Ayman Odeh a raison: pourquoi les Palestiniens devraient-ils servir dans la police de l’occupant ? (+ texte de Gideon Levy)

[Le dimanche 17 avril, des dizaines de policiers des forces spéciales israéliennes ont piégé des fidèles musulmans, observant le Ramadan, dans des salles de prière de la mosquée Al-Aqsa, faisant de nombreux blessés. De plus, des militants israéliens d’extrême droite et des colons, protégés par les forces lourdement armées, ont pris d’assaut Al-Aqsa pour, affirmaient-ils, marquer la fête de la Pâque juive. Cela s’inscrit dans l’exigence de certains de détruire la mosquée, dans la perspective de faire place à un « troisième temple ». Cette répression et agression donnaient suite à la tentative violente, le vendredi 15 avril, d’expulser des fidèles musulmans de la mosquée. La collusion entre les forces de répression israéliennes et les provocations des colons et autres intégristes donnent tout leur sens à la demande faite par le député Ayman Odeh : un refus de toute collaboration de policiers « arabes israéliens » à participer au système de répression de l’occupant. Les racines de la brutalité avec laquelle les «acteurs juifs du pouvoir occupant» ont réagi à cette déclaration sont exposées par l’auteure, Orly Noy, de l’article publié ci-dessous. Réd.A l’Encontre]

Dimanche soir 10 avril, le président de la Liste unifiée Ayman Odeh [député de la Knesset depuis le 31 mars 2015, réélu en 2019, 2020 et 2021] a publié une vidéo sur sa page Facebook en l’honneur du Ramadan, dans laquelle il se tenait à la Porte de Damas de la vieille ville de Jérusalem, appelant les policiers arabes en Israël à jeter leurs armes et à quitter leur travail. Ce faisant, il a réveillé de nombreux démons – dont aucun n’était vraiment endormi. Continuer à lire … « Ayman Odeh a raison: pourquoi les Palestiniens devraient-ils servir dans la police de l’occupant ? (+ texte de Gideon Levy) »

La punition collective ne devrait pas être normale (+ texte d’Amira Hass)

La réponse d’Israël à une série d’attaques meurtrières à Be’er Sheva, Hadera et Bnei Brak au cours des deux dernières semaines était aussi prévisible que malveillante. Jusqu’à présent, les autorités semblent croire que les quatre assaillants palestiniens – trois citoyens d’Israël et un résident de Cisjordanie – ont agi de leur propre chef et sans le soutien d’une organisation, bien que les trois premiers se soient identifiés à l’État islamique. Cela n’a pas empêché les autorités de réagir selon leur habitude.

Dans les jours qui ont suivi, la police a intensifié ses patrouilles dans les villes arabes d’Israël, a procédé à des interpellations de citoyens palestiniens dans les quartiers et les espaces publics juifs et a pris des mesures contre les Palestiniens travaillant en Israël sans permis. Plusieurs municipalités ont ordonné aux entreprises de construction de ne plus employer d’ouvriers palestiniens, tandis que certaines écoles israéliennes ont demandé au personnel d’entretien arabe de ne travailler qu’après le retour des élèves. Parallèlement aux raids menés en Cisjordanie, les soldats ont empêché les travailleurs palestiniens d’entrer en Israël par les parties ouvertes de la barrière de séparation, qui, pendant des années, n’avaient pas été perturbées avec le consentement tranquille de l’armée. Continuer à lire … « La punition collective ne devrait pas être normale (+ texte d’Amira Hass) »

Guerre en Ukraine : les Israéliens refusent de voir les parallèles entre leur occupation et celle de Poutine (+ deux textes)

  • Gideon Levy : Guerre en Ukraine : les Israéliens refusent de voir les parallèles entre leur occupation et celle de Poutine 
  • Gideon Levy : Une motion SWIFT et l’occupation est terminée
  • Haggai Matar : D’Israël à la Russie, les occupants refont l’ordre du monde

Guerre en Ukraine : les Israéliens refusent de voir les parallèles entre leur occupation et celle de Poutine 

L’onde de choc de la guerre entre la Russie et l’Ukraine a rapidement atteint Israël et révélé certaines vérités embarrassantes, tout en confrontant les Israéliens au défi de voir leur pays tel qu’il est réellement, bien loin de ce qu’ils aiment imaginer.

