Mémoires et Histoire

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Un essai historique intitulé « Algérie 1962 » donne une impression de déjà lu, déjà connu. Et on aurait tort. Le sous titre, « Une histoire populaire », indique une manière inédite dans la manière d’aborder cette année de l’indépendance de l’Algérie, de la décolonisation. Malika Rahal veut rendre compte de la variété des expériences vécues par les populations. Au-delà ou en deçà de la chronologie, accords d’Evian, les crises, les conflits politiques à l’intérieur du FLN comme la « défaite des Messalistes », elle veut faire partager « le souffle de la révolution », le sentiment individuel et collectif de libération. Une révolution vécue dans la violence, celle de l’OAS mais aussi celle du FLN, violence inhérente à tout changement fondamental. Des expériences nouvelles naîtront. Pour faire face au départ des administrateurs coloniaux, des formes d’auto organisation se mettront en place. L’espace lui-même change par l’ouverture des camps de concentrations, des prisons, des retours d’exils pour renouer des liens et servir la République algérienne. Temps de ruptures et travail de mémoire nécessaire pour penser l’indépendance et la faire vivre. Continuer à lire … « Mémoires et Histoire »

L’acte de manifester pour la démocratie constitue un engagement féministe à part entière

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« Dans un contexte d’éducation massive, d’urbanisation rapide et de transition démographique, des réalités nouvelles sont apparues, comme l’écart dans la réussite scolaire entre les deux sexes dans de nombreux pays en faveur des filles ». Dans son édito, Révoltes arabes : de femmes à féministes, Mahdia Belkadi discute, entre autres, de l’instrumentalisation des femmes par un certain « féminisme d’Etat », des politiques coloniales de dévoilement, de l’islamisation de l’espace public, de scolarisation et d’absence de perspectives d’autonomisation, d’aspiration à « une citoyenneté pleine et entière », des révolutions arabes et des sociétés en mutation, d’engagements féministes, d’honneur à géométrie variable, « l’honneur du groupe, placé dans le corps de « ses » femmes », de la mixité refusée par certains, de la visibilité impressionnante des femmes dans les manifestations, « Déjà présentes dans des espaces devenus mixtes, comme l’université ou la fonction publique, les femmes bouleversent les codes conventionnels en investissant, presque naturellement, le dernier espace public réticent à leur présence : la rue », des agressions sexuelles lors des manifestations place Tahir (Egypte), des expéditions punitives contre des femmes en Algérie, des saoudiennes, de présence des femmes et de présence féministe, « pour beaucoup de femmes, compte tenu du contexte dans lequel elles évoluent, l’acte de manifester pour la démocratie constitue un engagement féministe à part entière », de défiance du « système » et de défiance du patriarcat, d’opportunité historique, « Les périodes de transition qui suivent les élections – remportées par les islamistes – sont caractérisées par une mobilisation des féministes dans le sens d’une préservation des acquis plus que d’une amélioration du statut », du mouvement palestinien Tâli’at et de prise en main de leur narrative, « Puisant leur légitimité dans la violence qu’elles subissent et dans les luttes de leurs aïeules, les féministes arabes renégocient leur implication dans les révoltes et posent l’oppression des femmes comme problème politique », de la convocation du passé « pour mieux tracer l’avenir », des efforts des « frères » pour tenter de préserver les derniers pans de leur conception de l’« honneur », de l’espace virtuel occupée « pour mieux conquérir l’espace public physique »… Continuer à lire … « L’acte de manifester pour la démocratie constitue un engagement féministe à part entière »

Amel Zanoune Zouani vit : une lettre dénonce la violence fondamentaliste en Algérie

Dans une lettre émouvante, la mère d’Amel, jeune assassinée pour avoir résisté aux diktats des secteurs islamiques, dénonce le terrorisme vécu par les femmes algériennes.

Pendant plus de 10 ans l’islamisme politique, idéologie de la mort a mis l’Algérie à feu et à sang. Le sang des algériens a coulé a flots. Les femmes ont payé un lourd tribut, considérées comme butin de guerre, les terroriste islamistes ont enlevé, violé, assassiné en utilisant des méthodes indescriptibles en sauvagerie, ils ont décapité, éventré des femmes enceintes, brûlé vives.

