Deux textes au sujet de deux décrets présidentiels (Tunisie)

Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens appelle le Président de la République à retirer le Décret n°54

Le Syndicat national des journalistes tunisiens a suivi avec une grande inquiétude la publication par la présidence de la République du décret n°54 de 2022, relatif à la lutte contre les délits liés aux systèmes d’information et de communication, qui prévoit des peines d’injonction exagérées dans les affaires de publication et vise à restreindre davantage la liberté d’expression et de la presse, sous prétexte de lutter contre les rumeurs et les délits d’information. Continuer à lire … « Deux textes au sujet de deux décrets présidentiels (Tunisie)« 

Emmanuel Macron : l’Algérie et l’histoire

« Nous avons réduit les établissements charitables, laissé tomber les écoles, dispersé les séminaires. Autour de nous les lumières se sont éteintes, (…) nous avons rendu la société musulmane beaucoup plus misérable, plus désordonnée, plus ignorante et plus barbare qu’elle n’était avant de nous connaître. » A. de TocquevilleRapport sur l’Algérie (1847)

« La situation coloniale et la guerre ont soumis la société algérienne à une véritable déculturation. Les regroupements de la population, l’exode rural et les atrocités de la guerre ont précipité en l’aggravant le mouvement de désagrégation culturelle en même temps qu’ils l’ont étendu aux régions relativement épargnées jusque-là (…). Expérience catastrophique de chirurgie sociale, la guerre a fait table rase d’une civilisation dont on ne pourra plus parler qu’au passé. » P. Bourdieu (1958)

Les amateurs d’éléments de langage rebattus, de formules creuses, de phrases ronflantes et de clichés, élaborés par les scribes de l’Elysée et répétés ad nauseam lors du dernier voyage officiel d’Emmanuel Macron en Algérie, auront été servis. Les relations entre ce pays et la France depuis 1830 ? Une « histoire commune », « d’amour » même avec « sa part de tragique » qu’il faut « regarder en face » et « sans tabou ». Les buts de cette visite ? « L’amitié », bien sûr, après quelques menues fâcheries désormais oubliées ce qui permet « de se réconcilier » et de sceller « un partenariat renouvelé » et forcément ambitieux.

A cela s’ajoute la volonté de rencontrer « la jeunesse » pour mieux se tourner vers « l’avenir » puisque, comme chacun le sait, en Algérie et en France, c’est elle qui demain l’écrira librement dans la joie et l’allégresse. N’oublions pas la déclaration finale qui clôt, selon la fable élaborée pour la circonstance, une admirable romance politico-personnelle. Décidée de façon inopinée, cela va de soi, en raison de « l’enthousiasme » suscité par ces trois jours de visite, et de « l’intimité » qui unit désormais ces deux présidents, on peut lire dans cette déclaration que les deux pays « renouvellent leur engagement à inscrire leurs relations dans une dynamique de progression irréversible. »

Sublime sommet de rhétorique étatique, extatique aussi, confortée par de multiples mises en scène et photos officielles d’embrassades, d’effusions réciproques et de déambulations main dans la main destinées à sceller la énième réconciliation du prétendu couple franco-algérien dont nul n’ignore les relations tumultueuses, pour le moins. Continuer à lire … « Emmanuel Macron : l’Algérie et l’histoire »

Algérie coloniale : les historiens ont déjà travaillé, messieurs les présidents!

Lors de son récent voyage à Alger, le président de la République française a, aux côtés de son homologue algérien, annoncé la création d’une « commission d’historiens » franco-algérienne à laquelle seraient « ouvertes toutes les archives algériennes et françaises ». Il a aussi indiqué qu’elle serait composée de « 12 historiens » des deux nationalités et qu’elle travaillerait « pendant un an ».

A quoi servira cette commission d’historiens, dont, pour l’heure, on ignore la composition et la date d’installation ? Selon le président français, son travail consistera à « regarder l’ensemble de cette période historique (…) du début de la colonisation à la guerre de libération, sans tabou, avec une volonté (…) d’accès complet à nos archives ». « On va laisser les historiens travailler », a-t-il encore commenté devant la presse.

