Iran : Femme, Vie, Liberté (quelques textes)

  • La grève des travailleurs du pétrole s’étend
  • Elham Hoominfar : « Les principales perdantes de la révolution de 1979 sont les artisanes de la nouvelle révolution »
  • Arshin Adib-Moghaddam : « Les manifestations contre le hidjab sont désormais massives, mais une révolution nécessitera que l’armée change de camp »
  • Dorna Javan : Le slogan « Femme Vie Liberté » au cœur de l’insurrection en cours en Iran
  • Germe : « Femme, Vie, Liberté » : Iran, un mouvement qui vient de loin


La grève des travailleurs du pétrole s’étend

Le conseil des travailleurs  du pétrole a rapporté aujourd’hui que les travailleurs de la société de raffinage du pétrole d’Abadan se sont rassemblés devant la porte d’entrée du personnel et ont commencé leur grève. Selon les nouvelles d’hier, une partie de ces travailleurs qui avaient arrêté de travailler ont été confrontés aux forces de sécurité qui voulaient empêcher la grève.

Hier, les travailleurs de ce secteur, en solidarité avec le soulèvement révolutionnaire du peuple et en criant « mort au dictateur », ont entamé un rassemblement et une grève dans plusieurs centres pétroliers à Asaluye et Kangan, à South Pars et à Abadan.

Selon les dernières nouvelles, un certain nombre de travailleurs pétroliers en grève ont été arrêtés. Les noms de certains des travailleurs détenus sont : Mehdi Jahanbakhshi – Ali Mahmoudi – Hadi Moulai – Noor Ali Bahadri – Farid Koravand – Kambiz Mehmadi – Shahin Najafi – Ahmed Pour – Farshid Moradi – Ali Shapouri et Omid Koravand.

Pour protester contre ces arrestations et pour la libération des travailleurs arrêtés, les travailleurs se préparent à organiser un rassemblement au carrefour principal d’Assalouye. La zone est intensément militarisée et plusieurs convois de sécurité y ont été envoyés.

Dans une déclaration hier soir, le conseil de l’organisation des protestations des travailleurs  du pétrole a appelé les travailleurs à la grève et aux rassemblements, a également appelé toutes les travailleurs du pétrole à se joindre à la grève afin de faire face aux arrestations, et à la solidarité avec le soulèvement national. La déclaration du conseil indique : « Le conseil d’organisation des travailleurs appelle tous les travailleurs du pétrole, les travailleurs du transport de carburant et les collègues travaillant dans le forage, l’exploitation, les raffineries et la pétrochimie à une grève nationale dans l’industrie pétrolière en solidarité avec les protestations du peuple. Le conseil d’organisation appelle à la libération immédiate et inconditionnelle des personnes récemment arrêtées et de tous les prisonniers politiques, au retrait des forces de répression des rues, à la fin de la répression du peuple, à la présentation et au jugement de tous les auteurs ». Il souligne également que les assassins de Mahsa Amini et tous ceux qui ont été tués doivent être nommés et jugés.

Il convient de mentionner qu’hier, les travailleurs en grève de Kangan ont donné un ultimatum de trois jours pour protester contre la présence policière dans de leur espace de protestation et l’arrivée des renforts du régime dans la région et ont annoncé que si les forces de répression ne sont pas retirées des centres pétroliers, ils poursuivront et élargiront leur protestation à d’autres régions.

11 octobre 2022
Shahla.daneshfar2@gmail.com
Publié par Free Them Now
Traduction Patrick Le Tréhondat
https://laboursolidarity.org/fr/n/2363/la-greve-des-travailleurs-du-petrole-s039etend

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« Les principales perdantes de la révolution de 1979 sont les artisanes de la nouvelle révolution »

Récemment, à Téhéran, la plus grande ville d’Iran, Mahsa Amini, une Kurde de 22 ans, a été arrêtée par la « police des mœurs » iranienne pour avoir porté de manière inconvenante le hidjab imposé par le gouvernement. Elle a été battue, et trois jours plus tard, elle est morte. La réaction des Iraniens – en particulier des jeunes femmes iraniennes – ne s’est pas fait attendre. Aujourd’hui, ce qui a d’abord été considéré comme une « simple » protestation semble se transformer en une nouvelle révolution en Iran, comme le pays n’en a pas connu depuis plus de quarante ans. Les femmes sont à l’avant-garde du mouvement revendicatif.

Certains analystes qui observent les événements en Iran et sur les réseaux sociaux [malgré les mesures prises par le gouvernement pour bloquer au maximum l’internet] considéreront, à la vue de ces événements, que ce serait la première fois que des femmes se trouvent à l’avant-garde d’un mouvement. En réalité, les femmes ont été à l’avant-garde de la plupart des mobilisations en Iran, mais c’est la première fois que les revendications des femmes visant à mettre fin à la violence et à la discrimination fondées sur le genre sont en première ligne des manifestations à l’échelle de l’ensemble du pays [dont la population urbaine s’élève à 76% du total]. En tant que sociologue qui travaille sur les mouvements sociaux, je considère les mobilisations actuelles pour l’égalité des sexes en Iran comme faisant partie d’une lutte de plusieurs décennies contre l’oppression des femmes. Il ne s’agit pas seulement de protester contre le meurtre d’une jeune femme [et de bien d’autres, actuellement] par le gouvernement iranien parce qu’elle ne portait pas convenablement son hidjab ; il s’agit plutôt de l’aboutissement de décennies d’oppression des femmes et de politiques misogynes, une protestation qui se transforme vite en révolution.

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Ce dont vous êtes témoins en Iran a une longue histoire de résistance contre un régime théocratique qui a pris le pouvoir après la révolution de 1979 avec violence et brutalité. Au lendemain de la révolution islamique, l’ayatollah Khomeini a déclaré obligatoire le port du hidjab, contraignant les femmes à se couvrir les cheveux et le corps. Peu après, les islamistes ont approuvé les lois de la charia pour régir la vie et le corps des femmes [Notes 1 et 2].

Plutôt que d’accepter ces nouvelles limitations de leur liberté corporelle, le 8 mars 1979, Journée internationale de la femme, quelques semaines seulement après la révolution [contre le régime du Shah], des milliers de femmes ont organisé des manifestations de rue massives afin de protester contre les nouvelles formes d’oppression sexiste et les lois de la charia visant à limiter leurs libertés. Leurs principaux slogans étaient « Nous n’avons pas fait de révolution pour revenir en arrière » et « Egalité, égalité, ni tchador ni foulard ». Finalement, ces manifestations de rue ont été brutalement réprimées et la société iranienne n’a pas fait grand-chose pour appuyer les femmes. Pour la plupart, les organisations sociales et politiques n’ont pas soutenu ces manifestations car ils estimaient qu’elles risquaient de déclencher une contre-révolution [Notes 3, 4 et 5]. A l’époque, les revendications des femmes n’étaient pas une priorité.

Pourtant, en 1979, ce qui était en jeu, et ce qui continue de l’être dans les mobilisations et protestations présentes – qui se propagent en Iran – n’est pas simplement un mouvement contre les seules lois imposant de manière obligatoire le hidjab. En effet, au lendemain de la révolution de 1979, le rôle des femmes dans la société iranienne a fondamentalement changé. Les dirigeants islamistes ont réussi à mettre en place une ségrégation entre les sexes, usurpant de nombreux droits que les femmes avaient acquis grâce à des mouvements historiques. Dès le début de la République islamique, l’Etat a utilisé tous les outils dont il disposait à l’époque, notamment les médias, les systèmes éducatifs, les décisions politiques et le système juridique, pour présenter le port du hidjab et les lois islamiques qui restreignent les rôles sociaux et les droits des femmes comme des conventions et des règles sociales essentielles.