A l’instar de Amel, assassinée il y a 25 ans pour avoir résisté à leur dictat qui voulait que les filles se voilent et arrêtent de travailler et d’étudier. Amel a résisté, elle a payé de sa vie. Comme son nom, elle portait l’espoir, ils ont voulu tuer l’espoir. Avant Amel, Katia Bengana, une lycéenne a été assassinée pour avoir refusé de porter le hijab. Karima Belhadj a été assassinée par balle, car elle était secrétaire chez la police nationale, elle était la première femme assassinée, elle avait 19 ans. Aicha Djelid est décapitée en présence de ses trois filles dans des conditions atroces, les assassins ont demandé à ses filles de ramasser la tête de leur mère…

Combien étaient elles, des anonymes à avoir été enlevées, à avoir subies les viols collectifs, pour finir décapitées et jetées dans des puits et autres. L’islamisme politique est l’ennemi de la vie. Nous n’oublions pas, nous en parlerons tant que nous vivrons pour que plus jamais ça et nul part ailleurs. Continuer à lire … « Amel Zanoune Zouani vit : une lettre dénonce la violence fondamentaliste en Algérie »

Déclaration du gouvernement sahraoui sur le soutien du gouvernement espagnol au plan marocain d’autonomie pour le Sahara

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(SPS). À une époque marquée par la guerre au Sahara occidental, l’Espagne a annoncé son soutien à l’autonomie marocaine.

Face à cette décision regrettable, la Présidence de la République et le Secrétariat général du Front Polisario ont publié la déclaration suivante :

Texte de la déclaration :

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Avec un grand étonnement, le gouvernement de la République Sahraouie et le Front Populaire pour la Libération de Saguia El-Hamra et Rio de Oro (Front POLISARIO) ont été informés cet après-midi du contenu des deux déclarations publiées par l’occupant marocain et le gouvernement de la puissance administrante espagnole, et par conséquent souhaitent exprimer ce qui suit : Continuer à lire … « Déclaration du gouvernement sahraoui sur le soutien du gouvernement espagnol au plan marocain d’autonomie pour le Sahara »

Sultana Khaya : « Malgré les persécutions, les femmes sahraouies n’ont pas cessé de réclamer la liberté et l’indépendance »

Aujourd’hui encore, la vie des femmes et des hommes vivant au Sahara occidental est traversée par le colonialisme. De 1884 à 1975, le territoire était considéré comme une colonie de l’État espagnol. En 1975, après le retrait d’Espagne, le Sahara occidental a été occupé par le Maroc, et aujourd’hui il est la dernière colonie du continent africain. Depuis des décennies, le peuple sahraoui revendique son autodétermination et sa souveraineté sur son territoire, sa culture, sa production et ses modes de vie.

L’occupation marocaine au Sahara occidental a des conséquences graves et quotidiennes : violations des droits humains, persécutions politiques, violences, contrôle territorial militaire. Face à cette réalité, les femmes jouent un rôle clé dans la résistance au sein des communautés. En 1991, un accord de cessez-le-feu a été établi entre l’État marocain et le Front Polisario [Frente Popular de Liberación de Saguía el Hamra y Río de Oro], et en novembre 2020, il a été rompu par l’armée marocaine, qui a envahi le territoire saharien pour réprimer les manifestants.  Continuer à lire … « Sultana Khaya : « Malgré les persécutions, les femmes sahraouies n’ont pas cessé de réclamer la liberté et l’indépendance » »

Les prisonniers-ères politiques en Algérie en grève de la faim contre la répression croissante

Depuis le 28 janvier, une quarantaine de prisonniers-ères politiques algérien-ne-s ont entamé une grève de la faim pour exiger la libération de leur détention illégale et arbitraire et l’arrêt des poursuites de plus en plus fréquentes à l’encontre des militant-e-s pour la démocratie, accusé-e-s de « terrorisme » en vertu du nouvel article 87bis du code pénal. Des femmes, des jeunes et des membres du syndicat indépendant SNAPAP, affilié à l’UITA, font partie des grévistes de la faim incarcéré-e-s en « détention provisoire », dans l’attente de leur procès et de leur condamnation. Plusieurs dirigeant-e-s du SNAPAP, le Syndicat national autonome des personnels de la fonction publique, affilié à l’UITA, ont rejoint la grève de l’extérieur par solidarité.

