L’industrie pornocriminelle cible les enfants et la justice abdique !

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Malgré la loi qui l’interdit, l’industrie pornocriminelle cible les enfants, les conditionne à l’érotisation de la violence sexuelle, à la culture du viol, à la haine des femmes, à la haine raciale, en toute impunité. L’ARCOM a saisi le 8 mars 2022 la justice qui vient ce 24 mai de refuser le blocage de cinq sites pornographiques pourtant mis en demeure de vérifier l’âge des internautes. La Justice a fait primer les intérêts des pornocrates et des « consommateurs » de pornographie sur les droits fondamentaux et l’intégrité psychique et physique des enfants. 

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La star Billie Eilish a déclaré avoir visionné du porno dès l’âge de 11 ans, et que cela avait « détruit son cerveau ». Au moment d’entrer dans la sexualité, « dévastée » par la pornographie, elle n’a pas réussi à refuser des pratiques violentes non désirées et reste hantée par des cauchemars, conséquences traumatiques de son exposition précoce à des violences sexuelles pornographiques. 

Selon une étude américaine, 88% des vidéos contiennent des scènes de violence sexuelle [1] (gorge profonde agressive, étranglement, sodomie violente, éjaculation faciale, coups, tirage de cheveux, crachats, urine, bukkake…). Faute d’éducation à la vie sexuelle et affective, ces vidéos pornographiques éduquent les adolescents et adolescentes à l’érotisation et à la banalisation de la violence sexiste, à la haine des femmes, à la haine raciale. Selon l’étude de « Mémoire traumatique et victimologie » de février 2021, à cause de la pornographie, les jeunes sont la tranche d’âge qui adhère le plus à la culture du viol (34% des hommes de 18 à 24 ans pensent que quand une femme dit « non », elle pense « oui »). Les jeunes, dont le cerveau est en construction [2], peuvent développer une addiction, recherchant des contenus de plus en plus violents, et deviennent incapables d’entrer dans des relations affectives ou sexuelles basées sur la bienveillance et le désir partagé : hausse de sentiments dépressifs et détérioration de la santé mentale, problèmes d’érection pour les garçons, incapacité pour les filles à nommer et à refuser des pratiques sexuelles violentes. A l’heure de #METOO, la pornographie est responsable d’une immense crise de santé publique.

L’industrie pornographique ne s’y trompe pas en inondant de contenus pornos, par le biais de pop-ups, les plateformes de streaming et de jeux en ligne, très souvent utilisés par les enfants et les adolescents. Par ailleurs, les pornocrates, qui disposent de moyens illimités, font aussi un lobbying intense avec les meilleurs cabinets d’avocats pour se soustraire à l’obligation de vérifier l’âge de leurs utilisateurs [3] 

Si en effet le Code pénal interdit d’exposer les mineur.es à de la pornographie, les sites n’ont jamais appliqué cette loi, se contentant de demander en un clic « avez vous bien 18 ans ? » à l’entrée du site. L’article 23 de la loi du 30 juillet 2020 oblige dorénavant les sites à contrôler effectivement l’âge des internautes, et donne mandat à l’ARCOM de vérifier la mise en place de dispositifs efficients. Il a fallu attendre octobre 2021 pour obtenir le décret d’application, puis attendre décembre 2021 pour obtenir une première mise en demeure de l’ARCOM sur 6 sites signalés par les associations de protection de l’enfance dès 2020. De son côté, en décembre 2021, Osez le Féminisme ! a fait une seconde saisine auprès de l’ARCOM sur 118 sites ne respectant pas la loi. Nous attendons la réponse de l’ARCOM ! 

Parmi les 6 premiers sites mis en demeure, « Jacquie & Michel » prétend avoir mis en place un dispositif de contrôle, qui se révèle inefficace [4]. Ce dispositif, non conforme, a suffi à l’ARCOM pour ne pas les inquiéter pour l’instant. Les autres sites, Pornhub, Tukif, XHamster, XVideos et Xnxx ont tout bonnement ignoré les mises en demeure de l’ARCOM qui les a renvoyés devant la justice. Mais ce 24 mai 2022, la Justice a refusé le blocage des sites incriminés, arguant d’une « erreur de procédure ». Jouer des délais pour rester dans l’illégalité est une stratégie parfaitement assumée de l’industrie pornocriminelle. 

En parallèle, Osez le Féminisme ! a signalé plus de 200 vidéos de contenus illicites à la plateforme PHAROS : vidéos pédocriminelles, de violences sexuelles, d’acte de torture, ou d’apologie de la haine raciale, ou d’incitation à commettre un crime (viol, inceste…). Aucun contenu n’a été retiré pour l’instant. 

En somme, la diffusion des contenus sexuels et misogynes est hors de contrôle, au plus grand bonheur des pornocrates. L’échec de l’ARCOM à obtenir de la Justice le blocage des sites est une honte. Face à une industrie pornocriminelle dans la totale illégalité, l’État comme la Justice tergiverse, attend et finalement abdique. Nous exigeons que la pornographie cesse d’être cette zone de non-droit, et qu’une réponse forte et efficace soit enfin enclenchée. 

[1] https://www.humanite.fr/en-debat/pornographie/plusieurs-etudes-alertent-le-porno-violent-culture-secrete-des-adolescents
[2] https://theconversation.com/la-pornographie-modifierait-le-cerveau-decouvrez-comment-128047
[3] https://www.lavoixdux.com/2021/12/06/breve-136-xvideos-engage-la-creme-du-lobbying-de-lempire-bollore/
[4] « Jacquie & Michel » a osé fallacieusement plaider « l’erreur technique » devant la commission sénatoriale s’étonnant que le contenu pornographique soit encore accessible.  

Auteur : entreleslignesentrelesmots

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