Qatar-Arabie saoudite. « Les rois du pétrole et leurs esclaves »

Entretien avec Quentin Müller conduit par Guy Zurkinden

« Des conditions de travail précaires, une eau de mauvaise qualité, des horaires de travail étendus, nous savons que ce n’est pas bon pour notre santé, mais avons-nous vraiment le choix ? Le Qatar et les patrons nous utilisent pour construire les stades, puis ils nous jettent lorsque notre corps ne suit plus. » – Témoignage d’un travailleur népalais ayant œuvré sur les chantiers de la Coupe du Monde au Qatar.

« Le père de famille me dit à son tour, avec sa voix de diable : “Si je te tue, là, maintenant, tout de suite, ton pays ne fera rien pour toi.” »
« Baba était derrière moi. Quand je me suis relevée péniblement pour lui faire face, il m’a jeté l’eau bouillante sur le bras. J’ai senti ma peau fondre, sans aucune douleur. J’avais une telle colère en moi, une telle adrénaline (…) Ils ne m’ont pas soignée après ça. Baba et Mama se sont assis à la table du salon. Un pistolet était posé dessus, avec deux balles à côté. Le kafeel a laissé entendre qu’il pouvait me tuer si je n’acceptais pas de faire une vidéo attestant que je m’étais ébouillanté le bras par accident. » – Témoignages de deux femmes kényanes, rentrées au pays après avoir travaillé comme domestiques en Arabie saoudite. La première a été violée par le fils de la famille pour laquelle elle travaillait.

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A travers une soixantaine de témoignages – de l’ouvrier construisant les stades du Mondial à la domestique œuvrant dans les foyers saoudiens ou qataris, en passant par des agents de sécurité, des employé·e·s de restaurant ou encore des mercenaires envoyés guerroyer, parfois de force, en Libye ou au Yémen pour le compte des Etats du Golfe – un ouvrage saisissant Les esclaves de l’homme-pétrole [1] donne la parole aux esclaves modernes dont le travail forcé a permis l’organisation de la Coupe du Monde au Qatar – et sur lequel est bâtie la « prospérité » de l’ensemble des Etats du Golfe. Continuer à lire … « Qatar-Arabie saoudite. « Les rois du pétrole et leurs esclaves » »

« Troisième mois de la révolte des femmes en Iran : Femme, Vie, Liberté ! »

  • Behrooz Farahany : « Troisième mois de la révolte des femmes en Iran : Femme, Vie, Liberté ! »
  • Rédaction de SST : « Quel courage se cachait dans ce pays ! »
  • Yassamine Mather : La mobilisation s’étend et s’amplifie. Répression et recherche d’un conflit
  • Babak Kia : Les Kurdes aux avant-postes du soulèvement populaire

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A deux : Duo (3)

Essayer de faire partager des émotions ressenties lors des (ré)écoutes. Deux instruments ou une voix et un instrument et leurs dialogues. Des déambulations dans quelques œuvres et interprétations, en profane…
Une invitation à écouter et partager ces versions ou d’autres que vous ne manquerez pas de signaler…
Continuer à lire … « A deux : Duo (3)« 

Non-violence, résistances passives et désobéissance civile

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Depuis le début de l’invasion russe, la société ukrainienne s’est organisée avec courage et de façon spontanée pour contrer l’occupation militaire à travers des centaines d’actions non violentes, dont des actes de désobéissance civile, des blocages de routes, des tâches d’évacuation de civils ou des campagnes de communication. Le rapport « La résistance civile non violente ukrainienne face à la guerre », élaboré par le professeur Felip Daza dans le cadre du projet commun de l’ICIP (Institut catalan international pour la paix, www.icip.cat/ca/) et de Novact (Institut international pour une action non violente, https://novact.org/?lang=en) analyse la résistance civile non violente ukrainienne entre février et juin 2022 dans le but d’identifier ses dynamiques d’organisation et les caractéristiques des différentes actions, leur évolution et le soutien dont elles ont bénéficié. Continuer à lire … « Non-violence, résistances passives et désobéissance civile »

Conditions minimales pour que l’asile soit un droit réel

Alors que le gouvernement annonce une nouvelle loi sur l’asile et l’immigration, la Coordination française pour le droit d’asile (CFDA) pose les 15 conditions minimales pour que l’asile soit un droit réel.

A la suite des dernières réformes de l’asile en 2015 et 2018, les 18 organisations de la CFDA constatent que le système de l’asile en France est toujours globalement défaillant et très complexe. Les mesures prises visent à dissuader l’arrivée des personnes étrangères, pour diminuer le nombre de demandes d’asile présentées, plutôt qu’à garantir la réalité du droit d’asile.

