Archives de Catégorie: Colonisation

Pour l’inscription automatique et sans condition des kanak sur la liste référendaire de 2018 !

Le Rassemblement des Indépendantistes et Nationalistes (R.I.N.) organise une seconde marche après celle du 26 octobre dernier qui avait rassemblé des milliers de personnes dans les rues de Nouméa. Rendez-vous à la place du Mwa Ka le mercredi 19 juillet prochain à 11 heures et la marche débutera à 13 heures. Ci-après l’intégralité du communiqué du R.I.N.

« La consultation de 2018 n’est pas une échéance électorale quelconque. C’est un Référendum d’Autodétermination où seul le peuple kanak, peuple autochtone et colonisé est le plus concerné, le plus légitime ! Lire la suite

Peut-on rire des « morts visa du Balladur » Mr. Le président ?

Les réseaux sociaux, comme les médias français et internationaux se sont saisis de la « blague douteuse » du président de la République française, exprimée sur un sujet tragique touchant des milliers de victimes au large de Mayotte. En visite au centre de sauvetage d’Etel (Morbihan), Monsieur Emmanuel Macron reprenait son interlocuteur par ces expressions tristement célèbres : « le kwassa kwassa pêche peu. Il amène du Comorien. C’est différent. »

Un scandale sémantique.

Dans le bras de mer qui sépare Mayotte des îles sœurs des Comores, des cargos de différentes nationalités y pêchent du thon, du requin, des crevettes… Mais pourquoi y ajouter du Comorien ? Un président français peut-il ignorer qu’il peut s’agir de femmes et d’hommes comoriens dont les cadavres foisonnent dans cette mer poissonneuse, car empêchés de circuler librement dans les eaux comoriennes par l’Etat français au mépris du droit international ? Lire la suite

Guadeloupe, mai 1967, la répression sanglante


Le 20 mars 1967, Srnsky, un européen, propriétaire d’un grand magasin de chaussures à Basse-Terre (Guadeloupe), voulant interdire à Raphaël Balzinc, un vieux guadeloupéen infirme, cordonnier ambulant, de passer sur le trottoir qui borde sa devanture, lâche sur lui son berger allemand. Srnsky excite le chien en s’écriant : « Dis bonjour au nègre ! » Balzinc, renversé et mordu, est secouru par la foule, tandis que Srnsky, du haut de son balcon, nargue et invective à qui mieux-mieux les passants et même les policiers guadeloupéens qui sont accourus. Il s’ensuit une colère qui aboutit au saccage du magasin. Srnsky, dont la grosse voiture est jetée à la mer, réussit à s’enfuir à temps. Le préfet de la Guadeloupe, Pierre Bollotte, ancien directeur de cabinet du préfet d’Alger (après la fameuse bataille d’Alger qui a donné lieu à la pratique systématique de la torture et des exécutions sommaires) feint de condamner l’acte raciste de Srnsky, mais veut profiter des événements pour démanteler le mouvement autonomiste né de la déception des Guadeloupéens. Malgré la départementalisation de 1946, ils ont conscience, du fait du racisme et des incroyables injustices sociales qui les frappent, de n’être pas assimilés et d’être traités en indigènes. La seule réponse qui a été donnée à leurs problèmes, c’est l’exil. Des scènes d’émeutes ont lieu à Basse- Terre puis à Pointe-à-Pitre. La répression policière est violente : une cinquantaine de blessés. Le 23 mars, le magasin du frère de Srnsky est dynamité à Pointe à Pitre. Lire la suite

Reconnaissance, vérité et justice des massacres de mai 67 en Guadeloupe

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L’AUTRE 8 MAI 1945 : Pour la reconnaissance par le Président de la République du crime d’Etat en Algérie (Sétif, Guelma, Kherrata)

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Mayotte : le laboratoire d’un état d’exception permanent

Si l’on voit bien les raisons qui ont poussé Benoît Hamon, au cours de sa récente visite à La Guadeloupe, à tempérer ses critiques à l’égard du quinquennat de François Hollande – dans ce département, Manuel Valls a recueilli 75% des suffrages lors des primaires -, l’hommage qu’il a rendu à la politique conduite en Outre-mer a, cependant, de quoi surprendre. Le candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2017 s’est-il livré à un simple calcul électoraliste, ou les dispositions juridiques concernant les étrangers (mais aussi le traitement policier qui leur est infligé) à Mayotte, tout autant qu’en Guyane ne présentent-elles rien qui soit de nature à l’inquiéter, voire à le révulser, ou ignore-t-il tout de ces questions ? Lire la suite

Guyane : quand la colonialité dépolitise la contestation

La misère guyanaise est inconnue, enfouie, balayée sous le tapis de l’histoire coloniale du département français. Selon l’Office de l’eau en Guyane1, 46 000 personnes n’ont pas accès à l’eau potable. Le taux de chômage est de 22,3 % (25% pour les femmes et 21% pour les hommes, deux fois plus élevé que celui de la métropole), et de 44 % pour les 15-24 ans. Seuls 50 % de ces jeunes sont scolarisés (60 % en métropole). Le revenu annuel moyen est inférieur de plus de 44 % à celui de l’hexagone et les bénéficiaires des minima sociaux sont trois fois plus importants. Les prix à la consommation y sont supérieurs de près de 12 %2, et cet écart augmente pour les produits alimentaires (45 %) et pour les logements (20 %). Le taux de criminalité3 est deux fois supérieur (109,33 %)4. En 2008, le nombre d’homicides a atteint le chiffre de 31,1 pour 100 000 habitants (12 fois celui de la métropole), les coups et blessures volontaires 380 pour 100 000 habitants (2 fois celui de la métropole) et les vols à main armée 96,7 pour 100 000 (plus de 20 fois celui de la métropole). Ces niveaux de violence sont notamment les conséquences d’une délinquance particulière liée à la richesse du sous-sol guyanais : l’orpaillage. La Guyane abrite en effet près de 350 sites d’orpaillage illégal, employant entre 5 000 et 10 000 personnes, alors que seules 900 personnes travaillent sur des sites d’orpaillage légaux. L’orpaillage clandestin conduit, selon les estimations de la gendarmerie nationale, à l’extraction et l’exportation illégales de 10 tonnes d’or par an. Lire la suite