En soutien de Benjamin Stora, victime d’attaques antisémites

Victime récurrente d’attaques antisémites en France de la part de l’extrême droite et des nostalgiques de l’OAS, qui ne lui pardonnent pas son travail intellectuel de compréhension du combat de libération des Algériennes et des Algériens, Benjamin Stora vient de subir, comme en écho, une charge méprisable sur le média électronique Algérie patriotique – une charge qui, débordant sa personne, vise explicitement toute la communauté algérienne de confession juive dans sa longue histoire.

Oublieux de la part prise dans le combat libérateur du peuple algérien par certain.e.s compatriotes appartenant à cette communauté, ce texte abject cultive l’ignorance historique pour leur dénier tant leur engagement patriotique que leur algérianité, et, dans le plus pur style antisémite, use d’amalgames pour jeter l’opprobre sur toute une communauté au motif de sa confession. Continuer à lire … « En soutien de Benjamin Stora, victime d’attaques antisémites »

« La Russie est en train de perdre la guerre » : le marxiste russe Boris Kagarlitsky sur l’Ukraine et ce qui vient après Poutine

Le président russe Vladimir Poutine a reconnu cette semaine que la guerre en Ukraine avait pris plus de temps que prévu et a prédit que le conflit pourrait être un « long processus ». Il a également averti que le risque de guerre nucléaire augmentait, mais a promis de ne pas utiliser d’armes nucléaires en premier. Les commentaires de Poutine interviennent alors que la Russie continue de pilonner des cibles civiles à travers l’Ukraine, y compris les infrastructures énergétiques, laissant une grande partie du pays dans l’obscurité et le froid à l’approche de l’hiver. Les Nations Unies rapportent que plus de 17 000 civils ont été tués depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février, dont 419 enfants. Pour en savoir plus, nous allons à Moscou et parlons avec le dissident russe Boris Kagarlitsky, qui dit que la fatigue de la guerre balaie la société russe. « Cela finira mal pour nous en Russie », dit Kagarlitsky, qui ajoute que les élites russes sont de plus en plus mal à l’aise. « La Russie est en train de perdre la guerre, et la Russie va perdre la guerre inévitablement. » Continuer à lire … « « La Russie est en train de perdre la guerre » : le marxiste russe Boris Kagarlitsky sur l’Ukraine et ce qui vient après Poutine »

Iran – Soutien au soulèvement « Femme, Vie, Liberté » – Non aux exécutions capitales !

Depuis le meurtre de Jina-Mahsa Amini le 16 septembre dernier par la police des mœurs, un soulèvement populaire inédit par son ampleur, sa profondeur et sa durée fait trembler la République Islamique d’Iran. En moins de 48h, le mot d’ordre « Femme, Vie, Liberté » s’est propagé dans tout le pays, puis dans le monde entier.

La lutte pour la chute de la République Islamique est engagée
Rapidement d’autres slogans ont fleuri : « Mort au dictateur », « Mort à l’oppresseur, que ce soit le Chah ou le Guide suprême », « Pain, Travail, Liberté », « Pauvreté, corruption, vie chère, nous irons jusqu’au renversement ».

Ce mouvement de contestation radical rassemble des femmes, des jeunes, les minorités nationales, des travailleuses et travailleurs avec ou sans emploi, dans un rejet total de ce régime théocratique, misogyne et totalement corrompu. Le soulèvement s’ancre dans la durée et touche plus de 160 villes petites et grandes. Avec plus de 50% de la population sous le seuil de pauvreté et l’absence de droits démocratiques et sociaux élémentaires, c’est l’ensemble du système que les peuples d’Iran veulent renverser.

Les appels à la grève se multiplient, notamment parmi les enseignant·es des universités, les salarié·es de la pétrochimie, des aciéries d’Ispahan, des transports en commun de Téhéran et de sa banlieue, des chauffeurs routiers… Les grévistes subissent licenciements, arrestations et tortures. Continuer à lire … « Iran – Soutien au soulèvement « Femme, Vie, Liberté » – Non aux exécutions capitales ! »

Solidarité féministe avec les peuples du Pérou et du Brésil (+ textes sur le Pérou)

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La Marche mondiale des Femmes (MMF) embrasse les peuples péruvien et brésilien et réitère notre solidarité féministe et de classe.

