Il n’y pas de travail sur une planète morte (+Pour une grève climatique d’une journée, le 23 septembre 2022)

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Montréal, 20 juin 2022 – Des représentant.e.s du mouvement étudiant et du milieu syndical appellent conjointement la population du Québec à se mobiliser, le 23 septembre qui vient, pour la justice climatique. Des syndicats ont lancé un appel à la grève, et prévoient organiser des manifestations dans plusieurs grandes villes du Québec, dont Montréal, Québec, Sherbrooke et Gatineau.

« Nous n’avons plus de temps », dit François Geoffroy, porte-parole de Travailleuses et Travailleurs pour la Justice Climatique (TJC). « Notre seule chance d’éviter un dérèglement climatique catastrophique, c’est d’amorcer dès maintenant une sortie complète du pétrole et du gaz. Nos gouvernements refusent de le faire. » Les syndicats mobilisés, dont cinq se sont déjà dotés d’un mandat de grève, en appellent en effet à un bannissement complet des énergies fossiles, ainsi qu’à une taxation massive de la richesse, pour un réinvestissement dans les services publics et les programmes sociaux. « Seule la grève nous permettra de construire le rapport de force nécessaire pour faire contrepoids au lobby des énergies fossiles », poursuit M. Geoffroy.

« Les étudiants doivent reprendre la rue pour protéger leur avenir », dit Amélie Beaulé, déléguée de l’association étudiante du Cégep de Saint-Laurent. « Dès la rentrée, nous proposerons à nos membres de se joindre au mouvement de grève. Nous invitons toutes les associations étudiantes du Québec à faire la même chose », poursuit-elle. À l’instar des associations syndicales, ils, elles et iels dénoncent l’absence d’ambition en matière climatique et sociale du gouvernement Legault. « La lutte aux dérèglements climatiques et le financement des services publics et programmes sociaux doivent être des enjeux centraux de la prochaine campagne électorale », termine la déléguée.

Plusieurs organisations communautaires sont aussi de la partie, dont le Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ), le Front d’Action Populaire en Réaménagement Urbain (FRAPRU) et le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), qui invitent leurs membres à se mobiliser.

La Fédération Nationale des Enseignants et Enseignantes du Québec (FNEEQ-CSN), la Fédération de la Culture et des Communications (FNCC-CSN), le Conseil Central des Laurentides (CCSNL-CSN) et le Conseil Central de l’Estrie (CCSNE- CSN) ont aussi endossé les revendications du mouvement.


Montreal, June 20, 2022 – Representatives from unions and the student movement are calling on the people of Quebec to mobilize on September 23 for climate justice. Unions have called for a strike, and are planning demonstrations in several major cities in Quebec, including Montreal, Quebec City, Sherbrooke and Gatineau.
« We’re running out of time, » says François Geoffroy, spokesperson for Travailleuses et Travailleurs pour la Justice Climatique (TJC). « Our only chance to avoid catastrophic climate disruption is to immediately begin a complete transition away from oil and gas. Our governments refuse to do that. » The mobilized unions, five of which have already issued a strike mandate, call for a complete ban on fossil fuels, as well as massive taxation of wealth for reinvestment in public services and social programs. « Only striking will allow us to build the necessary power to counterbalance the fossil fuel lobby, » continues Mr. Geoffroy.
« The students come back to the streets to protect their future », says Amélie Beaulé, delegate of the Cégep de Saint-Laurent student association. « As soon as the school year starts, we will be encouraging our members to join the movement. We invite all student associations in Quebec to do the same », they continue. Like the unions, they denounce the lack of ambition and seriousness in climate and social matters of the Legault government. « The fight against climate change and the financing of public services and social programs must be central issues in the next election campaign, » concludes the delegate.

Several community organizations are also taking part, including the Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ), the Front d’Action Populaire en Réaménagement Urbain (FRAPRU) and the Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), who are inviting their members to mobilize.
The Fédération Nationale des Enseignants et Enseignantes du Québec (FNEEQ-CSN), the Fédération de la Culture et des Communications (FNCC-CSN), the Conseil Central des Laurentides (CCSNL-CSN) and the Conseil Central de l’Estrie (CCSNE-CSN) have also endorsed these demands.

