Mohammed Harbi : Aux côtés de Rushdie (plus texte de Salman Rushdie)

La campagne que les islamistes de tous bords ont mené contre Salman Rushdie, les menaces qu’ils font peser sur sa vie constituent un nouvel épisode de l’assujettissement forcé des intellectuels, et au-delà d’eux, de la société au pouvoir sacerdotal.

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Informel dans ses manifestations, ce pouvoir est plus contraignant et arbitraire que celui, institutionnalisé, des Églises chrétiennes. Le minimiser en invoquant l’absence d’un clergé en islam, c’est occulter des faits lourds de conséquences : a) l’individu est en permanence sommé de se nier pour s’agréger au collectif ; b) la communauté est le lieu de l’unanimité d’où la contradiction est évacuée. Ce n’est donc pas un mystère, si du point de vue du niveau de conscience, les sociétés musulmanes sont d’une créativité inférieure à celle des individus qui les composent. Continuer à lire … « Mohammed Harbi : Aux côtés de Rushdie (plus texte de Salman Rushdie)« 

Libérer l’avenir de ce qui aujourd’hui le défigure

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« il y a une urgence de pensée qui doit se nourrir des résistances, infiniment diverses, qui aujourd’hui à travers le monde invitent à ne pas désespérer, à ne pas se résigner, à « libérer l’avenir de ce qui aujourd’hui le défigure » (Walter Benjamin) ». Dans son introduction, introduction-de-denis-paillard-a-son-livre-reve-generale/ publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Denis Paillard présente le livre, « construit comme un dialogue sur l’émancipation, son actualité, ses combats, un dialogue essentiel avec d’autres textes, d’autres auteurs, d’autres voix », aborde la crise multiforme qui nous frappe, de défis à relever, « maintenir, créer, multiplier les espaces collectifs de résistance et de solidarité », des soulèvements qui « rematérialisent l’humanité », René Char et Jean-Marie Vincent, « Il faut renoncer à dire le monde et ce qu’il doit être, pour le questionner en deçà et au-delà de ce pour quoi il se donne. Il ne sera plus question alors de devenir monde mais de devenir au monde »…

Rêve générale. L’auteur discute d’espace collectif-individuel, « un collectif naît de gestes individuels qui n’ont de sens que par le collectif qu’ils convoquent », de ce qui excède l’événement où il est affiché, de politique de la singularité. Il résume les trois parties du livre et souligne, entre autres, quelques thèmes : la socialisation individuante, l’être et l’agir en commun, le lien entre transformation sociale et auto-transformation des individus, la présupposition d’égalité, le mouvement réel qui abolit l’état des choses existant, l’espace des luttes « comme espace autonome avec sa visibilité propre, en rupture avec l’objectivité sociale »… Continuer à lire … « Libérer l’avenir de ce qui aujourd’hui le défigure »

L’urgence : construire une vraie democratie 

Avec l’aimable autorisation de l’auteure

Tout est à repenser, de la réparation de la planète à l’élimination des différentes formes de domination. 
Cela nécessite l’implication de tous : pourtant, aucun parti ne s’est engagé à la participation réelle et immédiate de la population.

Difficile d’aller à l’encontre des espoirs d’un grand nombre d’entre nous, mais il me semble plus que nécessaire d’ouvrir une brèche critique dans l’enthousiasme mesuré au soir du second tour des élections législatives .

Tout d’abord, un constat d’échec accablant dont les effets délétères sont à venir : l’entrée en force de l’extrême-droite à l’Assemblée nationale quand la victoire électorale revient aux abstentionnistes ! Certes, la majorité présidentielle a subi un désaveu. Mais force est de constater que la démocratie électorale se révèle telle qu’en elle-même, non représentative, tous partis confondus. Continuer à lire … « L’urgence : construire une vraie democratie « 

Les systèmes d’armes létales autonomes: les étapes de leur développement, leur actualité massive. Comment ne pas les interdire ?

