Pourquoi nous, juifs et humanistes, condamnons sans appel les agissements de la police israélienne aux obsèques de Shireen Abu Akleh

La violence perpétrée contre le cortège accompagnant la journaliste américano-palestinienne vers sa dernière demeure est contraire aux valeurs du judaïsme.

Tous les signataires de ce texte sont humanistes – et juifs. Juif, chacun l’est bien sûr à sa façon. Mais en la circonstance, croyant ou pas, pratiquant ou pas, sioniste ou pas, ayant ou non développé des relations fortes avec Israël, les différences comptent peu. Le point commun de tous les signataires de ce texte est qu’ils donnent à leur attachement au judaïsme une portée éthique. Et même si certains ne sont pas habitués à le faire, c’est bien en tant que juifs qu’ils s’expriment ici publiquement. Continuer à lire … « Pourquoi nous, juifs et humanistes, condamnons sans appel les agissements de la police israélienne aux obsèques de Shireen Abu Akleh »

Liberté, émancipation, autonomie. Avoir le courage, prendre le risque d’imaginer, de penser, d’agir… (+ Non à Frontex : les femmes contre la surveillance des frontières européennes)

Bien qu’il soit un peu long, ne plie pas au code des médias, cet essai n’est pas réservé à des spécialistes. La réflexion critique, la délibération, la prise de distance, l’imagination concernent tout le monde. Avec Frontex, la question politique d’une Europe constituante revient au devant de la scène par la petite porte. Comme les réfugiés, les industries, les déchets, etc., le capitalisme expansionniste trouve ses limites, la guerre n’est plus externalisable. Elle revient en boomerang. Elle est partout. Dans un monde fini, il n’y a plus de dehors. L’expansion et l’externalisation ne sont plus possibles sans graves conséquences : un processus de destruction des humains, de la nature, de la planète est une réalité. La révolution – laquelle, où, quand ? Comment la nommer ? – est à la porte.
Ce qui est en jeu dans la participation de la Suisse à Frontex et dans les négociations en cours entre la Suisse et l’UE échappe encore à l’imagination, à la conscience politique brouillée par des mensonges. « C’est cher payé, mais Frontex nous protège », dit-on. « Schengen sécurise les affaires », pense-t-on. « Nous agissons pour vous, faites-nous confiance », déclare-t-on.
Il est possible de rester à la surface des choses, de subir l’utilitarisme brutal et les intérêts à courte vue. Le mensonge, la haine, le pillage, la violence à nos risques et périls. L’écho que rencontre une action de minoritaires courageux suffit à montrer que s’interroger sur Frontex implique, dans la suite de la votation suisse du 15 mai 2022, de reprendre l’initiative sur l’Europe en se gardant de l’utilitarisme du marché, de l’injonction à obéir, de la sûreté guerrière qui remplace la sécurité, la protection, en luttant pour une
hospitalité politique constituante pour l’Europe et la planète.
A première vue, l’illusion de l’efficacité du tout économique, autoritaire, sécuritaire, la force policière militarisée, la suspension de la loi et des droits du aveuglent font douter de l’Etat de droit quand, la frontière entre le légal et l’illégal s’efface et devient discours de légitimité, parle à notre impuissance, nos doutes, nos colères. Ces illusions et la brutalisation des sociétés européennes, la cruauté et la banalisation de la violence, tentent d’enterrer la curiosité pour le monde (par la peur), et la liberté. De figer le pouvoir d’agir, de penser.
Nous sommes mis au défi d’ouvrir les yeux et les oreilles. De ne plus dénier le sac- cage, la violence sans limites. De nous réapproprier une autonomie d’agir et de penser. D’entendre, écouter ce que disent autour de nous les travailleurs, les chômeurs, les précaires, les pauvres, les gilets jaunes, quand ils dénoncent leurs conditions de vie, les exilés en fuite, les solidaires, condamnés pour « délit de clandestinité » et « délit de solidarité », les femmes, les jeunes du climat, etc..
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Introduction de Roland Pfefferkorn à son livre : Laïcité : une aspiration émancipatrice dévoyée