Au Pérou, nous voyons une fois de plus comment les oligarchies, les classes dirigeantes, les pouvoirs économiques nationaux et transnationaux s’attaquent aux décisions du peuple, lorsque les gouvernements ne leur sont pas serviles. (Plus d’informations ici)

Le 7 décembre dernier, le coup d’État contre le président paysan et syndicaliste Pedro Castillo a finalement eu lieu. Pendant l’année du gouvernement du professeur Castillo, il y a eu des tentatives constantes de le renverser, on ne l’a jamais laissé gouverner. Depuis lors, le peuple péruvien est dans les rues pour exiger le rétablissement de son président, dénonçant l’usurpation et l’instauration d’une dictature. À ce jour, on dénombre plus de 45 victimes de la répression de la dictature de Boluarte. Continuer à lire … « Solidarité féministe avec les peuples du Pérou et du Brésil (+ textes sur le Pérou) »

Les réponses de la gauche japonaise à la guerre russo-ukrainienne

En mai dernier, 28 intellectuels allemands ont publié une lettre ouverte dans la revue féministe Emma, appelant le chancelier Gerhard Scholz à s’abstenir d’envoyer des armes lourdes en Ukraine et à aider à négocier un cessez-le-feu dans la guerre russo-ukrainienne. La lettre exprimait des convictions anti-guerre chères aux anciens progressistes allemands, invoquant la « responsabilité historique » de l’Allemagne pour aider à mettre fin à la guerre, compte tenu de son propre héritage de militarisme et de génocide au 20e siècle. La lettre a provoqué un débat animé sur son apparente hypothèse de « tort partagé » selon laquelle les Ukrainiens et les Russes partagent la responsabilité de mettre fin à la guerre. Pendant ce temps, des progressistes allemands plus jeunes, comme la ministre des affaires étrangères Annalena Baerbock, ont continué à soutenir les livraisons d’armes lourdes à l’Ukraine.

Un débat similaire mais beaucoup moins connu s’est également déroulé parmi les progressistes au Japon, où la guerre russo-ukrainienne est suivie avec anxiété. J’examinerai ici trois réponses publiques divergentes de la gauche japonaise à cette guerre : celle d’un groupe d’« historiens japonais préoccupés », celle du Parti communiste japonais et celle de la « 60e Assemblée internationale contre la guerre » trotskiste. Je m’interroge également sur l’autorité morale de ces réponses pour un public japonais ébranlé par la guerre. Continuer à lire … « Les réponses de la gauche japonaise à la guerre russo-ukrainienne »

Soutien aux prisonniers politiques au Nicaragua (+ autre texte)

La dictature d’Ortega-Murillo a organisé des élections fictives en novembre pour consolider encore plus sa mainmise sur le pays en s’attribuant le contrôle de l’ensemble des 153 gouvernements municipaux.

Chers amis du Nicaragua,

En cette période de vacances, la demande la plus urgente est la liberté des prisonniers politiques et un Noël/Nouvel An sans prisonniers politiques.

Alors que 2022 touche à sa fin, la répression au Nicaragua s’est approfondie et élargie, et le nombre de prisonniers politiques est passé de 170 au début de l’année à plus de 235 Continuer à lire … « Soutien aux prisonniers politiques au Nicaragua (+ autre texte) »

Femmes exilées : « Il y a un angle mort dans la procédure d’asile actuelle : la violence subie sur le parcours migratoire »

Dans leur pays d’origine, elles étaient sociologues, assistantes juridiques, sportives, manageuses, couturières, directrices marketing, artistes, étudiantes, géomètres, enseignantes, coiffeuses, orthopédistes, journalistes, navigatrices, horlogères, bagagistes, commerçantes. Elles ont dû s’exiler et, tout au long du chemin, elles ont subi la violence.

Longtemps un phénomène dont les problématiques étaient reléguées au second plan, l’exil féminin est maintenant devenu aussi marquant que celui des hommes, les femmes représentent la moitié des personnes déplacées dans le monde. Cette proportion n’est pas nouvelle et se confirme depuis une dizaine d’années, elle se retrouve aussi dans la file active du Centre Primo Levi, qui est composée pour moitié de femmes.