Voici un possible scénario à considérer : une force militaire a acheté un million de drones bon marché et jetables, de la taille d’un jeu de cartes, capables de transporter chacun trois grammes d’explosifs – suffisamment pour tuer une seule personne ou, dans le cas d’une « charge creuse », percer un mur d’acier. Ils ont été programmés pour rechercher et « engager » (tuer) certains êtres humains, sur la base de caractéristiques spécifiques de « signature » comme le port d’une arme, par exemple, ou une couleur de peau particulière. Ils tiennent dans un seul conteneur d’expédition et peuvent être déployés à distance. Une fois lancés, ils volent et tuent de manière autonome sans aucune autre intervention humaine. Continuer à lire … « Les systèmes d’armes létales autonomes: les étapes de leur développement, leur actualité massive. Comment ne pas les interdire ? »

Taxons les super-profits des multinationales pour redonner du pouvoir d’achat

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Des dizaines de milliards, issus de prélèvements exceptionnels sur les « super profits », sont mobilisables pour lutter contre la baisse du pouvoir d’achat tout en accélérant la transition écologique.

Alors que débute ce 18 juillet à l’Assemblée nationale l’examen de la loi sur le pouvoir d’achat, les mesures proposées par le gouvernement et leur financement ne sont pas à la hauteur des enjeux. Pour certaines, ces mesures s’inscrivent à contre-courant d’une transition écologique de toute façon nécessaire, et d’une manière générale les montants mobilisés sont insuffisants au regard de l’urgence.

Ce que propose Emmanuel Macron pour faire face à la crise actuelle ne va en rien améliorer la situation des salarié·es et ne fera que retarder la transition écologique. Par ailleurs, est-il légitime de faire porter cet effort exceptionnel sur la dépense publique, alors que de nombreuses entreprises, dans différents secteurs, ont au contraire profité de la pandémie ou de la guerre en Ukraine pour enregistrer des bénéfices records ? Continuer à lire … « Taxons les super-profits des multinationales pour redonner du pouvoir d’achat »

Le Président et la « nation organique »

Dans son allocution du 14 juillet, Emmanuel Macron a qualifié la nation de « tout organique ». L’expression puise dans la tradition intellectuelle de la géopolitique dite « classique », dont les théories ont notamment servi de fondement à l’expansionnisme nazi.

En entendant Emmanuel Macron expliquer qu’« une nation, c’est un tout organique », difficile pour les géographes de ne pas penser à un encombrant père fondateur de leur discipline, Friedrich Ratzel. Une notion a assuré la postérité à ce scientifique allemand de la fin du 19e siècle : l’espace vital (Lebensraum). Dans sa Politische Géographie, publiée en 1897, le zoologiste devenu géographe compare les États à des « organismes qui entretiennent avec le sol un rapport nécessaire » et entreprend de les étudier avec les outils de la biologie. Appliquant la théorie darwinienne à ces « organismes », Ratzel décrit la tendance de tout État à étendre son territoire à mesure qu’il croît et, le cas échéant, à s’approprier l’espace de ses voisins. Continuer à lire … « Le Président et la « nation organique » »

L’Ukraine et le pacifisme

Il est urgent de mettre fin à la guerre en Ukraine. Mais pour atteindre cet objectif, le slogan « Dehors la Russie, maintenant ! » est un bien meilleur slogan que « La diplomatie maintenant ».

Le mouvement pacifiste a, en général, une histoire admirable d’opposition aux guerres qui ont causé tant de souffrances. Ses militants ont défendu la paix et la justice sociale du Vietnam à l’Amérique centrale en passant par l’Irak, ils ont contribué à enseigner au monde qu’au lieu de la mort et de la destruction, de la xénophobie et de l’intolérance, il est possible d’agir pour une résolution pacifique des conflits, tout en consacrant nos efforts à répondre aux besoins humains réels. Le mouvement pacifiste souligne depuis longtemps le gaspillage gargantuesque que représentent les dépenses militaires et que si l’argent dépensé en armes avait été affecté aux besoins humains, la pauvreté et la faim auraient été éradiquées depuis longtemps.

Ainsi, étant donné notre admiration et notre appréciation du mouvement pacifiste, nous avons été déçus et quelque peu surpris de nous trouver en désaccord sur la question de l’Ukraine avec des personnes avec qui nous avons souvent défilé pour la paix par le passé. Continuer à lire … « L’Ukraine et le pacifisme »

Adresse aux nouveaux député.e.s : abrogerez-vous la loi séparatisme et le contrat d’engagement républicain afin de restaurer les libertés associatives

Madame, Monsieur le/la député.e
Depuis 1901, la liberté d’association constitue l’un des piliers essentiels de notre pacte républicain. Après vingt années de débats parlementaires, menés notamment par Waldeck-Rousseau, les députés de la IIIe République ont défini un cadre législatif instaurant une relation de confiance entre les autorités publiques et les citoyens décidant de s’organiser librement en association afin de poursuivre collectivement un but commun, un « objet », tantôt politique, culturel, sportif ou tout cela à la fois. 