Avec l’aimable autorisation des éditions Syllepse

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Un retour sur la construction historique de la laïcité permet de mesurer à quel point on a assisté, au cours des dernières décennies, à un grand renversement : l’aspiration émancipatrice initiale, certes inaboutie, s’est métamorphosée en son contraire : une laïcité identitaire et discriminante. Continuer à lire … « Introduction de Roland Pfefferkorn à son livre : Laïcité : une aspiration émancipatrice dévoyée »

Il ne doit pas nécessairement en être ainsi

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Dans son avant propos Fred Turner souligne : « Daub ne se contente pas de déboulonner ces mythes, il montre comment et pourquoi tant de personnes s’y sont laissées prendre. S’il vous est déjà arrivé de vous demander pourquoi il est devenu si difficile d’appréhender les nouvelles technologies et leurs effets sur la société, ce livre est fait pour vous ». Continuer à lire … « Il ne doit pas nécessairement en être ainsi »

La publicité limite la grammaire des interactions sociales

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Si je peux souscrire à la description de la crise des subprime faite par Tim Hwang, je n’en partage cependant pas l’absence d’analyse du capitalisme et de ses contradictions. Il ne me semble pas possible d’aborder les causes structurelles de cette crise sans parler du mode d’accumulation, de valorisation du capital, de production marchande généralisée, de la comptabilité internationale ou de l’inventivité criminelle des cols blancs en matière de montages financiers et fiscaux.

La publicité, partie intégrande du cycle de la réalisation de la valeur et du fétichisme de la marchandise (pour utiliser des notions de la critique de l’économie politique) contribue à l’augmentation et au renouvellement – souhaitée par les entreprises – de besoins souvent artificiels. La logique publicitaire (une véritable pollution imposée aux consommateurs et consommatrices) au cœur du fonctionnement de l’internet me semble hautement critiquable. Cet outil relevant du commun, son éventuellement financement – comme son fonctionnement – ne peux relever de la sphère privative lucrative.

Cela étant précisé, cet ouvrage contribue à la compréhension de l’« économie de l’attention » et de mécanismes publicitaire propres au fonctionnement de l’internet, « La publicité numérique est le cœur funeste qui fait vivre l’internet ». Continuer à lire … « La publicité limite la grammaire des interactions sociales »

Identitarismes. Antisémitisme vs islamophobie et enjeux de la spatialité

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Avec l’aimable autorisation de l’autrice

Cet article s’inscrit en contrepoint de l’opération politique et médiatique qui n’a cessé de structurer les oppositions de catégories ethnoculturelles entre elles et de les ériger en « identités meurtrières », selon l’expression d’Amin Maalouf. À partir du filtre d’une catégorie commune comme la spatialité qui est, d’un côté, spécifique et relative (en tant qu’elle est portée par les différents groupes sociaux et culturels), mais aussi universelle, nous voulons dépasser les identitarismes qui saturent le débat public et l‘action politique. Par spatialité, on entend une notion qui, plus que l’approche topologique du lieu, rend compte de la relativité du positionnement dans l’espace, et par l’espace, des différents acteurs sociaux. Une telle approche, en même temps qu’elle est structurelle, se doit obligatoirement d’être duelle, respectueuse d’une double focale à l’instar de celle discutée pour lhistoricité. Elle se réfère à un espace qui est à la fois subjectif en ce qu’il est fondé par les acteurs eux-mêmes et objectif en ce qu’il fait appel à une approche universalisable et universaliste de l’espace.

