que les enjeux et défis d’une transition.
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Commencée fin janvier dans la région du Nord-Est, l’agitation s’est étendue à la capitale, Port-au-Prince, avant d’atteindre son point d’orgue fin février 2022. Plusieurs milliers des travailleurs – dans leur majorité, des travailleuses – sont descendu·es dans les rues pour exiger un salaire minimum de 1 500 gourdes (approximativement 13 euros) par jour. Elles rejetaient de la sorte l’augmentation fixée par le gouvernement de 500 à 685 gourdes. Cette lutte jette une lumière crue non seulement sur le sort des ouvriers et ouvrières de ce secteur, mais aussi, plus globalement, sur le modèle de dépendance dans lequel se trouve piégé Haïti. Continuer à lire … « Haïti : enjeux et défis des luttes ouvrières dans l’industrie textile »

« Je t’écris, Colombie » : lettres de solidarité à un peuple qui résiste (+ autres textes)

Lisez un extrait du livre numérique « Te escribo Colombia » [Je t’écris, Colombie], publié par l’alliance Solidarité, Résistance, Espérance

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Jour après jour, le peuple colombien vit les conséquences d’un État construit sur le militarisme, la violence et le néolibéralisme. Un État qui, pour se maintenir, réprime les manifestations, poursuit les mouvements sociaux, criminalise et assassine les femmes et les leaders politiques et communautaires. Des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour défendre la vie, la liberté et une nouvelle politique pour la Colombie, contre les inégalités, la privatisation, la suppression de droits et le projet politique représenté par l’actuel gouvernement d’Iván Duque. Continuer à lire … « « Je t’écris, Colombie » : lettres de solidarité à un peuple qui résiste (+ autres textes) »

Féminismes contemporains en Amérique latine

Cet article s’appuie sur le livre 21st Century Feminismos: The Women’s movements across Latin America and the Caribbean qui comprend dix études de cas provenant de huit pays différents d’Amérique latine (Brésil, Argentine, Uruguay, Chili, Colombie, El Salvador, Mexique) et des Caraïbes (Haïti) et qui analysent la manière dont les mouvements de femmes et féministes ont réagi à des processus de changement sociétal, ont été façonnés par eux et se les sont appropriés.

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Pourquoi est-il important d’étudier le mouvement féministe en 2022 ?
« Être une femme et survivre au Mexique est un acte de résistance. » Continuer à lire … « Féminismes contemporains en Amérique latine »

L’avortement, dépénalisé en Colombie (et remis en cause)

En Colombie, la Cour constitutionnelle vient d’émettre un avis favorable à l’avortement. Avec une très fragile majorité (cinq magistrats pour, quatre contre), la Cour autorise le recours à l’IVG jusqu’à la 24ème semaine de grossesse. Ainsi, après Cuba, l’Uruguay, le Porto Rico, l’Argentine, de nombreux États du Mexique, le Surinam, la Guyana et bientôt le Chili, voici le troisième pays le plus peuplé de l’Amérique latine (après le Brésil et le Mexique) adopter le droit à l’avortement.

Le verdict était attendu depuis deux ans. Dans les bureaux de la Cour constitutionnelle attendent de très nombreuses demandes sous la forme de « tutelas », un recours constitutionnel interposé par les citoyens en cas d’atteintes à leurs droits fondamentaux et perçue très souvent comme le meilleur moyen, sinon le seul, permettant de résoudre nombre de problèmes qui se posent au quotidien.