Cela a commencé par la déclaration du ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, peu après le début de la guerre, selon laquelle l’invasion de la Russie était « une grave violation de l’ordre international ». En d’autres circonstances, ces propos auraient presque pu prêter à sourire et souligner l’incapacité de longue date d’Israël à voir ses propres attributs moins attrayants, tel un chameau qui ne voit pas sa propre bosse.

La Russie bafoue gravement l’ordre international. Mais qu’en est-il d’Israël ? Quel autre pays a transgressé l’ordre international de manière aussi flagrante et arrogante depuis tant d’années ? Existe-t-il une seule décision des grandes institutions internationales concernant ses affaires qu’Israël n’a pas ignorée ou effrontément enfreinte ? Continuer à lire … « Guerre en Ukraine : les Israéliens refusent de voir les parallèles entre leur occupation et celle de Poutine (+ deux textes) »

« Le 15 mars, le plus haut tribunal d’Israël décidera s’il faut expulser 1300 de mes voisins »(+ autre texte)

Lorsque j’avais trois ans, les soldats israéliens ont traversé mon village en vue d’expulser mes voisins par la force, arrêtant tous ceux qui tentaient de rester. Dans le village d’at-Tuwani (au sud des collines d’Hébron du gouvernorat d’Hébron), où je suis né et où j’ai grandi, les soldats nous ont laissés en paix, mais plus de 700 autres personnes sont devenues des réfugiés en un clin d’œil. C’était en 1999, suite à une décision du Premier ministre de l’époque, Ehoud Barak. L’armée a démoli 14 des villages environnants dans la région de Masafer Yatta, dans les collines du sud d’Hébron, situées en Cisjordanie occupée.

Cette expulsion massive a été traumatisante et, à bien des égards, elle est restée gravée dans ma vie d’adulte. L’armée a justifié notre nettoyage ethnique en disant que nos maisons se trouvaient dans la zone de tir 918, où les soldats étaient censés s’entraîner. Mais c’est faux. Dans les années 1980, la zone de tir a été déclarée au-dessus de nos villages où nous vivions depuis des décennies, afin de nous en expulser.

Lorsque j’avais quatre ans, mes voisins expulsés ont adressé une pétition à la Haute Cour, qui a émis une ordonnance temporaire leur permettant de retourner chez eux – jusqu’à ce qu’une décision finale soit prise. Vingt-deux ans ont passé, et la Cour n’a jamais décidé de notre sort. Nous avons grandi dans l’ombre de l’attente d’une décision : vont-ils expulser les personnes que j’aime et que je connais le mieux, ou non ? Le mardi 15 mars, la Cour doit tenir sa dernière audience sur la question. Elle prendra ensuite une décision. Continuer à lire … « « Le 15 mars, le plus haut tribunal d’Israël décidera s’il faut expulser 1300 de mes voisins »(+ autre texte) »

Lancement de l’initiative citoyenne européenne #StopSettlements pour mettre fin au commerce avec les colonies

6a9eed8592675c4bc647d2546b2a93

Les citoyens européens ont un an pour rassembler un million de signatures afin de demander à l’Union Européenne d’interdire le commerce des produits des colonies dans l’Union européenne.

Signer l’initiative citoyenne européenne #StopSettlements

Une coalition internationale de plus de cent organisations [1] a lancé dimanche 20 février l’initiative citoyenne européenne #StopSettlements [2] afin que l’Union européenne (UE) mette fin au commerce avec les colonies israéliennes, en application des droits humains fondamentaux et du droit international. En France, plus de 30 organisations [3] soutiennent le lancement de cette pétition européenne [4].

