Archives de Catégorie: Politique

Grande mélancolie

Depuis 2002, est-ce personnel ? je ne le crois pas, une grande tristesse politique m’habite. Cette tristesse, devenue mélancolie, trouve son apogée avec le résultat de ce premier tour des élections présidentielles françaises. Pas de surprise, juste une immense mélancolie. Celle qui vient des tripes, remonte à la gorge, lors du dépouillement des bulletins au bureau de vote de mon village du Var, quand j’entends puis écoute le nom « Le Pen » répété sans fin. Les votants ? mes voisins. Un sur trois. J’ai eu beau me jeter à corps perdu sur Twitter à la recherche d’un apaisement national, ma détresse n’en a été qu’accrue. Lire la suite

Identit(é)s fantasmée(s) ou figée(s) : le refus de l’égalité et de la liberté

Dans leur introduction, introduction-et-sommaire-paniques-identitaires-identitees-et-ideologies-au-prisme-des-sciences-sociales/ publiée avec l’aimable autorisation des Editions du Croquant, Laurence De Cock et Régis Meyran reviennent sur des emportements médiatiques autour du burkini, d’une rixe entre deux bandes rivales sur la plage de Sisco, des affirmations autour du « pays menacé dans son identité », de prises de positions des un-e-s et des autres sur l’« ordre », la « laïcité », les « valeurs de la République » et parlent de « panique identitaire ».

Pour les auteur-e-s, la « panique identitaire » est un cas particulier de « panique morale ». Ce concept a été élaboré par Stanley Cohen qui « définit la panique morale par la forte préoccupation de l’opinion publique (mesurable par des sondages) vis-à-vis d’un groupe dont le comportement est vu comme une menace pour les valeurs de la société ou pour l’existence même de cette société ». « Panique morale » qui nécessite comme porte-voix, des « entrepreneurs de morale » sorte de nouveaux croisé-e-s modernes ou de Don Quichotte… Lire la suite

Sortir la dette des marchés financiers

« Les candidats face au fardeau de la dette publique » titrait Le Monde (dimanche 12 et lundi 13 mars 2017). C’est ainsi que la pensée dominante voit la dette publique, comme un fardeau, et le quotidien du soir de s’alarmer du niveau de la dette publique française1 – 97,5 % du PIB au troisième trimestre 2016 – et de dicter ses consignes au futur président de la République qui « devra d’abord rassurer les investisseurs et surtout nos partenaires de la zone euro sur sa volonté de respecter les règles budgétaires communes ». Face à ce discours qui justifie la mise en œuvre généralisée de plans d’austérité au nom de l’ampleur de la dette et des déficits publics, sa déconstruction et la mise en avant de solutions alternatives sont des éléments clefs de l’agencement des rapports de forces. Lire la suite

Laïcité hérétique, laïcité d’émancipation

Faire basculer à gauche la laïcité, lui redonner un contenu émancipateur, lui faire retrouver un souffle critique face à l’ordre déraisonnable du monde et donc actualiser un programme d’action qui a été depuis la fin du XVIIIe siècle un synonyme de liberté, de démocratie et d’égalité. Pistes critiques. Lire la suite

Introduction et sommaire : Paniques identitaires. Identité(s) et idéologie(s) au prisme des sciences sociales

Avec l’aimable autorisation des Editions du Croquant

Tout le monde s’en souvient, lors de l’été 2016, la polémique a fait rage en France autour du burkini, une tunique de bain utilisée par des personnes de confession musulmane, qui recouvre le corps et les cheveux à la manière du hijab. Tout avait commencé le 13 août avec une rixe entre deux bandes rivales sur la plage de Sisco, en Corse, causant plusieurs blessés et des véhicules incendiés. L’« information » circule alors rapidement dans les médias : il s’ agirait d’un affrontement entre jeunes musulmans radicalisés et Corses racistes, qui aurait pour origine le fait que « plusieurs femmes qui se baignaient en burkini étaient prises en photo par des touristes1 ». Or, on verra par la suite qu’il n’en était rien, et que cet incident relevait plutôt d’une logique de caïdat – deux bandes rivales s’étant battues pour s’ approprier la plage en question2. L’ affaire toutefois prend de l’ ampleur, dans le contexte post-attentats de Nice et de Saint-Étienne-du-Rouvray, mais aussi après la récente interdiction du burkini dans plusieurs villes du Sud de la France. Des gens manifestent ainsi à Bastia aux cris de « on est chez nous ! ». Des hommes politiques, en particulier d’extrême droite, s’emparent de l’ affaire pour affirmer que le pays est menacé dans son identité, à cause de ce vêtement et des violences qu’il engendre. Florian Phillippot (FN) réclame « l’ordre » contre la « violence islamiste ». Deux jours après, le maire PS de Sisco prend un arrêté pour interdire le burkini sur les plages de la commune. L’ arrêté est soutenu par le Premier ministre en personne, Manuel Valls, estimant qu’avec ce vêtement la laïcité et les valeurs de la République sont bafouées. Les médias s’ affolent, les réseaux sociaux aussi : c’est l’ affaire la plus importante de l’été. Alors que les journalistes américains, anglais et allemands se moquent abondamment de cette histoire, tout s’interrompt brutalement à la suite de la décision du Conseil d’Etat, qui suspend l’exécution des arrêtés anti-burkini, au motif que les risques de trouble à l’ordre public invoqués par les municipalités ne sont pas établis par les faits présentés. Et, du jour au lendemain, l’affaire du burkini disparaît du paysage médiatique. Cette petite histoire est édifiante : elle constitue un parfait exemple de panique identitaire.3

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« Interdire les châtiments corporels contre les enfants est une nécessité démocratique »

Avec l’aimable autorisation des auteur-e-s et
du journal Le Monde

TRIBUNE. Le 27 janvier 2017, en France, un adolescent est mort suite aux dizaines de coups de ceinture que lui a donnés son beau-père. L’homme aurait infligé une correction à l’adolescent « parce qu’il n’allait plus à l’école ».

La veille, le Conseil constitutionnel avait censuré l’amendement 222 du texte de loi « Egalité et citoyenneté » voté le 22 décembre 2016, qui introduisait dans la définition de l’autorité parentale « l’exclusion de tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles » envers les enfants. Le motif de la censure est que les dispositions de cet article ne présentaient pas de lien, même indirect, avec celles qui figuraient dans le projet de loi. Il s’agit donc d’une question de forme et non de fond. Le Conseil constitutionnel remplit sa mission d’institution démocratique, ce qu’on ne peut lui reprocher.

Toutefois, c’est probablement en visant le contenu de cet article que soixante sénateurs et soixante députés de l’opposition de droite (LR) ont saisi le Conseil constitutionnel le 6 janvier 2017. Lire la suite

Les politiques migratoires répriment, humilient, excluent. Changeons-les !


Publication d’un rapport et campagne d’affichage

Trois semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle, La Cimade présente son rapport Migrations. État des lieux 2017 et lance une campagne d’affichage. 
Le rapport et les affiches dénoncent la violence des politiques migratoires françaises et européennes qui répriment, humilient, excluent, dissuadent, méprisent, discriminent les personnes chassées de leur pays par la guerre ou la misère. Des propositions sont formulées pour bâtir des politiques pérennes garantissant la solidarité, l’accueil et l’hospitalité. Lire la suite