Témoignage de harcèlement de rue et violences verbales lesbophobes

Bonjour à toutes,
Si je prends la plume aujourd’hui, c’est pour vous relater l’agression lesbophobe que j’ai subie hier soir, à Lyon, en attendant le tramway, avec ma compagne. Il pourrait s’agir d’une histoire banale, vécue par de nombreuses lesbiennes en France, mais je souhaitais néanmoins vous la partager, afin que chacune puisse de nouveau se rendre compte de l’ampleur de la violence que l’on peut subir quand on est une femme lesbienne.
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Paroles féministes (Bilkis)

Entretien avec Bilkis, propos recueillis par Patrick Le Tréhondat

Tout d’abord, parlons de la situation avant le 24 février. Pouvez-vous nous dire comment Bilkis s’est formé. Vous vous présentez comme un « groupe d’activistes intersectionnel trans-inclusif avec un agenda anticapitaliste ». Comment articulez-vous ces dimensions politiques et sociales ?
Bilkis a été créé il y a deux ans et demi par deux de nos membres à Kharkiv. L’activité a commencé par la tenue de conférences, l’organisation de manifestations de rue pour l’action internationale des seize jours d’actions actives contre la violence basée sur le genre, l’écriture de textes sur les thèmes de la violence basée sur le genre, les droits des femmes et des personnes homosexuelles, le concept de consentement et bien d’autres sujets, la publication d’histoires de femmes et de personnes homosexuelles qui ont souffert de la violence basée sur le genre et partagé leurs histoires, afin de rendre visible un sujet souvent réduit au silence. Il y a un an, nous avons élargi notre groupe et d’autres participantes nous ont rejointes, avec lesquelles nous avons également organisé des actions jusqu’à seize jours d’actions actives contre la violence sexiste : il s’agissait de la tenue de rassemblements et d’interventions dans la rue avec affichage, distribution de tracts, publication d’histoires personnelles que des femmes et des personnes homosexuelles ayant survécu à la violence ont également accepté de partager.
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Galerie d’affiches pour le droit à l’avortement

Découvrez la galerie virtuelle créée en partenariat entre Capire et le Forum des peuples

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Foulards verts, affiches et œuvres d’art sur les murs, battements de tambour et slogans contre le patriarcat, pour la liberté et l’autonomie. Voilà quelques expressions des luttes des femmes pour le droit à l’avortement partout dans le monde. La situation des femmes qui avortent est très différente d’un endroit à l’autre : il y a des pays qui ont légalisé cette pratique et disposent de politiques publiques en faveur d’un avortement sûr et gratuit   il y a des pays qui ne légalisent l’avortement que dans certaines situations ; et des pays qui l’interdisent complètement et, par conséquent, criminalisent les femmes. Dans de nombreux endroits, les femmes qui avortent et les femmes qui soutiennent celles qui avortent sont confrontées au silence, au risque et au secret. C’est pourquoi le mouvement féministe porte ce combat à plusieurs niveaux, à la fois en empêchant les reculs juridiques et en exigeant des avancées qui font de l’avortement un droit, car il est fondamental pour l’autonomie sur nos vies, nos corps et nos sexualités.  Continuer à lire … « Galerie d’affiches pour le droit à l’avortement »

En Irak, les femmes construisent leur résistance au quotidien

Depuis le début du 20ème siècle et jusqu’à aujourd’hui, le monde arabe a été exposé à de nombreuses guerres, conflits armés et colonialisme direct et indirect. Ces guerres ont laissé dans tous nos pays les pires ravages humains, moraux et psychologiques, auxquels doivent faire face toutes les classes de la société, en particulier les femmes. Les femmes doivent jouer deux rôles à la maison : élever et s’occuper des enfants et pallier l’absence des pères, qui sont sur les champs de bataille, sont retenus en captivité, sont tombés en martyr ou sont en prison. Les femmes travaillent en dehors du foyer et sont confrontées aux problèmes de la discrimination sexuelle.

