Conditions minimales pour que l’asile soit un droit réel

Alors que le gouvernement annonce une nouvelle loi sur l’asile et l’immigration, la Coordination française pour le droit d’asile (CFDA) pose les 15 conditions minimales pour que l’asile soit un droit réel.

A la suite des dernières réformes de l’asile en 2015 et 2018, les 18 organisations de la CFDA constatent que le système de l’asile en France est toujours globalement défaillant et très complexe. Les mesures prises visent à dissuader l’arrivée des personnes étrangères, pour diminuer le nombre de demandes d’asile présentées, plutôt qu’à garantir la réalité du droit d’asile.

La protection des personnes menacées ou persécutées, mineures ou majeures, en métropole ou en outre-mer, doit être la priorité de toute politique d’asile. Or les organisations de la CFDA constatent que le droit d’asile est régulièrement bafoué aux frontières, françaises et européennes, au mépris de la Convention de Genève. Le régime d’exception des territoires d’outre-mer se renforce : la possibilité pour les personnes menacées ou persécutées dans leur pays d’origine de rejoindre le territoire français pour y demander l’asile est quasi inexistante. Plus que jamais, il apparaît que la France et l’Union européenne cherchent à restreindre à tout prix l’accès de leur territoire aux personnes en demande d’asile, quitte à les contraindre à vivre dans des pays où elles sont victimes de violations de leurs droits humains ou à ce qu’elles y perdent la vie. Continuer à lire … « Conditions minimales pour que l’asile soit un droit réel »

La corrida mise à mort par l’esprit critique

Les arguments présentés ci-dessous sont parmi ceux que les personnes défendant la corrida utilisent le plus fréquemment. Pour chaque argument, il est indiqué en quoi ce dernier est invalide, et/ou présente les caractéristiques d’un sophisme, d’un paralogisme ou est issu d’un biais cognitif

ARGUMENT N°1 : « C’est une tradition. »
En tout premier lieu, les personnes défendant la corrida évoquent le plus souvent le fait qu’il s’agit d’une pratique ancienne, qu’il faudrait conserver sous ce prétexte. Ce raisonnement constitue un argument d’historicité (également nommé appel à la tradition), et ne répond à aucune logique : l’ancienneté d’une pratique n’est pas un indicateur valide de la valeur morale de cette même pratique. Dans le cas contraire, nous pourrions tout aussi bien accepter aujourd’hui le meurtre, le viol ou le cannibalisme, par exemple, puisque toute pratique, quelle qu’elle soit, est susceptible d’être pratiquée sur une période conséquente et donc, de constituer une tradition. Continuer à lire … « La corrida mise à mort par l’esprit critique« 

Aujourd’hui, être Européen-ne, c’est aussi être abolitionniste

Alors qu’au XXe siècle quatre pays d’Europe n’ont procédé à aucune exécution : Saint-Marin, le Liechtenstein, la Principauté de Monaco et le Portugal ;

Alors que depuis 1989, l’abolition de la peine de mort est une condition préalable à l’adhésion au Conseil de l’Europe ;

En 1997, l’abolition de la peine de mort en tant que condition d’adhésion à l’Union européenne est mentionnée pour la première fois. Le 4 décembre, le Parlement européen adopte une résolution dans laquelle il affirme :
« Seul un pays ayant aboli la peine de mort peut devenir membre de l’Union européenne. » Continuer à lire … « Aujourd’hui, être Européen-ne, c’est aussi être abolitionniste »

« Ce que signifie le boycott de la Coupe du monde de football du Qatar »

C’est la fête!