L’un des outils utilisés au cours des quatre dernières décennies pour faire respecter l’oppression sexiste a été la « police des mœurs » – l’entité même qui est aujourd’hui tenue responsable de la mort tragique de Masha Amini. Des patrouilles de surveillance de rue [dans lesquelles sont intégrées des femmes] arpentent régulièrement les espaces publics pour s’assurer que les femmes respectent le port du hidjab et découragent vigoureusement l’utilisation de produits cosmétiques. D’autres « gardiens de la moralité » sont présents dans presque toutes les institutions gouvernementales et dans toutes les universités publiques ou privées d’Iran, afin de faire respecter non seulement le code vestimentaire des femmes, mais aussi les comportements des femmes et des hommes selon le système idéologique sexué de la charia [c’est-à-dire une loi islamique qui codifie la vie religieuse, sociale, politique et individuelle; des «châtiments» spécifiques sont établis ; en 2012 le Conseil des Gardiens – un organisme non élu de 12 juristes religieux – a examiné l’ensemble de la législation afin de certifier la comptabilité entre la Constitution de l’Iran et la charia et a approuvé un code pénal modifié, par rapport à celui de 1991 – Réd.].

Le résultat de ce système d’oppression des genres et de politiques misogynes – qui dure depuis des décennies – a affecté tous les aspects de la vie des femmes. La ségrégation de genre a été systématiquement appliquée à tous les endroits où les femmes peuvent être vues en public: écoles, transports publics, universités, espaces de loisirs et lieux de travail. En conséquence, les femmes ont été mises à l’écart, leurs conditions de travail et d’éducation devenant de plus en plus précaires. Au cours des décennies qui ont suivi la révolution, les femmes ont été régulièrement licenciées en raison de leur tenue vestimentaire, de leur comportement et de leur mode de vie. Les femmes n’avaient pas le droit de poursuivre de nombreux domaines d’études dans les universités et étaient exclues de certains types d’emplois [Notes 6 et 7].

Après la révolution, l’une des rares possibilités offertes aux femmes a été de poursuivre des études supérieures dans les universités. Des années 1980 à aujourd’hui, les femmes ont occupé une place de plus en plus importante dans les universités. Pourtant, leur statut de citoyennes hautement qualifiées n’a pas ouvert de nouvelles opportunités aux femmes sur le lieu de travail. Les statistiques sont ici illustratives. Avant la révolution, en 1976, le taux d’alphabétisation des femmes était de 35%, tandis que leur participation à la population active était de 12,9%. En 1986, seulement 8,2% des femmes étaient employées en Iran, malgré un taux d’alphabétisation de 52% [Note 8]. En 2016, l’année la plus récente pour laquelle des statistiques sont disponibles, la participation des femmes à l’activité professionnelle était de 14,9%, un gain impressionnant par rapport au chiffre de 1986. Toutefois, leur taux d’alphabétisation se situait à hauteur 82,5% [Note 9] ! Aujourd’hui, malgré leur niveau d’éducation impressionnant au fil des décennies, la majorité des personnes paupérisées en Iran sont des femmes [Note 10] qui, selon la charia, sont censées être économiquement dépendantes des hommes. Ce n’est là qu’une des nombreuses injustices dont les femmes sont victimes depuis des décennies. Voici un contexte déterminant pour comprendre les protestations actuelles.

Parallèlement, la charia, qui régit la famille et le mariage, a systématiquement relégué au second plan le statut des femmes. Elles n’ont pas les mêmes droits en matière de mariage, de divorce et de garde de leurs enfants. Les actes de naissance désignent le père de l’enfant, mais le nom de la mère est omis, ce qui supprime leurs droits légaux sur leurs propres enfants. Le mariage des mineures est légal. Le choix d’un emploi, d’un lieu de résidence ou la possibilité pour une femme de quitter le pays dépendent entièrement de la permission de son mari. La polygamie a été légalisée et encouragée; par contre des femmes qui sont trouvées avec un autre homme que leur mari ont été condamnées à mort par l’Etat [Notes 11 et 12].

Depuis la révolution de 1979, légalement et officiellement, les femmes sont devenues des citoyennes de seconde zone, ce qui n’était pas le cas auparavant. Avant 1979, les inégalités entre les sexes étaient nombreuses en Iran, mais cet apartheid entre les sexes est nouveau. Par ailleurs, il est clair que les femmes qui appartiennent à des familles puissantes de l’Etat et qui croient en ce système idéologique obtiennent de nombreux avantages, par exemple, elles occupent certains postes gouvernementaux, alors que les femmes de la classe laborieuse se trouvent dans des conditions plus difficiles et plus précaires [Note 13]. Bien que le qualificatif général « femmes » doive être utilisé avec prudence, les femmes, en particulier les femmes de la classe laborieuse et les femmes des minorités ethniques et religieuses, ont le plus souffert et le plus perdu sous le régime islamique. Cela peut nous faire penser que les femmes ont été les plus grandes perdantes avec le régime islamique.

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Cependant, les femmes iraniennes n’ont jamais été les victimes silencieuses de leur statut et condition de marginalisées. En plus d’avoir organisé la première manifestation de masse contre le régime islamique, le 8 mars 1979, les femmes utilisent depuis des décennies des instruments visibles – et aussi dissimulés – pour contrer leur propre oppression. Les femmes sont actives dans les mouvements populaires visant à favoriser l’équité entre les sexes, à résoudre des problèmes environnementaux et à améliorer les droits des enfants et des minorités ethniques. Par exemple, il y a quelques années [en 2018], les « filles de la rue Enqelab » [la principale rue de Téhéran qui relie la place Enqelab à la place de l’imam Hossein ; son nom complet: rue Enqelab-e islami ; elle a remplacé la rue Shah Reza, le fondateur de la dynastie Pahlavi] ont protesté en retirant leur foulard dans la rue en signe de protestation contre le hijab obligatoire en Iran [depuis 2017, lors des « mercredi blanc », des foulards immaculés ont parsemé les rues en protestation contre le voile obligatoire – Réd.]. Le fait que les femmes, et en particulier les jeunes femmes, aient récemment retiré et brûlé leur foulard dans les rues s’inscrit dans la continuité de ces protestations antérieures. En effet, dans tous les mouvements sociaux en Iran depuis la révolution, les femmes ont toujours participé et ont souvent été à l’avant-garde des contestations contre l’oppression.

Ce qui est nouveau dans les récentes protestations, c’est que leurs actions font l’objet d’une attention nationale et internationale, et leurs exigences ayant trait au hidjab sont manifestes et mises au premier plan. En fait, le principal slogan du mouvement actuel, « #Femme, Vie, Liberté », est issu d’un mouvement de libération, les femmes kurdes partisanes en Turquie et en Syrie. Elles qui ont enduré des décennies de discrimination ethnique et ont une histoire de lutte contre le patriarcat, l’oppression nationale, la tyrannie, les conséquences du colonialisme et Daech. Leur message se répand bien au-delà de l’Iran. Les femmes iraniennes, actuellement en première ligne dans la mobilisation d’ensemble, attirent l’attention non seulement sur leur propre oppression mais aussi sur celle des femmes afghanes. Les femmes du Moyen-Orient et d’ailleurs « descendent » dans les médias sociaux et aussi dans la rue afin de soutenir leurs sœurs en première ligne du combat.

