Archives de Catégorie: Politique

Comprendre la laïcité avec Christophe Miqueu ?

Christophe Miqueu est l’auteur d’un petit livre paru chez Max Milo en juin 2017, Comprendre la laïcité, illustré par Pascal Gros, le dessinateur de Marianne.

Christophe Miqueu (CM) s’y présente comme agrégé et docteur en philosophie, membre du laboratoire SPH (EA4574), ne précise pas qu’il est enseignant à l’ESPE d’Aquitaine et candidat France Insoumise dans le Sud Gironde.

En 120 courtes pages, CM fait de la laïcité rien moins que la valeur cardinale de la République, qu’il veut sociale ; la laïcité vient couronner le triptyque Liberté, Egalité, Fraternité. Lire la suite

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« Et passez le sang aux seaux d’eau ! »

En 2011, à l’occasion du cinquantième anniversaire du 17 octobre 1961, François Hollande inaugura un procédé inédit et de peu de lustre en matière de reconnaissance des crimes d’Etat : l’aveu chuchoté, a minima, expédié à la sauvette. C’est par un bref communiqué qu’il se contentait en effet de relever que « le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits ».

Dans ce type de déclaration, chaque mot est pesé : selon les termes de ce qu’il faut bien appeler une reconnaissance escamotée du crime d’Etat par l’autorité en place : les Algériens ne manifestaient pas, stipule le chef de l’Etat, pour l’indépendance de leur pays mais pour un « droit » nébuleux à celle-ci (formule tortueuse et délicat euphémisme qui en rappelle un autre : « les événements d’Algérie » plutôt que la guerre d’indépendance des Algériens) ; les manifestants étaient victimes d’une « sanglante répression », mais sans doute tombée du Ciel courroucé par tant d’audace, le nom béni des dieux de la police parisienne mandatée par les plus hautes autorités de l’Etat ne sachant être prononcé en telle place ; enfin, last but not least, « la République reconnaît avec lucidité ces faits » – mais pas au point de les qualifier (crime d’Etat, voire crime contre l’humanité) ni, bien sûr, d’en prendre la responsabilité face aux victimes, à leurs proches et à leurs descendants, aussi bien en termes de réparation morale que de compensations matérielles. Lire la suite

1948-2018 Contre vents et marées. Hier comme aujourd’hui : l’actualité d’un socialisme autogestionnaire

1948 fut l’année de « l’excommunication » des communistes yougoslaves par Staline. Pourquoi quelque soixante dix ans plus tard s’intéresser encore (ou à nouveau) à l’expérience socialiste autogestionnaire yougoslave1 ? Que pourrait-on y trouver pour répondre aux problèmes du capitalisme du XXIè siècle alors que l’ancienne fédération et système yougoslaves ont disparu dans la tourmente de dramatiques voire sanglants conflits ? Lire la suite

Sur l’omerta – La maltraitance des bébés-champions n’existe pas puisqu’on ne la voit pas. Le harcèlement sexuel non plus.

On parle aujourd’hui de l’omerta dans le cinéma. Dans le champ social qu’est le sport, le mariage d’amour et d’intérêt du mouvement sportif, de la presse et des élus, réduit au silence tout discours dit critique. La simple demande de référendum sur les Jeux de 2024 n’a pas été relayée. La brève réflexion ci-dessous appuyée sur les travaux de médecins ne nous a valu aucune réaction ! Les thèses sur le coût de la pratique sportive pour la Sécurité sociale, et de la casse physique et mentale des jeunes et moins jeunes sont ignorées. Seule, la gymnaste Elodie Lussac aujourd’hui docteure en médecine a osé briser le silence après avoir été soumise à concourir par ses maîtres dirigeants avec les conséquences que l’on sait (fracture, six mois de corset et fin de carrière). Le harcèlement sexuel dans le sport reste lui aussi ignoré. Lire la suite

Chaque mère rêve d’un avenir heureux pour ses enfants

(Sanctuaire d’Apollon – Delphes – Grèce — 3 Octobre 2017)

Nous sommes en voyage en Grèce, en visite à Delphes au célèbre sanctuaire, au pied du Mont Parnasse, où parlait l’oracle d’Apollon à travers sa prophétesse, la Pythie.

Dans son traité intitulé De la comédie, le philosophe Theophraste rapporte que les Tirynthiens aimaient passionnément à rire, et qu’étant incapables de s’occuper d’affaires sérieuses, ils eurent recours à l’oracle de Delphes, lui demandant à être délivrés de ce fameux penchant.

C’est ce que nous fîmes aussi aujourd’hui, voulant nous aussi, enfin arrêter de rire et vous rendre compte de choses sérieuses. La tuerie de Las Vegas, l’inévitable retour du débat sur les armes à feu outre-Atlantique et la visite que nous faisions à Indianapolis (USA), il y a trois ans, à Shannon Watts. Vous le constaterez, le problème ne date pas d’aujourd’hui.

Shannon Watts est la fondatrice du mouvement Moms demand action for Gun Sens in America, mouvement des mères américaines en lutte pour une législation interdisant le port des armes à feu. Lire la suite

Colbert, l’esclavage et l’Histoire

Au nom de l’objectivité historique Aurélien Dupouey-Delezay, professeur d’Histoire-Géographie, signe dans ces colonnes une tribune s’opposant à celle publiée deux ou trois jours avant qui proposait de revisiter les rapports entre Colbert et l’esclavage d’une part, leurs mémoires et le nom de bon nombre de collèges et lycées d’autre part et d’en tirer quelques pédagogiques conséquences. Lire la suite

Les politiques d’« humains superflus »

« La « crise des réfugiés », la « crise de l’Europe », la « crise de l’humanité » ? Pourquoi résistons-nous à l’asile ancré dans l’hospitalité, évidence philosophique et politique, et pourquoi la crise des réfugiés suscite-t-elle autant de désarroi, d’impuissance, de cynisme ? Cet essai est un défi pour la politique et la philosophie. Il montre en quoi la philosophie dys-topique du mouvement qui intègre la violence extrême peut être un pari tragique positif d’exercice de la liberté, de l’hospitalité. Que signifie aujourd’hui les « humains superflus », les « sans-Etat », « le droit d’avoir des droits », la « violence extrême », quand on voit ces mots depuis les routes, les camps de réfugiés ? Choisir de résister a un sens. La question est de savoir comment parier. »

L’évidence de l’asile. « Son évidence a les pieds dans la boue de l’histoire, la matérialité des conditions d’existences humaines, les luttes les refus des guerres, le désarroi, un travail entre inconvertibilité/convertibilité de la « violence extrême » ». Comprendre et résister à ce qui se joue dans les politiques de fermeture des frontières, dans la création d’« humains superflus », dans la « catastrophe ». Lire la suite