Plutôt que de mettre en jeu des oppositions identitaires, gravement instrumentalisées, hier comme aujourd’hui, à partir de différenciations culturelles fixistes et préconstruites, cet article veut proposer un cadre réflexif (mais aussi d’action) référé à l’expérience d’une structure spatiale partagée qui fut celle du Moyen-Orient, sur la très longue durée de l’histoire, avant que d’être gravement mise en cause par la violence de guerres successives [1]. Continuer à lire … « Identitarismes. Antisémitisme vs islamophobie et enjeux de la spatialité »

En cette heure de grand danger, en solidarité avec la résistance ukrainienne, reconstruisons le mouvement international contre la guerre

Nous présentons ci-dessous notre compréhension des tâches auxquelles sont confrontées les forces de gauche et, en particulier, la gauche occidentale. Nous espérons contribuer au débat et à la construction du mouvement pour la paix, à la solidarité avec la gauche et les mouvements sociaux ukrainiens, au soutien aux réfugiés et à l’antiracisme, ainsi qu’au renforcement des alternatives à l’impérialisme à l’ouest et à l’est du sous-continent européen. Continuer à lire … « En cette heure de grand danger, en solidarité avec la résistance ukrainienne, reconstruisons le mouvement international contre la guerre »

Soyons des navires les uns pour les autres

C’est une image qui nous est parvenue il y a quelques semaines de Shiraz, en Iran, l’image d’une inscription déployée sur un mur qui pourrait se trouver aujourd’hui dans des faubourgs d’Ukraine ou de Russie, dans les ports de Marioupol, Palerme ou Marseille, dans les arrières pays d’ici comme d’ailleurs. « Soyons des navires les uns pour les autres ». Ces mots viennent des profondeurs sans doute et se déploient, dans cette terre dite « berceau de la civilisation », comme s’il s’agissait du tout premier énoncé de l’aventure humaine. Mes ces mots sont aussi devant nous, traçant un chemin, sinon le seul véritable, vers un avenir respirable. Continuer à lire … « Soyons des navires les uns pour les autres »

Monique Chemillier-Gendreau : Contrer la domination et ouvrir la perspective d’un autre monde

Le choc créé par la guerre de la Russie contre l’Ukraine sert de révélateur au caractère obsolète du système mondial. Elle donne aussi à voir la crise des systèmes politiques nationaux dominants, qu’il s’agisse de ceux dits démocratiques ou de ceux qui s’affichent comme autocratiques. Analyser la situation dans toutes ses dimensions, pointer les reniements de valeurs qu’elle révèle et esquisser un autre modèle de société internationale, telles sont les exigences du moment. Continuer à lire … « Monique Chemillier-Gendreau : Contrer la domination et ouvrir la perspective d’un autre monde »

Le triomphe d’Alexandre Douguine ou le vrai retour du nazisme

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Le nazisme se porte bien. Le mot ne s’utilisait plus trop, victime du fameux « point Godwin » qui voudrait qu’on ne puisse l’évoquer sans sortir des sentiers de la raison, et ce depuis le procès de Nuremberg où il aura été reconnu consensuellement comme criminel. Or, voilà qu’il revient à la mode pour décrire les nationalistes et démocrates ukrainiens, dénoncés comme tels par la propagande russe, qui ose justifier son intervention impérialiste par un supposé anti-nazisme, les ukrainiens se voyant collectivement attribué le positionnement d’une extrême minorité d’entre eux, alors même que la Russie offre à ce courant idéologique un espace politique qu’il n’avait plus depuis 1945… Continuer à lire … « Le triomphe d’Alexandre Douguine ou le vrai retour du nazisme »

AC ! Communiqué suite aux déclarations programmatiques de l’impétrant Macron

Mensonge, mépris, médisance… Le travail de l’idéologie

Il va falloir transpirer pour mériter une aumône, le RSA, qui permet juste de survivre. Quinze à vingt heures de travail contraint par semaine seront imposées aux « assistés sociaux » qui coûtent un « pognon dingue ».

Nul ne doit échapper à la discipline salariale.