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L’Iran a connu de nombreuses manifestations au cours des dernières décennies. La société iranienne a certainement été confrontée à une accumulation de différents problèmes. Le régime [corrompu] de la mollahcratie traduit son incapacité dans différents domaines. Pour ce qui concerne les questions économiques, il faut souligner qu’un Iranien/Iranienne sur trois survit sous le seuil de pauvreté [Note 15].

La réponse des dirigeants a été constante: la répression violente. La mémoire collective des Iraniens et Iraniennes est marquée par l’oppression et l’humiliation. Récemment, l’Etat islamique a répondu à l’extension du mouvement en tuant brutalement des hommes et des femmes. Bien que les statistiques officielles ne soient pas disponibles, on estime que le gouvernement iranien a tué au moins 200 personnes, dont 19 mineurs [Note 16]. Le 30 septembre, la République islamique d’Iran a bombardé et tué au moins 95 personnes à Zahedan [la capitale de la province de Sistan-et-Balouchistan; les habitant·e·s font partie, en majorité de l’ethnie Baloutche et parlent baloutche – Réd.] qui sortaient de la prière [d’une mosquée sunnite]. Pourtant, les tactiques d’oppression violente de l’Etat ont l’effet inverse: la révolution se propage. [Le thème de l’unité des diverses mobilisations s’est affirmé ces derniers jours et met en échec les tactiques de divisions du régime qui pérore sur la volonté de division du pays par des « minorités » – Réd.]

Des slogans tels que « C’est une révolution des femmes, c’est tout le système qui est visé » et « N’appelez pas cela une protestation, mais une révolution » témoignent d’un engagement sociétal plus large en faveur d’un changement progressiste, malgré la violence avec laquelle les dirigeants tentent de le réduire au silence. Et le mouvement s’étend. Récemment, cette révolution a dépassé les frontières du genre, de l’ethnie, de la nationalité et de la religion.

Cette semaine, les femmes baloutches (les femmes les plus démunies et les plus opprimées d’Iran en raison de leur appartenance ethnique, de leur sexe et de leur religion) ont fait une déclaration en rejoignant le mouvement « Femmes, Vie, Liberté » et en affirmant qu’elles se tiennent debout et se battent avec leurs sœurs pour construire la première révolution féminine de l’histoire [Notes 17]. Parmi ceux qui rejoignent massivement le mouvement, on trouve des jeunes: des étudiants d’université, des collèges et des lycées, mais aussi des artistes et des athlètes qui mettent leur vie en danger afin de construire un Iran plus juste pour toutes et tous. Plusieurs secteurs de la classe ouvrière, qui se trouvent au cœur de l’économie iranienne, appellent à la grève pour soutenir le mouvement: parmi eux les enseignants, des syndicats et, plus important, ceux travaillant dans les centres pétroliers et de la pétrochimie : Asalouyeh, Abadan, Bouchehr…

En tant qu’Iranienne et sociologue spécialisée dans les mouvements sociaux, la progression de cet esprit révolutionnaire avec les jeunes femmes en première ligne est aussi stimulante qu’est alarmante l’observation des tactiques d’oppression brutale de l’Etat. Pourtant, il est important de comprendre ce moment dans un contexte plus large. Le meurtre de Mahsa Amini par la police des mœurs a été une étincelle qui a enflammé des braises de colère et de militantisme qui couvaient depuis des décennies.

Il s’agit d’une révolution des femmes qui dépasse les frontières de l’ethnie, de la nationalité et de la religion. Le soutien de divers groupes ethniques à ces protestations est la force de cette révolution. Cette révolution a visé l’ensemble de la structure de discrimination et de réaction en Iran et au Moyen-Orient. Cela ne signifie pas que nous verrons bientôt le résultat de cette révolution des femmes. Il existe encore des couches traditionnelles dans la société qui s’inquiètent des slogans et des mouvements émancipateurs. Cela ne signifie pas que les groupes anti-mouvement ne sont pas actifs, ils peuvent provoquer des dérives. La République islamique peut réprimer sévèrement et brutalement ce mouvement. Avec toutes ces menaces et conditions réelles, cela signifie que nous sommes au début de la fin d’une période.

[1] Moghissi, Haideh. 1996. Populism and Feminism in Iran: Women’s Struggle in a Male-Defined Revolutionary Movement. New York: St Martin’s Press
[2] Higgins, Patricia J. 1985. “Women in the Islamic Republic of Iran: Legal, Social, and Ideological Changes.” Signs: Journal of Women in Culture and Society 10 (3): 477—494.
[3] Moghissi, Haideh. 1996. Populism and Feminism in Iran: Women’s Struggle in a Male
[4] Defined Revolutionary Movement. New York: St Martin’s Press
[5] Poya, Maryam. 1999. Women, Work and Islamism: Ideology and Resistance in Iran. London: Zed Books
[6] Haeri, Shahla. 2009. “Women, Religion and Political Agency in Iran.” In Contemporary Iran: Economy, Society, Politics, edited by Ali Gheissari, 125—150. Oxford: Oxford University Press.
[7] Poya, Maryam. 1999. Women, Work and Islamism: Ideology and Resistance in Iran. London: Zed Books
[8] Hoominfar, E., & Zanganeh, N. (2021). The brick wall to break: women and the labor market under the hegemony of the Islamic Republic of Iran. International Feminist Journal of Politics23(2), 263-286.
[9] Ibid.
[10] Ibid.
[11] women.ncr-iran.org
[12] Sahraoui, Hassiba Hadj. 2015. “Iran: Proposed Laws Reduce Women to ‘Baby Making Machines’ in Misguided Attempts to Boost Population.” Amnesty International, March 11. Accessed December 16, 2020.
[13] Hoominfar, E., & Zanganeh, N. (2021). The brick wall to break: women and the labor market under the hegemony of the Islamic Republic of Iran. International Feminist Journal of Politics23(2), 263-286.
[14] Nomani, Farhad, and Sohrab Behdad. 2006. Class and Labor in Iran: Did the Revolution Matter? Syracuse, NY: Syracuse University Press.
[15] meidaan.com
[16] 
www.human-rights-iran.org
[17] 
www.akhbar-rooz.com

Elham Hoominfar
Elham Hoominfar est une sociologue iranienne ayant commencé ses études en Iran. Après un doctorat auprès de l’Utah State University Logan, elle enseigne actuellement au Northwester Weinberg College of Arts & Sciences. Ici, les indications que donne Elham Hoominfar sur ses recherches : « Elle mène aujourd’hui des recherches sur la justice environnementale, la gouvernance de l’eau, la marchandisation de la nature et la résistance sociale, en mettant l’accent sur l’économie politique dans les pays du Sud et du Nord. Elle travaille de même à une autre recherche sur la discrimination de genre et les mouvements de femmes en Iran. Elle travaille également sur un livre en persan portant sur la langue et la justice éducative en Iran. »
Article publié sur MR online le 13 octobre 202 2; traduction rédaction A l’Encontre
http://alencontre.org/moyenorient/iran/iran-les-principales-perdantes-de-la-revolution-de-1979-sont-les-artisanes-de-la-nouvelle-revolution.html

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« Les manifestations contre le hidjab sont désormais massives, mais une révolution nécessitera que l’armée change de camp »

Plus de trois semaines après la mort [le 16 septembre] de Mahsa Ahmini, 22 ans, pour avoir désobéi aux lois sévères de l’Iran qui rendent obligatoire le port du hidjab – ou foulard islamique – les protestations continuent de faire rage dans les rues de toutes les grandes villes. Samedi 8 octobre, les manifestants ont même réussi à pirater la plus grande chaîne d’information iranienne afin de diffuser leur message à l’ensemble du pays.