Pour la bonne tenue sinon la réussite de la Coupe du monde de football du Qatar, la France fournira 220 gendarmes et policiers ; ces 220 agents français côtoieront plusieurs milliers de leurs homologues anglais, jordaniens, marocains, italiens, turcs et américains. La Turquie, par exemple, va dépêcher au Qatar plus de 3000 policiers anti-émeutes, 100 membres des forces spéciales, 50 chiens de détection de bombes et leurs opérateurs, et 50 experts en bombes. Six mille agents de la Sûreté Nationale et de la Gendarmerie Marocaine et une équipe d’experts en cybersécurité envoyés au Qatar géreront les mouvements de foule. La RAF et la Royal Navy britanniques apporteront leur expertise en police antiterroriste. Le Royaume-Uni et le Qatar sont associés au sein d’un Joint Typhoon Squadron afin d’assurer la police de l’air et dans le ciel. Enfin l’OTAN aidera les Qataris par le biais d’une formation contre les menaces liées aux matières chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires, par le biais également d’une protection des VIP et contre les engins explosifs. C’est la fête ! Continuer à lire … « « Ce que signifie le boycott de la Coupe du monde de football du Qatar » »

Tribulations d’un brigadiste au pays de la carabistouille déconcertante

When my eyes were stabbed by the flash of a neon light
That split the night
And touched the sound of silence
And in the naked light, I saw
Ten thousand people, maybe more
People talking without speaking
People hearing without listening
People writing songs that voices never shared
And no one dared
Disturb the sound of silence
«Fools» said I, «You do not know
Silence like a cancer grows
Hear my words that I might teach you
Take my arms that I might reach you»
But my words, like silent raindrops fell
And echoed in the wells of silence
And the people bowed and prayed
To the neon god they made
And the sign flashed out its warning
In the words that it was forming
Then the sign said, «The words on the prophets are written on the subway walls In tenement halls»
And whispered in the sound of silence
(Simon and Garfunkel, The sounds of silence, 1964).

Il n’est guère difficile d’imaginer la stupeur et la colère de la gauche ukrainienne qui, sous le feu des bombes, a pu observer les silences – au mieux gênés, au pire complices – d’une partie significative de la gauche politique ou les prises de position du Monde diplomatique [1]. Depuis le premier volume de Solidarité avec l’Ukraine résistante, le 3 mars 2022 au huitième jour de l’invasion de l’Ukraine par les troupes de l’impérialisme russe, les Brigades éditoriales de solidarité, constituées à la hâte et pour la circonstance, ont voulu avant tout s’adresser à cette gauche ukrainienne pour briser le silence entretenu par une certaine gauche et pour affirmer l’existence à l’échelle internationale d’une  autre gauche. Une gauche internationaliste qui se tient, contre vents et marées, aux côtés de la résistance ukrainienne face à l’impérialisme russe et qui soutient le droit à l’existence d’une Ukraine libre et indépendante. Une gauche internationaliste pour laquelle la paix passe avant tout par le retrait des troupes de la Fédération de Russie de toute l’Ukraine, une gauche internationaliste qui défend le droit de cette République, aussi imparfaite soit-elle, à s’armer par tous les moyens nécessaires, une gauche internationaliste qui, est-il besoin de le rappeler, n’oublie pas que d’autres puissances ont leur propre agenda dans cette guerre voulue par la Russie. Continuer à lire … « Tribulations d’un brigadiste au pays de la carabistouille déconcertante« 

Apprenons à supprimer la guerre

La FSU Allier revendique et revendiquera la réhabilitation de tous les fusillés pour l’exemple de la guerre de 1914-1918. Parce qu’il s’agit de l’exigence la plus élémentaire de démocratie et de vérité. Parce que notre fibre syndicaliste s’enracine dans celles et ceux qui furent les adversaires de la guerre et de l’union sacrée : les Pierre Monatte, les Marie Guillot, les Lucie Colliard, les Louise Saumoneau et autres militants de la vieille CGT et de la vieille Fédération Unitaire de l’Enseignement. Elle appelle donc à être présent au rassemblement de Rocles de ce 12 novembre 2022.