La protection des personnes menacées ou persécutées, mineures ou majeures, en métropole ou en outre-mer, doit être la priorité de toute politique d’asile. Or les organisations de la CFDA constatent que le droit d’asile est régulièrement bafoué aux frontières, françaises et européennes, au mépris de la Convention de Genève. Le régime d’exception des territoires d’outre-mer se renforce : la possibilité pour les personnes menacées ou persécutées dans leur pays d’origine de rejoindre le territoire français pour y demander l’asile est quasi inexistante. Plus que jamais, il apparaît que la France et l’Union européenne cherchent à restreindre à tout prix l’accès de leur territoire aux personnes en demande d’asile, quitte à les contraindre à vivre dans des pays où elles sont victimes de violations de leurs droits humains ou à ce qu’elles y perdent la vie. Continuer à lire … « Conditions minimales pour que l’asile soit un droit réel »

Ukraine : De la « non-pertinence » de la presser de négocier…

François Ruffin, reprend à son compte, dans le billet qu’il vient de publier sur Mediapart, à propos de la guerre en Ukraine, la petite musique qui court actuellement sur la nécessité de tout faire pour « œuvrer à la désescalade. Pour parvenir à la paix ». Pour cela, il s’appuie, entre autres, sur la volonté affirmée des pays du Sud que s’ouvrent des négociations entre l’Ukraine et la Russie, avec l’implication de divers gouvernements, en particulier latino-américains. Tout cela dans l’intérêt des peuples du monde qui souffrent, c’est indiscutable, des conséquences, essentiellement économiques et sociales de cette guerre. Dans cet argumentaire plusieurs éléments me semblent plus que discutables, voire inacceptables, confirmant le malaise de l’auteur à aborder un sujet qu’il craint de ne pas bien maîtriser comme il l’énonce dès le début de son billet : « Je m’aventure en géopolitique avec prudence. » « Néanmoins » poursuit-il, franchissant imprudemment le pas sans mesurer qu’il reproduit au moins deux impasses des partisans de négociations en l’état qu’il cite et dont il reprend à son compte les arguments. Continuer à lire … « Ukraine : De la « non-pertinence » de la presser de négocier… »

Journée internationale de lutte pour l’élimination des violences masculines à l’égard des femmes (et autres textes)

Pour le 25 novembre, journée internationale de lutte pour l’élimination des violences masculines à l’égard des femmes, nous appelons à une contre-offensive féministe qui combat à la racine le continuum des violences patriarcales.

Les violences faites aux femmes sont symptomatiques d’une société où les filles et les femmes sont méprisées et déshumanisées. La lutte contre ce système de domination doit passer par un changement radical de la société, qui tarde à se concrétiser.

Une fille sur 5 dans le monde subit une violence sexuelle, une femme sur 3 a subi une forme de violence physique et/ou sexuelle depuis l’âge de 15 ans, au moins 210 000 femmes en France sont victimes de violences conjugales chaque année. En France, tous les 3 jours, un homme tue sa compagne ou ex-compagne.

Les filles et les femmes subissent harcèlement, agressions, viols, mutilations sexuelles, traite sexuelle ou prostitution, ce qui forme un continuum de violences, frappant les femmes dans tous les espaces, publics et privés : au travail, dans la rue, au foyer… Cette terreur patriarcale nous affecte toutes et accable notamment celles qui sont à l’intersection de plusieurs systèmes d’oppression : les femmes en situation de handicap, les femmes victimes de racisme, les femmes en situation de précarité, les lesbiennes. Continuer à lire … « Journée internationale de lutte pour l’élimination des violences masculines à l’égard des femmes (et autres textes) »

Un nouvel élan pour nos services publics

Vers une RENCONTRE ET UNE MANIFESTATION NATIONALE
à Lure (70) les 12-14 mai 2023
Les SERVICES PUBLICS sont NOTRE BIEN COMMUN,
nous devons les DÉFENDRE, LES ÉTENDRE, LES AMÉLIORER,
LES DÉMOCRATISER…

À Lure les 12-14 mai 2023, NOUS POURRONS :

  1. Travailler et débattre ensemble dans divers ateliers autour des Services publics : État de la question des restructurations et des destructions, Transition écologique, Spécificité de la jeunesse, Fonction Publique, Proximité territoriale, Financement, Démocratisation de la gestion, Analyse critique des Maisons France Service, etc.

  2. Manifester unitairement dans une ville emblématique qui se bat depuis 40 ans pour les Services publics de proximité, qui est malheureusement un exemple de la désertification qui nous frappe toutes et tous, mais aussi un exemple des résistances possibles et des mini-victoires obtenues.