Signataires :
Syndicat des professeur.es du Cégep de Saint-Laurent (SPCSL)
Syndicat des étudiants et étudiantes employé.e.s de l’UQAM (SÉTUE)
Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep Montmorency (SEECM)
Association étudiante du Cégep de Saint-Laurent (AECSL)
Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de Granby (SEECG)
Association des étudiant.e.s en sciences sociales du l’Université Laval (AÉSS)
Association des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences de l’Éducation de l’UQAM (ADEESE)
Association des Étudiant.e.s Gradué.e.s en Sciences et Génie de l’Université Laval (AEGSEG)
Association générale étudiante de la faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Sherbrooke (AGEFLESH)
Association étudiant.e.s de l’école des affaires publiques et communautaire à Concordia (AÉÉAPC)
Comité mobilisation de l’Association Étudiante du Cégep de Sherbrooke (AECS – comité mob)
Liberal Arts Society / Société des Arts Libéraux, Université Concordia (LAS)

Pour plus d’information sur l’appel à la grève climatique :
https://justiceclimatique.org/

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Relations médias
Krystel Marylène Papineau
438 492 6537
krystelpapineau@hotmail.com

https://www.pressegauche.org/Il-n-y-pas-de-travail-sur-une-planete-morte

Manif-23-septembre


Pour une grève climatique d’une journée, le 23 septembre 2022

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Bonjour, je suis ici au nom de Travailleuses et Travailleurs pour la Justice Climatique, un collectif fondé par les personnes qui ont porté la mobilisation de grève climatique en septembre 2019. On se souvient qu’à ce moment-là, 14 syndicats étaient en grève illégale. Les étudiants avaient lancé le bal (150 000 en grève), mais quand les syndicats de profs ont commencé à se prononcer, les directions d’établissement se sont mises à soutenir la mobilisation. Tout le réseau a fermé, du primaire à l’université. Ça a joué un rôle important dans la mobilisation historique qu’on a eue ce jour-là.

À main levée, qui est inquiet au sujet de la dérèglementation du climat ? 
Quelques informations : 
On sait qu’on se dirige vers une augmentation de 3 à 4 degrés d’ici la fin du siècle. 3 degrés, c’est une diminution de 30 à 50% des récoltes mondiales. 4 degrés, c’est 75% de la population du globe qui est exposée régulièrement à des vagues de chaleur mortelle. Ajoutez à ça l’explosion des conflits liés à la raréfaction des ressources, les tensions liées aux migrations climatiques, la multiplication des pandémies…

Ça, c’est l’avenir. Un avenir pas si éloigné. Tout ce que je viens de vous décrire devrait se produire vers la fin du siècle. Qui a des enfants ici ? Des petits-enfants ?

Ce que je viens de décrire, vos enfants vont le vivre. 3 degrés, pour l’instant, c’est prévu pour 2090.

Aujourd’hui, on est à 1,1 degré de réchauffement. Déjà, on a vu des incendies hors de contrôle en Australie et sur la côte ouest américaine. On se souvient de la petite ville de Lytton, en Colombie-Britannique, qui a été rasée par le feu l’été dernier après que la température y ait atteint 49 degrés Celsius. Au Québec, les événements extrêmes (sécheresses, inondations, gel/dégel) affectent déjà les récoltes. Le Canada se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne du globe, alors nous ne serons pas épargnés, loin de là. En ce moment, en Inde et au Pakistan, les températures tournent autour de 50 degrés. Les récoltes sont sévèrement touchées et l’Inde, deuxième pays producteur de blé, vient d’en interdire l’exportation pour prioriser la consommation interne.

Je le répète, nous ne sommes qu’à 1,1 degré de réchauffement. L’accord de Paris, que nous ne sommes absolument pas partis pour respecter, vise 1,5 ou 2 degré. Je vous laisse imaginer ce qui nous attend, dans le meilleur des cas. 1,1 degré, c’est des sécheresses, des feux, des famines. 1,5 degré, ça va être pire. 2 degrés, ça va être terrible… mais ça va être viable. C’est pour ça qu’on se bat : garder un monde minimalement viable.