Les femmes sont également confrontées au sort de la défense de leur patrie. Nous les voyons aux côtés des hommes sur les champs de bataille, luttant farouchement pour protéger leur terre, y compris celles qui sont soumises à la détention, l’emprisonnement, la torture et la privation de leurs droits humains les plus fondamentaux. Les luttes des femmes palestiniennes sont emblématiques en ce sens. Elles souffrent de l’occupation sioniste et de la dépossession de leurs terres depuis plus de 70 ans. Depuis des générations, les femmes palestiniennes ont sacrifié et offert leurs biens les plus précieux pour obtenir leur indépendance et récupérer leurs terres usurpées par les sionistes. Elles sont traitées par l’occupation avec les méthodes de torture les plus effroyables dans les prisons lorsqu’elles sont détenues, et même dans leur vie quotidienne. La discrimination, la séparation, la marginalisation et les traitements inhumains sont commis à leur encontre, et elles luttent et redoublent d’efforts pour vivre une vie juste. Continuer à lire … « En Irak, les femmes construisent leur résistance au quotidien »

Prostitution, de la misogynie à la haine de soi

« Je l’ai mérité, je ne suis qu’une pute » !
Pute, cette insulte de la langue française s’applique par extension à toute personne supposée se vendre pour un avantage ou de l’argent. Ainsi les représentations sur la prostitution et les personnes prostituées prospèrent depuis des siècles : des personnes vénales, femmes surtout, qui gagnent de l’argent en vendant leurs charmes ou leur corps, des séductrices, des courtisanes, des tentatrices, des « marie couche toi là », des paresseuses, des abuseuses des besoins sexuels irrépressibles des hommes, « des filles de joie » qui ont inspiré ou qui ont fasciné beaucoup d’écrivains et d’artistes peintres des 19
ème et 20ème siècles, dans les nuits de promiscuité en cabarets, dans les nuits de bohème ou dans les milieux où se pavanaient les courtisanes, affichant par leurs atours et hôtels particuliers, la richesse de leur souteneur et qui, parfois, mouraient dramatiquement de tuberculose ou de syphilis. On retient souvent de ces œuvres, la rutilance des couleurs, les lourdes tentures rouges des maisons closes, les alcools et les verres, les fracs des hommes guindés dans leur col rigide, leur regard égrillard qui trie et jauge, et la nudité des corps offerts. Approchons-nous et regardons de plus près pour observer aussi les chairs blafardes et tristes, les regards perdus ou éteints, les maquillages outranciers qui peuvent cacher quelques marques de violence, les yeux cerclés de noir [1]. Essayons de comprendre ce que sont vraiment et le système prostitutionnel, et la culpabilité, la honte et la haine qui habitent les victimes de cette activité, peut-être une des plus anciennes du monde parce que produit d’un système tout aussi ancien, celui de la domination masculine. Continuer à lire … « Prostitution, de la misogynie à la haine de soi »

Le porno rend les hommes pathétiques au lit

Qu’est-ce qui excite les femmes ? Eh bien, vous ne l’apprendrez pas sur une chaîne de porno.

Je déteste le porno.
Je ne le déteste pas parce qu’il est immoral, ou parce qu’il explore souvent des goûts « inhabituels », ou parce qu’il a mis à jour un côté bestial des humains dont nous prétendions qu’il n’existait pas. Je déteste le porno parce que baiser des hommes qui ont regardé beaucoup de porno est vraiment ce qu’il y a de pire. Le pire absolu. Pour le bien de tes futures partenaires, vas-y mollo avec le porno. Beaucoup de jeunes hommes regarderont du porno plus souvent qu’ils ne feront l’amour avec d’autres êtres humains. Leurs croyances sur le sexe vont venir du porno et non d’interactions avec de vraies personnes.
Et les vrais humains avec qui ces hommes finiront par avoir des rapports sexuels en souffriront. Continuer à lire … « Le porno rend les hommes pathétiques au lit »

La radio communautaire : un outil pour le féminisme dans les zones rurales du Sri Lanka

Anuka de Silva partage ses expériences de communication populaire dans le webinaire de Capire sur le féminisme et la communication

Actuellement, le Sri Lanka vit une instabilité et une crise politique et économique effrayante. Et la voix principale dans cette confrontation est celle des femmes. Nous sommes à un point où, dans la crise économique, politique et impérialiste actuelle, les femmes ont fait passer leurs luttes de la cuisine à la rue. C’est la raison pour laquelle toute la population du Sri Lanka est descendue dans la rue. Et il est possible de voir à quel point le gouvernement s’est affaibli face à la voix des femmes.