Cette liberté d’association s’adossait aux autres grandes libertés républicaines concédées à cette époque : la liberté d’expression, d’opinion, de réunion et de manifestation également protégées par notre Constitution. C’est précisément ce cadre qui a été abîmé lors de la dernière législature, dans un contexte de prolifération de lois liberticides affirmant une tendance autoritaire et sécuritaire. Le sens des relations entre associations et pouvoirs publics a été profondément inversé : dorénavant la défiance domine. À l’heure où les immenses défis écologiques et sociaux demandent l’engagement de toutes les forces citoyennes, cette situation nous semble extrêmement délétère et l’une des tâches les plus urgentes est d’y remédier. Continuer à lire … « Adresse aux nouveaux député.e.s : abrogerez-vous la loi séparatisme et le contrat d’engagement républicain afin de restaurer les libertés associatives »

Marilyne Poulain : un témoignage, des luttes

J’ai décidé ces derniers jours de quitter mes responsabilités à la CGT

C’est une décision difficile que j’ai pris le temps de mûrir.
Elle me trotte dans la tête depuis 2 ans et demi.
Il m’a fallu ce long temps de réflexion pour prendre du recul sur mon engagement syndical, un engagement profond et sincère mais abîmé par différents évènements.
14 ans d’engagement au quotidien dans la CGT avec les travailleurs migrants, des victoires revendicatives, juridiques, des combats magnifiques que je suis heureuse d’avoir accompagnés avec mes chers camarades avec ou sans-papiers.
La reconnaissance de la traite des êtres humains dans le milieu du travail, de la discrimination systémique dans le BTP, des grèves coordonnées toujours victorieuses…
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Pour un gouvernement sans LGBTQIAphobies

Les nominations de plusieurs ministre au passé Manif pour tous font grincer des dents chez les défenseurs des droits des personnes LGBTQI+. Dans une pétition, une centaine d’élus et de militants demandent le départ des trois ministres concernés. 

Alors que les violences contre les personnes LGBTQIA + explosent, alors que partout dans le monde les atteintes aux LGBTQIA+ se multiplient et que le classement de la France en matière de protection de leurs droits se dégrade, le 4 juillet 2022, le président, élu pour faire barrage à l’extrême droite homophobe, ajoute à son gouvernement deux visages de la Manif pour tous : Mme Caroline Cayeux, ministre déléguée à la Cohésion du territoire et M. Christophe Béchu, ministre de l’Ecologie et de la transition énergétique.  Continuer à lire … « Pour un gouvernement sans LGBTQIAphobies »

Nous nous déclarons chantier naval inlassable et permanent

Avec des rescapés, des marins sauveteurs, des médecins, des pilotes, des cuisiniers, des architectes naval, des designers, des conservateurs, des juristes, des étudiants européens en art, design, architecture, les maires de Palerme et de Marseille, et tant d’autres, nous avons traversé Marseille le 26 juin, la maquette de l’Avenir dans les bras, pour déclarer sa réalisation prochaine à échelle 1.
Pour soutenir les gestes de sauvetage, de soin, de bienveillance, d’amitiés qui se déploient à la rencontre de celles et ceux qui cherchent refuge en Europe, en contre-feu de la violence qui nous gouverne.
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La culture c’est comme quoi ?

La culture, un sujet tellement brûlant que personne n’en parle. Les ministres de la culture, au cours du temps, n’ont pas fait beaucoup de bruit. La pandémie a permis de dévoiler le pot aux roses, la culture est devenue marchandise. Les plaintes diverses, des musées comme des discothèques, portaient sur l’absence de recettes sinon de profit. Le festival de Cannes a entendu les gémissements d’une profession sur la désaffection du public qui ne fréquenterait plus les salles pour se réfugier chez eux devant leur série préférée. Heureusement, certains s’interrogent comme les signataires d’un texte publié dans Le Monde du 18 mai 2022 : « Les choix politiques de nos institutions fragilisent gravement le cinéma », le titre résumant l’essentiel de la contribution. Le cinéma est appelé à se transformer, à se refonder pour trouver une nouvelle place. Continuer à lire … « La culture c’est comme quoi ? »