Le profil des femmes qui s’exilent est très divers, autant que les raisons qui les poussent à quitter leur pays. Certaines vont fuir un régime répressif en raison de leurs idées ou sont de manière indirecte visées à travers les activités politiques d’un proche. D’autres vont fuir un mariage forcé, une menace de mutilation. Continuer à lire … « Femmes exilées : « Il y a un angle mort dans la procédure d’asile actuelle : la violence subie sur le parcours migratoire » »

Une stratégie de l’émancipation

A partir du livre : La fabrique de l’émancipation de Bruno Frère et Jean Louis Laville

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Bruno Frère et Jean-Louis Laville ont rédigé un livre très important, La Fabrique de l’émancipation [1]. Ils poursuivent un projet ambitieux, Repenser la critique du capitalisme à partir des expériences, démocratiques et solidaires. C’est un livre très consistant, de 450 pages, qui nécessite une lecture attentive ; il présente l’état des réflexions, des recherches et des alternatives sur une question essentielle, celle de l’émancipation, et ouvre la discussion sur la définition des projets alternatifs. Je résumerai les propositions de ce livre, dans une première partie, avant de proposer quelques réflexions pour en prolonger les interrogations.

L’ambition de ce livre est de construire une conception renouvelée de l’émancipation. Il propose pour cela de définir les fondements d’une nouvelle théorie en partant de la théorie critique centrée sur l’ampleur des aliénations et des dominations, mais de ne pas s’y cantonner. Pour cela, ils proposent de partir du croisement de la philosophie et des sciences sociales et de rechercher les voies par lesquelles la démocratie se réinvente au-delà des haines, des violences et des menaces démocratiques. La démarche propose de s’appuyer sur la diversité des approches et des épistémologies, au sens des théories des connaissances, en s’appuyant sur les apports des philosophies et connaissances du Sud et de l’économie solidaire. Continuer à lire … « Une stratégie de l’émancipation »

Contre la répression, pour la résistance – Iran – Appel à manifester partout en Europe le 21 janvier

Paris – 14h – Place des fêtes – Roja Paris

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« Ils peuvent couper toutes les fleurs,
ils n’empêcheront jamais le printemps » Pablo Neruda

La République islamique d’Iran est née par la violence : celle qui s’est abattue sur les luttes des femmes et des minorités sexuelles et de genre, comme sur la mobilisation contre le hijab obligatoire dès mars 1979 – la légitimité historique de ce premier acte a été rappelée ces dernières années avec la mobilisation des « filles de la rue de la révolution » et plus récemment encore avec l’insurrection suite au meurtre de Jina (Mahsa) Amini – ; la violence du jihad contre les minorités nationales non perses ; la répression sanglante des mouvements d’autodétermination et des minorités religieuses et non religieuses ; la violence de la répression des classes populaires, entraînant la dissolution des conseils autonomes dans le monde du travail et à l’échelle des quartiers. Ce régime a posé ses fondations en éliminant physiquement les opposant.es lors de la décennie noire (années 1980) – à l’ombre de la guerre Iran-Irak – et s’est finalement stabilisé avec l’exécution de milliers de prisonnier.e.s révolutionnaires lors de l’été 1988. La contre-révolution islamique a pris le dessus sur la révolution progressiste de 1979. Depuis, l’existence de la République islamique dépend de la constante répression physique et idéologique. Récemment, le guide A. Khamenei a brandi la menace des massacres de masse, en écho à celui des années 1980. Mais cette fois-ci c’est le régime qui craint de disparaître. Le mouvement « Femme, Vie, Liberté » a montré que ce régime est mort dans l’esprit des habitant.es de ce territoire. Il a aussi montré que l’intimidation, qui a jusque-là permis la survie du régime, ne suffit plus. Nasrin Qaderi, étudiante kurde devenue martyre par une balle reçue à Téhéran, a écrit dans son dernier message sur Internet : « N’essayez pas de nous faire craindre la mort ! Nous la connaissons, nous avons déjà vécue ! ». Le mouvement « Jin, Jiyan, Azadi » a inscrit la lutte contre les ennemis de la vie au cœur-même des existences, comme le montre le slogan « les martyrs ne meurent jamais ». Continuer à lire … « Contre la répression, pour la résistance – Iran – Appel à manifester partout en Europe le 21 janvier »