Le président Macron affectionne les commissions dont les membres sont désignés par lui pour aborder une question politiquement « sensible », en lien avec le passé colonial. Même si des chercheurs spécialistes de la question avaient été écartés délibérément, le but du travail de la « commission Duclert » missionnée en 2019 était relativement clair. Il s’agissait d’explorer les archives sur un point d’histoire bien délimité : le rôle de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda. Cette fois, le programme de cette commission sur l’Algérie coloniale laisse véritablement pantois. Continuer à lire … « Algérie coloniale : les historiens ont déjà travaillé, messieurs les présidents! »

Communiqué des Associations et Organisations tunisiennes

Non à la Constitution de la concentration des pouvoirs

Après consultation du projet de la Constitution, soumis par le président de la République à referendum populaire le 25 juillet 2022, les Organisations et les associations tunisiennes, réunies le 5 juillet 2022, déclarent que : Continuer à lire … « Communiqué des Associations et Organisations tunisiennes »

29 morts aux frontières européennes : L’accord Espagne-Maroc sur l’immigration tue !

Les tragiques évènements du 24 juin 2022 sur le frontière entre Nador et Melilla au Maroc rappellent, avec violence, l’échec des politiques migratoires sécuritaires. Les 27 morts et les centaines de blessés du côté des migrants comme ceux du côté des forces d’ordre marocaines sont le tragique symbole de politiques européennes d’externalisation des frontières de l’Union européenne (UE), avec la complicité d’un pays du Sud, le Maroc. La mort de ces jeunes africains sur les frontières de la « forteresse européenne » alerte sur la nature mortifère de la coopération sécuritaire en matière d’immigration entre le Maroc et l’Espagne. Continuer à lire … « 29 morts aux frontières européennes : L’accord Espagne-Maroc sur l’immigration tue ! »

Présentation par Robi Morder et Irène Paillard du livre de Mohammed Harbi : L’autogestion en Algérie

Avec l’aimable autorisation des editions Syllepse

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Le livre dont Mohammed Harbi nous a confié la publication constitue – comme il nous l’a dit lui-même – des matériaux pour l’histoire de l’autogestion en Algérie. En effet, cette histoire qui avait donné lieu à des travaux et publications pour la plupart au tournant des années 1970 comme le confirme la bibliographie, mérite d’être revisitée à la lumière d’archives, témoignages et documents recueillis ultérieurement [2].

L’autogestion en Algérie a été soit oubliée, hors de milieux militants restreints, soit défigurée, notamment en Algérie, car ceux qui en ont été les promoteurs, les porteurs, ont voulu poursuivre au-delà de l’indépendance une authentique émancipation, ce qui les a opposés à la bureaucratie, à l’armée, à la nouvelle bourgeoisie, qui se sont appropriés pouvoir, prébendes, privilèges. Continuer à lire … « Présentation par Robi Morder et Irène Paillard du livre de Mohammed Harbi : L’autogestion en Algérie »

Algérie. Répression des manifestant-es du Hirak.

L’exercice des libertés fondamentales de réunion pacifique, d’association et d’expression, et la défense des droits humains n’est #PasUnCrime

L’exercice des libertés fondamentales de réunion pacifique, d’association et d’expression, et la défense des droits humains n’est #PasUnCrime

Le jeudi 19 mai
Les autorités algériennes ont mis fin aux manifestations pro-démocratie du « Hirak » dans la majeure partie du pays, il y a de cela un an. Depuis, les poursuites en justice pour accusations terroristes infondées se sont multipliées, des amendements problématiques du Code pénal ont été adoptés, des actions en justice lancées contre des organisations de la société civile et des partis politiques d’opposition, la répression contre les défenseur.es des droits humains et les médias s’est intensifiée, tandis que les autorités continuent d’entraver l’enregistrement et l’activité des syndicats indépendants. Continuer à lire … « Algérie. Répression des manifestant-es du Hirak. »