L’une de ces tutelas émanait de la plateforme féministe Causa Justa, laquelle arguait que l’état des choses actuel (avortement autorisé en trois cas de figure : s’il y a un risque vital pour la femme enceinte, s’il y a une malformation du fœtus, ou en cas de viol), n’était pas respecté. Afin d’éviter que les « barrières du système » (obstacles du système de santé, objections de conscience des médecins, etc) n’obstruent le recours à l’avortement thérapeutique, disaient ces féministes, il fallait statuer à nouveau. Et pour respecter le droit à leur autonomie, la demande allait dans le sens de dépénaliser l’avortement. Une seconde « tutela », introduite en 2020 par un juriste, allait dans le même sens. Continuer à lire … « L’avortement, dépénalisé en Colombie (et remis en cause) »

Guatemala (deux textes)

Le Guatemala est Iximulew : un nouvel élan vers la plurinationalité, la démocratie et une vie digne

Les femmes et les peuples autochtones se soulèvent dans d’intenses mobilisations contre le président du Guatemala et pour un État plurinational.

Depuis 2015, il y a eu une aggravation de la crise politique et institutionnelle au Guatemala, marquée par un pacte entre les corrompus, une alliance criminelle, avec un assaut des puissances les plus sombres et les plus fondamentalistes et la présence d’entreprises transnationales dans les territoires. À son tour, un tel projet de mort, d’impunité et de cooptation de l’État a été confronté à la résistance et à la mobilisation des peuples, des femmes et des mouvements sociaux. La lutte des peuples et des mouvements est historique, défendant la vie, la terre mère, l’autodétermination et la défense du territoire corps-terre. Continuer à lire … « Guatemala (deux textes) »

Stop silence ! La politique internationale vis-à-vis d’Haïti doit changer !

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Appel international lancé par le Centre Tricontinental (CETRI) en Belgique et endossé par plusieurs organismes en France, au Bénin, en Espagne, en Allemagne et au Québec, notamment la Coalition haïtienne au Canada contre la dictature en Haïti

En octobre 2020, était lancée la campagne internationale Stop silence Haïti ! Huit mois plus tard, où en est-on ? Toutes les exactions, violences et injustices dénoncées dans cet appel se sont aggravées. La pauvreté s’est accrue, la faim affecte plus de 4 millions de personnes, les enlèvements – doublés de viols –, se sont multipliés, et les bandes armées ont encore étendu leur pouvoir. L’insécurité généralisée touche toutes les couches de la population, compromettant un peu plus l’accès aux services sociaux de base, dont l’éducation et la santé.

Il n’y a eu aucune avancée judiciaire dans les massacres – douze massacres ont été enregistrés depuis 2018 – et les affaires de corruption, au premier rang desquelles, Petrocaribe, alors que de nouvelles enquêtes, nationales et internationales, confirment l’implication et la complicité du pouvoir. L’assassinat du bâtonnier du barreau de Port-au-Prince, Maître Monferrier Dorval, comme tant d’autres, demeure impuni. La violence et l’impunité se nourrissent mutuellement, plongeant Haïti dans un cercle vicieux. Continuer à lire … « Stop silence ! La politique internationale vis-à-vis d’Haïti doit changer ! »

Le Président d’extrême-droite brésilien sous accusation de crimes contre l’humanité (plus autres textes)

Éviter toute responsabilité, attirer l’attention en commettant des outrages, se faire réélire – telle a été depuis des décennies la sainte trinité de la carrière politique du Président brésilien Jaïr Bolsonaro. Au cours de l’année écoulée, ce personnage d’extrême droite de 66 ans a atteint de nouveaux sommets d’outrage. Mais les deux autres piliers de sa stratégie semblent maintenant vaciller.

La crise du Covid-19 au Brésil reste l’une des pires au monde. Et une crise économique brutale a plongé des millions dans la pauvreté. Les sondages d’opinion montrent pour la première fois de manière constante qu’une majorité de Brésiliens et de Brésiliennes désapprouvent désormais Bolsonaro.