Etienne Balibar : Tous dans la guerre

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Nous voici au 5ème mois de la guerre déclenchée par l’invasion russe. Dans cette conférence [1], j’essayerai de mettre en ordre quelques-unes des réflexions que m’inspirent la situation en Ukraine et ses prolongements planétaires. Je formulerai des hypothèses et poserai des questions, mais je n’ai pas de certitude absolue quant à la réponse qu’il faut leur apporter. Sur plusieurs points je me demande même si ces réponses existent – sauf à vouloir projeter sur la réalité qui nous assiège des catégories idéologiques toutes faites. Mais ce n’est pas une raison, bien au contraire, pour ne pas tenter d’articuler ce que nous savions déjà et ce que nous apprenons au jour le jour, de façon à éclairer les enjeux et les éventualités d’un conflit qui nous concerne tous directement. Devant la guerre d’Ukraine en effet, devant la bataille qui fait rage autour des villes du Donbass, devant les menaces qui s’accumulent aux alentours, nous ne pouvons pas nous comporter comme de simples « observateurs engagés » qu’affectent plus ou moins les événements. C’est notre avenir, c’est notre « monde commun » qui sont en jeu, et dont la physionomie va dépendre aussi de nos interprétations et de nos choix. En ce sens, toutes proportions gardées car – ne l’oublions jamais – nous ne sommes pas les combattants ou les victimes directes du conflit, je dirai pourtant que nous sommes dans la guerre, car elle a lieu « chez nous » et « pour nous ». Nous n’avons pas le choix, hélas, comme le propose dans une belle leçon de pacifisme révolutionnaire mon ami le philosophe Sandro Mezzadra, de « déserter la guerre » [2]. Je n’en conclus pas pour autant que nous devions nous laisser « mobiliser » et emporter par elle d’une façon irréfléchie. La marge laissée au choix est très faible, mais faut-il décider d’avance qu’elle est inexistante ? Continuer à lire … « Etienne Balibar : Tous dans la guerre »

Education populaire à la santé et décolonisation en temps de négationnisme

Il est nécessaire que le dialogue ait lieu avec les différentes victimes du négationnisme, mais pas avec les antagonistes, les « négationnistes professionnel·les », promoteur·ices de la politique de mort. Il est nécessaire de défendre la science contre le négationnisme, mais sans tomber dans un retour positiviste, sans perdre la dimension du dialogue avec les égaux et les différents.

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par Ana Paula MorelProfesseure associée à la Faculté d’Éducation de l’Université fédérale de Fluminense (UFF). Docteure en anthropologie sociale du PPGAS/Musée national/UFRJ, où elle a mené des recherches sur l’éducation autonome dans le mouvement zapatiste. Elle a travaillé comme éducatrice et chercheuse dans le domaine de l’Éducation et de la Santé à l’École polytechnique de Santé Joaquim Venâncio (EPSJV) à Fiocruz. Ses principaux domaines d’intérêt sont l’Éducation Populaire à la Santé, l’Anthropologie et l’Éducation, ainsi que les Mouvements Sociaux et l’Autonomie. Continuer à lire … « Education populaire à la santé et décolonisation en temps de négationnisme »

Comprendre ce qui nous est arrivé au XX° siècle … pour aider les générations du XXI° à gagner !

Introduction.
« Ces Etats dits ouvriers au XX° siècle » : ce thème ne doit pas être considéré comme relevant de la pure recherche historique, par ailleurs indispensable. Nous sommes maintenant de plein pied dans le XXI° siècle qui est déjà une époque terrible de guerres, de révolutions, d’espoirs, de destructions, où la survie du monde humain est en cause, et pas à long terme mais à moyen terme, voire à court terme. Or, si nous en sommes là, c’est parce qu’au XX° siècle la révolution prolétarienne a raté son coche, et ceci se concentre dans ce que fut le devenir des prétendus « Etats ouvriers », les régimes staliniens, le « socialisme réellement existant ».
Continuer à lire … « Comprendre ce qui nous est arrivé au XX° siècle … pour aider les générations du XXI° à gagner ! »

Origines dérisoires

Entretien avec Déborah Danowski, professeure de philosophie à l’Université de Rio de Janeiro, et co-autrice avec Eduardo Viveiros de Castro d’un texte majeur sur l’Anthropocène : l’Arrêt de monderéalisé par Camila Caux et Eric Macedo pour perfect storm le 10 octobre 2021.