  3. Organiser des rencontres conviviales, avec des moments culturels et festifs.

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« Soutenez l’Ukraine et aidez-nous à gagner cette guerre »

Entretien avec Nataliya Levytska, vice-présidente du syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine

Que pouvez-vous nous dire sur le mouvement syndical en Ukraine ?
Je représente la KVPU, qui est la deuxième plus grande confédération syndicale d’Ukraine. La KVPU a été créée au moment de l’indépendance de l’Ukraine, mais ses premiers affiliés ont été créés pendant les grèves des mineurs qui ont eu lieu à l’époque de l’URSS [à la fin des années 1980]. Le mouvement syndical ukrainien regroupait environ 6 millions de travailleur·euses. Mais aujourd’hui, à cause de la guerre, ce nombre a diminué car la Russie a détruit les entreprises et les infrastructures, entraînant la perte de lieux de travail. La Russie a également détruit des bâtiments résidentiels et des hôpitaux, et a imposé un règne de terreur dans les territoires occupés, obligeant les gens à fuir et à devenir des réfugiés.

Avant l’invasion, les syndicats ukrainiens se sont battus pour obtenir des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail, et ont exigé l’application des normes internationales du travail. Nous avons été confrontés à plusieurs tentatives visant à saper les droits des travailleur·euses et des syndicats. Grâce à des campagnes, des actions de protestation et des négociations avec le gouvernement, nous avons mis fin à ces attaques.

La KVPU et ses organisations affiliées utilisent différents outils pour défendre les droits des travailleur·euses, notamment les protestations, les grèves du zèle, les négociations collectives et le dépôt de plaintes. Même maintenant, pendant la guerre, nous avons gagné des affaires devant les tribunaux. Par exemple, il y a deux semaines, la Cour suprême d’Ukraine a statué en faveur d’un membre du syndicat de Wizz Air dans son affaire de licenciement illégal. Cependant, en raison de la guerre, nous sommes limités dans nos options. Par exemple, nous pouvons faire campagne, mais nous ne pouvons pas organiser d’actions de protestation. Continuer à lire … « « Soutenez l’Ukraine et aidez-nous à gagner cette guerre »« 

Nicaragua : arrestation du sociologue Oscar-René Vargas / Appel pour sa libération

Les autorités nicaraguayennes ont arrêté, mardi 22 novembre à Managua, le sociologue Oscar-René Vargas, un des anciens conseillers du président Daniel Ortega devenu l’une des principales voix critiques envers son régime.
Deux jours après son interpellation, jeudi, sa famille était toujours sans nouvelles de lui, et ignorait son lieu de détention.

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Le professeur Oscar-René Vargas doit être libéré.
Son intégrité physique assurée, au même titre que tous ses droits
(appel)
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Ni un travail ni du sexe ! Le Mouvement du Nid lance une campagne de sensibilisation

Le Mouvement du Nid lance une campagne de sensibilisation face aux apparences trompeuses de la prostitution : Ni un travail ni du sexe, la prostitution est une violence sexiste et sexuelle.

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Pour télécharger l’intégralité de notre dossier de presse  cliquez sur l’image ci-dessous : Dpnov22DEF

Du 20 novembre au 13 décembre, nous faisons tomber les masques de respectabilité, voire de « progressisme » que certains mettent sur ce système patriarcal et raciste à travers une série d’initiatives.

Cette année, le Mouvement du Nid a choisi d’inscrire dans une seule et même campagne de sensibilisation toutes les actions qu’elle conduit à l’occasion des journées des 20, 25 novembre et 10 décembre, pour alerter sur le système prostitueur : ni du sexe, ni un travail, c’est une violence sexiste et sexuelle, et une atteinte aux droits fondamentaux des enfants et des femmes, perpétrée par des hommes « clients » prostitueurs. Continuer à lire … « Ni un travail ni du sexe ! Le Mouvement du Nid lance une campagne de sensibilisation »

Une ode à la jeunesse capable de vivre d’autres vies

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« Debord, printemps » n’a pas vraiment de statut. Pas un essai, pas un poème, pas une biographie, pas non plus vraiment portrait d’une jeunesse et d’une époque, pas vraiment saga, pas vraiment politique mais un peu de tout, pour un mélange explosif, virulent, sauvage. Le thème apparent, La figure de Guy Debord, jeune homme réfugié dans son îlot de Saint-Germain-des-Prés, entre différentes cavernes où se retrouvent un groupe de dissidents qui refusent la société de ces années cinquante appelées plus tard « les 30 glorieuses » (dixit Fourastié). « Ne travaillez pas » est le slogan affiché de ces lettristes d’abord puis situationnistes ». L’internationale que constitue Debord est striée d’exclusions, souvent à motif aviné ? Cette jeunesse rêve, construit un monde étrange autour d’elle-même animé par la volonté farouche de ne pas être digéré par ce monde inconnu pour elle. Continuer à lire … « Une ode à la jeunesse capable de vivre d’autres vies »