Silence = mort

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Le 1er décembre dernier, journée mondiale de lutte contre le SIDA, Steven Trasher, auteur de La Sous-Classe Virale, publiait ces mots sur twitter :

« Si les tendances actuelles se maintiennent, il y aura plus de deux fois plus de personnes aux États-Unis qui mourront du Covid (120 000) au cours de l’année prochaine que de personnes qui sont mortes du SIDA au cours de son année la plus meurtrière (55 000 en 1995).

Pourquoi y a-t-il si peu de colère à ce sujet ? Si peu de sentiment d’urgence ? Les mort·es du Covid sont-iels acceptables et « jetables » ?

Il ne s’agit pas de faire jouer le SIDA contre le COVID. Beaucoup des mêmes facteurs expliquent pourquoi les gens meurent de l’un ou l’autre, ou des deux. 

Mais au début des années 1990, l’activisme politique était FURIEUX face aux décès du SIDA, alors qu’il emportait moins de la moitié des personnes que le COVID emporte actuellement. 

Pourquoi ce silence et cette complaisance aujourd’hui ?

Le constat est le même de ce côté-ci de l’Atlantique. 

Et le silence, épais, est glaçant. Continuer à lire … « Silence = mort »

Où en est la résistance féminine ukrainienne ? Compte-rendu (+ Butterfly Vision)

A Paris, le 10 janvier dernier, la salle du Maltais Rouge accueillait 70 participant-e-s à l’appel du collectif féministe du Réseau Européen de Solidarité avec l’Ukraine (RESU), en lien avec un réseau féministe de pays de l’est de l’Europe et le collectif russe Feminist anti-war resistance. Un beau succès pour cette réunion ouverte sur la situation de la résistance ukrainienne, avec des militantes d’Ukraine, du Kazakhstan, de Russie, impliquées dans la solidarité.

Des femmes impliquées localement dans des initiatives anticoloniales ont abordé la question de l’impérialisme russe et la solidarité féministe anticoloniale. Continuer à lire … « Où en est la résistance féminine ukrainienne ? Compte-rendu (+ Butterfly Vision) »

Colonisation israélienne, entreprises européennes, droits palestiniens

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

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La politique israélienne vis-à-vis du territoire et du peuple palestinien fait régulièrement l’objet de condamnations internationales. Cela n’empêche pourtant pas de nombreux États et entreprises, en particulier en Europe, d’entretenir des relations économiques étroites avec l’État d’Israël et ses colonies de peuplement illégales.

Depuis plus de septante-quatre ans de colonisation sioniste-israélienne de la Palestine, le peuple palestinien subit une Nakba continue, faite de dépossession, de fragmentation, de persécution et de nettoyage ethnique. La ségrégation, l’occupation militaire prolongée, l’apartheid, les violations systématiques et généralisées des droits humains, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité sont autant de manifestations clés du projet d’Israël, un État intrinsèquement militarisé qui pratique un colonialisme de peuplement. C’est ainsi que le peuple palestinien s’est vu refuser le droit à l’autodétermination qui englobe naturellement le droit au retour des réfugié·es palestinien·nes. Continuer à lire … « Colonisation israélienne, entreprises européennes, droits palestiniens »

Trio : sans piano (21)

Si le trio batterie/contrebasse/piano est souvent considéré comme le trio par excellence, les combinaisons de trois instruments sont aujourd’hui très variées.
Une diversité surprenante, des inventions et des (dés)équilibres toujours renouvelés, des surprises encore et pas seulement par le choix de l’instrument « soliste ». Au hasard de ré-écoutes récentes.
Continuer à lire … « Trio : sans piano (21) »

95% des Afghan.e.s souffrent de la faim, tandis que le Canada, après avoir envahi et dévasté leur pays bloque toujours l’aide

Alors que l’Afghanistan s’efforce à gérer ses multiples crises sociales et économiques résultant de décennies de guerre et des sanctions occidentales qui ont suivi, le gouvernement canadien empêche toujours les organismes de bienfaisance de livrer des envois de nourriture et d’aide médicale indispensables à la population souffrante.