Une initiative citoyenne européenne est un outil de pétition institué par le traité de Lisbonne, qui doit réunir en un an les signatures d’un million de citoyens européens venant d’au moins sept États membres de l’UE et constitue ainsi un droit d’initiative politique. Cet instrument démocratique officiel permet aux citoyens européens de contribuer à façonner l’Union européenne, en sollicitant la Commission européenne pour qu’elle propose un acte législatif. Continuer à lire … « Lancement de l’initiative citoyenne européenne #StopSettlements pour mettre fin au commerce avec les colonies »

« Pourquoi Amnesty s’attaque aux “causes profondes” de l’apartheid israélien ? (plus autres textes)

  • « Pourquoi Amnesty s’attaque aux “causes profondes” de l’apartheid israélien ? »
  • Communiqué de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) : L’apartheid israélien ne doit pas rester impuni
  • Orly Noy : Les Israéliens ne doivent pas craindre le rapport d’Amnesty sur l’apartheid
  • Neta Golan, militante israélienne anti-apartheid : « En solidarité avec les détenus palestiniens, je refuse de me présenter au tribunal ! »

  • Zainab Iqbal : Le rapporteur spécial de l’ONU accuse Israël d’apartheid dans un rapport du Conseil des droits de l’homme

Entretien avec Saleh Hijazi d’Amnesty International conduit par Edo Konrad du site israélien +972

Avant même que le nouveau rapport d’Amnesty International sur Israël-Palestine, qui fait l’effet d’une bombe, ne soit publié mardi matin, 1er février 2022, le gouvernement israélien et certaines des organisations pro-israéliennes les plus en vue dans le monde étaient à l’offensive. Le rapport – voir ici la présentation française du rapport « L’Apartheid commis par Israël à l’encontre des Palestiniens. Un système cruel de domination et un crime contre l’humanité » – a été « communiqué » au gouvernement israélien ainsi qu’au Board of Deputies of British Jews et à l’Anti-Defamation League des Etats-Unis. Ils ont accusé Amnesty International d’antisémitisme, pur et simple.

Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le gouvernement d’Israël et ses partisans ont l’impression d’être dos au mur. Le rapport de 280 pages de la première organisation mondiale de défense des droits humains est un réquisitoire accablant contre ce qu’Amnesty appelle le « système d’oppression et de domination d’Israël sur le peuple palestinien partout où il exerce un contrôle sur ses droits », notamment dans les territoires occupés, en Israël et partout où vivent des réfugiés palestiniens. Entre autres violations, l’enquête comporte des détails sur l’occupation militaire israélienne, la ségrégation, la torture, la confiscation de terres, les restrictions à la circulation et le déni de citoyenneté et de nationalité,

Mais le rapport d’Amnesty n’est pas simplement descriptif. A l’instar de rapports similaires publiés récemment par des organisations de défense des droits de l’homme telles que Human Rights Watch (HRW) et B’Tselem, Amnesty demande que le régime d’apartheid d’Israël soit démantelé et que la Cour pénale internationale (CPI) prenne en compte le crime d’apartheid lorsqu’elle enquête sur d’éventuels crimes de guerre dans les territoires occupés. C’est précisément la raison pour laquelle le rapport est si terrible pour Israël et ses partisans. Continuer à lire … « « Pourquoi Amnesty s’attaque aux “causes profondes” de l’apartheid israélien ? (plus autres textes) »

Tandis que les manifestations du Naqab s’intensifient, les femmes bédouines prennent la tête du mouvement (+ autres textes)

Femmes et jeunes filles sont de plus en plus souvent en première ligne de la résistance bédouine à l’expropriation de leurs terres par Israël – et elles ne font que commencer.

Les citoyens bédouins du Naqab/Neguev intensifient leur lutte contre la politique de judaïsation d’Israël, l’expropriation de leurs terres, et contre le projet de boisement du Fonds national Juif (KKL/JNF) aux dépens des villages non reconnus. Mais ceux qui se sont vraiment distingués dans cette vague de protestations sont les femmes et les jeunes filles des villages menacés de dépossession, qui sont sorties et ont fait front avec les hommes pour affronter les bulldozers du KKL/JNF.

Quiconque a suivi la lutte menée depuis des générations pour la reconnaissance et la régularisation des Palestiniens du Naqab n’a pu manquer de remarquer ce phénomène : à chaque manifestation, de plus en plus de femmes et de filles se tiennent en première ligne. Continuer à lire … « Tandis que les manifestations du Naqab s’intensifient, les femmes bédouines prennent la tête du mouvement (+ autres textes) »

Ce que veut dire Apartheid dans le cas d’Israël (plus autres textes)

Un consensus croissant s’est formé autour du terme – non comme une comparaison rhétorique avec l’Afrique du Sud, mais pour décrire un système de domination construit sur la partition de la Palestine.