Jusqu’à présent, il s’est avéré apte à coopter les institutions publiques et à éviter toute responsabilité par moyen de menaces, de promesses, de négociations en coulisses, ou en plaçant des loyalistes à des postes officiels. Mais lorsque le Sénat brésilien a lancé une nouvelle enquête sur sa gestion de la pandémie, les allié.e.s du président ont été incapables de la bloquer. Le panel s’est réuni pour la première fois, et ses membres s’attendent à ce que l’enquête produise des preuves de méfaits qui permettront sa destitution. Continuer à lire … « Le Président d’extrême-droite brésilien sous accusation de crimes contre l’humanité (plus autres textes) »

Je ne me suis pas découverte Noire, j’ai été accusée de l’être

« Le racisme ne se combat pas avec de belles paroles mais à travers une formation et une transmission de savoirs et de pratiques indispensables ».

Dans sa préface, « Pour une pédagogie féministe et antiraciste », Françoise Vergès souligne l’importance des « manuels d’éducation populaire, de pédagogie féministe non-élitiste, de formation à la resistance et à l’autonomie ». Elle aborde, entre autres, les mécanismes de racisme d’Etat et du racisme structurel, les liens entre racisme et histoire esclavagiste et coloniale (dont l’histoire française), le travail de groupes afro-féministes « non seulement analysent l’intersection des discriminations, mais dénoncent la misogynoire, le machisme des hommes noirs », les clichés (Noire n’est pas mon métier. Stéréotypes, racisme et diversité : 16 actrices témoignent, les-refus-de-la-boite-a-cliches/), le mouvement féministe antiraciste transnational, les contributions de féministes du « Sud global »… Continuer à lire … « Je ne me suis pas découverte Noire, j’ai été accusée de l’être »

Une course vers la mort ?

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Ce qu’on peut apprendre de la gestion de la pandémie au Brésil

Des sommes considérables sont dépensées chaque année pour inventer de nouveaux vaccins dans les pays avancés, et c’est une bonne chose. Celles pour analyser les causes de l’apparition de nouvelles pandémies restent par contre insuffisantes. Les politiques publiques pour tenter de limiter, voire de réduire les dégâts causés à la nature sont loin de ce qui serait nécessaire pour inverser les tendances observées ces dernières décennies dans l’ensemble des pays, à quelques exceptions près. Comme souvent on peut le constater, la prévention n’est pas privilégiée, et les politiques pour s’opposer aux effets des pandémies prennent le pas sur celles nécessaires pour les prévenir. Ce n’est que depuis peu de temps qu’une certaine sensibilisation apparait – particulièrement chez les jeunes – sur les rapports entre les dégâts imposés à la nature d’une part, la pollution, l’apparition de nouveaux virus d’autre part. Et pourtant depuis des années, voire des décennies les écologues, les climatologues préviennent des désastres à venir.

Continuer à lire … « Une course vers la mort ? »

Ouragans, pandémie, dettes et violence : ce contre quoi les femmes du Honduras se battent

Yamileth González parle de la situation des femmes honduriennes face à la pandémie et aux récents ouragans 

« Face à la pandémie et aux phénomènes naturels Eta et Iota, nous, les femmes honduriennes, nous vivons une situation précaire, mais nous entamons une nouvelle lutte contre l’histoire de l’invisibilité de nos droits. » Continuer à lire … « Ouragans, pandémie, dettes et violence : ce contre quoi les femmes du Honduras se battent »

En Amérique latine, la pandémie s’ajoute à d’autres crises

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Pour l’économiste et chercheur au CNRS Pierre Salama, l’épidémie de nouveau coronavirus vient fragiliser des économies rendues déjà très vulnérables par les formes nouvelles prises par la globalisation, à savoir l’éclatement international de la chaîne de valeur de la production.

Professeur émérite des universités et chercheur au CNRS, spécialiste de l’Amérique latine, Pierre Salama estime que la pandémie de Covid-19, au-delà de ses effets sur la santé et sur la vulnérabilité des plus faibles, va démultiplier les nombreuses crises qui affectaient déjà la plupart des pays du continent. Continuer à lire … « En Amérique latine, la pandémie s’ajoute à d’autres crises »

Equateur. Un nouveau cycle de résistance populaire contre le néolibéralisme commence

Il y a quelques heures, le dialogue entre le gouvernement et le mouvement indigène s’est terminé par l’annonce que le décret 883, publié le 2 octobre, a été abrogé et remplacé par un nouveau décret, qui doit être rédigé par des représentants du mouvement indigène et du gouvernement. En conséquence, la grève a été levée. Il est maintenant possible de faire un premier bilan, provisoire, bien sûr.