Plus tôt en 2022, l’administration américaine a saisi $7 milliards à la banque centrale afghane, privant Kaboul des fonds dont elle a besoin pour gérer un nombre de crises urgentes de l’approvisionnement alimentaire et des soins de santé.

Le 15 mars, les Nations Unies a rapporté :
« Le pourcentage stupéfiant de 95% des Afghan.e.s ne mangent pas à leur faim, ce chiffre passant à près de 100% dans les foyers dirigés par une femme… [Le coordinateur humanitaire] a brossé un tableau des salles d’hôpital remplies d’enfants souffrant de malnutrition, dont beaucoup pèsent à âge d’un an ce qu’un enfant de six mois pèserait dans un pays développé, avec certain.e.s « si faibles qu’ils et elles sont incapables de bouger » ».
Continuer à lire … « 95% des Afghan.e.s souffrent de la faim, tandis que le Canada, après avoir envahi et dévasté leur pays bloque toujours l’aide »

Financer les systèmes de retraite sans report de l’âge légal ? C’est possible ! (+ appel Politis -communiqué LDH – tracts : Visa, CNDF)

A la lumière de la situation actuelle et des choix du gouvernement en matière de « finances publiques », il apparaît clairement que le financement des « retraites » peut être assuré durablement sans pour autant imposer un report de l’âge légal de départ à la retraite et un allongement de la durée de cotisation.

Retour sur les prévisions moins alarmistes du COR et les intentions gouvernementales
Rappelons en préalable que la question du financement a été dramatisée par le gouvernement. En effet, pour le Conseil d’orientation des retraites (COR), dans un contexte d’une stabilisation de la part des dépenses de retraite dans le PIB, le solde du système de retraite accuserait un faible déficit d’ici 2032 (0,5 à 0,8 point de PIB). Un déficit que les réserves du système de retraite (8,3% du PIB) pourraient d’ailleurs couvrir.

Rappelons également que les systèmes de retraites sont financés par les cotisations sociales et l’impôt. Il existe en effet des transferts financiers de l’État vers la branche vieillesse de la Sécurité sociale, outre le financement des pensions de retraite des fonctionnaires par l’impôt. C’est en réduisant sa contribution que l’État entend dégager des moyens budgétaires. Ce qui pourrait lui permettre par ailleurs, en abaissant le montant moyen des pensions, de favoriser les régimes privés complémentaires, la retraite par capitalisation, dans l’intérêt des fonds de pension ce qui constitue de longue date l’un des principaux objectifs des « réformes ». Continuer à lire … « Financer les systèmes de retraite sans report de l’âge légal ? C’est possible ! (+ appel Politis -communiqué LDH – tracts : Visa, CNDF) »

Traquer les petits détails qui finissent par «(dé)former les esprits »

axelle_COUVERTURE_250_BD-1« Quand j’écris : « le féminisme est un journalisme », cela signifie que notre façon d’être féministes, dans axelle, c’est d’utiliser notre curiosité, notre honnêteté et notre code de déontologie journalistique pour faire émerger les histoires bâillonnées des femmes dont tout le monde se moque, et leur rendre du pouvoir ».
C’est aussi considérer
axelle comme un espace de résistance, de luttes, de joie, de rencontre, de « commun » entre femmes qui s’y côtoient, témoins-expertes, journalistes, conseillères, lectrices, soutiens, passeuses…».
Sabine Panet dans son édito Depuis 25 ans, pour axelle, le féminisme est un journalisme, parle de pratiques professionnelles, de questionnements, de transformation des rapports inégalitaires, de représentations, d’engagement…

Dossier : Pourquoi les femmes s’emparent des médias
« Dossier éclairage, dossier manifeste, dossier miroir, et ouverture vers d’autres médias féministes venus contribuer à légitimer l’existence des femmes dans les médias » Continuer à lire … « Traquer les petits détails qui finissent par «(dé)former les esprits » »