Les historiens du futur pourraient bien distinguer 2021 comme l’année où le vent a tourné en faveur de la lutte palestinienne –] même si c’était difficile de le voir venir. Les derniers mois de 2020 ont été parmi les plus sombres depuis des décennies, l’administration américaine s’attachant à encourager la vision expansionniste de droite d’Israël qui vise à démanteler, morceau par morceau, les préoccupations centrales composant la cause palestinienne : le droit des réfugiés à retourner dans les maisons dont ils ont été expulsés en 1948, le statut de Jérusalem comme capitale de la Palestine et le droit à l’auto-détermination sur des terres actuellement occupées par Israël. A la fin de l’année, le coup de grâce est arrivé lorsque plusieurs États arabes ont tourné le dos à la Palestine, en normalisant les relations diplomatiques et économiques avec Israël malgré son assujettissement persistant des Palestiniens. Le peuple palestinien a paru vaincu, pendant qu’Israël poursuivait son annexion du territoire occupé. Continuer à lire … « Ce que veut dire Apartheid dans le cas d’Israël (plus autres textes) »

Israël/Palestine : Des organisations palestiniennes de défense des droits humains sont qualifiées de « terroristes » (quelques textes)

  • Human Rights Watch et Amnesty International : Des organisations palestiniennes de défense des droits humains sont qualifiées de « terroristes »
  • Plateforme des ONG françaises pour la Palestine : Six ONG palestiniennes placées sur la liste israélienne des organisations terroristes
  • Hagai El-Ad – B’Tselem : Déclaration commune : une mesure draconienne contre les droits humains
  • Editorial : +972 Magazine s’affirme solidaire des six ONG palestiniennes sous attaque
  • Hagar Shezaf : Les groupes palestiniens de défense des droits disent que l’étiquette « terroriste » donnée par Israël ne les arrêtera pas
  • L’AURDIP condamne la sinistre désignation par Israël de 6 importantes organisations palestiniennes comme « organisations terroristes »
  • La position d’Universitaires pour l’Égalité concernant la déclaration du ministre de la Défense israélien qualifiant les organisations de la société civile palestinienne de terroristes
  • Marche Mondiale des Femmes

  • Natasha Roth-Rowland : Ce qu’Israël ne peut admettre à propos du terrorisme juif

  • Solidarité internationaliste avec la société civile palestinienne

  • Lutter pour une Palestine libre ne peut pas constituer un crime : les mouvements populaires du monde entier expriment leur solidarité

  • Déclaration sur l’intensification des attaques d’Israël contre la société civile palestinienne

Continuer à lire … « Israël/Palestine : Des organisations palestiniennes de défense des droits humains sont qualifiées de « terroristes » (quelques textes) »

Amira Hass : je subventionne des groupes terroristes

J’annonce et je confesse ici que je finance le terrorisme. Une partie des impôts que je paie au gouvernement israélien est transférée à ses activités terroristes et à certains de ses représentants, les colons, contre le peuple palestinien.

Si par « terrorisme » on veut dire imposer la terreur et la peur – alors que font les commandants de l’armée et les services de sécurité du Shin Bet quand ils envoient des soldats masqués perquisitionner les maisons des Palestiniens nuit après nuit ? Accompagnés de chiens et de fusils braqués, les soldats éveillent les familles de leur sommeil, renversent le contenu des placards, confisquent des biens et frappent les adultes devant leurs enfants. Continuer à lire … « Amira Hass : je subventionne des groupes terroristes »

Il n’y a pas de droite ou de gauche en Israël, juste du sionisme et du non-sionisme

