Roman Rosdolsky : Staline et la fusion des peuples dans le socialisme

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

Ce texte1 est paru dans le N°428 d’octobre 1998 de la revue Inprecor.

Même les auteurs, qui contrairement aux adulateurs du dictateur soviétique ne considèrent pas Staline comme le « penseur le plus génial de notre époque », font généralement une exception — en faisant de Staline un théoricien de la question des nationalités. Ils songent alors à la brochure de Staline de 1913 qui représente en effet une de ses meilleures productions écrites (et elles ne sont pas très nombreuses). Pourtant, même si cet écrit — rédigé sous la direction intellectuelle immédiate de Lénine et avec la collaboration de Boukharine — possède des qualités indéniables, il ne faut pourtant pas oublier qu’il ne représente au fond qu’une popularisation de conceptions provenant d’autres auteurs (avant tout de Lénine). Mais un théoricien doit être jugé d’après ses résultats scientifiques originels et non pas d’après ses conceptions vulgarisatrices. Et de la même manière que nous pouvons évaluer l’importance d’un Say ou d’un MacCulloch en tant que penseurs de l’économie politique sur la base de leurs mérites pour la popularisation et la systématisation des doctrines d’Adam Smith et Ricardo, nous devons également dans le cas présent examiner les productions originales de Staline en tant que théoricien de la question nationale.

Comme preuve de ce que nous avançons, l’escapade de Staline (on ne peut guère la nommer autrement) dans le domaine de la théorie des nationalités en 1930 nous servira de pièce à conviction. Nous avons, ici, en vue, le discours de Staline au XVIe congrès du parti communiste de l’Union soviétique (juin 1930) qui fut édité depuis en des centaines de milliers d’exemplaires et dans toutes les langues possibles. Il y expliquait au cours d’une polémique contre les « déviations vers le chauvinisme grand-russe » dans la question nationale : « Lénine n’a jamais dit que les distinctions nationales dussent disparaître, et les langues nationales se fondre en une seule langue dans les limites d’un seul État, avant la victoire du socialisme à l’échelle mondiale. Lénine a dit, au contraire, quelque chose de directement opposé, à savoir que « les distinctions nationales et étatiques entre les peuples et les pays […] se maintiendront encore très, très longtemps, même après la réalisation de la dictature du prolétariat à l’échelle mondiale [souligné par nous, J. S.] ». Comment peut-on se référer à Lénine en oubliant cette indication capitale formulée par lui ? Il est vrai qu’un ex-marxiste, poursuit Staline, aujourd’hui renégat et réformiste, M. Kautsky, affirme quelque chose de directement opposé à ce que nous enseigne Lénine. Il affirme, contrairement à Lénine, que la victoire de la révolution prolétarienne dans l’État austro-allemand unifié, au milieu du siècle passé, eût amené la formation d’une seule langue allemande commune et la germanisation des Tchèques, car « la seule force de l’échange libéré de ses entraves, la seule force de la culture moderne apportée par les Allemands, eût, sans la moindre germanisation forcée, transformés en Allemands les petits-bourgeois, les paysans et les prolétaires tchèques arriérés, auxquels leur nationalité chétive ne pouvait rien donner ». Il est évident qu’une telle « conception » s’harmonise parfaitement avec le social-chauvinisme de Kautsky. Ce sont justement les vues de Kautsky que j’ai combattus en 1925, dans mon intervention à l’Université des peuples d’Orient. Mais est-il possible que ce bavardage antimarxiste d’un social-chauvin allemand sans vergogne puisse avoir un sens positif pour nous, marxistes, désireux de rester jusqu’au bout des internationalistes ? Qui a raison, Kautsky ou Lénine ? Si c’est Kautsky, comment expliquer alors le fait que des nationalités relativement arriérées, comme les Blancs Russiens et les Ukrainiens, plus proches des Grands-Russes que le sont les Tchèques des Allemands, n’ont pas été russifiées à la suite de la victoire prolétarienne en URSS, mais, au contraire, ont ressuscité et se sont développées comme nations indépendantes ? Comment expliquer que des nations telles que les Turkmènes, les Kirghizes, les Ouzbeks, les Tadjiks (sans parler des Géorgiens, des Arméniens, des Azerbaïdjanais et autres), bien qu’arriérées, non seulement ne sont pas russifiées à la suite de la victoire du socialisme en URSS, mais, au contraire, ont ressuscité et se sont développées en nations indépendantes ? N’est-il pas clair que nos honorables déviationnistes courant après un internationalisme de façade, sont tombés dans les griffes du social-chauvinisme kautskyste ? »