La répression en Algérie s’est considérablement intensifiée depuis que le mouvement de masse pour la démocratie, le Hirak, a éclaté en février 2019. La pandémie du COVID-19 a conduit à une suspension temporaire du Hirak en 2020, mais la reprise des grèves et des manifestations de rue au début de l’année dernière a entraîné une répression brutale. Après la libération très médiatisée d’une quarantaine de prisonniers-ères en février 2021, le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) comptait environ 70 prisonniers-ères d’opinion. Aujourd’hui, on en compte 330. Continuer à lire … « Les prisonniers-ères politiques en Algérie en grève de la faim contre la répression croissante »

Un silence assourdissant des États membres de l’Union Européenne, face aux atteintes portées par le régime marocain aux droits fondamentaux

Hier comme aujourd’hui, l’Etat du Maroc, pays ami de l’Union Européenne, où l’on espionne les téléphones des journalistes et des défenseurs des droits humains à l’aide du logiciel israélien Pegasus, où les atteintes aux droits fondamentaux, à la liberté d’opinion, à la liberté de la presse se multiplient, où l’on harcèle, salit, instrumentalise et condamne, où le courage et l’engagement se paient au prix de vies brisées, l’Etat de ce pays, le Maroc, jouit d’une totale complaisance.

Au Maroc, les enlèvements, la torture, les arrestations arbitraires, les poursuites judiciaires, les condamnations à de lourdes peines de prison restent ce qui caractérise « l’exception marocaine » tant défendue par les Etats membres de l’Union Européenne. Continuer à lire … « Un silence assourdissant des États membres de l’Union Européenne, face aux atteintes portées par le régime marocain aux droits fondamentaux »

Congrès des Mouvements sociaux et citoyens – Tunis, décembre 2021

Session de Malek Seghiri

Déclaration finale

Nous clôturons aujourd’hui, dimanche 12 décembre 2021 notre Congrès des mouvements sociaux et citoyens. Et ce, après la fin des travaux des ateliers et des espaces croisés, de solidarités et de convergences, et à la suite de la rencontre-débat sur les mouvements sociaux, la société civile et l’avenir de la démocratie après le tournant du 25 juillet.

La session 2021, celle du grand disparu Malek Seghiri, s’est tenu dans une conjoncture politique et sociale tendue, grosse de défis et d’enjeux brûlants. Nous avons pu mesurer l’ampleur des aspirations qui travaillent les mouvements sociaux et civils, et prendre acte des avancées réalisées par les composantes de la société civile dans l’affirmation de leur vocation à défendre les droits économique et sociaux, ainsi que les libertés publiques et individuelles en vue de préserver et d’enraciner notre démocratie. Continuer à lire … « Congrès des Mouvements sociaux et citoyens – Tunis, décembre 2021 »

Déclaration d’associations algériennes à l’occasion de la Journée mondiale des droits humains

Déclaration

Cette année encore, nous célébrons, dans un climat de répression et de restriction des droits fondamentaux des Algériennes et des Algériens, la Journée mondiale des droits humains – qui coïncide avec le 73anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de l’ONU, acceptée par l’Algérie au lendemain de son indépendance.

2021 est une année sombre pour les droits de l’Homme en Algérie. Après des mois d’une mobilisation populaire pacifique, d’un Hirak qui a suscité de grands espoirs pour établir un Etat de droit démocratique garantissant les droits de l’Homme, l’action des autorités se caractérise par une volonté affichée d’étouffer tous les espaces civiques autonomes et de criminaliser l’action politique des voix critiques. Tandis que l’ensemble de la société est confronté à une crise sociale, économique et sanitaire aiguë, plus de 500 personnes ont été placées en détention et plus de 7 000 personnes ont été interpellées en 2021 pour le seul motif qu’elles ont exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux d’opinion, d’expression et de manifestation pourtant garantis par la Constitution et les conventions internationales de protection des droits de l’Homme ratifiées par l’Algérie. A l’heure actuelle, le nombre de personnes faisant l’objet de poursuites pénales pour ce motif dépasse les 2 500. Continuer à lire … « Déclaration d’associations algériennes à l’occasion de la Journée mondiale des droits humains »