Pourtant, avant d’imposer la corvée contrainte, pourquoi n’a-t-on pas examiné la création d’emplois correctement rémunérés pour satisfaire les besoins à la satisfaction desquels seront affectés les bénévoles obligés ? On ose imaginer qu’il s’agit seulement de surveiller et punir… Continuer à lire … « AC ! Communiqué suite aux déclarations programmatiques de l’impétrant Macron »

Pierre Dardot et Christian Laval : Réinventons l’internationalisme

  • Face au nationalisme grand-russe, réinventons l’internationalisme (1/4)

  • La faillite d’un « anti-impérialisme à sens unique » (2/4)

  • La responsabilité écrasante de l’Union européenne (3/4)

  • Pour un nouvel internationalisme (4/4)


Continuer à lire … « Pierre Dardot et Christian Laval : Réinventons l’internationalisme »

Retraites : « La réforme prévue tourne à nouveau le dos au progrès » (plus appel)

Tribune. Emmanuel Macron veut, s’il est réélu, repousser l’âge de départ à la retraite à 65 ans. Changement de registre, donc : il abandonne l’équité qui guidait, selon lui, le projet de système universel, pour se rabattre sur une modification paramétrique, le recul de l’âge, présenté comme une nécessité économique, la pandémie ayant dégradé les comptes. Il annonce aussi un geste pour les petites retraites : un minimum de pension de 1 100 euros mensuels pour les personnes ayant une carrière complète.

Rétablissons d’abord les choses sur ce prétendu geste : la loi de 2003, article 4, impose déjà que le minimum de pension pour une carrière complète soit égal à 85% du smic… ce que le président Macron a négligé de faire appliquer durant son quinquennat ! Compte tenu du smic actuel (1 269 euros), le minimum légal est déjà aujourd’hui de 1 079 euros !

Ensuite, il est clair qu’un recul à 65 ans de l’âge de départ à la retraite serait très injuste pour de nombreuses catégories de salarié·es. Il ne pèserait guère sur la carrière des cadres, car ayant rarement commencé à travailler avant 22 ans, les 43 ans de cotisations exigés à partir de la génération 1973 les amènent déjà à 65 ans. Continuer à lire … « Retraites : « La réforme prévue tourne à nouveau le dos au progrès » (plus appel) »

Campagne présidentielle : #PasDeDébatPasDeMandat

Oui, il y a la guerre. Mais il se trouve qu’il y a aussi une campagne présidentielle. De qui cette situation fait les affaires, la chose est assez claire pour tout le monde. Une réélection sans campagne, quelle riche idée. Une campagne annulée par cas de force majeure, quelle providence. Nous avions compris que Macron avait pour idéal le renouvellement de son mandat par tacite reconduction. Qu’il y aurait une guerre et qu’il s’en servirait avec le dernier degré d’hypocrisie opportuniste, nous pouvions plus difficilement le voir venir. L’expérience historique enseigne assez qu’un état de guerre soude un pays pour le moins pire ou pour le pire – c’est-à-dire produit sur le débat public un effet comparable à celui d’une pelleteuse sur un parterre floral. On ne parle plus d’aucune autre chose, et on n’en parle plus que pour en dire la même chose.

Or une campagne est un moment où – en théorie… – toutes les autres choses reviennent à l’agenda, et avec elles leur charge de dissensus. Qu’elles en aient été si radicalement chassées est une situation d’une anomalie choquante. Elle l’est d’autant plus que nous voyons assez dans quel état de démolition le quinquennat a laissé le pays, et que s’il est une chose que le candidat-par-tacite-reconduction n’a pas cachée, c’est son «projeeeet» de poursuivre en pire. Comme Bourdieu l’avait fait remarquer très généralement à propos du néolibéralisme, il y a dans le macronisme un désir fanatique de détruire toutes les structures collectives, en particulier les services publics, et jusqu’à l’« Etat de politiques publiques » par cabinets de conseil interposés. Continuer à lire … « Campagne présidentielle : #PasDeDébatPasDeMandat »

Les langues-cultures, moteurs de démocratie et de développement (nouvelle note)

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Cet ouvrage, coordonné par Martine BOUDET (Ed du Croquant, 2019), est à l’actif d’une équipe de formateurs et d’universitaires (linguistes et anthropologues), français et d’autres origines ou nationalités : arménienne, belge, brésilienne, italienne, ivoirienne, marocaine, suisse, togolaise, yéménite.