Quand on lit cette pompeuse tirade de Staline, on ne cesse pas d’être étonné. Selon les conceptions de Lénine, Trotsky, Boukharine et d’autres théoriciens éminents du bolchevisme, K. Kautsky est resté un marxiste orthodoxe jusqu’à la Première Guerre mondiale en 1914, environ, et est passé dans le camp du réformisme seulement au début de cette guerre. Mais nous apprenons à présent que « le jeune marxiste » Kautsky était devenu dès 1896 (car les phrases de Kautsky incriminées par Staline datent de cette année) un « social-chauvin allemand sans vergogne » ! Mais quand avait-il été marxiste ? (À l’époque par exemple où il collaborait encore à Zurich aux Annales de Hochberg et se trouvait, selon son propre aveu, seulement « sur la voie du marxisme » ?)

Mais cela n’est qu’accessoire. Le côté intéressant de la question est plus important que la lutte de Staline avec la chronologie. Pour la compréhension du lecteur actuel, il faut rappeler que les phrases de Kautsky, dont il s’agit ici, sont extraites de sa préface à la traduction allemande des articles d’Engels sur la Révolution et la contre-révolution en Allemagne qui parurent à l’origine dans la New York Tribune. Dans ces articles Engels répète le pronostic erroné qu’il avait déjà établi deux ans auparavant dans La Nouvelle Gazette Rhénane, selon lequel les populations slaves de l’Autriche et de la Hongrie d’alors (à l’exception des Polonais) ainsi que les Roumains hongrois « n’avaient pas d’avenir en tant que nations indépendantes » et allaient au devant d’une assimilation par leurs puissants voisins (les Allemands, les Hongrois et les Polonais). En tant qu’éditeur de la série d’articles d’Engels, Kautsky devait naturellement prendre position vis-à-vis de ce pronostic si impitoyablement réfuté par l’histoire — et il le fit dans une étude historique pénétrante qui lui fait honneur en tant que chercheur original. Le pronostic erroné d’Engels, pense Kautsky, était à l’époque, lorsqu’il fut établi (vers le milieu du siècle précédent) tout à fait justifié scientifiquement. S’il ne s’est pas réalisé malgré tout, « la faute réside ailleurs que dans la connaissance défectueuse des faits. Elle réside dans la seule grande erreur que Marx et Engels commirent depuis la découverte des fondements matériels du développement historique » à savoir dans leur hypothèse que la défaite de la révolution de 1848 n’était que passagère et qu’en l’espace de peu d’années lui succéderait une nouvelle révolution victorieuse. Mais s’ils avaient eu raison dans cette attente, dit-il plus loin, le destin de ces populations, et particulièrement des Tchèques enclavés dans les territoire allemands, aurait dû apparaître comme scellé — par suite de l’arriération culturelle et de la structure de classe tout à fait sous-développée des Slaves autrichiens sans histoire. « Sans la moindre germanisation forcée, la force de l’échange libéré de ses entraves, la force de la culture moderne apportée par les Allemands eut transformé en Allemands les petits-bourgeois, les paysans et les prolétaires tchèques arriérés, auxquels leur nationalité chétive ne pouvait n’en donner. » L’histoire prit cependant un autre cours : au lieu de la révolution radicale espérée, eut lieu le développement relativement lent du capitalisme, qui devait conduire les masses populaires des populations slaves plébéiennes à une opposition croissante contre la bourgeoisie allemande devenue réactionnaire et les classes nobles hongroises et polonaises qui lui étaient alliées. Entre temps cependant la structure de classe des Slaves tchèques et autres Slaves autrichiens s’était fondamentalement transformée. Ils n’étaient plus des « peuples de valets » sans histoire, ils possédaient déjà leur propre bourgeoisie, leur couche d’intellectuels et leur propre prolétariat et purent ainsi emprunter la large voie de leur renaissance nationale. C’est ainsi que le pronostic autrefois justifié d’Engels devait se révéler en l’espace de quelques décennies totalement non fondé.

