Archives de Catégorie: street art

Quatre fresques de Yosh, black is back


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L’œuvre de Yosh déroute. Elle est multiforme. Elle alterne les supports mais aussi les thèmes et les modes de représentation. Faute de trouver un fils conducteur entre les œuvres, je réduirai mon commentaire à 4 grandes fresques réalisées à un an d’intervalle sur le même mur, celui de la rue Henri Noguères dans le XIXème arrondissement de Paris.

La juxtaposition des fresques et, partant, leur comparaison est éclairante. Façon de dire car elles abordent le même champ sémantique : celui de la mort. Lire la suite

Les fresques d’Eckmühl, un document ethnographique ?

Les Hommes ont toujours peint les murs de leurs maisons. Souvent à l’intérieur, parfois à l’extérieur. Ils représentaient le plus souvent des scènes de leur vie quotidienne, des moments particuliers de leur activité auxquels ils donnaient des significations différentes. On peut faire l’hypothèse que les peintures rupestres avaient des fonctions magiques. Les superbes fresques des maisons patriciennes de Pompéi et d’Herculanum avaient d’autres fonctions : elles reproduisaient les portraits des « êtres chers », famille et ancêtres, des « bons moments », dirions-nous aujourd’hui, des scènes des activités domestiques. Bref, on n’a pas toujours et partout peint les mêmes choses pour les mêmes raisons. Pourtant, malgré les différences, les fresques sont pour nous, de précieuses sources iconiques sur ceux qui les ont peints. Lire la suite

Les murs peints du 13ème arrondissement de Paris, toute une histoire !


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Il était une fois… le 13ème arrondissement de Paris. Pas le plus grand, pas le plus riche, pas le plus pauvre, mais atypique, singulier. C’est assurément l’arrondissement le plus street art friendly de Paris, une des capitales mondiales du street art. Un arrondissement qui possède 28 fresques murales, exécutées par 21 street artists de 10 nationalités différentes. Si des fresques ont été peintes sur des murs de clôture, la majeure partie est constituée de « murs » (au sens de muralisme) de très grandes dimensions. Ce sont parfois des façades d’immeubles sociaux ou des pignons. Certains ont plus de 50 mètres de haut et leur largeur est celle de l’immeuble (plus de 20 mètres). Comment expliquer le nombre de ces œuvres monumentales dans cet arrondissement ? C’est toute une histoire…Une histoire qui mérite d’être contée. Lire la suite

Oree Originol : « Justice Pour Nos Vies » !

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Depuis 2014 les portraits qu’il dessine apparaissent fréquemment dans les manifestations, sur les murs de villes étasuniennes, et sur la toile : visages de victimes hispaniques et noires de violences policières, unifiés par un dessin stylisé et expressif, accompagnés de messages appelant à la justice et au souvenir. La force de ces portraits s’étend aujourd’hui bien au-delà de la Bay Area (Califormie), où vit le talentueux, généreux et humble artiste Oree Originol. Nous avons interviewé celui qui nous a inspiré le projet « 100 Portraits ». Il nous raconte ici les débuts de son engagement artistique, et la naissance et l’évolution de Justice For Our Lives, son projet de portraits. Il revient également sur le reste de son activité artistique. Lire la suite

Sifat, la quête de la pureté des origines


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Au premier regard l’œuvre naissante de la jeune artiste Sifat semble plurielle. Pourtant, toutes ses œuvres sont traversées par une même tension, une même énergie : chercher au-delà des différences les formes essentielles, voire primitives, s’affranchir de la « raison raisonnante » chère à Descartes pour trouver la grâce de la création.

En effet, un regard rapide sur ses travaux, de « Fountain of youth », de sa participation à « Play me I’m yours », à la caravane de Rozi, à la récente « Ceci n’est pas une poule », d’aucuns noteraient les profondes différences dans le rapport qu’entretient l’artiste à la création plastique. Ils auraient tort. Son œuvre est cohérente et profonde. Lire la suite

Marko93, un regard de lumière


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Marko93 se présente comme « Darkvapor, the French lighter ». Passons sur le jeu de mot qui l’apparenterait à l’empereur du côté obscur de la Force, redoutable duelliste, armé de son sabre laser. Revenons sur l’épithète, que j’oserais librement traduire : le français qui apporte la lumière. Lire la suite

Petit précis de vocabulaire du street art

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Force est de constater que l’expression anglo-saxonne « street art » s’impose pour désigner un ensemble de pratiques artistiques. Cet ensemble est un véritable fourre-tout, un véritable inventaire à la Prévert. Sans volontairement être exhaustif, nous y trouvons, les tags, les graffs, les fresques, les murs peints, les pochoirs, les stickers, les tableaux, les œuvres en relief, les inscriptions à la bombe, les affiches collées etc. D’aucuns ont essayé d’imposer à l’occasion d’une exposition parisienne le néologisme « le pressionnisme » pour qualifier ce mouvement des arts aussi récent que multiforme. Peine perdue, le terme ne s’impose guère et… ne résiste pas à une rapide analyse. Et cela pour au moins une raison. Elle tient au fait que la bombe aérosol, si elle est utilisée par des nombreux artistes, ne l’est pas par d’autres qui utilisent les pinceaux, les brosses et les rouleaux1. Lire la suite