Dans ces circonstances, la communication est l’une des contributions des femmes à la stabilité politique. Mon expérience en tant qu’agricultrice, en particulier dans la région asiatique, est que les femmes vivent dans une société patriarcale et n’ont donc pas beaucoup d’occasions de faire entendre leur voix. À la recherche d’alternatives, nous examinons principalement les façons dont les perspectives féministes peuvent être présentées et validées dans les communautés rurales, et l’approche principale en ce sens a été celle de la radio communautaire. Continuer à lire … « La radio communautaire : un outil pour le féminisme dans les zones rurales du Sri Lanka »

Quand une femme quilombola tombe, le quilombo se lève avec elle

Les femmes quilombola rapportent leur expérience d’organisation et les priorités de lutte au Brésil

En 2011, lors de la IV Rencontre nationale de la Coordination Nationale d’articulation des communautés rurales noires quilombola [Coordenação Nacional de Articulação das Comunidades Negras Rurais Quilombolas – Conaq], à Rio de Janeiro, il a été décidé de tenir la Ière Rencontre nationale des femmes quilombola [1], qui a eu lieu en 2014, à Brasilia. Depuis ce premier événement, le collectif travaille activement sur les délibérations politiques et les prises de décision pertinentes pour les femmes quilombola au sein du mouvement. En 2015, le mouvement des femmes quilombola s’est renforcé dans ses alliances avec la participation à la coordination exécutive de la Marche des femmes noires [Marcha das Mulheres Negras], qui a eu lieu le 18 novembre 2015. De 2016 à 2018, six ateliers nationaux des femmes quilombola contre le racisme, la violence et pour le bien-être ont eu lieu ; plus d’un millier de femmes ont participé directement aux ateliers. Depuis lors, le collectif des femmes du Conaq a collaboré et renforcé les réunions et activités des femmes noires dans différents endroits du pays. Continuer à lire … « Quand une femme quilombola tombe, le quilombo se lève avec elle »

SEDRA-Fédération du Planning Familial : L’objection de conscience à l’avortement doit être réglementée de toute urgence

Elle est devenue une barrière qui empêche les femmes d’interrompre leur grossesse dans de nombreux hôpitaux publics, alors qu’il s’agit d’un service inclus dans le système de santé.

Dans le domaine professionnel, l’objection de conscience peut être définie comme le refus d’accomplir une tâche pour des raisons morales ou de conviction personnelle bien que cette tâche soit établie par la réglementation dans les fonctions de l’emploi. Et il convient ici de préciser, tout d’abord, que nous ne parlons pas d’un droit constitutionnel général, puisque la Constitution ne l’établit que comme une raison de ne pas effectuer le service militaire obligatoire.

Deuxièmement, il ne faut pas oublier que l’objection de conscience a un caractère individuel, puisqu’elle est liée à des valeurs et des jugements personnels. Cela n’implique pas nécessairement de nier la légitimité d’une loi, mais de refuser de s’y conformer. Elle ne doit donc pas être confondue avec la désobéissance civile ou l’insubordination. Dans le cas de l’objection de conscience de ne pas intervenir dans une interruption de grossesse, cependant, nous rencontrons des professionnel les qui s’opposent non pas en raison de problèmes de conscience pour effectuer la tâche qui leur correspond, mais comme moyen de pression pour modifier la loi. Continuer à lire … « SEDRA-Fédération du Planning Familial : L’objection de conscience à l’avortement doit être réglementée de toute urgence »

Aucune femme ne nait pour être pute (un extrait du livre)+ Note de Lina Sibi

Avec l’aimable autorisation du blog Scènes de l’avis quotidien

[Juste après, un extrait du livre de la bolivienne Maria Galindo (membre fondatrice du collectif féministe libertaire Mujeres Creando) avec l’argentine Sonia Sanchez (membre du collectif Ammar Capital). Aucune femme ne nait pour être pute est publié aux éditions Libre. 

image-1.pngL’extrait est un passage du chapitre 6 intitulé : EUX ILS PROSTITUENT ET C’EST BIEN, MOI JE ME PROSTITUE ET C’EST MAL. il est reproduit avec l’aimable permission des éditions Libre]

LE PERE, LE FILS ET LE SAINT ESPRIT Continuer à lire … « Aucune femme ne nait pour être pute (un extrait du livre)+ Note de Lina Sibi »

En librairie un livre iconique d’Andrea Dworkin, Pornographie: Les hommes s’approprient les femmes (Éditions LIBRE)

10_9782490403264_1_75Illustration: Jess Aubin Traduction: Martin Dufresne et Ann Leduc

En voici l’avant-propos par Dora Moutot.

