Archives de Catégorie: France

Du nouveau sur le 17 octobre 1961

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

La répression des Algériens désarmés désobéissant au couvre-feu discriminatoire qui leur était imposé est maintenant connue. On sait que le chiffre officiel de trois morts était mensonger et qu’elle a fait plus de 150 morts. Mais l’explication de l’événement progresse grâce aux notes laissées par le porte-parole du général de Gaulle, Louis Terrenoire, témoignage de première main qui montre l’hostilité du premier ministre, Michel Debré, à la paix avec le FLN et son rôle déclencheur dans ce drame. Lire la suite

Publicités

« Et passez le sang aux seaux d’eau ! »

En 2011, à l’occasion du cinquantième anniversaire du 17 octobre 1961, François Hollande inaugura un procédé inédit et de peu de lustre en matière de reconnaissance des crimes d’Etat : l’aveu chuchoté, a minima, expédié à la sauvette. C’est par un bref communiqué qu’il se contentait en effet de relever que « le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits ».

Dans ce type de déclaration, chaque mot est pesé : selon les termes de ce qu’il faut bien appeler une reconnaissance escamotée du crime d’Etat par l’autorité en place : les Algériens ne manifestaient pas, stipule le chef de l’Etat, pour l’indépendance de leur pays mais pour un « droit » nébuleux à celle-ci (formule tortueuse et délicat euphémisme qui en rappelle un autre : « les événements d’Algérie » plutôt que la guerre d’indépendance des Algériens) ; les manifestants étaient victimes d’une « sanglante répression », mais sans doute tombée du Ciel courroucé par tant d’audace, le nom béni des dieux de la police parisienne mandatée par les plus hautes autorités de l’Etat ne sachant être prononcé en telle place ; enfin, last but not least, « la République reconnaît avec lucidité ces faits » – mais pas au point de les qualifier (crime d’Etat, voire crime contre l’humanité) ni, bien sûr, d’en prendre la responsabilité face aux victimes, à leurs proches et à leurs descendants, aussi bien en termes de réparation morale que de compensations matérielles. Lire la suite

Alerte à l’état, alerte à nos représentants, alerte aux citoyens !

Monsieur le Président de la République, Monsieur le Préfet des Hautes Alpes, Monsieur le Procureur de la République, Monsieur le Défenseur des Droits de l’Homme, Mesdames et Monsieur les Parlementaires, Mesdames et Messieurs les Citoyens

Les associations locales et nationales signataires se joignent au Mouvement Citoyen Tous Migrants pour vous alerter à nouveau des faits suivants sur le territoire frontalier du Briançonnais : Lire la suite

17 octobre 1961 – 17 octobre 2017 – 56eme anniversaire – Vérité et Justice

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, préfet de police de Paris et le Gouvernement de l’époque. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la « force de police auxiliaire » – ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police. Lire la suite

Adélaïde Mukantabana : Lettre ouverte au Président Emmanuel Macron

Un Président qui parle à toutes les mémoires

« La barbarie se forge d’abord dans les esprits. Ce sont les idées et les mots qui, progressivement font sauter les digues de nos consciences, font reculer la civilisation, qui nous habituent à écouter, à accepter des paroles que nous ne devrions même pas entendre.», extrait du discours du Président Emmanuel Macron à la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, le16 juillet 2017.

Monsieur le Président, ce jour là, vous vous êtes étranglé d’émotion en évoquant le destin des enfants juifs raflés en 1942 par les fonctionnaires de l’État français. Et vous avez trouvé les paroles justes : « c’est une violence qui défie la raison, qui défie les mots ». Face à cette terreur, l’absence de compassion aurait été la preuve d’un manque d’humanité.

Une autre tragédie s’est passée loin d’ici, mais c’est ma vie et je vis maintenant ici parmi vous. Monsieur le Président, loin de moi l’obsession de mettre en concurrence les mémoires. Mais la ressemblance entre la Shoah et le génocide des Tutsi de 1994 est flagrante. Lire la suite

En marche vers l’hyper-régression

Procès honteux de Pontoise, élections sénatoriales sans renouveau, agression sexuelle de Baffy, élucubrations antiféministes de Finkielkraut, plaque au langage masculin en hommage à Simone Veil, polémique sur l’écriture inclusive… L’actualité française se montre particulièrement riche en abus de conservatisme. Le sexisme et l’antiféminisme vont bon train, on le sait, mais s’affichent désormais avec excès, se renforcent, s’accélèrent, dans une volonté commune, mais pas formellement concertée, de rendre compte d’un front réactionnaire, anti-égalitaire, revendiqué. Ces excès, renforcement, accélération caractérisent l’hyper-conformisme de la situation française. Les effets du macronisme, de la montée des populismes, la convergence des deux ? Sûrement. L’émancipation des femmes, leurs revendications, acquis, luttes, ont toujours représenté les fusibles de surtension des relations sociales. Aujourd’hui, en France, les femmes, avec la fantasmagorie qui les entoure, incarnent les cibles privilégiées de la régression sociale, sans que quiconque, parmi les progressistes, ne s’en émeuve. Et c’est bien dommage. Lire la suite

Il faut débaptiser les collèges et les lycées Colbert !

Avec l’aimable autorisation des auteurs

Tous les médias ont parlé de Charlottesville, de la statue du général Lee, de la « white supremacy », etc. Mais rares sont ceux qui ont évoqué ce problème dans le contexte français. Or la question des emblèmes esclavagistes dans l’espace public se pose également dans notre pays. Elle est formulée depuis au moins trente ans par des citoyens (qu’ils viennent de l’Outre-mer ou non), qui demandent que ces symboles soient retirés. Lire la suite