Mais, pour la première fois depuis 11 rassemblements organisés à Rocles à l’époque du 11 novembre auxquels elle a pris pleinement part, devant le monument aux morts de cette commune où il est inscrit « Apprenons à supprimer la guerre », la FSU Allier se trouve placée dans l’impossibilité de cosigner le texte d’appel à ce rassemblement, base politique sur laquelle il est organisé, et donc de prendre part en tant que telle aux prises de paroles et d’en cautionner le contenu politique, tout à fait étranger à la revendication de réhabilitation de tous les fusillés pour l’exemple de 1914-1918, à notre grand regret. S’il est possible, et d’ailleurs souhaitable, dans certaines limites, que les prises de parole expriment une certaine diversité, elle se situent néanmoins dans le cadre fixé par le texte d’appel.

Or, celui-ci affirme qu’il y a, actuellement, « guerre mondiale ». Sa lecture ne laisse aucun doute sur la nature supposée de cette guerre mondiale : son responsable n°1 est censé être les Etats-Unis et l’OTAN, dont toutes les puissances européennes sont qualifiées de « supplétives ». On se croirait en 2003 lors de l’invasion de l’Irak, alors qu’à présent c’est l’armée russe qui envahit l’Ukraine. Cette invasion est condamnée formellement dans cet appel, mais très clairement comme un fait second par rapport au fait principal qui serait la guerre des Etats-Unis et de l’OTAN contre la Russie, et, pratiquement, contre le monde entier. C’est là précisément ce que raconte Poutine pour justifier son invasion. Le peuple ukrainien ? A lire ce texte, il n’existe pas ! Continuer à lire … « Apprenons à supprimer la guerre »

Retraites saison 2022

Emmanuel Macron affiche une grande fermeté sur la nécessité de faire une réforme des retraites. Peu lui importe si la justification qu’il en donne aujourd’hui contredit celle de son précédent mandat. Il voulait alors une réforme (prétendument) au nom de l’équité, avec un régime par points. Il veut aujourd’hui ce qu’il refusait fermement, à savoir une réforme paramétrique : reculer l’âge de départ pour faire des économies. Seule constante, la méthode autoritaire.

Le discours officiel met en avant la nécessité de rééquilibrer les comptes du système de retraites pour « pérenniser notre modèle social ». Mais en même temps, il invoque un autre registre, celui du besoin d’autres chantiers importants, la transition énergétique, la santé, l’école, … Puisqu’une augmentation des impôts est exclue (soi-disant pour défendre le pouvoir d’achat), la solution serait, sans surprise, la croissance : produire plus de richesses… et donc travailler plus longtemps car, argument inusable, nous vivons plus longtemps ! À chaque étape, ce discours – purement néolibéral – est faux et hypocrite : il relève de l’infox (information mensongère, délibérément biaisée, contribuant à la désinformation). Continuer à lire … « Retraites saison 2022 »

Quel boycott de la Coupe du monde de football au Qatar ?

Tout d’abord, un bref rappel historique. Le terme de boycott est associé au nom d’une personne, en l’occurrence Charles Cunningham Boycott. Au milieu du XIXe siècle, ce dernier au service d’un comte dont il assurait l’administration de ses terres subit le blocus de fermiers mécontents du refus d’une réduction de leurs loyers suite à de mauvaises récoltes. L’action des fermiers fut le « boycott ». Cet événement est relaté dans le numéro du Figaro du 17 novembre 1880. Ce vocable prit par la suite le sens d’une mise en quarantaine.