« S’il y a une féministe que j’aurais vraiment aimé rencontrer,
c’est bien Andrea Dworkin.
Elle fait partie des femmes que j’admire, car elle a su parler de sexualité de façon novatrice, critique et incisive.
Mais je n’ai pas eu cette chance. J’avais 18 ans quand elle est décédée et à cette époque, je n’avais pas encore de conscience féministe.
Pourtant à 18 ans, je consommais déjà du porno sur internet, je pensais naïvement que c’était « cool » et même « progressiste ». Pendant de longues années, l’industrie porno a conditionné mes fantasmes et ma vie sexuelle, comme celles de tant de femmes et d’hommes, sans que je sois capable de percevoir les scripts misogynes qui avaient été implantés dans mon imaginaire sexuel par ce biais. 
Pornographie, Les hommes s’approprient les femmes d’Andrea Dworkin, initialement publié en 1979 dans sa version originale, est un pilier du féminisme radical, un livre visionnaire sur l’industrie pornographique et son impact sur les rapports femmes-hommes et sur la société.
À l’heure où les scandales sur l’industrie pornographique éclatent au grand jour, ce livre doit être lu et relu, car il permet de poser un regard féministe aiguisé et critique sur la pornographie, sa signification et les problèmes qu’elle pose.
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Brésil : Les femmes de La Via Campesina mettent en place une école nationale de formation

Du 4 au 8 juillet 2022, la 2ème école nationale des femmes de La Via Campesina au Brésil s’est déroulée dans la ville de Salvador – BA. La formation a été suivie par environ 60 femmes de près de 20 états, de toutes les régions du pays.

Concevant la formation comme un vaste processus, l’école a connu un moment d’études théoriques sur les concepts de base du matérialisme historique et dialectique, avec un débat sur le capital et le travail et l’appropriation de la plus-value, basé sur le contexte historique brésilien. Il y a également eu des échanges d’expériences de praxis féministe, comme celle vécue sur le carrusel et lors des tables rondes sur les questions raciales-ethniques, et l’avancée du capital dans les biomes brésiliens. Tous les moments ont été imprégnés de musique, de poésie, de soins et de bien-être. Pendant ce temps, il a été possible de réaliser une visite de la partie historique de la ville, en passant par le marché le Pelourinho, une activité qui nous a permis de découvrir la culture de Salvador, la ville qui a accueilli cette importante école. Continuer à lire … « Brésil : Les femmes de La Via Campesina mettent en place une école nationale de formation »

Les femmes à la télé : stratégies pour diffuser le féminisme au Ghana

Ama Pratt partage son expérience chez Pan African télévision lors du webinaire sur féminisme et communication de Capire

Le mot « féminisme » au Ghana – et, j’oserais dire, dans la majeure partie de l’Afrique – porte une certaine connotation négative. Beaucoup de gens refusent de s’identifier comme féministes, et c’est notre premier défi en communication.

Vous ne pouvez pas communiquer une idée correctement si les gens ne s’identifient pas à elle. C’est pourquoi notre stratégie est de situer le féminisme dans un contexte politique pertinent. Situer notre lutte pour l’idéal d’un monde avec une répartition égale des richesses, avec des droits égaux, où nous pouvons vivre notre vie de la meilleure façon. Nous devons présenter cela comme quelque chose qui profite aux deux sexes. C’est une façon de dire que notre combat est basé sur la construction d’un monde égalitaire en unifiant les luttes. Pour ce faire, nous plaçons les personnes les plus faibles au centre de toutes nos activités. Il s’agit d’une valorisation des luttes liées à la question du genre comme étant peut-être la lutte centrale de tout ce que nous faisons. Par conséquent, l’autonomisation des femmes est une question de départ à la base. Continuer à lire … « Les femmes à la télé : stratégies pour diffuser le féminisme au Ghana »