Mémoires et Histoire

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Un essai historique intitulé « Algérie 1962 » donne une impression de déjà lu, déjà connu. Et on aurait tort. Le sous titre, « Une histoire populaire », indique une manière inédite dans la manière d’aborder cette année de l’indépendance de l’Algérie, de la décolonisation. Malika Rahal veut rendre compte de la variété des expériences vécues par les populations. Au-delà ou en deçà de la chronologie, accords d’Evian, les crises, les conflits politiques à l’intérieur du FLN comme la « défaite des Messalistes », elle veut faire partager « le souffle de la révolution », le sentiment individuel et collectif de libération. Une révolution vécue dans la violence, celle de l’OAS mais aussi celle du FLN, violence inhérente à tout changement fondamental. Des expériences nouvelles naîtront. Pour faire face au départ des administrateurs coloniaux, des formes d’auto organisation se mettront en place. L’espace lui-même change par l’ouverture des camps de concentrations, des prisons, des retours d’exils pour renouer des liens et servir la République algérienne. Temps de ruptures et travail de mémoire nécessaire pour penser l’indépendance et la faire vivre. Continuer à lire … « Mémoires et Histoire »

L’acte de manifester pour la démocratie constitue un engagement féministe à part entière

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« Dans un contexte d’éducation massive, d’urbanisation rapide et de transition démographique, des réalités nouvelles sont apparues, comme l’écart dans la réussite scolaire entre les deux sexes dans de nombreux pays en faveur des filles ». Dans son édito, Révoltes arabes : de femmes à féministes, Mahdia Belkadi discute, entre autres, de l’instrumentalisation des femmes par un certain « féminisme d’Etat », des politiques coloniales de dévoilement, de l’islamisation de l’espace public, de scolarisation et d’absence de perspectives d’autonomisation, d’aspiration à « une citoyenneté pleine et entière », des révolutions arabes et des sociétés en mutation, d’engagements féministes, d’honneur à géométrie variable, « l’honneur du groupe, placé dans le corps de « ses » femmes », de la mixité refusée par certains, de la visibilité impressionnante des femmes dans les manifestations, « Déjà présentes dans des espaces devenus mixtes, comme l’université ou la fonction publique, les femmes bouleversent les codes conventionnels en investissant, presque naturellement, le dernier espace public réticent à leur présence : la rue », des agressions sexuelles lors des manifestations place Tahir (Egypte), des expéditions punitives contre des femmes en Algérie, des saoudiennes, de présence des femmes et de présence féministe, « pour beaucoup de femmes, compte tenu du contexte dans lequel elles évoluent, l’acte de manifester pour la démocratie constitue un engagement féministe à part entière », de défiance du « système » et de défiance du patriarcat, d’opportunité historique, « Les périodes de transition qui suivent les élections – remportées par les islamistes – sont caractérisées par une mobilisation des féministes dans le sens d’une préservation des acquis plus que d’une amélioration du statut », du mouvement palestinien Tâli’at et de prise en main de leur narrative, « Puisant leur légitimité dans la violence qu’elles subissent et dans les luttes de leurs aïeules, les féministes arabes renégocient leur implication dans les révoltes et posent l’oppression des femmes comme problème politique », de la convocation du passé « pour mieux tracer l’avenir », des efforts des « frères » pour tenter de préserver les derniers pans de leur conception de l’« honneur », de l’espace virtuel occupée « pour mieux conquérir l’espace public physique »… Continuer à lire … « L’acte de manifester pour la démocratie constitue un engagement féministe à part entière »

Amel Zanoune Zouani vit : une lettre dénonce la violence fondamentaliste en Algérie

Dans une lettre émouvante, la mère d’Amel, jeune assassinée pour avoir résisté aux diktats des secteurs islamiques, dénonce le terrorisme vécu par les femmes algériennes.

Pendant plus de 10 ans l’islamisme politique, idéologie de la mort a mis l’Algérie à feu et à sang. Le sang des algériens a coulé a flots. Les femmes ont payé un lourd tribut, considérées comme butin de guerre, les terroriste islamistes ont enlevé, violé, assassiné en utilisant des méthodes indescriptibles en sauvagerie, ils ont décapité, éventré des femmes enceintes, brûlé vives.