Exigeons la libération immédiate de Fatima Zahra Ould Belaid, membre d’ATTAC CADTM Maroc

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Des agents de police ont arrêté Fatima Zahra Ould Belaid, militante d’ATTAC CADTM Maroc, le 25 novembre 2021 à son domicile à Tanger. Le procureur a ordonné son incarcération sur la base d’une plainte déposée par l’établissement (Association Hasnouna de soutien aux usagers de drogues) dans laquelle elle travaillait. Fatima Zahra a été auparavant licenciée parce qu’elle défendait le droit syndical et les revendications des salarié·e·s. Elle avait entamé une procédure judiciaire contre cette décision abusive et pour réclamer ses droits. Les responsables de l’établissement qui refusaient toute solution à ce conflit de travail ont par la suite inventés de toutes pièces une accusation de vol pour dénier à Fatima Zahra son droit aux indemnités.

Mais c’est plutôt le contexte de la montée des luttes de la jeunesse scolarisée qui explique la poursuite de notre camarade Fatima Zahra en état d’arrestation. En effet, comme diplômée chômeuse, elle a très vite rejoint le large mouvement de protestation contre la décision du ministère de l’éducation d’exclure du concours d’admission à l’enseignement ceux et celles qui ont plus de 30 ans. Elle a participé activement à donner un nouveau souffle au mouvement de jeunes scolarisés qui luttent contre le chômage. Continuer à lire … « Exigeons la libération immédiate de Fatima Zahra Ould Belaid, membre d’ATTAC CADTM Maroc »

Al Khadra : « personne ne m’a appris à être poète »

Nous publions la traduction d’un poème d’Al Khadra, référence de la poésie sahraouie en défense de l’autodétermination

En octobre de cette année, des femmes du Sahara occidental et du monde entier ont fait leurs adieux à la poète Al Khadra Mabruk. Née en 1938, Khadra a créé des poèmes qui ont traversé les décennies de luttes anticoloniales au Sahara occidental. Depuis 1975, le peuple sahraoui résiste aux multiples violences de l’occupation marocaine sur son territoire. L’Union Nationale des Femmes Sahraouies (Unión Nacional de Mujeres Saharauis – UNMS) a écrit, le 14 dernier, que « la culture sahraouie est en deuil. (…) Nous n’oublierons jamais sa contribution pour garder vivante la marque de la femme sahraouie dans la poésie ». Continuer à lire … « Al Khadra : « personne ne m’a appris à être poète » »

Appel à un rassemblement en soutien à la journaliste et féministe Arroi Baraket contre les violences policières !

Nous appelons à participer, le mardi 19 octobre à partir de 18h30, Place de la République à Paris et devant le Consulat tunisien à Lyon, aux rassemblements en soutien à Arroi Baraket, pour demander l’arrêt immédiat des charges qui pèsent contre elle. Son procès est prévu le 22 octobre 2021. Elle est poursuivie par le Procureur de Tunis pour agression avec « extrême violence contre un fonctionnaire public ». Elle se retrouve accusée de faits extrêmement graves et passibles de prison alors qu’elle a été victime de violences policières. Elle a été violemment agressée par un agent de police dans la soirée du 17 septembre 2021 tandis qu’elle filmait une scène mettant en évidence la partialité de la police. Continuer à lire … « Appel à un rassemblement en soutien à la journaliste et féministe Arroi Baraket contre les violences policières ! »

Dans la pandémie, les femmes du Maroc vivent la marginalisation et la lutte

La Coordination de la Marche Mondiale des Femmes au Maroc a mené un suivi continu des luttes des femmes contre les politiques d’appauvrissement et d’humiliation qui les visaient.

Marche Mondiale des Femmes, 2020

Depuis la promulgation des lois d’urgence sanitaire dues à la pandémie en mars 2020, la situation des femmes au Maroc s’est fortement dégradée. Les femmes ont subi plus sévèrement les conséquences de la crise économique étouffante qui en a résulté. Les mesures prises contre la pandémie ont aggravé les conditions de fragilité et de pauvreté dont elles souffraient déjà.