Retour de la résistance populaire Continuer à lire … « Equateur. Un nouveau cycle de résistance populaire contre le néolibéralisme commence »

Amérique latine : retour en force de la droite et questions pour la gauche !

Un peu partout en Amérique latine, les gouvernements de gauche élus au cours de la dernière décennie sont en difficulté, devant une droite qui s’organise. Comment comprendre ce retour en force dans plusieurs pays ?

Il est impossible, quand on est de gauche, de ne pas s’inquiéter de la tournure des événements récents en Amérique du Sud. La situation est en effet préoccupante : au Brésil, la présidente Dilma Roussef a été destituée ; en Argentine, le nouveau président de droite, Mauricio Macri, administre des politiques de choc au pays et, au Venezuela, l’actuel président Nicolás Maduro connaît des difficultés grandissantes. Il est impossible aussi de ne pas s’interroger sur ce qui apparaît de plus en plus comme une déferlante de droite semblant toucher chaque fois davantage les pays latino-américains où, depuis le début des années 2000, de puissants mouvements sociaux de résistance au néolibéralisme sont apparus, mais aussi, et surtout, où des partis de gauche ou de centre-gauche – ou encore des forces qui y étaient apparentées – ont été portés au pouvoir. Continuer à lire … « Amérique latine : retour en force de la droite et questions pour la gauche ! »

Peuples autochtones : défenseurs de la Terre-Mère, de l’environnement et du climat

Journée internationale de solidarité avec les peuples amérindiens,
10 octobre 2015 – Salle Olympe de Gouges, Paris 11ème

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VAE VICTIS

« Mais dans la servitude, ombre où rien ne pénètre,

On a pour chef l’esclave à qui parle le maître »

Victor Hugo

Un pays mis en vente et que l’on exténue ?

Vétille ! puisqu’ainsi l’Europe continue

Clament les négriers de l’euro triomphant,

Le retenant captif au gré d’un nœud coulant

A fond de cale noir de leur vaisseau Finance.

* Continuer à lire … « VAE VICTIS »

Voyage assez ordinaire dans une révolution peu ordinaire

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« Ce livre est un récit de voyage à deux voix, en textes et en photos. C’est une vision subjective et assumée de ce que nous avons vécu au Vénézuéla lors de deux voyages de six mois, effectués entre 2011 et 2013 ».

Les auteur-e-s ont choisi de raconter, en texte et images, des morceaux de la vie quotidienne de vénézuélien-ne-s, de parler de leurs appréciations de la situation, de discuter des réalités peu souvent présentes dans les médias dominants. Le titre de cette note est extrait d’une phrase de l’introduction.

Dans leur introduction, les auteur-e-s parlent, entre autres, des tensions « entre la volonté affichée de consolider une participation effective et la tendance au contrôle des décisions » et reviennent sur la politique menée sous Hugo Chavez, « une politique inédite d’inclusion, d’accès à un logement décent, à l’éducation, à internet, à la santé, au régime de la sécurité sociale ou aux retraites, à des salaires minimum plus élevés, à des conditions de travail mieux encadrés, à des terres à cultiver, à des crédits bancaires, ou encore à la possibilité de participer directement à la démocratie locale… ».