Dr Jessica Taylor : « Présumées coupables : Comment les féministes radicales sont tenues responsables des violences masculines »

J’ouvre les réseaux sociaux sur mon téléphone pour tomber de nouveau sur une vague d’insultes, de harcèlement et de discussions concernant le caractère violent, malintentionné et dangereux de la féministe radicale que je suis.
Hier encore, j’ai vu qu’une femme célèbre avait reçu des centaines de commentaires injurieux et de menaces de mort pour avoir défendu des idées féministes radicales.
La veille, c’était une artiste qui avait reçu des menaces et des insultes pour son point de vue féministe radical.
La même chose la semaine dernière. Le mois dernier. L’année dernière.
Et pourtant, malgré toute la violence infligée aux féministes radicales pour avoir ne serait-ce que couché sur le papier leurs idées ou créé des œuvres d’art, j’ai remarqué une tendance de plus en plus répandue qui consiste à affirmer qu’elles sont responsables de la violence masculine.
Assez récemment, je me suis aperçue que les féministes radicales étaient tenues responsables des homicides, des féminicides, des viols et des actes de misogynie commis par les hommes.
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Les défis du féminisme en Angola

Comment les femmes féministes s’organisent dans la lutte pour leurs droits et contre la violence politique

« Dans l’histoire postcoloniale contemporaine de l’Afrique, l’Angola est connu comme le site de l’un des conflits les plus perfides qui sévissent sur le continent. », dit Sizaltina Cutaia. Le pays qui a obtenu son indépendance du Portugal en 1975 a connu 27 ans de guerre civile entre le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA) et le Front national pour la libération de l’Angola (FNLA). La victoire du MPLA en 1991 a mis fin à la guerre dans le pays et, depuis lors, ce même parti est resté au pouvoir.

Nous avons parlé à Sizaltina Cutaia et Maria Luiza, également connue sous le nom de Tchengita, militantes d’Ondjango Feminista. Ondjango Feminista est une organisation créée en 2016, guidée par la Charte des principes féministes pour les féministes africaines. Un féminisme situé dans les enjeux particuliers du contexte africain. Dans l’interview, elles nous ont parlé de la façon dont les femmes s’organisent dans la lutte pour leurs droits dans le contexte politique de l’Angola, des défis auxquels les femmes sont confrontées pour s’organiser sur un agenda féministe, et ont partagé leurs impressions et perspectives sur les prochaines élections qui auront lieu le 24 août. Continuer à lire … « Les défis du féminisme en Angola »

« Les femmes ne pourront pas tout oublier et se faire effacer de nouveau »

Nina Potarska, militante ukrainienne des droits des êtres humains, parle de la situation et du rôle des femmes en temps de guerre

Nina Potarska est une chercheuse ukrainienne, coordinatrice de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (WILPF) et l’une des organisatrices de la Marche des femmes du 8 mars. Elle a également participé à la création des Centaines d’autodéfense des femmes de Maidan. Dans cet entretien interview, Nina parle des réalités de la guerre et des problèmes auxquels les femmes sont confrontées.

– Nina, pour autant que je sache, vous avez quitté l’Ukraine au début de la guerre, puis que vous êtes revenue. Où êtes-vous maintenant ?
– Je suis maintenant à Kiev, dans mon appartement. Durant le dernier mois avant la guerre, la situation était alarmante, je ne savais pas à quoi m’attendre. J’avais prévu un voyage d’affaires pour la fin du mois de février, mais les compagnies aériennes européennes ont annulé leurs vols les uns après les autres, si bien que le seul pays où j’ai pu me rendre était l’Égypte. Le matin du 24, j’étais déjà à Charm el-Cheikh depuis quelques heures et je me suis réveillé tôt exprès, car après le discours de Poutine, il y avait une grande confusion… La première chose que j’ai vue aux informations, c’était une carte de l’Ukraine couverte de points, lieux des bombardements. C’était difficile à croire. J’étais confuse et frustrée : auparavant, la guerre avait été localisée dans deux zones et la ligne de front était stable, claire et prévisible. Ce matin-là, il est apparu clairement qu’il s’agissait d’une vaste offensive, et que toutes les régions d’Ukraine étaient attaquées par voie aérienne ; je pense qu’à ce moment, chacun·e se sentait très vulnérable. J’ai alors commencé à chercher un moyen de faire venir ma fille en Europe, et comment je pourrais la retrouver. Comme mon fils était parti la veille pour étudier en Pologne, nous avons décidé d’aller chez lui. Ma fille et ma mère en situation de handicap ont passé 5 jours sur la route et 4 jours à dormir à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne. À ce moment, l’aide des bénévoles était réduite et c’était très difficile pour elles. Continuer à lire … « « Les femmes ne pourront pas tout oublier et se faire effacer de nouveau » »