La crise sanitaire a dévoilé les terribles répercussions de l’absence d’une économie nationale orientée vers les besoins de la population. Elle a révélé la brutalité des politiques néolibérales imposées par les dirigeants du pays depuis le début des années 80, et qui ont généré le démantèlement du secteur public, la détérioration des services sociaux, l’augmentation vertigineuse de la dette, l’accumulation des richesses entre les mains d’un très petit groupe de familles qui dominent l’économie et contrôlent le pays, l’accentuation de l’économie de rente, et l’aggravation de la corruption dans les domaines économique, politique et autres. Continuer à lire … « Dans la pandémie, les femmes du Maroc vivent la marginalisation et la lutte »

Le type de populisme que représente le président Kaïs Saïed est traditionaliste et vide de tout programme sérieux et substantiel

Entretien avec Hamma Hammami conduit par Monica Marks

Hamma Hammami est le secrétaire général du Parti des travailleurs tunisiens (créé en 1986, sous le nom de Parti communiste des ouvriers de Tunisie-PCOT, légalisé en 2011) et un dirigeant du Front populaire pour la réalisation des objectifs de la révolution (créé en 2012). Il est rédacteur en chef du journal Sawt Achaab, auteur de onze livres sur la politique et l’économie, dont deux sur les droits des femmes. Il est l’époux de la célèbre avocate des droits de l’homme Radhia Nasraoui. Opposant déclaré à l’ancien président tunisien Ben Ali, Hamma Hammami a joué un rôle de premier plan dans le Mouvement du 18 octobre 2005 [1] et dans la révolution tunisienne de 2011.

Cet entretien a été réalisé au siège du Parti des travailleurs dans le centre de Tunis. Il a été réalisé en deux parties: la première, le mercredi 11 août 2021, et la seconde, le lundi 16 août. Les entretiens, d’une durée totale d’environ trois heures, ont été menés principalement en arabe, avec un peu de français et d’anglais. L’entretien a été traduit/transcrit en anglais, le 20 août, pour Jadaliyya. [Dans la nuit du 23 au 24 août, le chef de l’Etat, Kaïs Saïed, a décidé de prolonger « jusqu’à nouvel ordre » le gel du parlement. Les activités de ce dernier ont été suspendues depuis « le coup de force » du 25 juillet. Nous publions ce long entretien comme un élément d’information et de débat, quand bien même le thème des volontés des bailleurs de fonds n’est pas abordé explicitement. – Réd.] Continuer à lire … « Le type de populisme que représente le président Kaïs Saïed est traditionaliste et vide de tout programme sérieux et substantiel »

Psychopathologie politique d’une société schizophrène

Le peuple marocain se distingue, depuis toujours, par son intelligence modératrice, sa bienveillance communicative, son hospitalité démonstrative, toutes qualités ataviques, qui dégénèrent en leurs contraires dans les luttes politiques, quand la duplicité dissimulatrice, la comédie mystificatrice, la fourberie falsificatrice deviennent des armes de conquête et que les larmes de crocodile se muent en redoutables anesthésiques des esprits fragiles. La gandoura du leader fait office d’emblème plébéien. La fierté traditionnelle se montre étrangement corruptible quand les exigences historiques imposent, dans l’immuable fidélité aux habitus, des options transformatrices. Ces élections législatives ne relèvent plus de l’analyse politique, mais de la psychanalyse collective. Continuer à lire … « Psychopathologie politique d’une société schizophrène »

« CHE » ABDELKRIM : le Lion du Rif. Un siècle…

En ce 21 juillet 2021, cela fera tout juste un siècle, que la face du monde, du moins d’une partie de ce dernier a connu un chambardement dont peu de contemporains auraient pu mesurer toutes les conséquences qui se font sentir jusqu’à nos jours. Le 21 juillet 1921, l’armée espagnole sous la férule de l’un de ses fringuants gradés, le général Sylvestre, subie l’une des rares défaites qu’une armée coloniale endurera en ce premier quart de siècle de ce « court vingtième siècle », déjà ensanglanté par la première des boucheries, celle de 1914/1918. La monarchie espagnole qui, tout au long du XIXe siècle, connaîtra l’effondrement de son empire colonial en Amérique latine, se voit ôter, de surcroit, par le traité de Paris du 25 octobre 1898, Cuba, les Philippines, Porto-Rico et l’ile de Guam.

