États-Unis : le patient militantisme anti-avortement

L’alerte était donnée depuis plusieurs mois déjà : le refus d’examiner la loi texane de septembre 2021, qui interdit d’avorter après six semaines de grossesse et criminalise toute aide apportée aux femmes – l’inventivité juridique des anti-avortement semble sans limite – et le fait d’accepter de statuer sur la loi du Mississippi de 2018, bloquée en appel et limitant ce délai à 15 semaines, étaient des indices forts que la Cour suprême des États-Unis était tentée, par sa majorité de 6 juges (ultra-)conservateurs contre 3 progressistes, de revenir sur l’arrêt Roe v. Wade de 1973.

Si, depuis un autre arrêt, Planned Parenthood v. Casey, datant de 1992, les États fédérés ont davantage de latitude sur le plan législatif, ils ne peuvent imposer un « fardeau excessif » aux femmes à partir du deuxième trimestre de grossesse (« Roe » garantissant le droit absolu à avorter pendant tout le premier trimestre, ce qui est la très grande majorité des cas). « Casey » avait donc confirmé « Roe », lequel avait résisté depuis. Continuer à lire … « États-Unis : le patient militantisme anti-avortement »

Le salon des littératures de l’exil et de la migration

Programme Littexil

L’évènement littéraire sur l’exil et les migrations se déroule fin mai au Musée national de l’histoire de l’immigration ! Avec la collaboration soutenue d’Alexis Nuselovici (Nouss), professeur de littérature générale et comparée à l’université d’Aix-Marseille qui en est à l’initiative, cette 6e édition du salon LittExil invite des auteurs, des revues et des éditeurs indépendants sensibles aux thématiques de l’exil, des migrations et de la diversité culturelle. Ils présenteront au Palais de la Porte Dorée leurs publications récentes et seront disponibles pour rencontrer et discuter avec le public et dédicacer leurs ouvrages. Continuer à lire … « Le salon des littératures de l’exil et de la migration »

2015

Cher[e]s collègues,

Avertissement préliminaire :

Le principe de précaution est maintenant inscrit dans la Constitution, tandis que des lois pénales sévères prohibent toute discrimination et toute analyse hérétique de l’histoire contemporaine, sous peine de prison. Enfin, le fait de parler d’étrangers ou de certaines communautés pour autre chose que pour en dire du bien est sanctionné des mêmes peines. Par prudence, je vous adresse donc pour 2015 des vœux que j’espère « politiquement corrects » et, surtout, en conformité avec la législation en vigueur dans notre libre démocratie. En conséquence, j’ai le regret de vous demander de bien vouloir ne pas tenir compte de la formulation sous laquelle je vous aurais éventuellement fait parvenir mes vœux dernièrement. Celle-ci étant nulle et non avenue, vous voudrez bien trouver ci-dessous, sous la forme légale fournie par mon avocat, une …

Nouvelle formulation :

Je vous prie d’accepter, sans aucune obligation implicite ou explicite de votre part, mes vœux à l’occasion du solstice d’hiver et du premier de l’an, en adéquation avec la tradition, la religion ou les valeurs existentielles de votre choix, dans le respect de la tradition, de la religion ou des valeurs existentielles des autres, ou dans le respect de leur refus, en la circonstance, de traditions, religions ou valeurs existentielles, ou de leur droit de manifester leur indifférence aux fêtes populaires programmées. Ces vœux concernent plus particulièrement :

– la santé, ceci ne supposant de ma part aucune connaissance particulière de votre dossier médical, ni d’une quelconque volonté de m’immiscer dans le dialogue confidentiel établi avec votre médecin traitant ou votre assureur avec lequel vous auriez passé une convention obsèques ;

– la prospérité, étant entendu que j’ignore tout de la somme figurant sur votre déclaration de revenus, de votre taux d’imposition et du montant des taxes et cotisations auxquelles vous êtes assujetti ;

– le bonheur, sachant que l’appréciation de cette valeur est laissée à votre libre arbitre et qu’il n’est pas dans mon intention de vous recommander tel ou tel type de bonheur.

Nota Bene :

Le concept d’année nouvelle est ici basé, pour des raisons de commodité, sur le calendrier grégorien, qui est celui le plus couramment utilisé dans la vie quotidienne de la région à partir de laquelle ces vœux vous sont adressés. Son emploi n’implique aucun désir de prosélytisme. La légitimité des autres chronologies utilisées par d’autres cultures n’est absolument pas mise en cause. Notamment :

– le fait de ne pas dater ces vœux du yawm as-sabt 1 Safar de l’an 1436 de l’Hégire (fuite du Prophète à Médine) ne constitue ni une manifestation d’islamophobie, ni une prise de position dans le conflit israëlo-palestinien ;

– le fait de ne pas dater ces vœux du 2 Teveth 5775, ne constitue ni un refus du droit d’Israël à vivre dans des frontières sûres et reconnues, ni le délit de contestation de crime contre l’humanité ;

– le fait de ne pas dater ces vœux du 11ème jour du 11ème mois de l’année du Cheval de Bois, 78ème cycle, n’implique aucune prise de position dans l’affaire dite « des frégates de Taïwan » ;

– le fait de ne pas dater ces vœux du Quintidi de la 3ème décade de Frimaire de l’an 223 de la République Française, une et indivisible, ne saurait être assimilé à une contestation de la forme républicaine des institutions.

Enfin, l’emploi de la langue française ne sous-entend aucun jugement de valeur. Son choix tient au fait qu’elle est la seule couramment pratiquée par l’expéditeur. Tout autre idiome a droit au respect tout comme ses locuteurs.

Clause de non responsabilité légale :

En acceptant ces vœux, vous renoncez à toute contestation postérieure. Ces vœux ne sont pas susceptibles de rectification ou de retrait. Ils sont librement transférables à quiconque, sans indemnités ni royalties. Leur reproduction est autorisée. Ils n’ont fait l’objet d’aucun dépôt légal. Ils sont valables pour une durée d’une année, à la condition d’être employés selon les règles habituelles et à l’usage personnel du destinataire. A l’issue de cette période, leur renouvellement n’a aucun caractère obligatoire et reste soumis à la libre décision de l’expéditeur. Ils sont adressés sans limitation préalable liée aux notions d’âge, de genre, d’aptitude physique ou mentale, de race, d’ethnie, d’origine, de communauté revendiquée, de pratiques sexuelles, de régime alimentaire, de convictions politiques, religieuses ou philosophiques, d’appartenance syndicale, susceptibles de caractériser les destinataires.

Leurs résultats ne sont, en aucun cas, garantis et l’absence, totale comme partielle, de réalisation n’ouvre pas droit à compensation. En cas de difficultés liées à l’interprétation des présentes, la juridiction compétente est le Tribunal habituel du domicile de l’expéditeur…

Merci à Grégory de m’avoir signalé ce texte