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Dans le domaine du sport, les appels au boycott ou le boycott effectif ont été très nombreux depuis ceux des Jeux olympiques nazis de Berlin 1936. Deux ans avant les JO, une campagne internationale de boycott de la compétition nazie avait été engagée aux États-Unis. Celle-ci, cependant, n’aboutit pas grâce aux efforts d’un pro-nazi et antisémite chevronné Avery Brundage [1887-1975-Etats-Unis] qui deviendra Président du Comité international olympique [CIO- sis à Lausanne, qualifiée officiellement de «ville olympique»] de 1952 à 1972. Brundage écrit en 1935 au Suédois Sigfrid Edström, alors membre de la commission exécutive et futur président du CIO (de 1942 à  952) : « Le boycott a été excité par les Juifs, ce qui a conduit à des représailles de la part de citoyens d’extraction allemande. Des Juifs aux antécédents communistes et socialistes se sont montrés particulièrement actifs. Il en résulte que le même genre de haine de classe qui existe en Allemagne, et que tout homme de bon sens déplore, est activé aujourd’hui aux États-Unis. » Ce même Brundage déclarait en octobre 1936 au Madison Square Garden de New York qu’« il y a cinq ans, [les Allemands] étaient découragés et démoralisés. Aujourd’hui, ils sont unis. Soixante millions de personnes croyant en eux-mêmes et en leur pays…» Continuer à lire … « Quel boycott de la Coupe du monde de football au Qatar ?« 

Construire un programme d’émancipation à partir des mouvements sociaux

Nous sommes entrés dans une période de rupture fondamentale, une période de transition marquée par de fortes contradictions. Les différentes instances, sociales, écologiques, géopolitiques, politiques, idéologiques, entrent en crise et ces crises se combinent. Cette situation rappelle la crise des années 1930 avec les crises économiques et sociales, les guerres mondiales, la montée des fascismes, les révolutions socialistes. Pour comprendre la situation nouvelle, il faut partir des contradictions et de leurs évolutions. Continuer à lire … « Construire un programme d’émancipation à partir des mouvements sociaux »

Le travail et la valeur : ignorance et mystification

La réforme de l’assurance chômage déjà conduite il y a deux ans devant être renouvelée au 1er novembre prochain, le gouvernement veut réduire encore les droits des chômeurs. Il avait accru de 4 à 6 mois dans les 24 derniers mois précédant la fin du dernier contrat la durée de travail minimale pour prétendre aux allocations chômage et réduit celles-ci en intégrant les périodes de travail et d’inactivité dans le calcul du revenu mensuel moyen pour déterminer le montant de l’allocation. Résultat : l’Unedic prévoit d’être en excédent de plusieurs milliards d’euros ces trois prochaines années (2,5 Mds en 2022, 3,1 en 2023, 4,2 en 2024) : un comble ! Continuer à lire … « Le travail et la valeur : ignorance et mystification »

Non pas universel, mais « pluriversel »

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Contre l’idéologie du développement, Plurivers présente des visions du monde et des pratiques radicalement différentes qui, de tous les continents, pointent vers des futurs écologiquement sages et socialement justes. (Gilles Fumey) Continuer à lire … « Non pas universel, mais « pluriversel »« 

Juifs, juives et en colère / Solidaires avec Subversive Film

Een Andere Joodse Stem et l’UPJB le clament et l’affirment : Nous sommes juifs et juives. Nous sommes en colère. Nous sommes solidaires de Subversive Film. 

Nous, Juif·ves vivant en Belgique, sommes solidaires du collectif palestinien Subversive Film, basé à Bruxelles, et de l’ensemble de la communauté lumbung, contre les suspicions et les attaques injustes dont ils font l’objet depuis le lancement du projet documenta fifteen. En particulier, les accusations injustes et trompeuses d’antisémitisme.