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Sous le portrait de Khamenei est écrit : « Le sang de notre jeunesse est sur vos mains. »
Au-dessous, les portraits de quatre jeunes femmes assassinées: Nika Shakarami, 16 ans,
Hadis Najafi, 20 ans, Mahsa Ahmini, 22 ans, Sarina Esmaeilzadeh, 16 ans (de g. à d.).

Une émission montrant le guide suprême, Ali Khamenei, en réunion avec des représentants de l’Etat, a été substituée par des images de manifestantes tuées [quatre femmes] dans le cadre de la violente répression de la rébellion en Iran. Le chant populaire « Femme, vie, liberté », qui est devenu le slogan des manifestations, a été incorporé dans une chanson, dont un extrait a été diffusé, de même que des appels aux téléspectateurs à « nous rejoindre et à se soulever ».

On estime que 185 personnes, dont au moins 19 enfants, ont été tuées depuis l’annonce de la mort de Mahsa Amini le 16 septembre. On rapporte que 14 membres des forces de sécurité iraniennes ont également été tués.

Les « protestations contre le hidjab » sont passées de la colère des féministes iraniennes face à la police des mœurs oppressive du pays à une volonté générale de résistance et de contestation à l’égard de la République islamique elle-même. D’amples grèves ont été signalées dans plusieurs villes [1].

Il existe des parallèles avec la révolution de 1979 qui a renversé le dernier shah d’Iran. Les femmes ont également joué un rôle majeur dans ce soulèvement, en portant le hidjab pour montrer leur refus de l’interdiction de se couvrir la tête décrétée par le père du shah [Reza Shah Pahlavie 1925-1941] en 1936 – interdiction annulée par la suite, mais qui reste un symbole de la monarchie répressive.

Mais si la révolution de 1979 a apporté l’indépendance tant recherchée vis-à-vis de l’impérialisme occidental, elle a également livré le peuple iranien à un système patriarcal autoritaire. Et le hidjab, que de nombreuses femmes avaient pris l’habitude de porter pour défier le régime du shah, est rapidement devenu un outil d’oppression des femmes par la République islamique.

Mais la montée en puissance de la police des mœurs de la République islamique, qui impose la séparation des sexes en public, et de plus en plus en privé, a porté atteinte à la liberté de tous, hommes et femmes confondus. Comme en 1979, les protestations ont été les plus vives dans les écoles et les universités, mais certains signes indiquent qu’elles s’étendent à une plus grande partie de la société. Beaucoup de gens sont en colère contre la façon dont le régime gère l’économie face aux sanctions occidentales et contre l’incompétence évidente du gouvernement de la ligne dure à négocier un accord avec Washington qui pourrait atténuer l’impact de ces sanctions.

2009 : « Ce n’est pas une révolution »
Au cours des trois dernières semaines, on m’a posé plusieurs fois les mêmes questions que lors des manifestations de masse de 2009 : « Est-ce une révolution?  Va-t-elle faire tomber le régime ? » Ma réponse se doit d’être critique. Lors du « Mouvement vert»  de 2009, des centaines de milliers d’Iraniens sont descendus dans la rue pour protester contre la réélection contestée de Mahmoud Ahmedinejad. Le meurtre [à Téhéran sur l’avenue Karegar] d’une jeune femme iranienne de 26 ans, Neda Agha-Soltan [le 20 juin 2009], abattue lors d’une manifestation antigouvernementale [par un membre de la milice paramilitaire Bassidji], avait suscité la colère de la population [une vidéo avait été rapidement diffusée et avait pris une dimension virale].

A l’époque, j’ai écrit un article pour The Guardian, qui a été titré : « Iran : this is not a revolution » (23 juin 2009). L’article soulignait les différences entre les manifestations de masse de cette année-là et la révolution de 1979 qui avait renversé le défunt shah. Parmi lesquelles je soulignais non seulement le problème que les manifestant·e·s avaient à désigner un « coupable » à incriminer, mais aussi le fait que le régime était ouvert à un certain degré de flexibilité et de concession. Le même titre pourrait être utilisé aujourd’hui pour décrire les événements récents. Et voici ce que mes recherches me suggèrent.

Tout d’abord, les gouvernements en général sont devenus plus habiles à utiliser la technologie pour gérer les populations. Les médias sociaux ont été largement utilisés en Iran, où le taux de pénétration d’Internet est élevé et où une génération de jeunes férus de technologie apprend à utiliser les outils en ligne pour mobiliser l’opposition. Mais la République islamique sait aussi contrôler le cyberespace, même ceux qui tentent d’utiliser les réseaux privés virtuels et d’autres technologies utilisées par les Iraniens pour échapper à la censure.

Et, contrairement à 1979, il n’y a pas de leader charismatique prêt à endosser un rôle révolutionnaire. Il s’agit, jusqu’à présent, d’un mouvement sans leader – et les révolutions ont généralement besoin d’une figure de proue « derrière » laquelle les gens sont prêts à assumer des risques – à leur façon, un Lénine, un Mao, un Castro ou, comme en 1979, un Ayatollah Khomeini.

Je dois juste ajouter une réserve ici. L’une des principales forces coercitives de la République islamique est le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC). Si le IRCG décidait de rester dans ses casernes ou refusait de tirer sur les manifestant·e·s si on le lui ordonnait, cela pourrait tout changer. Ce refus de provoquer de nouvelles effusions de sang devrait être généralisé et non simplement ponctuel.

Jusqu’à présent, rien n’indique que cela risque de se produire. Mais la fureur populaire suscitée par le meurtre de Mahsa Amini – ainsi que par la mort de plusieurs autres jeunes femmes pour avoir réclamé justice et liberté – ne peut que saper l’édifice en ruine de la théocratie iranienne, de plus en plus impopulaire.

[1] Lundi 10 octobre, divers réseaux indiquaient que les travailleurs de la raffinerie d’Etat d’Abadan rejoignaient les travailleurs intérimaires en grève du Complexe d’Asalouyeh, dans la province de Bouchehr, situe le long du golfe Persique. Des vidéos postées montraient des travailleurs chantant : « Cette année est l’année du sang, Seyed Ali Khamenei est fini ! » et « A bas le dictateur ». Ce dernier slogan avait été lancé par des étudiant·e·s et manifestant·e·s dès le 17-18 septembre. Les travailleurs d’Asalouyeh ont bloqué les routes avec des blocs de béton et de pierre et mis le feu à des pneus et des fûts de goudron. Nous reviendrons, dans la limite des informations qui nous proviennent, sur le développement des grèves ouvrières du secteur pétrolier, décisif dans l’économie iranienne. (Réd. A l’Encontre)

Arshin Adib-Moghaddam
Arshin Adib-Moghaddam est professeur à la School of Oriental and African Studies (SOAS), Université de Londres

Article publié sur le site The Conversation, le 10 octobre 2022 ; traduction rédaction A l’Encontre
http://alencontre.org/moyenorient/iran/iran-les-manifestations-contre-le-hidjab-sont-desormais-massives-mais-une-revolution-necessitera-que-larmee-change-de-camp.html

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Le slogan « Femme Vie Liberté »
au cœur de l’insurrection en cours en Iran

Depuis presque un mois les manifestations se poursuivent en Iran suite au meurtre de Mahsa Amini (Jina Amina), tabassée à mort par la police des mœurs. Ces contestations en cours portent sur les droits des femmes, contre la violence de la police des mœurs et de l’obligation de l’hidjab, mais elles sont indissociables du rejet du régime politique lui-même, celui de la République Islamique, qui fait l’objet d’une contestation d’une ampleur et d’une radicalité inédites.