Voilà pour la préface de Kautsky. On peut certes émettre de nombreuses objections justifiées contre son analyse, car nous devons considérer aujourd’hui la chose avec des yeux totalement autres qu’en 1896. Mais on ne pourra guère nier que pour l’époque et pour l’état d’alors de la science sociologique cette analyse représentait une certaine performance et était totalement pénétrée de l’esprit de la méthode de Marx. (On ne peut en tout cas pas trouver dans la littérature marxiste ultérieure de meilleure présentation du problème que celle de Kautsky.) L’invective de Staline doit donc nous apparaître comme saugrenue et grossièrement non scientifique !

Très bien — mais si l’interprétation historique par Kautsky des conceptions de Marx et Engels devait quand même contenir un petit grain de chauvinisme, si se manifestait une certaine motivation « inconsciente » à savoir la motivation de la germanisation ? Que devrions-nous alors dire d’Engels et de Marx eux-mêmes qui n’interprétèrent pas des conceptions étrangères dans La Nouvelle Gazette Rhénane et dans la New York Tribune, mais défendirent les leurs propres qui aboutissaient précisément à une assimilation des Slaves autrichiens qui leur semblait inévitable ? Les deux hommes étaient en effet de l’avis que, en tout cas dans les circonstances de l’époque, « la force de l’échange libéré de ses entraves, la force de la culture moderne, apportée par les Allemands » auraient dû transformer « les petits-bourgeois, les paysans et les prolétaires tchèques arriérés » en Allemands. Faut-il alors aussi considérer Marx et Engels comme des « social-chauvins allemands sans vergogne » ? Et sinon, pourquoi ce qu’on leur passe devrait-il être reproché comme un crime à Kautsky ? Il ne doit pas y avoir deux poids et deux mesures, n’est-ce pas ? Pourtant ce que Staline fit de mieux au XVIe congrès du parti est certes sa référence aux conférences à « l’Université des peuples d’Orient » en 1925 où il avait déjà « combattu » prétendument la préface de Kautsky de janvier 1896. Mais qu’en est-il en réalité ? Voici les paroles mêmes de Staline : « On parle (Kautsky par exemple) de la création d’une langue unique commune à toute l’humanité, toutes les autres langues devant dépérir dans la période du socialisme. le ne crois guère à cette théorie d’une langue unique, universelle. En tout cas, l’expérience ne plaide pas pour, mais contre une telle théorie. Jusqu’ici les choses se sont passées de telle sorte que la révolution socialiste n’a pas diminué, mais augmenté le nombre des langues ; car, secouant les couches les plus profondes de l’humanité et les poussant sur la scène politique, elle éveille à une vie nouvelle toute une série de nouvelles nationalités, autrefois inconnues ou peu connues. Qui aurait pu croire que l’ancienne Russie tsariste renfermait au moins 50 nationalités et groupes ethniques ? Or; la révolution d’Octobre, ayant rompu les vieilles chaînes et mis en avant toute une série de peuples et peuplades oubliés, leur a donné une vie nouvelle et un nouveau développement. »

On le voit : Staline adopte ici un ton beaucoup plus mesuré vis-à-vis de Kautsky que lors du congrès du parti en 1930. Ce n’est pas étonnant en effet, il polémique ici non pas contre la préface mentionnée de 1896, mais contre des conceptions tout à fait différentes de Karl Kautsky et qui appartenaient depuis toujours à l’arsenal de la doctrine bolchevique. Il est bien vrai que Kautsky parla plusieurs fois (comme avant lui déjà Marx et Engels) de la vraisemblance de la fusion des peuples dans un lointain avenir du socialisme. Mais — et ici commence le côté « délicat » de l’affaire — cette idée fut soulevée beaucoup plus fréquemment et énergiquement par Lénine. […]

Il est donc clair que dans cette question (le dépérissement des différences nationales dans la société socialiste) Kautsky et Lénine sont parfaitement d’accord. Les deux constatent le caractère assimilateur du développement moderne, les deux saluent la « fusion des peuples » (volontaire et non violente !), les deux voient en elle le but du socialisme. Seulement Lénine, en tant que révolutionnaire radical, souligne ce point de vue encore plus énergiquement que Kautsky et cela Staline le savait parfaitement. Son exposé de 1925 ne représentait au fond qu’une polémique secrète contre Lénine. D’où son « par exemple », c’est pourquoi il nomme Kautsky pour ne pas avoir à nommer « par exemple » Lénine !

Mais, remarquera à nouveau le lecteur, Staline se prononça en 1930 aussi pour la théorie léniniste de la « fusion des peuples », tandis que cinq ans auparavant il avait nié la justesse de cette théorie (restée controversée dans le camp socialiste). N’est-ce pas là une contradiction ?