« Que fait et pense la gauche ukrainienne ? »

Sur la question de savoir si l’on doit se rendre dans l’abri en cas d’alerte aérienne, les avis divergent. « Si je peux, j’y vais toujours », dit Brie, une activiste de gauche qui s’occupe de la reconstruction dans les régions libérées d’Ukraine. « Je ne suis jamais allé dans un abri », annonce fièrement Aleksandr Skyba. « Il faudrait vraiment être très malchanceux pour être touché – d’ailleurs, c’est quoi ces conneries ? »

Skyba est conducteur de locomotive et conduit des trains de marchandises à travers le pays ; au début de la guerre, ils transportaient des fournitures de secours et des personnes en fuite, aujourd’hui ce sont des matériaux de construction ou du matériel militaire. Le fait qu’il ne s’inquiète pas trop des frappes de roquettes est pratique dans son métier : les trains roulent, alerte aérienne ou pas. Par exemple, le mercredi 23 novembre, lorsque le système d’alerte se met à hurler peu après 13 heures. Continuer à lire … « « Que fait et pense la gauche ukrainienne ? » »

Uniforme à l’école !

Le « débat » sur le port de l’uniforme à l’école, qui régulièrement remonte à la surface de l’actualité, me consterne chaque fois un peu plus. S’il ne se manifestait que dans une jobardise de plus en plus franche et recherchée, passe encore ! j’écouterais alors volontiers les commentateurs dits « politiques », à l’heure du dîner, pour me détendre et rigoler, et je mangerais ensuite mon dessert, en regrettant toutefois que ces modernes et comiques troupiers ne débitent plus leurs morceaux en alexandrins. Car, tant qu’à faire rire, n’est-ce pas, autant que ce soit dans la ciselure d’un beau vers… Continuer à lire … « Uniforme à l’école ! »

Que nous apprend la troisième génération

L’émancipation ressort de manière inattendue. Elle ne gagne pas toujours, elle est souvent réprimée, mais elle bouleverse les certitudes et change les perspectives d’avenir. La magnifique révolte des jeunes femmes iraniennes redonne de l’espoir quelle que soit l’issue de ce mouvement [1]. Elles ont déclaré, « nous sommes la troisième génération ». Faisons l’hypothèse que cette proposition de troisième génération est valable à l’échelle mondiale. Avec de grandes différences suivant les situations, elle traduit un bouleversement culturel. Le changement culturel porte sur la redéfinition des voies de l’émancipation, vers la définition de nouveaux possibles. Comme l’exprimait Franz Fanon en s’adressant aux jeunes algériens interpellés par la lutte de libération nationale de l’Algérie, « chaque génération, dans une certaine opacité, doit découvrir sa mission, pour la remplir ou pour la trahir ».

Chaque génération est marquée par les grandes luttes et mobilisations qui ont été reconnues, au-delà des diversités des situations, comme communes et significatives. Admettons l’hypothèse que les jeunesses du monde sont engagées dans une troisième génération. Continuer à lire … « Que nous apprend la troisième génération »

Mandat d’arrêt international et nouvelle audience contre Pinar Selek

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Le 21 juin 2022, l’agence de presse publique turque a annoncé l’annulation par la Cour Suprême de Turquie du quatrième acquittement de Pinar Selek, prononcé le 19 décembre 2014 par le Tribunal criminel d’Istanbul. Auparavant, Pinar Selek avait effectivement comparu au cours de trois procédures criminelles, qui ont toutes constaté son innocence, au long des 25 années de persécution politico-judiciaire qu’elle continue à subir. Après l’avoir emprisonnée et torturée pour ses recherches sociologiques sur les Kurdes, le pouvoir turc a décidé de faire d’elle une « terroriste » en fabriquant de toutes pièces les éléments voulus pour démontrer contre toute évidence la survenance d’un attentat, alors que tout a établi que l’explosion du Marché aux épices d’Istanbul de 1998 a été provoquée accidentellement. Continuer à lire … « Mandat d’arrêt international et nouvelle audience contre Pinar Selek »