Il existe en Iran plusieurs catégories de mouvements depuis longtemps. Même si certains étaient assez souvent marginalisés ou négligés, comme le mouvement féministe ou mouvement ethnique, ils jouent un rôle considérable dans les événements actuels. C’est donc de nombreux sentiments de mécontentement, de colère et des frustrations, au sujet des enjeux ethniques et identitaires, économiques, environnementaux, qui sont à l’origine de cette révolte qui se range derrière la cause de femmes. En effet, la cause des femmes et l’enjeu d’ethnicité sont des éléments déclencheurs qui sont à l’origine de révolte actuelle, et ont conduit à la propagation des soulèvements dans les petites comme les grandes villes du pays.  

La cause des femmes comme premier élément déclencheur des soulèvements
Lors de la cérémonie de funérailles de Mahsa Amini, plusieurs femmes auraient ôté leur voile scandant le slogan « Jin Jiyan Azadi » (Femme Vie Liberté) afin de protester. Très vite ce slogan a traversé les universités du pays particulièrement à l’université de Téhéran, Tabriz, Elmo-Sanat, Sharif, Amirkabir, etc.  

Pourquoi un tel embrasement ? Le mouvement féministe iranien actuel ne date pas du 16 septembre mais trouve ses origines dès le XIXème siècle, suite à des actes courageux de femmes comme Tahere Goratolein (1817-1852), Zeynab Pasha et ses révolutionnaires lors du mouvement de tabac (1890) contre le voile, ou la lutte de la militante des droits des femmes Hamida Javanshir (1873-1955).

Après la révolution de 1979 et avec l’obligation du hijab à partir de 1983, et particulièrement avec la transformation des Comités de la révolution islamique (l’organisation des forces de maintien de l’ordre chargée de faire respecter les règlements islamiques et les normes morales en matière de comportement social, née en 1980) en police des mœurs en 2005, sous le régime d’Ahmadinejad, les femmes, les intellectuelles, des universitaires, des journalistes et des avocates, et particulièrement les militantes féministes se sont opposées à ces mesures et ont manifesté publiquement leur désobéissance, malgré une féroce répression.

L’obligation du hijab peut être considéré comme le symbole d’une politique répressive et inégalitaire en Iran, où dès le lendemain de la révolution de 1979 de nombreuses mesures répressives et discriminatoires (des discriminations politiques, juridiques et sociales), notamment au niveau du statut personnel, ont été mises en place. Des lois et des mesures politiques qui sanctionnent les femmes et leurs droits fondamentaux tels que : le droit de choisir leurs propres vêtements, le droit égal au divorce et à la garde des enfants, le droit de voyager à l’étranger, le droit d’être présentes dans certains espaces publics (tels les stades de football ou d’autres types de stades sportifs), le droit d’exercer certains métiers ou les postes clé comme président de la République, juge, ou plusieurs autres postes militaires et religieux. C’est pourquoi plusieurs militantes féministes parlent d’un apartheid de genre ou d’une ségrégation sexuelle systématique en Iran.

À partir de 2017, on assiste à l’émergence de nouvelles formes de protestation (des protestations individuelles), avec de nouvelles générations d’activistes féministes et même à la mobilisation des groupes marginalisés et des hommes pour la cause des femmes. Le 27 décembre 2017, Vida Movahed, brandit un hijab blanc, attaché au bout d’un bâton. Son geste a eu un grand impact en Iran et d’autres femmes ont suivi son exemple dans d’autres villes jusqu’à aujourd’hui. En tant qu’une question religieuse, politique et idéologique, l’obligation du hijab peut donc être considéré comme le symbole d’une politique répressive et inégalitaire et comme un élément fondateur du régime iranien. 

La cause ethnique comme deuxième axe d’analyse de ces soulèvements
Nous ne pouvons pas analyser l’insurrection actuelle uniquement par le biais de la cause des femmes, même si cette problématique et les revendications féministes restent un élément central d’analyse. La cause ethnique est un autre axe d’analyse important. En effet, suite à la publicisation du décès de Mahsa Amini, femme de 22 ans et d’origine kurde, les partis opposants kurdes ont appelé les villes du Kurdistan iranien à participer à la grève générale. Ce qui a été suivi le 17 septembre par les commerçants et les habitants de Saqqez, ville natale de Mehsa Amini et qui a été poursuivi dans certaines petites et grandes villes de la région. Des centaines de personnes ont assisté à l’enterrement de la jeune femme et un acte protestataire s’est levé lors de la cérémonie de funérailles.

À partir du deuxième jour des protestations, les Azerbaidjanais (la minorité turque) ont rejoint la manifestation et ont soutenu les Kurdes avec le slogan d’« Azerbaïdjan s’est réveillé et soutient le Kurdistan ». Ce message de solidarité, encourageant et renforçant les protestations, s’est propagé à d’autres régions et a mobilisé d’autres groupes ethnique-religieux comme les Arabes et les Baloutches. Une manifestation pacifique a eu lieu vendredi 30 septembre, organisée par les minorités baloutches à Zahedan en soutien aux Kurdes, mais aussi en protestation contre le viol d’une jeune fille baloutche de 15 ans par un chef de police. Elle a été confrontée à une répression très sévère de la part des forces de sécurité et avec la mort de plus de 90 personnes : c’est la plus importante « répression sanglante » du mouvement actuel. Un massacre que le régime justifie par la lutte contre le séparatisme.

En fait, après une longue période, nous avons assisté à la mobilisation unifiée et à la solidarité des différents groupes ethniques en Iran autour de la cause des femmes. La genèse de la cause ethnique pour sa part remonte au début du XXe siècle, à la suite de la mise en place d’une politique assimilationniste, et de la répression envers des minorités ethniques en Azerbaïdjan  (iranien), au Kurdistan (iranien), au Khûzistân, à Baloutchistan, à Turkmène-Sahra par Reza shah Pahlavie, et une deuxième fois en décembre 1946 par le fils, c’est-à-dire Mohamad Reza Pahlavi, qui a écrasé et réprimé la République autonome d’Azerbaïdjan (juillet 1945-décembre 1946) et la république de Mahabad (janvier 1946-décembre 1946) au Kurdistan. Ces mouvements ont été gravement réprimés par le Shah d’Iran en 1946. Depuis, et surtout après la révolution de 1979 en raison de l’ampleur des discriminations et la répression envers des minorités ethniques et du racisme, on observe une augmentation des tensions et des conflits au sein de la société.

« Femme, Vie, Liberté » : vers l’émergence de nouveaux acteurs, de nouvelles revendications et de nouvelles formes de protestation
La révolte actuelle s’inscrit dans les résistances individuelles et collectives des Iraniens de plusieurs décennies. Au centre de cette révolte, le slogan « Femme Vie Liberté » symbolise la lutte contre l’apartheid de genre, une discrimination systémique et institutionnalisé imposé depuis 40 ans par le régime aux Iraniennes. Ce slogan condense les aspirations de l’ensemble des Iraniens à la liberté et le rejet du régime dictatorial. 

