Je n’ai plus peur. Je veux me battre, puisqu’on ne se battra pas pour moi

soeurs-volees« Entre 1980 et 2012, 1181 femmes autochtones ont disparu ou été assassinées ». Dans sa préface Widia Larivière rappelle que « proportionnellement 1181 femmes autochtones représentent environ 30 000 femmes canadiennes ou 55 000 femmes françaises ». Elle parle donc de la violence faite aux femmes autochtones, des impacts encore actuels de la colonisation, de victimes de crimes et non de faits divers, d’un autre crime l’« indifférence », de féminicide…

Une préface écrite à Montréal « territoire mohawk non cédé » (Sur ce point, en complément possible : Un Conseil de chefs amérindiens a offert une amnistie partielle à environ 220 millions d’immigrants blancs illégaux vivant aux États-Unis, un-conseil-de-chefs-amerindiens-a-offert-une-amnistie-partielle-a-environ-220-millions-dimmigrants-blancs-illegaux-vivant-aux-etats-unis/).

Des femmes meurent par centaines « pour l’unique raison qu’elles sont des femmes ». Au Canada un féminicide « à bas bruit », des victimes « filles et femmes amérindiennes ». Dan son enquête, suite à deux nouvelles disparitions, Emmanuelle Walter décrit un « angle mort d’un pays prospère ».

Un livre poignant sur ces disparitions et meurtres, sur les conditions de vie d’autochtones, sur des femmes et des hommes, sur celles et ceux « qui une vie qui n’est pas une vie »…

La colère contre la police et les médias, le sentiment d’immense solitude, le rappel des 150 000 enfants autochtones enlevé-e-s à leurs parents durant un siècle et le motif de « placement » : la pauvreté, les réserves et la vie hors réserve, les conditions socio-économiques, les périodes « alcool-drogue-décrochage scolaire », les « marches de la mémoire », les récits stupéfiants…

L’auteure aborde, entre autres, « La violence familiale, la violence dans les communautés, la violence de la rue, la violence sexuelle, la violence raciste, toutes les violences sont susceptibles de s’abattre sur elles et de les faire tomber », les disparitions, « trop souvent, c’est le grand rien. Pas de traces, pas de corps », les cris absorbés dans un « Canada ouaté, feutré »…

Elle insiste sur « les militantes se battent contre le discours policier qui attribue aux jeunes femmes autochtones des « comportements à risques » » (nous connaissons bien cette petite ritournelle : la faute à la victime), les conditions socio-économiques des populations membres des Nations Premières, le continuum des violences, la place des femmes autochtones dans « la cohorte livide et silencieuse », les racines sociales de la violence raciale, le racisme systémique, les discriminations policières, l’inertie et le mépris…

« Parce que j’ai l’impression

que tes yeux

font une courbe

autour de moi. »

Emmanuelle Walter met en avant les mobilisations des femmes pour savoir, leurs expertises et leurs organisations, « Nous devons trouver les solutions nous-mêmes »…

#ItEndsHere. C’est ici que ça s’arrête.

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En complément possible :

Cherry Smiley : Dans l’enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées, n’oubliez pas les filles !, dans-lenquete-sur-les-femmes-autochtones-disparues-ou-assassinees-noubliez-pas-les-filles/

Deux Communiqués de l’AFAC – Association des femmes autochtones du Canada, deux-communiques-de-lafac-association-des-femmes-autochtones-du-canada/

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Emmanuelle Walter : Soeurs volées

Enquête sur un féminicide au Canada

Editions Lux 2014, 224 pages, 18 euros

Didier Epsztajn

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