A l’instar de Amel, assassinée il y a 25 ans pour avoir résisté à leur dictat qui voulait que les filles se voilent et arrêtent de travailler et d’étudier. Amel a résisté, elle a payé de sa vie. Comme son nom, elle portait l’espoir, ils ont voulu tuer l’espoir. Avant Amel, Katia Bengana, une lycéenne a été assassinée pour avoir refusé de porter le hijab. Karima Belhadj a été assassinée par balle, car elle était secrétaire chez la police nationale, elle était la première femme assassinée, elle avait 19 ans. Aicha Djelid est décapitée en présence de ses trois filles dans des conditions atroces, les assassins ont demandé à ses filles de ramasser la tête de leur mère…

Combien étaient elles, des anonymes à avoir été enlevées, à avoir subies les viols collectifs, pour finir décapitées et jetées dans des puits et autres. L’islamisme politique est l’ennemi de la vie. Nous n’oublions pas, nous en parlerons tant que nous vivrons pour que plus jamais ça et nul part ailleurs. Continuer à lire … « Amel Zanoune Zouani vit : une lettre dénonce la violence fondamentaliste en Algérie »

Déclaration du gouvernement sahraoui sur le soutien du gouvernement espagnol au plan marocain d’autonomie pour le Sahara

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(SPS). À une époque marquée par la guerre au Sahara occidental, l’Espagne a annoncé son soutien à l’autonomie marocaine.

Face à cette décision regrettable, la Présidence de la République et le Secrétariat général du Front Polisario ont publié la déclaration suivante :

Texte de la déclaration :

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Avec un grand étonnement, le gouvernement de la République Sahraouie et le Front Populaire pour la Libération de Saguia El-Hamra et Rio de Oro (Front POLISARIO) ont été informés cet après-midi du contenu des deux déclarations publiées par l’occupant marocain et le gouvernement de la puissance administrante espagnole, et par conséquent souhaitent exprimer ce qui suit : Continuer à lire … « Déclaration du gouvernement sahraoui sur le soutien du gouvernement espagnol au plan marocain d’autonomie pour le Sahara »

Sultana Khaya : « Malgré les persécutions, les femmes sahraouies n’ont pas cessé de réclamer la liberté et l’indépendance »

Aujourd’hui encore, la vie des femmes et des hommes vivant au Sahara occidental est traversée par le colonialisme. De 1884 à 1975, le territoire était considéré comme une colonie de l’État espagnol. En 1975, après le retrait d’Espagne, le Sahara occidental a été occupé par le Maroc, et aujourd’hui il est la dernière colonie du continent africain. Depuis des décennies, le peuple sahraoui revendique son autodétermination et sa souveraineté sur son territoire, sa culture, sa production et ses modes de vie.

L’occupation marocaine au Sahara occidental a des conséquences graves et quotidiennes : violations des droits humains, persécutions politiques, violences, contrôle territorial militaire. Face à cette réalité, les femmes jouent un rôle clé dans la résistance au sein des communautés. En 1991, un accord de cessez-le-feu a été établi entre l’État marocain et le Front Polisario [Frente Popular de Liberación de Saguía el Hamra y Río de Oro], et en novembre 2020, il a été rompu par l’armée marocaine, qui a envahi le territoire saharien pour réprimer les manifestants.  Continuer à lire … « Sultana Khaya : « Malgré les persécutions, les femmes sahraouies n’ont pas cessé de réclamer la liberté et l’indépendance » »

Les prisonniers-ères politiques en Algérie en grève de la faim contre la répression croissante

Depuis le 28 janvier, une quarantaine de prisonniers-ères politiques algérien-ne-s ont entamé une grève de la faim pour exiger la libération de leur détention illégale et arbitraire et l’arrêt des poursuites de plus en plus fréquentes à l’encontre des militant-e-s pour la démocratie, accusé-e-s de « terrorisme » en vertu du nouvel article 87bis du code pénal. Des femmes, des jeunes et des membres du syndicat indépendant SNAPAP, affilié à l’UITA, font partie des grévistes de la faim incarcéré-e-s en « détention provisoire », dans l’attente de leur procès et de leur condamnation. Plusieurs dirigeant-e-s du SNAPAP, le Syndicat national autonome des personnels de la fonction publique, affilié à l’UITA, ont rejoint la grève de l’extérieur par solidarité.