L’insurrection en cours peut déboucher sur une situation révolutionnaire. La contestation s’est étendue à plusieurs régions et villes du pays. Des grèves ont lieu dans différents secteurs. De nombreuses et nombreux étudiant.es, enseignant.es, artistes, avocat.es, journalistes, mais aussi lycéens et collégiens sont dressé.es contre le régime. Mais de nouveaux acteurs apparaissent à travers cette insurrection, comme une nouvelle génération de militantes féministes avec un nouveau répertoire d’action et un nouveau discours et également une nouvelle génération appelé la « génération Z », comme des jeunes lycéens ou collégiens.

Ces nouveaux acteurs marquent leur différence avec les acteurs classiques des mouvements sociaux en Iran, mettant en question d’une manière radicale, non seulement les politiques et les lois imposées par un régime théocratique (que je préfère appeler plutôt régime néosultanique), mais aussi les normes et les valeurs culturelles, traditionnelles et religieuses instaurées dans la société iranienne. La lutte, l’objectif, les ressources, les stratégies et la culture de leur d’action (en ce qui concerne les slogans, les symboles et les actes protestataires, l’utilisation des réseaux sociaux) portent visiblement la contestation de plusieurs systèmes ou régimes oppressifs, comme le régime de la république Islamique, le système patriarcal et même le système capitaliste. Ces acteurs cherchent non seulement un changement fondamental, renversement du régime mais aussi ils et elle se battent contre d’autre types de systèmes oppressifs qui existent parallèlement dans la société iranienne.

Le meurtre de Mahsa Amini n’est pas le premier exemple de la violence de la police contre les femmes. Nous pouvons citer par exemple le meurtre de Zahra Kazemi, Zahra Bani Yagoub, Elnaz Sanee, Elnaz Babazadeh, Zahra Navidpour, Khadijeh Dehqani, ou les tortures et l’arrestation subies par Sepideh Reshno, Vida Movahed, Leyla Hosseinzadeh, Sepideh Golyan, des femmes victimes soit des polices des mœurs soit des gardiens de la Révolution (appelés aussi Sepahi) ou la violence envers de la communauté LGBTQIA.  

Ces colères ont explosé tout particulièrement à travers des réseaux sociaux, et à partir du 16 septembre de nombreuses femmes ont protesté symboliquement contre le meurtre de Mahsa Amini et l’hidjab obligatoire en se coupant les cheveux ou en brûlant, brandissant dans un geste de joie, leur voile. Ce qui a été aussi suivi en tant qu’un message de solidarité par de nombreuses femmes en Turquie, au Liban, en Syrie et récemment en France. De nombreuses femmes écrivains ont également annoncé qu’elles ne publieraient plus de livres sous la tutelle et l’audit du ministère de la Culture et de l’orientation Islamique, chargé d’autoriser ou non les productions culturelles dans le pays. Dans une vidéo publiée le 4 octobre, Mahdieh Ahani la directrice du magazine de « Ban », publié dans la ville de Tabriz (en Azerbaïdjan iranien), se filmant tête nue, a brûlé courageusement son permis de travail devant la caméra tout en mettant en question l’obligation du hijab et les mesures répressives envers les femmes, la censure et la liberté d’expression.

À partir de la deuxième semaine, des étudiants et ensuite les lycéennes ont commencé à manifester dans les universités, les lycées et collèges en scandant des slogans. Leurs manifestations se sont déroulées également dans les rues ou dans les écoles tête sans voile dans plusieurs villes du pays. Les étudiants protestataires ont appelé à la grève dans les universités de Tabriz, Sharif, Téhéran, Elmo-Sanat, Ispahan, Karadj, Zanjdjan, Gilan, Kermanshah. Les étudiants protestataires lançant des slogans contre les hauts dirigeants du pays et chantant « les étudiants préfèrent la mort à l’humiliation » et « Femme, vie, liberté », ils protestaient contre le meurtre de Mahsa Amini  et l’arrestation d’étudiants interpellés lors des récentes manifestations.

Samedi 1er octobre, la police anti-émeute est intervenue avec violence à l’université de Tabriz tout en bloquant toutes les sorties et de violents affrontements ont éclaté entre étudiants et forces de sécurité. Des violents incidents similaires se sont produits dans la nuit de dimanche à lundi dans l’Université de technologie Sharif à Téhéran et aussi à l’université d’Ispahan. On recense au moins 200 personnes assassinées, parmi lesquelles 25 enfants et adolescents, des milliers de personnes arrêtées, de nombreuses et nombreux protestataires torturé.es. Pour isoler les contestataires et empêcher la diffusion des informations, le régime coupe les réseaux internet, même s’il n’y parvient que partiellement. La poursuite et l’amplification des mobilisations montrent la détermination des Iraniens à en finir avec le régime dictatorial.

Après quatre semaines, les revendications ont évolué, on ne revendique pas seulement l’abolition du hijab obligatoire et de la police des mœurs mais de toutes les violences faites aux femmes et des lois contre elles. Au-delà de la cause des femmes, les manifestants demandent le renversement du régime et ils ciblent aussi le guide suprême, plusieurs photos du guide suprême accrochées dans les espaces publics ou dans les salles de cours, des écoles et des lycées ont été brulées, déchirées, à l’école par les élèves. Les slogans ne restent pas toujours féministes mais la priorité reste pour l’instant la cause des femmes.

De ce fait, en ce moment nous sommes face à une situation révolutionnaire et donc pour la première fois la cause des femmes n’est pas minimisée au profit des autres luttes et revendications, mais elle s’articule aux luttes des minorités nationales, des groupes marginalisés, la classe moyenne et populaire contre la situation politique et économique. C’est ainsi qu’elle conduit à un soulèvement exceptionnel à travers tout le pays.

Dorna Javan
https://blogs.mediapart.fr/dorna-javan/blog/131022/le-slogan-femme-vie-liberte-au-coeur-de-l-insurrection-en-cours-en-iran

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« Femme, Vie, Liberté » : Iran, un mouvement qui vient de loin

Les mobilisations dans la jeunesse scolarisée iranienne, dont les femmes étudiantes et lycéennes sont en première ligne, ont commencé en réaction à l’assassinat d’une jeune étudiante, Masha Amini, et continuent autour de revendications communes : contre le port du voile obligatoire et la police des mœurs, pour la fin de la répression, sous le slogan de « Femme, Vie, Liberté ». Cette mise en mouvement, sa puissance numérique, est évidemment à mettre en relation avec le poids numérique du monde étudiant et lycéen (et des femmes en leur sein) ainsi qu’avec les mouvements précédents. En voici quelques éléments.

Étudiantes et étudiants en Iran

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L’Iran compte près de 5 millions d’étudiantes et d’étudiants (chiffres 2016) pour 89 millions d’habitants (données 2020). 48% des étudiants sont des étudiantes. Ce processus de féminisation est ancien. Dès 1943 une loi a rendu l’enseignement primaire obligatoire pour les filles et les garçons, en 1978, à la veille de la révolution islamique, elles constituent 37% des collégiens, 36% des lycéens et 29% des étudiants. Le nouveau régime de la République islamique introduit une rupture en recentrant l’éducation sur la religion [1], Une révolution culturelle est déclenchée par le nouveau pouvoir islamiste, entraînant la fermeture temporaire des universités (1980-1982) et donnant une impulsion décisive à l’islamisation de l’enseignement supérieur. On assiste alors à une purge massive des opposants, un contrôle idéologique et politique, des réformes idéologiques notamment en sciences humaines et sociales [2]. Toutefois la féminisation n’est pas freinée : la croissance continue, et on atteint une égalité à 1 ou 2% près selon les années à partir de 1990 [3].