La semaine dernière (10 octobre), Angela Merkel a exprimé son admiration pour la viabilité de la nouvelle coalition israélienne. La chroniqueuse de Haaretz Carolina Landsmann se demande, sur ce site (de Haaretz), si nous avons un gouvernement trompeur ou un gouvernement qui a découvert la plus grande ruse de tous les temps. Le journaliste Ron Cahlili affirme que la droite idéologique et la gauche sioniste sont une seule et même chose. Tous parmi eux ont abordé la « grande histoire » : celle du chat qui est sorti du sac. Il n’y a ni gauche ni droite en Israël. La seule division idéologique est entre les sionistes, qui comprennent presque tout le monde, et les non-sionistes, beaucoup moins nombreux. Continuer à lire … « Il n’y a pas de droite ou de gauche en Israël, juste du sionisme et du non-sionisme »

Apartheid – le mot qui manque à Aluf Benne (+ Droit de réponse de l’AURDIP au Monde sur l’apartheid israélien)

Aluf Benne [rédacteur en chef du quotidien Ha’aretz] a bien analysé dans ce journal l’autre jour les cent premiers jours du premier ministre Naftali Bennett. Contrairement à la secte « tout sauf Nentanyahu », qui ne cesse d’admirer le changement stylistique que Bennett a apporté (comment il complimente ses ministres et comment on n’entend pas les membres de sa famille), Benne a minimisé à juste titre l’importance du style, qu’on commente maintenant avec extase, et est allé droit au but : Bennett « galope doucement et résolument vers un État unique avec les millions de ressortissants palestiniens. »

Mais ce n’est pas seulement « un État » que Bennett est en train d’établir. Il établit un État d’apartheid. Ce mot, apartheid, doit désormais apparaître dans tous les textes. L’apartheid sera le deuxième nom de l’État d’Israël, au moins à partir du moment où son Premier ministre a annoncé qu’il n’a aucun intérêt à un arrangement et que la conquête est à ses yeux éternelle. Continuer à lire … « Apartheid – le mot qui manque à Aluf Benne (+ Droit de réponse de l’AURDIP au Monde sur l’apartheid israélien) »

Le problème quand on parle de l’apartheid israélien

Nous devrions être reconnaissants de ce que le terme d’« apartheid », pour désigner le régime israélien entre le fleuve et la mer, devienne de plus en plus banal et de plus en plus légitime, et qu’il devienne même à la mode. Mais comme avec toute mode, il y a un problème ici aussi. Pas avec la définition elle-même, mais avec ce qu’elle laisse de côté.

Le problème est que dans toute le feu du discours sur l’apartheid, une de ses dimensions, une dimension dynamique, active et dangereuse – le colonialisme d’occupation – s’en est trouvée atténuée et émoussée. Selon l’idéologie et les politiques du colonialisme d’occupation, les Palestiniens sont inutiles. En bref, il est possible, rentable et désirable de vivre sans les Palestiniens dans ce pays, entre le fleuve et la mer. Leur existence ici est conditionnelle, elle dépend de nos souhaits et de notre bonne volonté – c’est une question de temps.

L’idéologie de cette « inutilité » est un poison qui s’étend particulièrement quand le processus du colonialisme d’occupation est à son comble. Et c’est actuellement la situation en Cisjordanie (y compris Jérusalem-Est). L’illusion qu’Israël arrêtera l’entreprise de colonisation a été détruite avant même que l’encre des Accords d’Oslo ne soit sèche. Continuer à lire … « Le problème quand on parle de l’apartheid israélien »

Quand Einstein appelait « fascistes » ceux qui gouvernent Israël depuis 44 ans… (plus : Appel des Juifs israéliens : « Arrêtez l’apartheid d’Israël ! )

Que diriez-vous si le tristement célèbre raciste et antisémite premier ministre hongrois Victor Orban accusait Einstein…d’antisémitisme ? Et aussi, Hannah Arendt ? Et également, le plus emblématique des écrivains de l’Holocauste, l’Italien Primo Levi ? Impensable et inimaginable ? Non. Pas du tout si on pense que c’est exactement ce qui se passe actuellement, et même à l’échelle mondiale. Et pas par un seul Orban mais par plusieurs racistes et antisémites notoires qui, avec la bénédiction des établissements de toute espèce, collent l’étiquette d’antisémite sur leurs adversaires politiques – d’habitude antifascistes, antiracistes et… de gauche – afin de les détruire !… Continuer à lire … « Quand Einstein appelait « fascistes » ceux qui gouvernent Israël depuis 44 ans… (plus : Appel des Juifs israéliens : « Arrêtez l’apartheid d’Israël ! ) »