Certes, et c’est ainsi que quelques participants au congrès de 1930 le comprirent qui osèrent même (ah comme cette époque était alors libérale !) attirer l’attention du dictateur soviétique sur cette contradiction dans une question écrite : « Vous combattiez alors — ainsi était rédigée cette question que nous extrayons du discours de clôture de Staline (qui les commente également par des remarques mises entre parenthèses) — la théorie de Kautsky sur le dépérissement des langues nationales et la création d’une seule langue commune dans la période du socialisme [dans un seul pays, Staline] ; et maintenant, dans votre rapport […] vous déclarez que les communistes sont partisans de la fusion des cultures nationales et des langues nationales en une seule culture commune, avec une seule langue commune [dans la période de la victoire du socialisme à l’échelle mondiale, Staline]. N’y a-t-il pas là quelque chose d’obscur ? »

« Je pense, répondit Staline, qu’il n’y a là ni point obscur, ni contradiction d’aucune sorte [!] […] En ce qui concerne la perspective plus éloignée des cultures nationales et des langues nationales, je m’en suis toujours tenu et continue de m’en tenir à la conception léniniste suivant laquelle dans la période de victoire du socialisme, à l’échelle mondiale, quand le socialisme s’affermira et entrera dans les moeurs, les langues nationales devront infailliblement se fondre en une seule langue commune, qui ne sera évidemment ni grande-russe, ni allemande, mais quelque chose de nouveau […]. Apparemment, les auteurs de ce billet n’ont pas compris […] que la question du dépérissement des langues nationales et de leur fusion en une seule langue commune, n’est pas une question intérieure d’État […] mais une question internationale, la question de la victoire du socialisme à l’échelle internationale. »

On peut ici toucher pour ainsi dire du doigt la mauvaise foi de Staline. Il était tout à fait naturel qu’en tant que pragmatique incorrigible il ne veuille accorder aucun crédit en 1925 à la thèse marxiste traditionnelle de la « fusion des peuples dans le socialisme ». (Finalement chacun a le droit d’avoir une opinion personnelle et ce trait de caractère de Staline doit nous paraître plutôt sympathique.) Mais l’astuce dont il se sert n’est pas normale, l’excuse selon laquelle sa critique d’alors valait non pas pour la fusion des peuples « après la victoire du socialisme à l’échelle mondiale », mais seulement « après la victoire du socialisme dans un seul pays ». Car, d’abord, sa conférence à « l’Université des peuples d’Orient » ne se laisse pas interpréter ainsi avec la meilleure volonté. Et ensuite il n’est jamais venu à l’esprit ni de Kautsky, ni de Lénine de poser la question sous cette forme absurde. Ils insistèrent sans cesse, bien plutôt, sur le fait que « la fusion des peuples » ne pourrait avoir lieu qu’après une très longue période, peut-être seulement après des siècles. Il fallait donc une absence de scrupule particulière (et d’ignorance) pour citer comme preuve contraire la vieille préface de Kautsky de 1896 qui traitait de la révolution bourgeoise allemande de 1848-1849 et accuser ainsi Kautsky de social-chauvinisme allemand. (D’autant plus, que, dans ce cas, Marx et Engels devaient apparaître avant tout comme des archi-chauvins !) La digression théorique de Staline témoigne par conséquent d’un tel primitivisme qu’il est vraiment pénible de devoir en traiter. Lui-même n’aurait sûrement pas osé deux ou trois ans auparavant apparaître avec de telles inepties devant un congrès du parti — on se serait purement et simplement moqué de lui… Mais manifestement le fier parti de Lénine manquait à ce point de colonne vertébrale en 1930 et était à ce point brisé qu’il devait même supporter les rodomontades du « grand théoricien des nationalités », Staline2

À propos du livre « Friedrich Engels et le problème des« peuples sans histoire » »