A ces contributions individuelles, s’ajoutent celles de la Délégation de la langue française et des langues de France/DGLFLF (Ministère de la Culture) et du Carrefour Culturel Arnaud Bernard de Toulouse1. Continuer à lire … « Les langues-cultures, moteurs de démocratie et de développement (nouvelle note) »

Un accueil inconditionnel des migrants

Accueil migrants

A Médecins du monde un accueil inconditionnel de refugiés-migrants se réalise en rupture avec le non-accueil des politiques gouvernementales. La crise de l’accueil n’est donc pas une crise migratoire, mais un tri des migrants avec un parcours du combattant dans l’accès à toute demande d’asile, avant de rencontrer le passage à l’OFPRA où sa reconnaissance de reconnaissance comme réfugié politique ou à titre subsidiaire qui nécessite de faire la preuve des violences subies au pays et répétitives dans la migration. Prendre le risque de mourir pour accéder à un lieu où vivre, se confronte à l’OFPRA à un protocole administratif qui rend inaudible l’indicible traumatique de ce qui a été vécu et une violence de plus psycho-traumatique qui fait apparaître en différé la névrose traumatique par sa répétition en différé. J’aborde ici l’accueil des adultes les mineurs isolés relevant d’une consultation spécifique. Ces migrants réfugiés sont adressés par la veille sanitaire de MDM sur les camps et les squats où des structures d’accueil transitoires selon le statut de demande d’asile qui différencie la demande politique du statut de dubliné ou économique, en contradiction avec la Convention de Genève de 1951. Continuer à lire … « Un accueil inconditionnel des migrants »

Ouvrons les yeux : paix et climat, même combat ! (+ autre texte)

Lundi 28 février a été publié le deuxième volet du 6ème rapport du GIEC. Le premier nous avait rappelé que la trajectoire actuelle du réchauffement climatique nous amène à plus 1,5°C dès 2030 et possiblement jusqu’à plus de 4°C à la fin de ce siècle. Ce second volet évalue les risques sans précédent pour la biodiversité et les populations humaines que ce réchauffement entraînera. 

Près de la moitié de l’humanité vit dans des territoires très vulnérables au changement climatique : zones côtières, régions menacées par des sécheresses, des pénuries d’eau et des canicules. Il insiste sur les conditions de mise en œuvre d’une politique résiliente qui doit être immédiate, coopérative avec l’ensemble des pays et intégrée, prenant donc en compte l’ensemble des secteurs de la politique et particulièrement les inégalités sociales.  

Ce rapport ne doit plus rester sans effets concrets suffisants ! Cette décennie sera déterminante pour infléchir les trajectoires futures. Compte tenu des impacts irrémédiables du dérèglement climatique et de leur aspect cumulatif, les transformations nécessaires pour réduire les émissions de gaz à effets de serre et les adaptations aux risques non évitables sont à entreprendre dès maintenant. 

Ouvrons les yeux ! Nous devons sortir du déni climatique ! Continuer à lire … « Ouvrons les yeux : paix et climat, même combat ! (+ autre texte) »

Manifestation nationale à Paris contre le racisme, les violences policières et pénitentiaires !

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19 mars 2022 – 14h00 – Place du Chatelet

Grande Manifestation nationale à Paris contre les violences d’état et le racisme :

Notre pays construit des ponts pas des murs. D’où que l’on vienne, où que l’on soit né·e, notre pays existe. Il s’appelle Solidarité.

Notre pays n’a ni carte, ni limites. Il ne fait pas la guerre si ce n’est au fascisme, au colonialisme, au racisme, à l’injustice et aux inégalités.

Notre pays n’existe pas isolé, atomisé, soumis. Il existe dans tout ce qui relie, regroupe, donne confiance et lutte.

Notre pays est en grand danger. Il doit sortir, se montrer, se lever. Vivre.

