Je fais un grand détour ou bien je ferme les yeux

product_9782070148271_195x320De l’ile de Noirmoutier au Congo ou l’inverse, des mondes en continuité et en entre-les-deux, des mondes métis.

En marchant, « C’est en marchant que les idées me viennent, que mon imagination prend essor, que les réponses à mes questionnements, aux mystères et aux énigmes affluent dans mon esprit, que l’inspiration se diffuse en moi, que les brouillons de mes textes se purifient ». Le promeneur et les possibles de l’histoire.

Henri Lopez décale les visions, un OCNI « objet coloré non identifié » chez les indigènes d’une ile pour écrire sa thèse sur Les soldats noirs d’Afrique centrale au cours des deux guerres mondiales européennes… L’inversion des regards et l’œil ironique immergé dans les ajustements des uns et des autres, « Ils ressemblent à tout, sauf à ce qu’ils sont. Ils ressemblent à tout, à des gens, ou des choses, semblables aux autres, interchangeables, sans valeur, sans intérêt, dérangeants et inquiétants ». Une histoire de métis pleine d’humour…

Indigènes, un homme mystérieux Assanakis, lien non fortuit entre les différents niveaux du livre, des mots le sens propre de nos entendements, celui nommé le « Méridional », celui qui dit « Je ne suis pas un homme de couleur, mais un nègre », La Niquette, les méti

L’intempestif, le crime ordinaire et le basculement derrière les identités choisies.

Les luttes anti-colonialistes, le Congo, les espoirs et les dérives… Une autre histoire, peut-être… Ce premier basculement, malgré la thèse sujet évoqué, malgré le nom cité de Fernando Pessoa, l’écrivain aux plumes multiples, peut sembler incongru, étrange.

Un second basculement, histoire dans l’histoire, « revenir aux années quarante », tisse de sens les moments éclatés, métisse les moments et les personnages, donne vies aux croisements, hasard objectif…

Le récit se déplie, les niveaux s’enchevêtrent, les lumières jettent des ombres sur le coté, les éclairages plausibles…

Des dialogues et des situations. Qui est métis ? Quels sont les lieux où nous pourrions souhaiter disparaître ? Qui sommes-nous derrière les regards et les projections ?

De lancinantes dérives, la force d’une littérature aux sons et aux couleurs tissées de l’un vers l’autre.

« Je n’ai qu’un passeport, mais deux pays. Deux pays intérieurs : ici et là-bas »

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Henri Lopez : Le Méridional

Continents Noirs – Gallimard, Paris 2015, 212 pages, 17,90 euros

Didier Epsztajn

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