La corrida mise à mort par l’esprit critique

Les arguments présentés ci-dessous sont parmi ceux que les personnes défendant la corrida utilisent le plus fréquemment. Pour chaque argument, il est indiqué en quoi ce dernier est invalide, et/ou présente les caractéristiques d’un sophisme, d’un paralogisme ou est issu d’un biais cognitif

ARGUMENT N°1 : « C’est une tradition. »
En tout premier lieu, les personnes défendant la corrida évoquent le plus souvent le fait qu’il s’agit d’une pratique ancienne, qu’il faudrait conserver sous ce prétexte. Ce raisonnement constitue un argument d’historicité (également nommé appel à la tradition), et ne répond à aucune logique : l’ancienneté d’une pratique n’est pas un indicateur valide de la valeur morale de cette même pratique. Dans le cas contraire, nous pourrions tout aussi bien accepter aujourd’hui le meurtre, le viol ou le cannibalisme, par exemple, puisque toute pratique, quelle qu’elle soit, est susceptible d’être pratiquée sur une période conséquente et donc, de constituer une tradition. Continuer à lire … « La corrida mise à mort par l’esprit critique« 

Aujourd’hui, être Européen-ne, c’est aussi être abolitionniste

Alors qu’au XXe siècle quatre pays d’Europe n’ont procédé à aucune exécution : Saint-Marin, le Liechtenstein, la Principauté de Monaco et le Portugal ;

Alors que depuis 1989, l’abolition de la peine de mort est une condition préalable à l’adhésion au Conseil de l’Europe ;

En 1997, l’abolition de la peine de mort en tant que condition d’adhésion à l’Union européenne est mentionnée pour la première fois. Le 4 décembre, le Parlement européen adopte une résolution dans laquelle il affirme :
« Seul un pays ayant aboli la peine de mort peut devenir membre de l’Union européenne. » Continuer à lire … « Aujourd’hui, être Européen-ne, c’est aussi être abolitionniste »

Lumina Sophie et la révolte de 1870 : la résistance des femmes en Martinique

Le 5 novembre, Culture Égalité, organisation féministe de la Martinique, se souvient et célèbre l’anniversaire de Lumina Sophie, une leader de l’Insurrection du Sud, révolte contre l’esclavage et les préjugés à l’égard des Noirs dans le pays. En sa mémoire, nous partageons un extrait de la publication Karbé Fanm n°2, Lumina dite Surprise, un numéro commémorant le 150ème anniversaire de l’Insurrection du Sud en Martinique, publié en 2021. En plus du texte racontant l’histoire, l’organisation a publié une carte multimédia interactive intitulée Sur le chemin de Lumina, accessible ici. Découvrez ci-dessous l’histoire de Lumina.

Lumina Sophie dite Surprise !
Elle naît donc au Vauclin, le 5 novembre 1848, soit 5 mois après l’Abolition. Continuer à lire … « Lumina Sophie et la révolte de 1870 : la résistance des femmes en Martinique »

Une attaque sans précédent contre la liberté de la presse

Nous, sociétés de journalistes, associations de défense du droit à l’information, organisations et collectifs de journalistes, médias, dénonçons avec force la décision du tribunal judiciaire de Paris de faire injonction à Mediapart de ne pas publier de nouvelles révélations sur les pratiques politiques du maire de Saint-Étienne, après celles du chantage à la sextape. Cette censure préalable, décidée sans débat contradictoire, est une grave et flagrante attaque contre la liberté de la presse.

Comment une telle décision a-t-elle pu être rendue, en dehors de toute contradiction, alors qu’il existe pourtant des procédures d’urgence, qui auraient permis à Mediapart de se défendre ?

Depuis la loi du 29 juillet 1881 qui a instauré en France le droit d’information et la liberté d’expression, jamais une telle procédure, à notre connaissance, n’avait été utilisée pour censurer préalablement un média.

Dans un contexte où un industriel a récemment détourné le droit de la presse pour poursuivre un média devant les tribunaux de commerce, où des hommes d’affaires multiplient les procédures bâillons et où de nombreux journalistes se voient refuser l’accès à des données d’intérêt public au nom du « secret des affaires », cet acte liberticide nous inquiète profondément quant à la situation de la liberté de la presse en France.