Je ne présente que quelques éléments de ces chroniques bolivariennes, de cet ouvrage engagé et critique, « Entre le déni systématique et exagéré des médias anti-chavistes et une certaine vision d’un socialisme tout rose dans des publications militantes, il est difficile de trouver une information pondérée sur le pays d’Hugo Chavez. On nous reprochera aussi, sans doute, de n’avoir choisi de ne rencontrer qu’un seul camp lors de ce voyage. Mais depuis plus de quinze ans que nous exerçons notre métier de journalistes, nous nous sommes forgés une idée de l’objectivité qui adhère à l’ironie de Jean-Luc Godard. Ce cinéaste aurait dit un jour, non sans provocation : « L’objectivité, c’est cinq minutes pour Hitler, cinq minutes pour les Juifs ! » Chaque reporter interprète les paroles et les événements avec sa propre culture, sa personnalité, son expérience et sa vision du monde. Pour nous, le principal est d’être honnêtes vis-à-vis de nos interlocuteurs et de nos lecteurs et d’assumer notre propre subjectivité en tentant de ne pas déformer les propos et les situations pour favoriser une thèse préétablie, comme cela se pratique trop souvent, surtout à propos de la révolution bolivarienne ». Bien des journalistes et analystes devraient en prendre leçon !

Discussions autour des budgets (50% du budget d’investissement de la ville citée) et des priorités d’aménagement de quartiers, « la pratique de l’assemblée apparaissait comme une formidable école d’émancipation », battisses auto-construites, ateliers productifs, situation économique du Vénézuela (« l’économie vénézuélienne reste essentiellement basée sur l’exploitation de cette ressource non durable1 et sur un capitalisme importateur de denrée où l’Etat intervient somme toute assez peu : 70% du PIB reste entre les mains du secteur privé »), médias (dont FM Cayaurima), organisation citoyenne dans la citée, EPS (entreprises sociales fondées sur des principes de coopération et de solidarité), bénévolat, « nouvelle caste de riches dénommée « boli-bourgoisie »

Coopératives et « terres oisives », réforme agraire, conserverie, autogestion (« les blocages que rencontre encore l’autogestion dans les usines nationalisées vénézuéliennes, en dépit des revendications ouvrières »), le travail et la place des femmes, les subventions, le contrôle ouvrier, « Hecho en socialismo », la nouvelle Loi sur le travail, les mouvements sociaux…

Les occultations de réalité (« Les deux Vénézuéla occultent la vérité. Je ne parle pas seulement des mensonges de l’opposition. Dans le gouvernement,il y a aussi des gens qui maquillent les faits et les chiffres »), les assemblées populaires (« créer une contre-hégémonie en démocratisant la société entière et ce, en s’appuyant sur les mobilisations populaires »), la communauté amérindienne…

Nationalisation et appropriation sociale (« Nous pensons qu’il faut différencier l’étatisation des ressources – que l’on ne discute pas – de la nationalisation de leur exploitation »), construction d’ateliers, des contradictions (« La révolution bolivarienne ne nous a rien servi tout cuit. Elle est en construction, vivante, variée, contradictoire… »)…

En conclusion les auteur-e-s parlent, entre autres, de l’hyper-personnalisation, du lancement d’une série de chantiers par Nicolas Maduro, de participation critique, de dépendance excessive au pétrole, de dépendance aux importations, du non dégagement des rouages du capitalisme, de démocratisation et d’émancipation…

Des photos saisissant le vif, des textes donnant à voir les contrastes, les contradictions et les espoirs.

En compléments possibles :

Patrick Guillaudat et Pierre Mouterde : Hugo Chavez et la révolution bolivarienne. Promesses et défis d’un processus de changement social, M éditeur 2012, Entre ombres et lumières, une révolution en marche ?

Ernesto Cazal : Comment faire une Loi au Venezuela : Comment faire une Loi au Venezuela

Nouvelle loi du travail au Venezuela : un pas de plus vers la vraie vie : Nouvelle loi du travail au Venezuela : un pas de plus vers la vraie vie

Giusto Barisi : Aperçus sur la politique de développement durable de la République Bolivarienne de Venezuela. Différences Nord-Sud des politiques de développement durable. Le cas de la République Bolivarienne de Venezuela, Aperçus sur la politique de développement durable de la République Bolivarienne de Venezuela. Différences Nord-Sud des politiques de développement durable. Le cas de la République Bolivarienne de Venezuela.