La contribution inspirante de Subversive Film à l’exposition avec Tokyo Reels (parmi d’autres contributions) est précieuse pour sa valeur historiographique et artistique, et revêt une grande importance. Continuer à lire … « Juifs, juives et en colère / Solidaires avec Subversive Film »

Racisme, colonialité… les invisibles de la santé

Le vendredi 23 septembre 2022, je participais (en visioconférence) à la table ronde « Decolonising health: A new anti-racist and research approach or a buzzword to address social justice agenda? » du panel « Santé, inégalités raciales et intersectionnalité » organisé par Clara Affun-Adegbulu et Sarah Demart de l’Université libre de Bruxelles. Avec les trois autres intervenantes, Marie Meudec, Sharon Omankoy et Quinndy Akeju, les questions de racisme et de colonialité dans la santé ont été largement pointées en tant que handicaps sérieux d’accès aux soins. Le choix du français comme langue d’échange a permis la participation de personnes pour lesquelles l’anglais n’est pas usuel. De la même façon, le choix était pris de mixer les publics: universitaires, étudiant·es mais aussi professionnel·les. Même si le temps des questions fut court, la formation des professionnel·les de santé est ressortie comme un défi majeur de changement des pratiques.

Mon intervention au format texte à lire ci-dessous
Merci encore aux organisatrices de la table ronde.

Colonialité dans la santé : entre mythe du rattrapage et transgression  Continuer à lire … « Racisme, colonialité… les invisibles de la santé »

Les chômeurs vont-ils devoir traverser la rue… pour faire le trottoir ?

Les libéraux ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnaît.
Depuis des décennies, ils organisent la croissance du chômage et, concomitamment la baisse des allocations. C’est étudié pour affamer un peu (davantage à terme ?) les quémandeurs d’emplois qui, ainsi allégés, auront les faveurs du Médef et du président admirateur de la Dame de fer. Les « nouveaux pauvres » vont devoir traverser la rue pour, contraints, accepter un mauvais boulot doté d’un misérable salaire.

C’est étudié pour. Nonobstant, d’aucuns conservent une dose d’humour : « Il n’est pas acceptable que les chômeurs profitent de leurs allocations pour se payer un séjour aux Bahamas ». Humour vache. Cynique, un brin sadique d’un nanti ayant fortune et accès garanti à de fabuleux émoluments. Un ministre macroniste pour tout dire. Continuer à lire … « Les chômeurs vont-ils devoir traverser la rue… pour faire le trottoir ?« 

Derrière la réforme, des retraites au rabais

Le débat sur une nouvelle réforme du système de retraites est lancé. Le gouvernement veut mener celle-ci tambour battant et il menace même d’intégrer un recul de l’âge de la retraite et/ou un allongement de la durée de cotisation sous la forme d’un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023 en utilisant le « 49.3 » devant l’Assemblée nationale si nécessaire. Il entend tirer parti du rapport du Conseil d’orientation des retraites de septembre 2022. Au-delà même du fait que ses projections dépendent d’hypothèses fragiles comme le COR lui-même le reconnaît, ses conclusions ne sont pourtant pas un cri d’alarme sur le financement des retraites. Comment peut-on comprendre ces dernières ? Trois éléments essentiels doivent être portés sur la place publique : l’évolution des retraites au sein d’une économie en crise ; la volonté néolibérale de diminuer les dépenses publiques ; la situation de l’emploi. Continuer à lire … « Derrière la réforme, des retraites au rabais »

La désobéissance civile relève de la liberté d’expression

Le 13 septembre, le préfet de la Vienne a sommé par courrier la ville et la métropole de Poitiers de retirer leurs subventions destinées à soutenir un « village des alternatives » organisé par l’association Alternatiba Poitiers. Pour quel motif ? Au sein de cet événement, une formation à la désobéissance civile non-violente serait « incompatible avec le contrat d’engagement républicain » introduit par la loi du 24 août 2021 « confortant le respect des principes de la République », dite « loi séparatisme ». Depuis le 1er janvier 2022, toutes les associations qui souhaitent bénéficier d’un soutien financier ou matériel d’une collectivité publique, ou disposer d’un agrément leur permettant d’agir selon leur objet (éducation populaire, défense de l’environnement, lutte contre la corruption…) doivent donc signer ce contrat qui les oblige et restreint leur liberté d’action. Continuer à lire … « La désobéissance civile relève de la liberté d’expression »

Ukraine : non à la guerre de Poutine !