Que nous disent les hommes au sujet de la pornographie ? Que nous dit la pornographie au sujet des hommes ?

[Une version de cet essai a été présentée en Grande-Bretagne lors de l’Engage Conference : Masculinity, Patriarchy, Feminism, le 19 novembre 2021.]

Avant de parler de la pornographie et des hommes, je devrais dire quelques mots sur la pornographie et moi.
J’ai passé ma vie adulte à travailler comme journaliste ou professeur, à acquérir des informations qui m’ont aidé à comprendre la pornographie et les autres industries de l’exploitation sexuelle, incluant la prostitution et le strip-tease. Cet exposé s’enracine dans plus de trois décennies de ces recherches et ces textes. Continuer à lire … « Que nous disent les hommes au sujet de la pornographie ? Que nous dit la pornographie au sujet des hommes ? »

Suisse : A Zürich, un métier finalement pas comme les autres…

Activité légale, métier comme un autre… A Zürich, des associations de défense du « travail du sexe » s’offusquent du refus des autorités cantonales de donner aux réfugiées ukrainiennes des permis de prostitution.

« Les autorités zurichoises ont refusé d’accorder des permis de prostitution aux Ukrainiennes ayant un statut S qui en ont fait la demande », écrit le journal suisse Le Temps le 28 juin 2022. Le canton de Zürich aurait en effet reçu des demandes venant de réfugiées ukrainiennes « souhaitant » (les guillemets sont les nôtres) exercer la prostitution en Suisse.

En Suisse, la loi sur l’asile prévoit le statut de protection S, un accueil humanitaire temporaire qui a été activé en mars 2022 pour les personnes fuyant l’Ukraine, suite à la guerre menée par la Russie. Ce statut prévoit un accès possible au marché du travail.  Continuer à lire … « Suisse : A Zürich, un métier finalement pas comme les autres… »

 La haine des femmes par la droite et la gauche 

Cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas réunies afin d’exprimer ce que nous entendons par féminisme et pourquoi la lutte pour la liberté des femmes nous importe au point que nous y consacrions nos vies – et pas juste trois heures le dimanche après-midi ; pas simplement une lettre de temps à autre ; pas seulement un « mince, ce n’est pas sérieux ! » outré ici et là. À vrai dire, nous ne pensons pas que nos vies sont insignifiantes. Nous ne pensons pas que les crimes à notre encontre sont minimes et sans importance. Cela signifie que la réalisation de ce que nous sommes des êtres humains avec des droits a formidablement progressé ; que personne ne peut nous priver de ces droits ; et que nous avons été lésées par la subordination systématique des femmes, par les violences sexuelles systématiques à notre encontre. Ainsi nous sommes nous organisées politiquement afin de riposter et changer de fond en comble la société dans laquelle nous vivons. Continuer à lire …  » La haine des femmes par la droite et la gauche « 

Bravo les Lesbiennes !

Pour la Journée internationale de la visibilité Lesbienne, noues avons peint nos slogans pour les inscrire dans l’espace public à Paris. Noues noues réapproprions cet espace public dont les lesbiennes sont chassées par la violence des hommes, en particulier par la lesbophobie conservatrice et la lesbophobie des queers.

Comme toutes les femmes, noues voulons pouvoir être visibles dans l’espace public sans avoir à subir de violences masculines d’aucune sorte.

À Résistance Lesbienne, noues sommes des lesbiennes avec plein de parcours différents et pour chacune d’entre nous, être lesbienne est une joie. Continuer à lire … « Bravo les Lesbiennes ! »