Après une baisse à la fin des années 2000, la proportion de femmes dans les universités a augmenté. En 2014 on comptait 53% d’hommes et 47% de femmes au sein des universités iraniennes. mais la répartition varie fortement selon les cursus. La répartition est également différente selon le type d’université. Elles sont beaucoup plus présentes dans les universités publiques (56% de femmes) que dans les universités Azad (39%) [4]. Les femmes sont majoritaires au sein des universités iraniennes dans différents domaines, tels que la médecine et les sciences humaines [5].

1999 : premiers avertissements
En juillet 1999, l’Iran connaît les plus importantes manifestations d’opposition depuis 20 ans. Le Parlement, dominé par les conservateurs, restreint par une loi le droit de la presse. Le quotidien réformateur Salam est alors fermé. Le lendemain, 8 juillet, à Téhéran, des étudiants manifestent et s’opposent aux forces de l’ordre et aux milices. La police intervient brutalement sur le campus de la capitale et même plusieurs membres du gouvernement protestent. Le 11, les manifestations étudiantes s’étendent aux principales villes du pays. Les étudiants, malgré les interdictions de rassemblement, réclament la démission du chef de la police, dont l’attitude amène l’ayatollah Ali Khamenei lui-même à le critiquer comme irresponsable et inacceptable. Un général de police, est limogé. Mais le 13, une nouvelle manifestation étudiante, à Téhéran, dégénère en affrontements violents. Le président Khatami dénonce certaines « déviations » du mouvement de protestation qui « seront réprimées avec force » parce qu’elles « portent atteinte aux fondements du régime ». Le 14, l’Organisation de la propagande islamique effectue une démonstration de force, réunissant des centaines de milliers de personnes dans les rues de Téhéran. Les étudiants cessent leur mouvement. Le 20, dans une lettre ouverte adressée au président Khatami, vingt-quatre officiers du corps des Gardiens de la Révolution dénoncent le « laxisme » du gouvernement et menacent de ne plus tolérer davantage de « désordres » [6]. La commémoration des dix ans de ces évènements est interdite en 2009.

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Le mouvement de 2019
En 2019, un mouvement bien plus vaste – mais les mondes étudiants et lycéens se sont également renforcés en nombre, et féminisés encore – se déroule en novembre et décembre.

Il y avait bien eu des manifestations de masse en décembre-janvier 2017-2018, touchant l’ensemble du pays, mais en 2019 la portée des protestations a été beaucoup plus large, tout comme la répression. Internet avait été bloqué, il y a eu plus de 500 morts, au moins 2 500 blessés et neuf mille arrestations. Le 7 décembre, 2019 à l’occasion de la journée des étudiant.e.s, des militant.e.s universitaires iraniens ont annoncé une manifestation de solidarité avec les luttes du peuple iranien, mais aussi des peuples du Chili, du Liban, d’Irak et ailleurs. Depuis cinq années, les syndicalistes avaient fait campagne contre les politiques d’austérité de l’université et contre l’exploitation et la répression des travailleurs iraniens. Ce jour-là était publiée et lue une déclaration conjointe des syndicalistes des universités de Téhéran et d’Allameh, dont voici un extrait concernant plus particulièrement la situation des femmes [7].

« L’état actuel a été en mesure de lier la forme la plus moderne de l’exploitation avec de plus anciennes formes d’oppression. Nous sommes confrontés à un État dont les règles de droit sont influencées par l’idéologie religieuse dominante. La suppression des minorités religieuses (chrétiens, sunnites, derviches, etc.) est enracinée dans ces lois. Nous, les étudiant.e.s, défendons la liberté d’expression, la liberté de croyance et de religion, et affirmons notre solidarité dans ces revendications et ces luttes légitimes pour la libération de masse.

L’antagonisme de genre est une autre contradiction inhérente au système capitaliste, acquérant des caractéristiques spécifiques en raison du dispositif idéologique du pouvoir en Iran.

Nous, les étudiant.e.s, sommes conscient.e.s de l’importance des luttes pour l’émancipation des femmes afin de construire une société sans oppression ni exploitation, et nous considérons que toutes les formes traditionnelles et modernes d’oppression des femmes aboutissent finalement à la reproduction du capitalisme et de son existence. D’autre part, cette oppression est l’un des piliers les plus fondamentaux de l’idéologie dominante et joue un rôle décisif dans la formation de l’État au pouvoir. Les mécanismes de cette idéologie sont de contrôler et de subordonner les femmes dans tous les lieux et institutions, de la famille à l’université, au travail et dans la rue. Mais les femmes, malgré toutes leurs protestations au fil des décennies – du rassemblement des femmes en mars 1979 au rassemblement des étudiantes contre le Hijab obligatoire en mai 2019 – tout en maintenant la distance avec l’opposition conservatrice, ne sont pas restées silencieuses contre cette tyrannie. Parallèlement à ces luttes, nous, les étudiant.e.s, avons entendu la colère rugissante des femmes pour une véritable émancipation et déclarons à nouveau notre solidarité dans les luttes contre la poursuite de « l’intégration de la religion et du gouvernement » et toutes les formes de patriarcat. »

[1] Saeed Païvandi, Islam et éducation en Iran. Echec de l’islamisation de l’école en Iran, Paris,L’Harmattan, 2006
[2] Saeed Païvandi « État islamique et monde académique en Iran : la longue bataille continue », La Pensée 2020/3 (N° 403),
[3] Clotilde Reiss, « Éléments sur le système éducatif iranien », Revue internationale d’éducation de Sèvres n°49, décembre 2008.
[4] L’université islamique Azad a été crée à Téhéran en 1982, puis s’est étendue sur d’autres sites dans le pays.
[5] Fiche Iran du ministère français des affaires étrangères, avril 2017.
[6] Voir articles du Monde et Encyclopedia universalis.
[7] Texte intégral : http://www.iran-echo.com/echo_pdf/declaration_des_etudiants.pdf