La répression en Algérie s’est considérablement intensifiée depuis que le mouvement de masse pour la démocratie, le Hirak, a éclaté en février 2019. La pandémie du COVID-19 a conduit à une suspension temporaire du Hirak en 2020, mais la reprise des grèves et des manifestations de rue au début de l’année dernière a entraîné une répression brutale. Après la libération très médiatisée d’une quarantaine de prisonniers-ères en février 2021, le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) comptait environ 70 prisonniers-ères d’opinion. Aujourd’hui, on en compte 330. Continuer à lire … « Les prisonniers-ères politiques en Algérie en grève de la faim contre la répression croissante »

Un silence assourdissant des États membres de l’Union Européenne, face aux atteintes portées par le régime marocain aux droits fondamentaux

Hier comme aujourd’hui, l’Etat du Maroc, pays ami de l’Union Européenne, où l’on espionne les téléphones des journalistes et des défenseurs des droits humains à l’aide du logiciel israélien Pegasus, où les atteintes aux droits fondamentaux, à la liberté d’opinion, à la liberté de la presse se multiplient, où l’on harcèle, salit, instrumentalise et condamne, où le courage et l’engagement se paient au prix de vies brisées, l’Etat de ce pays, le Maroc, jouit d’une totale complaisance.

Au Maroc, les enlèvements, la torture, les arrestations arbitraires, les poursuites judiciaires, les condamnations à de lourdes peines de prison restent ce qui caractérise « l’exception marocaine » tant défendue par les Etats membres de l’Union Européenne. Continuer à lire … « Un silence assourdissant des États membres de l’Union Européenne, face aux atteintes portées par le régime marocain aux droits fondamentaux »

Congrès des Mouvements sociaux et citoyens – Tunis, décembre 2021

Session de Malek Seghiri

Déclaration finale

Nous clôturons aujourd’hui, dimanche 12 décembre 2021 notre Congrès des mouvements sociaux et citoyens. Et ce, après la fin des travaux des ateliers et des espaces croisés, de solidarités et de convergences, et à la suite de la rencontre-débat sur les mouvements sociaux, la société civile et l’avenir de la démocratie après le tournant du 25 juillet.

La session 2021, celle du grand disparu Malek Seghiri, s’est tenu dans une conjoncture politique et sociale tendue, grosse de défis et d’enjeux brûlants. Nous avons pu mesurer l’ampleur des aspirations qui travaillent les mouvements sociaux et civils, et prendre acte des avancées réalisées par les composantes de la société civile dans l’affirmation de leur vocation à défendre les droits économique et sociaux, ainsi que les libertés publiques et individuelles en vue de préserver et d’enraciner notre démocratie. Continuer à lire … « Congrès des Mouvements sociaux et citoyens – Tunis, décembre 2021 »

Déclaration d’associations algériennes à l’occasion de la Journée mondiale des droits humains

Déclaration

Cette année encore, nous célébrons, dans un climat de répression et de restriction des droits fondamentaux des Algériennes et des Algériens, la Journée mondiale des droits humains – qui coïncide avec le 73anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de l’ONU, acceptée par l’Algérie au lendemain de son indépendance.