Unissons nous contre la cyber-surveillance et la répression

watch-out-1536x864

Par le Comité National BDS palestinien (BNC), le 22 juillet 2021

Le scandale international grandissant autour du logiciel espion israélien Pegasus de NSO Group, dont se servent des dictatures et des régimes autoritaires pour perpétrer quantité de crimes et de violations des droits de l’homme, n’est que le sommet de l’iceberg. Depuis des années, Israël et ses entreprises de technologie de pointe ont exporté des logiciels espions et autres technologies de surveillance intrusives à travers la planète, y compris pour certains des régimes les plus brutaux.

Le marché de la technologie militaire, sécuritaire et de surveillance constitue le socle des liens d’Israël avec le reste du monde. Continuer à lire … « Unissons nous contre la cyber-surveillance et la répression »

« Ni les juges ni les diplomates ne viendront sauver Sheikh Jarrah »

Il était exaspérant de suivre les délibérations de la Cour suprême israélienne sur Sheikh Jarrah [quartier à majorité palestinienne de Jérusalem-Est] lundi 2 août. Au cours d’une audience visant à déterminer si les résidents palestiniens seront expulsés de force de leur quartier, les trois juges présidents ont proposé un accord qui permettrait aux familles de rester dans leurs maisons en tant que « locataires protégés » pendant plusieurs années, en échange du paiement d’une petite taxe de « location » [400 euros environ par année] fait au groupe de colons Nahalat Shimon, qui convoite agressivement les propriétés avec le soutien de la police. L’audience s’est terminée sur une impasse, obligeant le tribunal à en programmer une autre la semaine prochaine dans l’espoir que les parties cèdent d’ici là.

Ce que les juges ont décrit comme un « compromis » s’est toutefois révélé être un ultimatum. Les juges ont d’abord refusé d’accorder aux familles plusieurs jours pour examiner l’accord, sous prétexte qu’ils voulaient éviter toute pression médiatique supplémentaire et qu’il faudrait des siècles pour que tous les résidents se mettent d’accord. De nombreux Palestiniens présents dans la salle d’audience ont eu du mal à suivre les plaidoyers en hébreu (aucune traduction officielle n’a été fournie), ce qui les a obligés à se démener pour obtenir des informations sur leur sort. L’objectif des juges n’était pas marqué par la subtilité : il s’agissait de faire pression sur les parties pour qu’elles acceptent l’accord, et éviter la responsabilité de statuer sur une question aux enjeux politiques élevés. Continuer à lire … « « Ni les juges ni les diplomates ne viendront sauver Sheikh Jarrah » »

Plus de 600 universitaires et artistes appellent au démantèlement du régime d’apartheid en Palestine historique

Plus de 600 universitaires, artistes et intellectuels de plus de 45 pays ont signé une déclaration appelant au démantèlement du régime d’apartheid mis en place sur le territoire de la Palestine historique et à l’établissement d’un arrangement constitutionnel démocratique qui accorde et mette en œuvre pour tous les habitants de ce pays des droits et des devoirs égaux, sans aucune discrimination fondée sur la race, l’origine ethnique, la religion ou le sexe. Parmi les signataires figurent de nombreuses personnalités éminentes, dont les lauréats du prix Nobel de la paix Adolfo Pérez Esquivel et Mairead Maguire, les juristes universitaires Monique Chemillier-Gendreau et Richard Falk, les universitaires Étienne Balibar, Hagit Borer, Ivar Ekeland, Suad Joseph, Jacques Rancière, Roshdi Rashed et Gayatri Spivak, le chercheur en santé Sir Iain Chalmers, le compositeur Brian Eno, le musicien Roger Waters, l’écrivaine Ahdaf Soueif, l’économiste et ancien secrétaire général adjoint de l’ONU Sir Richard Jolly, l’homme politique sud-africain et vétéran de la lutte contre l’apartheid Ronnie Kasrils, et la militante de la paix canadienne et ancien leader national du Parti Vert du Canada Joan Russow. Continuer à lire … « Plus de 600 universitaires et artistes appellent au démantèlement du régime d’apartheid en Palestine historique »

Aucun changement à Jérusalem ou à Gaza (plus : Aidez Gaza à se nourrir !)