Nous sommes solidaires de nos consœurs et confrères de Mediapart et nous nous tenons à leurs côtés. Continuer à lire … « Une attaque sans précédent contre la liberté de la presse« 

Des enregistrements en 2020 (8)

Des disques et des musiques récentes. Prendre le temps de s’arrêter, d’écouter des albums. S’éloigner des critères privilégiés par des commerçants, rarement disquaires, ou des productions des majors…
De multiples éditeurs nous permettent d’écouter des musiques et non de la programmation « profitable ». Quelques disques enregistrés, ici en 2020, au hasard des écoutes.
Continuer à lire … « Des enregistrements en 2020 (8)« 

L’accès aux documents liés à la guerre d’Algérie reste toujours aussi difficile 

Dans une tribune au Monde, l’historien Marc André explique que par méconnaissance de la guerre d’Algérie et de la nature de ses archives, ces dernières sont trop souvent inaccessibles aux demandeurs. Emmanuel Macron s’était pourtant engagé à en faciliter la consultation.

Huit mois après l’annonce de l’ouverture à tous « des archives publiques produites dans le cadre d’affaires relatives à des faits commis en relation avec la guerre d’Algérie » (décret du 22 décembre 2021), le président de la République, Emmanuel Macron, affirmait le 25 août la nécessité de donner aux historiens « un accès complet aux archives de la guerre d’Algérie ». Cette insistance témoigne de l’instrumentalisation politique de la question des archives. Car malgré l’intention réitérée d’« ouvrir », « simplifier » ou « faciliter » l’accès aux documents liés à cette guerre, en pratique cela reste difficile tant pour les familles que pour les historiens.

Entre les discours qui accompagnent l’action politique et les réalités du terrain, le décalage est tel que l’on se demande même si le décret dit de « dérogation générale » n’a pas été rédigé au croisement de deux méconnaissances : celle de la guerre d’Algérie et celle de ses archives. De multiples contradictions surgissent, à l’origine de pratiques administratives restrictives aux conséquences sociales, scientifiques et politiques contre-productives. Continuer à lire … « L’accès aux documents liés à la guerre d’Algérie reste toujours aussi difficile « 

Les mesures en faveur du droit à l’avortement sont approuvées lors des premières élections majeures aux États-Unis depuis l’annulation de Roe v. Wade

Les initiatives de vote et les élections détermineront l’orientation de l’accès à l’avortement aux États-Unis.

Hier, des millions de personnes aux États-Unis ont voté lors d’élections qui façonneront la politique américaine en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs à la suite de la décision dévastatrice de la Cour suprême des États-Unis d’annuler le jugement Roe v. Wade et de supprimer le droit constitutionnel à l’avortement.

Alors que les résultats sont encore en cours de dépouillement et que l’issue de nombreuses élections n’est pas encore connue, il est clair que lorsque les gens ont la possibilité de voter directement sur la question de l’avortement, ils souhaitent en grande majorité que ce droit soit protégé. Continuer à lire … « Les mesures en faveur du droit à l’avortement sont approuvées lors des premières élections majeures aux États-Unis depuis l’annulation de Roe v. Wade« 

La guerre et la paix ou le silence de la mer (noire)

Brigades éditoriales de solidarité [1]

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Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse
« 
Je suis l’alpha et l’omega, dit le Maître du Kremlin,
celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant 
» [2]

Nous le savons, ce ne sont pas les livres qui arrêteront les blindés russes qui déferlent sur l’Ukraine. Nous le savons, ce ne sont pas les livres qui arrêteront la main de fer qui s’abat sur les Russes qui s’opposent à la guerre de Vladimir Poutine. Nous le savons, ce ne sont pas les livres qui mettront fin à la guerre contre la liberté de l’Ukraine, pas plus qu’ils ne mettront fin à la dictature des oligarques du Kremlin. C’est la résistance populaire ukrainienne multiforme, les grains de sable que les démocrates de Russie et du Bélarus glisseront dans la machine de guerre russe et l’opinion publique mondiale qui arrêteront les chars de Vladimir Poutine. Mais dans cette bataille pour l’indépendance et la liberté ukrainiennes, rappelons-nous le pouvoir des samizdats et l’effet corrosif qu’ils avaient eu sur la dictature stalinienne.

C’est par ces mots que les Brigades éditoriales de solidarité, constituées à la hâte pour la circonstance, s’engageaient dès le 3 mars 2022, sans la moindre tergiversation, aux côtés du peuple ukrainien agressé par l’impérialisme russe. Continuer à lire … « La guerre et la paix ou le silence de la mer (noire)«