2021 est une année sombre pour les droits de l’Homme en Algérie. Après des mois d’une mobilisation populaire pacifique, d’un Hirak qui a suscité de grands espoirs pour établir un Etat de droit démocratique garantissant les droits de l’Homme, l’action des autorités se caractérise par une volonté affichée d’étouffer tous les espaces civiques autonomes et de criminaliser l’action politique des voix critiques. Tandis que l’ensemble de la société est confronté à une crise sociale, économique et sanitaire aiguë, plus de 500 personnes ont été placées en détention et plus de 7 000 personnes ont été interpellées en 2021 pour le seul motif qu’elles ont exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux d’opinion, d’expression et de manifestation pourtant garantis par la Constitution et les conventions internationales de protection des droits de l’Homme ratifiées par l’Algérie. A l’heure actuelle, le nombre de personnes faisant l’objet de poursuites pénales pour ce motif dépasse les 2 500. Continuer à lire … « Déclaration d’associations algériennes à l’occasion de la Journée mondiale des droits humains »

Exigeons la libération immédiate de Fatima Zahra Ould Belaid, membre d’ATTAC CADTM Maroc

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Des agents de police ont arrêté Fatima Zahra Ould Belaid, militante d’ATTAC CADTM Maroc, le 25 novembre 2021 à son domicile à Tanger. Le procureur a ordonné son incarcération sur la base d’une plainte déposée par l’établissement (Association Hasnouna de soutien aux usagers de drogues) dans laquelle elle travaillait. Fatima Zahra a été auparavant licenciée parce qu’elle défendait le droit syndical et les revendications des salarié·e·s. Elle avait entamé une procédure judiciaire contre cette décision abusive et pour réclamer ses droits. Les responsables de l’établissement qui refusaient toute solution à ce conflit de travail ont par la suite inventés de toutes pièces une accusation de vol pour dénier à Fatima Zahra son droit aux indemnités.

Mais c’est plutôt le contexte de la montée des luttes de la jeunesse scolarisée qui explique la poursuite de notre camarade Fatima Zahra en état d’arrestation. En effet, comme diplômée chômeuse, elle a très vite rejoint le large mouvement de protestation contre la décision du ministère de l’éducation d’exclure du concours d’admission à l’enseignement ceux et celles qui ont plus de 30 ans. Elle a participé activement à donner un nouveau souffle au mouvement de jeunes scolarisés qui luttent contre le chômage. Continuer à lire … « Exigeons la libération immédiate de Fatima Zahra Ould Belaid, membre d’ATTAC CADTM Maroc »

Al Khadra : « personne ne m’a appris à être poète »

Nous publions la traduction d’un poème d’Al Khadra, référence de la poésie sahraouie en défense de l’autodétermination

En octobre de cette année, des femmes du Sahara occidental et du monde entier ont fait leurs adieux à la poète Al Khadra Mabruk. Née en 1938, Khadra a créé des poèmes qui ont traversé les décennies de luttes anticoloniales au Sahara occidental. Depuis 1975, le peuple sahraoui résiste aux multiples violences de l’occupation marocaine sur son territoire. L’Union Nationale des Femmes Sahraouies (Unión Nacional de Mujeres Saharauis – UNMS) a écrit, le 14 dernier, que « la culture sahraouie est en deuil. (…) Nous n’oublierons jamais sa contribution pour garder vivante la marque de la femme sahraouie dans la poésie ». Continuer à lire … « Al Khadra : « personne ne m’a appris à être poète » »

Appel à un rassemblement en soutien à la journaliste et féministe Arroi Baraket contre les violences policières !

Nous appelons à participer, le mardi 19 octobre à partir de 18h30, Place de la République à Paris et devant le Consulat tunisien à Lyon, aux rassemblements en soutien à Arroi Baraket, pour demander l’arrêt immédiat des charges qui pèsent contre elle. Son procès est prévu le 22 octobre 2021. Elle est poursuivie par le Procureur de Tunis pour agression avec « extrême violence contre un fonctionnaire public ». Elle se retrouve accusée de faits extrêmement graves et passibles de prison alors qu’elle a été victime de violences policières. Elle a été violemment agressée par un agent de police dans la soirée du 17 septembre 2021 tandis qu’elle filmait une scène mettant en évidence la partialité de la police. Continuer à lire … « Appel à un rassemblement en soutien à la journaliste et féministe Arroi Baraket contre les violences policières ! »