Cécile Raimbeau & Daniel Hérard : Chroniques bolivariennes.

Un voyage dans la révolution vénézuelienne

Editions du Croquant, Bellecombe-en-Bauges 2014, 190 pages, 24 euros

Didier Epsztajn

1 Le pétrole

 

Amérique Latine : émancipations en construction (traduction en castillan)

Estimadas compañeras y compañeros:

Les envío un saludo desde Quito, Ecuador. Les escribo para contarles la buena noticia de que, con la ayuda oportuna de Franck Gaudichaud, el Instituto de Altos Estudios Nacionales del Ecuador, la universidad donde trabajo, ha llegado a un acuerdo con la editorial Syllepse para traducir al castellano la obra  » Amérique Latine : émancipations en construction « , en la que Uds. participaron como autores.
Básicamente, nuestra propuesta consiste en : (1) publicar el libro en todos los países en los que se lee el idioma castellano ; (2) publicarlo en los términos de la licencia Creative Commons ; (3) publicar un primer tiraje de unos 1.000 ejemplares ; y (4 ) venderlo a un precio de alrededor de USD 10. El proyecto editorial que estamos planeando tiene como objetivo poner en circulación en América Latina, España y el resto de los mercados de habla hispana una buena representación de lo mejor del pensamiento crítico y la investigación de alta calidad en los campos de las ciencias sociales y políticas, la filosofía, la economía y los estudios de la administración pública, contribuyendo a la transformación de los procesos que la región de América Latina está experimentando durante los últimos veinte años. Puesto que la mayor parte de los recursos invertidos en este proyecto editorial son públicos, aunque vamos a vender una parte de nuestra producción, queremos publicar bajo la licencia Creative Commons, para que el libro también esté disponible en versión electrónica en nuestra página web para su descarga gratuita.
Nuestro proyecto editorial es un proyecto académico y social con sólidos cimientos financieros, comerciales y logísticos, insertado en una poderosa experiencia de innovación social, intelectual y política. En realidad, podemos decir que somos parte de un nuevo Sur Global pensando estratégicamente en el campo editorial.
Los mantenemos al tanto de cualquier avance sobre la publicación.
Saludos cordiales, Juan Guijarro
Voir la note de lecture : Des liens qui libèrent 
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Alternatives en construction ?

Le numéro 42 de la revue Actuel Marx présente un dossier sur les luttes en Amérique latine.

Jérôme Baschet synthétise l’expérience des zapatistes, Eugène Gogol analyse la bataille Oaxaca ; Sébastien Ville revient sur la révolution bolivarienne au Venezuela ; Hervé Do Alto traite de la révolution nationale en Bolivie ; Ricardo Antunes des luttes sociales au Brésil. Des mises en perspectives sont assurées par Maurice Lemoine et dans une discussion n entre plusieurs auteur-e-s. A noter un riche panorama de Michael Lowy sur le marxisme dans cette région du monde.

Les changements actuels dans cette région du monde nécessitent des analyses concrètes et détaillées, loin des jugements approximatifs, des alignements ou des condamnations à priori. Sans nier l’apport des expériences et des théorisations antérieures, il convient de souligner que la définition même d’un socialisme du XXIe siècle ne peut se faire par projection idéale de modèle(s) dont la pertinence reste à construire et à démontrer.

Ce dossier est complété entre autres par un long entretien avec Chico Whitaker sur le Forum social mondial.

Je signale de plus un long texte de Michael Kratke sur l’importance des travaux journalistiques de Marx pour la critique de l’économie politique.

L’Amérique latine en lutte hier et aujourd’hui

Actuel Marx, n°42, PUF, Paris 2007, 224 pages, 24 euros

Didier Epsztajn