TJC a été créé parce que nous croyons que les syndicats sont la seule force organisée qui puisse faire contrepoids aux lobbys pétroliers et gaziers, pour forcer l’État à sortir rapidement des énergies fossiles. Nos syndicats sont des institutions démocratiques, alors à nous de nous servir de nos instances pour voter des résolutions fortes, qui vont nous donner une chance de survie. Nous sommes en discussion avec le mouvement étudiant et le mouvement communautaire depuis novembre, et nous visons à ramener la mobilisation climatique au niveau où elle était avant la pandémie, pour ensuite l’amener beaucoup, beaucoup plus loin.

Pour l’instant, nous avons lancé un appel à une grève climatique d’une journée, le 23 septembre qui vient. Jusqu’ici, deux fédérations (une de la CSN et une de la CSQ) et un conseil régional (le conseil central des Laurentides) ont appuyé le mouvement. Un premier syndicat s’est doté d’un mandat de grève, trois autres voteront dans les prochaines semaines et plusieurs ont annoncé leur intention de se prononcer à l’automne. Le plancher a été annoncé à 20 syndicats, 10 000 membres.

TJC demande deux choses : 

  • Une sortie complète des énergies fossiles d’ici 2030. C’est ambitieux, mais nécessaire. Les études les plus récentes nous disent que, pour avoir 50% de chances de ne pas dépasser le 1,  degré, les pays riches doivent cesser complètement leur production de pétrole et de gaz au plus tard en 2034. Au Québec, compte tenu de notre production hydroélectrique et de notre potentiel éolien, nous sommes un des endroits au monde où une sortie rapide des énergies fossiles serait le plus facilement envisageable. Mais ça demanderait une mobilisation énorme de tous les secteurs de la société civile.

  • Un réinvestissement massif dans les services publics et le filet social. Parce qu’une transformation de société aussi rapide et aussi importante, ça pourrait laisser beaucoup de personnes dans une situation de grande précarité, et c’est ce qu’on doit éviter à tout prix. La lutte pour le climat est indissociable de la lutte pour une plus grande justice sociale.

Vous vous en doutez, l’appui d’une deuxième fédération, une fédération qui n’est pas une fédération de l’enseignement, pourrait contribuer fortement à faire grandir le mouvement. On connaît les risques associés à la grève sociale. Ce qu’on sait, par contre, c’est que le nombre est notre meilleure protection. Plus nous serons nombreux à nous mobiliser, plus la répression sera coûteuse politiquement. On sait que tous les gains sociaux importants auxquels les syndicats ont contribué ont passé par des mouvements de grève : la semaine de 40 heures, l’interdiction du travail des enfants, les normes de sécurité… rien de tout ça n’aurait été gagné sans de longues grèves, toutes illégales. Surtout, on sait aussi que si on ne fait rien, nos enfants vont grandir dans un monde qui n’a pas grand-chose à voir avec celui que nous connaissons. La pandémie nous a donné un avant-goût de ce que c’est, un monde en crise. Ce qui nous attend est bien pire.

En terminant, je voulais dire quelques mots à propos de la résolution qui vous sera soumise. On parle d’un appui aux revendications, rien de plus. D’autres fédérations ou conseils centraux sont allés plus loin, mais je comprends que pour l’instant, vous n’avez pas ce mandat-là de vos membres. À la FNEEQ, par exemple, une résolution très ambitieuse a été adoptée, mais ça a été fait parce que la base poussait : plusieurs syndicats membres sont sur le point de voter une journée de grève. Alors dans votre cas, si vous avez envie d’aller plus loin, invitez-nous dans vos assemblées. Laissez-nous présenter la mobilisation à vos membres. On sait que ça doit venir d’eux.

Présentation rédigée par : François Geoffroy Krystèle Marylène Papineau Félix-Étienne Caron

https://www.pressegauche.org/Pour-une-greve-climatique-d-une-journee-le-23-septembre-2022

Auteur : entreleslignesentrelesmots

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