Archives de Catégorie: street art

The East Side Gallery, le Mur de Berlin et le graffiti

Les Hommes et les Femmes de ma génération, celle d’après-guerre, ont connu de grandes peurs et d’éphémères espoirs. Avant la fin de la seconde guerre mondiale, la conférence de Téhéran portait en germe la Guerre Froide. L’allié d’hier, l’URSS, devint l’irréductible ennemi qu’il fallait combattre à l’intérieur et à l’extérieur. Il s’en est fallu de peu pour que la troisième guerre mondiale n’éclate. La crise de Cuba, l’installation de SS 20 et des Pershing et d’autres épisodes de cette terrible période faillirent précipiter le monde dans l’abîme. Lire la suite

Les fresques de Belfast, guerre et paix

A Belfast et à Derry (Londonderry) plus de 1400 fresques racontent l’histoire dramatique des conflits qui opposèrent les Catholiques et les Protestants de l’Ulster. Comme souvent le clivage religieux recouvre un contentieux politique. Rappelons brièvement la situation historique. Après l’indépendance de l’Irlande en 1922, les 6 comtés du nord-est, l’Irlande du Nord ou Ulster, restent dans le Royaume-Uni, royaume dominé par les Anglais. L’exécutif anglais pour maintenir l’Ulster sous sa férule, pratique une politique de peuplement. Ainsi des Anglais et leurs descendants, protestants, deviennent majoritaires parmi une population irlandaise catholique. Le conflit entre les Unionistes, protestants favorables au maintien de l’Irlande du Nord dans le Royaume-Uni, et les Catholiques revendiquant l’égalité des droits (sur le modèle de la lutte des Noirs américains pour leurs Droits Civiques), l’usage de la langue irlandaise et, pour une partie d’entre eux, le rattachement à l’Irlande (L’Eire) a fait plus de 3000 victimes civiles, hommes, femmes et enfants. Les deux camps pendant les trois décennies de ce que les Anglais nommeront « Les Troubles » vont peindre des fresques dont les objectifs n’avaient rien à voir avec l’Art pour l’Art. Lire la suite

« We the people », la campagne anti-Trump de Shepard Fairey.


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La campagne de Barack Obama de 2008 a été étroitement associée à une image, l’affiche de Shepard Fairey. Elle reprenait une photographie de l’ancien président et déclinait en bleu, blanc et rouge (les couleurs du drapeau américain) le portrait du premier candidat noir à l’élection présidentielle américaine. Cette image traitée comme un pochoir illustrait le slogan de campagne : « Hope » (espoir). Deux autres mots-concepts sous-titraient également l’affiche : « Vote » et « Change ».

Ce « visuel » eut un succès planétaire à tel titre que son graphisme a été maintes fois repris, copié, détourné. Les candidats de cette manière créaient un lien avantageux entre eux-mêmes et le président Obama1. Le portrait tricolore devint ainsi une image-icône.

La récente élection de Donald Trump a provoqué dans de nombreux états américains des mobilisations de masse. Son élection n’est guère contestée sur des fondements juridiques2. Ce sont les idées qu’il a développées pendant sa campagne et les décrets qu’il a signés qui sont à l’origine de puissants mouvements sociaux. En regardant comme tout un chacun les images de ces manifestations, j’ai été frappé par le nombre des affiches qui reprenaient le graphisme du portrait d’Obama par Shepard Fairey. Il n’est pas courant qu’un street artist joue un rôle politique de cette importance et sa campagne valait qu’on s’y attarde. Lire la suite

13 bis, l’ange du bizarre

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Le travail de Treize Bis ne se laisse pas résumer en quelques formules toutes faites, vides de sens et interchangeables. J’y vois plusieurs raisons. Tout d’abord sa production est d’une grande variété (mises en scène photographiques en intérieur et en extérieur, collages, land-art, home-art, vidéo-clips etc.). Si les supports sont différents, si les formes changent en s’adaptant aux nécessités des projets artistiques, tout discours sur les œuvres reste vain. Toute glose, toute exégèse, non seulement n’expliquent rien, mais détruisent la dimension magique d’une œuvre qui est faite de mystère. Lire la suite

Quatre fresques de Yosh, black is back


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L’œuvre de Yosh déroute. Elle est multiforme. Elle alterne les supports mais aussi les thèmes et les modes de représentation. Faute de trouver un fils conducteur entre les œuvres, je réduirai mon commentaire à 4 grandes fresques réalisées à un an d’intervalle sur le même mur, celui de la rue Henri Noguères dans le XIXème arrondissement de Paris.

La juxtaposition des fresques et, partant, leur comparaison est éclairante. Façon de dire car elles abordent le même champ sémantique : celui de la mort. Lire la suite

Les fresques d’Eckmühl, un document ethnographique ?

Les Hommes ont toujours peint les murs de leurs maisons. Souvent à l’intérieur, parfois à l’extérieur. Ils représentaient le plus souvent des scènes de leur vie quotidienne, des moments particuliers de leur activité auxquels ils donnaient des significations différentes. On peut faire l’hypothèse que les peintures rupestres avaient des fonctions magiques. Les superbes fresques des maisons patriciennes de Pompéi et d’Herculanum avaient d’autres fonctions : elles reproduisaient les portraits des « êtres chers », famille et ancêtres, des « bons moments », dirions-nous aujourd’hui, des scènes des activités domestiques. Bref, on n’a pas toujours et partout peint les mêmes choses pour les mêmes raisons. Pourtant, malgré les différences, les fresques sont pour nous, de précieuses sources iconiques sur ceux qui les ont peints. Lire la suite

Les murs peints du 13ème arrondissement de Paris, toute une histoire !


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Il était une fois… le 13ème arrondissement de Paris. Pas le plus grand, pas le plus riche, pas le plus pauvre, mais atypique, singulier. C’est assurément l’arrondissement le plus street art friendly de Paris, une des capitales mondiales du street art. Un arrondissement qui possède 28 fresques murales, exécutées par 21 street artists de 10 nationalités différentes. Si des fresques ont été peintes sur des murs de clôture, la majeure partie est constituée de « murs » (au sens de muralisme) de très grandes dimensions. Ce sont parfois des façades d’immeubles sociaux ou des pignons. Certains ont plus de 50 mètres de haut et leur largeur est celle de l’immeuble (plus de 20 mètres). Comment expliquer le nombre de ces œuvres monumentales dans cet arrondissement ? C’est toute une histoire…Une histoire qui mérite d’être contée. Lire la suite