A la Conférence d’Algéziras, en Espagne, du 7 avril 1906, la monarchie espagnole se voit recevoir une petite compensation par rapport à la perte de ses derniers bastions coloniaux, au profit essentiellement des Etats Unis, par l’octroi du nord de la monarchie marocaine, le Rif, dans le cadre du démembrement de la dernière parcelle africaine n’ayant connu de domination coloniale. La France se voit elle légitimer à posséder la partie sud de la monarchie marocaine, Fès étant la ligne de partage. Continuer à lire … « « CHE » ABDELKRIM : le Lion du Rif. Un siècle… »

Appel pour un congrès national des mouvements sociaux et citoyens

Le présent Appel signé par plusieurs dizaines d’activistes des mouvements sociaux, d’associations et de personnalités, devait paraître à l’origine dans différents supports de presse le 27 juillet 2021.

Au vu des événements survenus ce jour-là à commencer par le discours du président de la République tunisienne et les dispositions qui en découlent, ses initiateurs ont décidé de surseoir à sa publication. Quelque dix jours plus tard, par-delà la situation institutionnelle et politique inédite que connaît le pays, l’objet de cet Appel n’a rien perdu de sa pertinence et de son opportunité.

L’heure est plus que jamais à l’organisation de débats, de concertations et de rapprochements entre les diverses composantes du mouvement social et citoyen dans le respect des différents positionnements afin de donner aux mots d’ordre de la révolution de 2011 un contenu concret axé sur la lutte contre les inégalités économiques et sociales et respectueux des principes démocratiques qui nous animent.

La mise en place d’une plate-forme numérique, prélude à l’organisation d’un congrès des mouvements sociaux et citoyens à l’automne, permettra dans les semaines à venir de préparer et nourrir ces débats et échanges en prenant en compte les contraintes sanitaires. Continuer à lire … « Appel pour un congrès national des mouvements sociaux et citoyens »

Tunisie : le coup d’État de Kaïs Saïed cherche à restaurer le « ben alisme » que la révolution de 2011 avait décapité

Une loi fondamentale de la révolution est celle-ci : avant même qu’elle ne se déclenche, elle est déjà combattue par des réactionnaires et des conservateurs, crainte par les libéraux ; ils cherchent à l’éviter en faisant miroiter la voie de la réforme et en mettant en garde les masses (et les dirigeants) contre son coût. Mais une fois qu’elle triomphe, tous deviennent révolutionnaires, mais ils sont réactionnaires. Leur tâche commune est alors de trouver le chemin le plus court pour ramener les masses insurgées dans le giron de la soumission, et de laisser l’opportunité aux élites et aux cadres politiques et répressifs de la classe dominante de remettre de l’ordre et de revenir à la normale. Continuer à lire … « Tunisie : le coup d’État de Kaïs Saïed cherche à restaurer le « ben alisme » que la révolution de 2011 avait décapité »

Femmes pour le droit à la terre et à l’héritage égalitaire en Tunisie

Dans un article, Halima Jouini analyse la position des femmes dans l’économie tunisienne et présente des propositions à partir du mouvement des femmes.

En Tunisie, la question de l’héritage, de la répartition équitable des richesses et du droit des femmes à posséder et à bénéficier de la terre est considérée comme l’une des plus importantes, en raison de la réalité de la discrimination. Le sujet est une préoccupation permanente du mouvement féministe, car il est un pilier de l’autorité patriarcale. La question foncière représente la dimension économique et sociale de l’hégémonie des hommes dans la société, qui justifie et renforce l’exercice du pouvoir sur les femmes. Ainsi se forme l’équation d’un système qui, d’une part, sanctifie la propriété et, d’autre part, permet au genre masculin de marginaliser et d’exclure les femmes. Continuer à lire … « Femmes pour le droit à la terre et à l’héritage égalitaire en Tunisie »