Car notre pays brûle. Il s’appelle Avenir.
Car notre pays est étouffé. Il s’appelle Liberté.
Car notre pays se meurt. Il s’appelle Égalité.
Car notre pays est opprimé. Il s’appelle Dignité.

Notre pays est en danger. Nous appelons à la mobilisation générale. Continuer à lire … « Manifestation nationale à Paris contre le racisme, les violences policières et pénitentiaires ! »

Pour la liberté, le communisme et l’autogestion

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La revanche du chien enragé… Ce livre publié par Patrick Silberstein est un pied de nez ironique à la formule célèbre d’Andrei Vychinsky1, le procureur de Staline, exprimant le verdict lors des procès de Moscou, de 1936-1938 : « tuez ces chiens ! ».

Fin 2021, avec la publication en version intégrale en français du Staline, pour lequel Léon Trotsky a travaillé de 1937 à 19402, deux livres sont parus aux éd. Syllepse, visiblement liés3. De solides raisons motivent cette édition intégrale, et aussi l’écriture de ce livre, qui reprend nombre de débats depuis les années trente. Un passé qu’on veut ignorer revient en boomerang… Nous le savons, le mort saisit le vif. Continuer à lire … « Pour la liberté, le communisme et l’autogestion »

Manifeste pour un service public plus humain et ouvert à ses administré-e-s

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Nous, associations de défense des droits humains et organisations agissant en solidarité avec les personnes, françaises ou étrangères, en situation de grande précarité, tirons la sonnette d’alarme quant à certains impacts négatifs de la dématérialisation des services publics sur l’accès aux droits.

Le numérique occupe une place croissante pour l’accès au service public dans des domaines divers allant de la fiscalité à la protection sociale, en passant par les documents d’identité ou les titres de séjour. Or, si la dématérialisation des démarches administratives peut simplifier les démarches pour de nombreuses personnes, elle peut aussi être une source majeure d’entrave à l’accès aux droits pour d’autres. Ses effets délétères sont connus et très documentés par nos organisations, mais également par le Défenseur des droits dont le rapport « Dématérialisation et inégalités d’accès aux services publics » soulignait en janvier 2019 le « risque de recul de l’accès aux droits et d’exclusion pour nombre » d’usagers et usagères. C’est précisément, aujourd’hui, le constat fait sur le terrain par nos différentes organisations.

Des administrations de plus en plus fermées au public

La dématérialisation des services publics entraîne fréquemment, et plus que jamais depuis le début de la crise sanitaire, la fermeture des points d’accueil du public : démarches à effectuer en ligne, rendez-vous à obtenir via le site Internet, etc. Ces choix politiques ignorent la fracture numérique dont sont victimes les personnes ne disposant pas de matériel informatique, de connexion adéquate, de possibilité de scanner des documents, ou des compétences techniques. Ce sont les personnes vivant une grande précarité, allophones, âgées, en situation de handicap ou en situation d’illettrisme (4 millions de personnes en France d’après une enquête Insee de 2011), qui se trouvent entravées dans l’accès aux droits.

L’aggravation de la précarité est, en France, l’une des nombreuses conséquences de la crise sanitaire et appelle, pour les personnes qui en sont victimes, un accompagnement renforcé par les pouvoirs publics. Mais c’est l’inverse qui se produit : la fermeture de trop nombreuses administrations pendant le confinement du printemps 2020 a conduit à l’explosion de la dématérialisation, sans considération sérieuse pour l’impact pour les personnes en précarité. Encore aujourd’hui, la situation sanitaire sert trop souvent à justifier la fermeture au public des portes des administrations, alors que l’objectif de l’entière dématérialisation des services publics préexistait à la crise sanitaire.

L’administration s’éloigne ainsi du public et d’abord de celles et ceux qui en ont le plus besoin : défaut d’alternative physique, absence de dialogue, d’accompagnement et de conseil, interface web complexe ou incomplète, absence de recours dès lors que les démarches en ligne ne peuvent aboutir. Continuer à lire … « Manifeste pour un service public plus humain et ouvert à ses administré-e-s »