Dès le lendemain de l’intervention brutale de l’armée russe en Ukraine, la guerre a pris une dimension qui excède le lieu du conflit, avec en premier lieu l’implication de plus en plus importante de l’Union Européenne, des Etats Unis sous l’égide de l’OTAN : sanctions économiques et livraison d’armes à l’Ukraine.

Face à la guerre, la gauche au sens large a pris des positions divergentes, divergences largement marquées par des considérations géopolitiques. D’un côté, les divers courants qui mettent en avant le rôle de l’OTAN et se retrouvent derrière le mot d’ordre « la paix maintenant ». De l’autre, ceux qui privilégient une solidarité massive avec la résistance du peuple ukrainien face à l’impérialisme russe, dans un rapport entre la Russie et un pays auquel est attribué un statut de semi-colonie. Continuer à lire … « Ukraine : non à la guerre de Poutine ! »

Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique

Le consensus scientifique est clair : la crise climatique et le déclin rapide de la biodiversité sont en cours, et les activités humaines en sont à l’origine. Les impacts sur les écosystèmes et les sociétés humaines sont généralisés et, pour certains, irréversibles. Les limites planétaires sont dépassées l’une après l’autre, et près de la moitié de l’humanité vit déjà en situation de forte vulnérabilité.

Dans son sixième rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) insiste sur le rôle crucial des médias pour « cadrer et transmettre les informations sur le changement climatique ». Il appartient à l’ensemble des journalistes d’être à la hauteur du défi que représente l’emballement du climat pour les générations actuelles et à venir. Face à l’urgence absolue de la situation, nous, journalistes, devons modifier notre façon de travailler pour intégrer pleinement cet enjeu dans le traitement de l’information. Continuer à lire … « Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique« 

Précis sur la xénophobie d’Etat

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Pierre Tevanian et Jean-Charles Stevens viennent de produire ce petit livre plein de bon sens sur la xénophobie implicite du sempiternel « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Largement documenté, chiffres à l’appui, ils décortiquent cette phrase petit à petit pour y révéler les coups de force rhétorique et leur caractère mortifère.

Les chapitres sont courts et le propos direct. Les auteurs débutent par une remise en question du « On », continuent avec le fallacieux « ne peux pas », puis vient le « accueillir », chargé des pires fantasmes, et ainsi de suite. Vraiment bien fichu. Continuer à lire … « Précis sur la xénophobie d’Etat« 

J’ai lu : Ralentir ou périr, l’économie de la décroissance, de Timothée Parrique

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Jai lu : Ralentir ou périr, l’économie de la décroissance, de Timothée Parrique
Sans rien vraiment divulgâcher du livre de Timothée Parrique (sortie : le 16 septembre), je recommande fortement sa lecture. Pour au moins 2 raisons :

  1. La décroissance a besoin d’une synthèse accessible sur cette question de l’économie. Il faut sortir du ridicule blocage selon lequel le terme de « décroissance » resterait prisonnier de l’économie en se définissant comme le contraire de l’économie. D’abord, parce que la sortie de l’économie préconisée par Serge Latouche est une décolonisation de l’imaginaire, mais cela ne signifie pas que, par un coup de baguette magique, les questions économiques de la production et de la consommation cesseraient de se poser. Ensuite, ce reproche est plein de mauvaise foi : qui ferait le même reproche à l’antiracisme de rester prisonnier du racisme ?

  2. Le livre ne se contente pas d’être une « synthèse », car il accomplit une part du travail (conceptuel) de fondation idéologique dont a absolument besoin la décroissance, si on veut qu’elle sorte enfin de cette image de « nébuleuse » et de « brouillard » qui lui est accolée quasiment dès son apparition dans le débat public (J’ai déjà eu l’occasion – lors du lancement de l’OPCD – d’expliquer que cette image n’est en réalité qu’une ruse de la mauvaise foi, sur le modèle de la fable du renard et des raisins).

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