La théorie d’Engels sur les « peuples sans histoire » a été brillamment critiquée par Roman Rosdolsky, qui a prouvé son incohérence fondamentale. Il explique le rôle réactionnaire joué par les mouvements nationaux slaves durant les soulèvements de 1848 à la lumière des contradictions intrinsèques à la révolution en Europe orientale : les quelques nations qui luttaient pour leur propre libération comme la Pologne et la Hongrie, opprimaient des autres nationalités et des minorités ethniques en leur propre sein. La bourgeoisie et l’aristocratie terrienne formaient les forces sociales dominantes du mouvement polonais et magyar qui s’opposaient aux autres « nations paysannes ». Les Ruthènes (Ukrainiens) de Galice, par exemple, ne soutenaient pas les revendications indépendantistes des Polonais, parce qu’ils défendaient déjà les embryons de leur propre identité nationale, une identité nationale qui exprimait elle-même le conflit de classe qui les opposait aux propriétaires terriens polonais. Les Serbes, les Croates, les Roumains, les Slovaques et toutes les autres « nations paysannes » de l’Europe sud-orientale entretenaient la même attitude à l’égard des Allemands et des Magyars. En réalité, ces soi-disant « peuples sans histoire » auraient participé à la révolution s’ils avaient pu obtenir une réforme agraire de la bourgeoisie et de l’aristocratie terrienne, mais la direction chauviniste et conservatrice des mouvements nationaux allemands, polonais et magyar n’acceptèrent pas cette réforme et poussèrent ainsi les masses paysannes dans les bras de la contre-révolution tsariste.

Au lieu d’appréhender – au moyen d’une méthode marxiste –les racines sociales du mouvement panslaviste, Engels dressa une carte de l’Europe basée sur deux catégories :  les « nations révolutionnaires » et les « peuples sans histoire », les premiers étant considérés comme historiquement viables, tandis que les seconds étaient relégués au statut de fragments sans vie du passé. Cette position, qui dénie a priori la possibilité d’un réveil subséquent des « peuples sans histoire » est complètement anti-dialectique. Rosdolsky prouve, à travers d’abondantes citations, que même après 1848 Engels maintint sa vision de la révolution en Europe centrale et orientale comme étant fondamentalement allemande, avec les mêmes alliés (en premier lieu les Polonais) et les mêmes ennemis (la Russie tsariste et le mouvement panslave).

(Extrait de l’ouvrage de Michael Löwy, Patries ou planète ?, Éditions Page deux, Lausanne 1997.)

1 A l’époque, les Éditions de la Passion, en collaboration avec Jean-Marie Brohm avaient prévu la publication de trois volumes d’oeuvres de Roman Rosdolsky.

Le volume 1, Genèse du « Capital » chez Karl Marx, devait contenir la totalité du principal ouvrage de l’auteur, un classique de la critique de l’économie politique, paru en allemand en 1968, dont seulement la moitié fut jusque là publiée en français (Maspéro, 1976).

Le volume 2 devait aborder en profondeur, par la critique des positions de Friedrich Engels, la question des nationalités telle que ce dernier l’avait plus que maladroitement traitée et théorisée. L’extrait ici publié est le dernier appendice intitulé « Staline et la fusion des peuples dans le socialisme », complété d’un court texte de Michael Löwy sur Rosdolsky et sa critique pertinente.

Le volume 3 devait rassembler des essais et articles inédits ainsi que des correspondances (avec Ernest Mandel, Otto Morf, Alexander Schwarz…).

En espérant que ces ouvrages soient enfin publiés en français…

2 Extrait de Friedrich Engels und das Problern der gescbicbtslosen Viilker (Die Nationalitatenfrage in der Revolution 1848-1849 im Lichte der «  Neuen Rheinischen Zeitung » ) qui devait paraître en traduction française aux Éditions de la Passion, sous le titre : Roman Rosdolsky, Œuvres 2, Friedrich Engels et la question des « peuples sans histoire » (la question des nationalités dans la révolution de 1848-1849 à la lumière de « La Nouvelle Gazette Rhénane »).

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Une réponse à “Roman Rosdolsky : Staline et la fusion des peuples dans le socialisme

  1. Rosdolsky avait raison, mais c’est nettement plus compliqué que ça. D’abord parce qu’on ne résout pas les problèmes à coups de citation, mais comme dit l’autre à partir d’analyses concrètes des situations concrètes. Et si on veut citer les grands hommes, comme le montre Kevin Anderson, à la lumière d’un dépouillement très complet de ce qui est aujourd’hui accessible des correspondances et articles de presse de Marx, lui et l’ami Engels n’ont pas toujours partagé exactement les mêmes analyses, et les positions de Marx ont considérablement évolué sur les questions nationales et sur le monde slave. https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2015/11/05/entretien-avec-kevin-b-anderson/

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