Le négationnisme professionnel est largement responsable de cette situation. Dans chaque cas, il existe une industrie qui travaille activement au déni. L’industrie des combustibles fossiles agit pour nier le réchauffement climatique de la même manière que les grandes compagnies de tabac ont longtemps nié la relation bien établie entre le tabac et le cancer. Ces entreprises ont beaucoup appris du négationnisme de l’Holocauste.

Nous avons parlé à Déborah Danowski des nouvelles formes du phénomène de négationnisme, du néonazisme au Brésil et de la confluence de petits facteurs apparemment sans importance dans l’origine des événements historiques. Continuer à lire … « Origines dérisoires »

Roland Pfefferkorn : Laïcité, une aspiration émancipatrice dévoyée

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Professeur émérite de sociologie à l’Université de Strasbourg, Roland Pfefferkorn est corédacteur en chef de la revue Raison présente. Il a publié de nombreux ouvrages et articles sur les inégalités sociales et de genre.
Quatre questions à Roland Pfefferkorn
Propos recueillis par Paul Devin
Continuer à lire … « Roland Pfefferkorn : Laïcité, une aspiration émancipatrice dévoyée »

Contre la focalisation sur les passés sans égard aux possibles futurs

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Comme un journal pour « ne rien occulter… anticiper… rebondir et… construire les alternatives » au fil des jours d’août 2021 à mars 2022.
Voyage personnel, dans les horreurs de l’actualité et vers les moyens de l’autodétermination collective et individuelle. Lecture partielle et partiale de ces repères pour une politique de la vie…
Continuer à lire … « Contre la focalisation sur les passés sans égard aux possibles futurs »

Introduction de Denis Paillard à son livre : « Rêve générale »

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

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Ce livre est le résultat d’un long cheminement-réflexion sur l’émancipation individuelle et collective aujourd’hui, dans une période incertaine, de transition, de doute, de remise en cause. Notre conviction [1]: face à la crise comme donnée permanente, face à la barbarie du monde et aux replis identitaires en tous genres, il y a une urgence de pensée qui doit se nourrir des résistances, infiniment diverses, qui aujourd’hui à travers le monde invitent à ne pas désespérer, à ne pas se résigner, à « libérer l’avenir de ce qui aujourd’hui le défigure » (Walter Benjamin).
Ce livre est construit comme un dialogue sur l’émancipation, son actualité, ses combats, un dialogue essentiel avec d’autres textes, d’autres auteurs, d’autres voix. Dans ce livre ils sont présents à travers de nombreuses citations, en résonance avec notre propre réflexion, qu’ils ont nourrie et stimulée. Ce livre se veut un espace partagé, ouvert.
Continuer à lire … « Introduction de Denis Paillard à son livre : « Rêve générale » »

Pour que l’accueil digne des migrants soit la règle, pas l’exception

Le 29 mars dernier, nous, associations œuvrant pour l’accueil digne des personnes exilées, appelions les pouvoirs publics à garantir un accueil digne et inconditionnel pour tous·te·s. Nous proposons aujourd’hui à la future Assemblée nationale de s’engager dans cette voie, en adoptant dès son élection des mesures immédiates et durables pour l’accueil des personnes exilées, dont les arrivées n’ont pas vocation à diminuer dans les prochaines années.

Les mesures exceptionnelles mises en place pour accueillir les personnes fuyant la guerre en Ukraine, conjuguées à un élan de solidarité inédit, sont salutaires. Début mai, elles ont permis à 70 000 personnes d’être accueillies en France et de bénéficier d’un accès facilité à leurs droits sociaux et à l’hébergement. Cependant, toutes les personnes exilées doivent pouvoir bénéficier de conditions d’accueil à la hauteur de leurs besoins de protection.

Les conditions de vie des personnes en demande d’asile et réfugiées en France, et particulièrement en Île-de-France, sont alarmantes et illustrent l’insuffisance de nos politiques d’accueil et d’intégration. Chaque jour, nous, associations, accompagnons inconditionnellement les personnes exilées pour pallier les carences des politiques d’accueil. Candidat·e·s aux élections législatives, nous vous appelons à porter la dignité de l’accueil des personnes exilées à l’Assemblée nationale ! Continuer à lire … « Pour que l’accueil digne des migrants soit la règle, pas l’exception »