Notre gouvernement de changement ne nous a pas donné 100 jours d’état de grâce, ni même 100 heures. Il n’est peut-être pas juste de le juger sur ses premières heures d’existence, mais elles peuvent être le signe de ce qui va suivre. Cent minutes ont suffi pour se rendre compte que sur les questions les plus importantes de toutes, il n’y a pas de désaccords dans le nouveau gouvernement, et qu’il n’est pas différent du gouvernement précédent. Ce qui était sera.

Ses premières heures, qui auraient pu annoncer un changement, ont annoncé exactement le contraire. Les ministres auraient pu interdire la Marche des Drapeaux [marche censée commémorer la « journée de Jérusalem », autrement dit la « réunification » de la Ville sainte après son occupation en 1967 ; elle s’est déroulée le mardi 15 juin sous la houlette de l’extrême droite colonisatrice] et dire aux Israéliens, aux Palestiniens et au monde entier qu’il y a une nouvelle équipe en ville, une équipe qui prend en considération les sensibilités d’un autre peuple. Au lieu de cela, le ministre de la Sécurité publique, Omer Bar-Lev, un représentant de la gauche [Parti travailliste] dans le nouveau gouvernement, a tweeté que « Jérusalem est la capitale éternelle d’Israël », adaptant avec une incroyable facilité le jargon nationaliste de Benyamin Netanyahou ou de Bezalel Smotrich [membre aujourd’hui du Religious Zionist Party, précédemment de Yamina, parti de Naftali Bennett] en passant par Itamar Ben-Gvir [leader de Otzma Yehudi-Force juive et membre de la Knesset]. Continuer à lire … « Aucun changement à Jérusalem ou à Gaza (plus : Aidez Gaza à se nourrir !) »

Israël a un nouveau « bon Arabe » au gouvernement, Mansour Abbas

Après avoir scissionné de la Liste unifiée [coalition politique des partis « arabes israélien » et du PC israélien créée en 2015, dissoute et recréée en 2019] avant les dernières élections israéliennes, la Liste arabe unie (en hébreu : Ra’am), le parti islamiste dirigé par Mansour Abbas, a mené une campagne visant à présenter le parti comme « conservateur»  tout en proposant une « nouvelle approche » de la politique arabe en Israël. Selon cette « approche », Ra’am pouvait rejoindre n’importe quel nouveau gouvernement israélien, qu’il soit de gauche ou de droite, même si cela signifiait siéger avec les kahanistes [se référant au rabbin Meir Kahane qui se proposait de « conquérir la terre promise »] dans la même coalition. La rupture de Ra’am avec les trois autres partis arabes de la Liste unifiée, a insisté Abbas, devait être « historique ». Continuer à lire … « Israël a un nouveau « bon Arabe » au gouvernement, Mansour Abbas »

« Ne pleurez pas une coexistence qui n’a jamais existé » (plus autres textes)

Les citoyens palestiniens d’Israël se sont habitués à entendre des déclarations ridicules de la part des grands médias et des politiciens israéliens. Leur manque de connaissance de la société palestinienne et les mensonges qu’ils crachent à la télévision nationale ne sont pas seulement très loin des normes journalistiques, ils sont souvent tout simplement ridicules et très peu journalistiques.

Mais ces dernières semaines, même selon leurs critères, le spectacle d’horreur et de comédie qu’est la télévision israélienne s’est surpassé. Alors que la violence faisait rage dans tout le pays, à Jérusalem, à Gaza et dans les « villes mixtes », les présentateurs traditionnels se sont attaqués aux invités arabes de leurs émissions, interrompant leurs réponses. Certains présentateurs ont activement provoqué les manifestants palestiniens, tandis que des politiciens de la gauche israélienne ont publiquement soutenu l’attaque contre Gaza. Continuer à lire … « « Ne pleurez pas une coexistence qui n’a jamais existé » (plus autres textes) »