http://www.germe-inform.fr/?p=4826

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En Iran, un mouvement à la détermination sans faille
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64292
En Iran, le mur de la peur est tombé
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64291
Ramin Jahanbegloo : Les Antigones de l’Iran
https://blogs.mediapart.fr/ramin-jahanbegloo/blog/141022/les-antigones-de-l-iran?userid=47bf156e-e481-48c8-975b-18c0754b21bc
Comprendre la révolte iranienne sans céder aux récupérations de tous bords
Iran : un peuple qui se soulève
Azadeh Moaveni :
Depuis une génération les femmes iraniennes n’ont jamais été aussi en colère. « C’est comme une guerre là-bas »
Najmeh Bozorgmehr : Comment les étudiant·e·s façonnent les manifestations contre le régime
Yassamine Mather : « Des pans de la population n’ont plus peur. Des secteurs “réformistes” reprennent la parole. Une certaine gauche en déconnexion avec le mouvement »
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/10/comprendre-la-revolte-iranienne-sans-ceder-aux-recuperations-de-tous-bords-et-autres-textes/
L’Iran incarcère le musicien dont l’hymne devient viral dans les manifestations
https://mondafrique.com/liran-incarcere-un-musicien-alors-que-lhymne-des-manifestations-devient-viral/
Iran : « Ce n’est pas un soulèvement que nous vivons mais une révolution »
https://www.revue-ballast.fr/iran-ce-nest-pas-un-soulevement-que-nous-vivons-mais-une-revolution/
Gh. H Saedi : « Femme ! Vie ! Liberté ! » : la révolution sociale en Iran
La révolte s’approfondit
CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa : Solidarité avec les manifestant.e.s d’Iran 
Appel à manifestation d’un collectif féministes, queers, anticapitalistes et internationalistes – Avec des groupes de gauche et démocrates
Appel à une manifestation solidaire avec les luttes d’émancipation en Iran
En solidarité avec les femmes en lutte pour l’égalité et contre la République islamique d’Iran
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/08/femme-vie-liberte-la-revolution-sociale-en-iran-autres-textes/
La répression sanglante des manifestations fait 82 morts dans l’est du pays
Le 30 septembre, les forces de sécurité iraniennes ont tué illégalement au moins 66 personnes, dont des enfants, et en ont blessé des centaines d’autres en réprimant violemment une manifestation survenue après la prière du vendredi à Zahedan, à l’Est de l’Iran. Elles ont fait usage de gaz lacrymogènes, et ont tiré sur la foule à balles réelles et à la grenaille.
https://www.amnesty.ch/fr/pays/moyen-orient-afrique-du-nord/iran/docs/2022/repression-sanglante-des-manifestations-fait-82-morts
Iran : les autorités ciblent les universités, les écoles se soulèvent
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64176
En Iran, une pluie d’arrestations et une intense répression pour faire taire la révolte

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64177
Iran : « La communauté universitaire et militante internationale demeure largement silencieuse »

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64192
Actrices et chanteuses françaises se coupent les cheveux en soutien aux Iraniennes
https://www.liberation.fr/international/moyen-orient/actrices-et-chanteuses-francaises-se-coupent-les-cheveux-en-soutien-aux-iraniennes-20221005_3DU5442IZFEQ7FGP5VEQ4GNFRA/
Jamshid Pouranpir :
 Depuis 2 semaines, l’Iran brûle. Le brasier a surpris plus d’un
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/01/depuis-2-semaines-liran-brule-le-brasier-a-surpris-plus-dun/
Frieda Afary : L’Iran manifeste contre le hijab obligatoire et la violence d’État
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/09/26/liran-manifeste-contre-le-hijab-obligatoire-et-la-violence-detat/
En Iran, la tradition féministe transcende les époques et les régimes

Janet Afary professeure de religion et d’études de genre à l’Université de Californie évoque pour « L’Orient-Le Jour » les décennies de combats acharnés des Iraniennes.
https://www.lorientlejour.com/article/1313274/en-iran-la-tradition-feministe-transcende-les-epoques-et-les-regimes.html
Las mujeres desafían al régimen 

https://vientosur.info/las-mujeres-desafian-al-regimen/
Solidarité avec les femmes iraniennes – Association italienne des femmes médecins
https://women.ncr-iran.org/fr/2022/10/01/solidarite-avec-les-femmes/
Solidarité avec toutes les femmes soumises au port du voile obligatoire !
Union syndicale Solidaires : Solidarité avec les femmes d’Iran
CNDF : Solidarité avec les femmes iraniennes
Déclaration du Syndicat des Travailleurs de la compagnie d’autobus de Téhéran et sa banlieue (VAHED) 
La CGT soutient les iraniennes et iraniens 
mobilisés pour défendre leurs Libertés
Beautiful cover of « Bella Ciao » in Persian by an Iranian woman
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/09/22/solidarite-avec-toutes-les-femmes-soumises-au-port-du-voile-obligatoire/
Femmes Soudanaises solidaires des Iraniennes
https://laboursolidarity.org/fr/n/2341/femmes-soudanaises-solidaires-des-iraniennes
Déclaration d’ONU Femmes sur les droits des femmes en Iran
https://women.ncr-iran.org/fr/2022/09/28/declaration-donu-femmes/
UNE RÉVOLUTION
https://4epk2.r.a.d.sendibm1.com/mk/mr/Mh15ogRs6KOG67jKaaailQAgh1lJw0UWgOi_CZm8h75VH1gKsPlNwQ0kNtwt3fOGYf0WIw0meB-A-Tax6zvifm2EWgl69WKwqaWElcRl0o4sKpxDfEsDYfWO9RKsLSSuhx0vvw
Interview – Protestations en Iran : « Les manifestantes contestent le voile comme un symbole religieux et politique »
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64042
Iran : après la mort de Mahsa Amini, la colère s’exprime, le régime réprime
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64041
Mort de Mahsa Amini en Iran : « Les autorités iraniennes sont dans une impasse »

https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64059
Manifestations en Iran : « La colère traverse les classes sociales, c’est inédit », estime l’historien Jonathan Piron 
https://www.francetvinfo.fr/monde/iran/manifestations-en-iran-la-colere-traverse-les-classes-sociales-c-est-inedit-estime-l-historien-jonathan-piron_5373382.html
« Il faut arrêter de faire du voile un symbole de l’islam »
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64029 
Interview – Protestations en Iran : « Les manifestantes contestent le voile comme un symbole religieux et politique »
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64042
Iran : après la mort de Mahsa Amini, la colère s’exprime, le régime réprime
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64041
Mort de Mahsa Amini en Iran : « Les autorités iraniennes sont dans une impasse »
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64059
Iran : au moins 76 morts lors des manifestations contre la mort de Mahsa Amini
Les Nations unies confirment que les forces de sécurité ont utilisé des balles réelles contre les manifestants
https://atalayar.com/fr/content/iran-au-moins-76-morts-lors-des-manifestations-contre-la-mort-de-mahsa-amini
Iran : « femme, vie, liberté », ces trois mots que le régime honnit
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64108
Les femmes iraniennes et l’avenir de l’Iran
https://blogs.mediapart.fr/ramin-jahanbegloo/blog/270922/les-femmes-iraniennes-et-l-avenir-de-l-iran
Chahla Chafiq: « 
La colonne vertébrale de l’idéologie islamiste, c’est le sexisme »
https://www.50-50magazine.fr/2022/09/29/chahla-chafiq-la-colonne-vertebrale-de-lideologie-islamiste-cest-le-sexisme/
« Vive les femmes » : malgré les risques, un engagement sans faille des footballeurs iraniens
https://www.france24.com/fr/sports/20220928-vive-les-femmes-malgré-les-risques-un-engagement-sans-faille-des-footballeurs-iraniens
Manifestations en Iran : « La colère traverse les classes sociales, c’est inédit », estime l’historien Jonathan Piron
https://www.francetvinfo.fr/monde/iran/manifestations-en-iran-la-colere-traverse-les-classes-sociales-c-est-inedit-estime-l-historien-jonathan-piron_5373382.html 
Vu du monde arabe. “Femme, vie et liberté” : la colère des Iraniennes ne tarit pas
https://www.courrierinternational.com/article/vu-du-monde-arabe-femme-vie-et-liberte-la-colere-des-iraniennes-ne-tarit-pas
Houshang Sepehr : 
Iran. Mécontentement généralisé des classes laborieuses et des démuni·e·s
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/08/15/iran-mecontentement-generalise-des-classes-laborieuses-et-des-demuni·e·s/
Appel à un rassemblement de solidarité avec les syndicalistes et enseignant·e·s d’Iran
Lettre ouverte aux délégués à la 110e session de la Conférence internationale du Travail Genève, 27 mai – 11 juin 2022
Courriers intersyndicaux envoyés aux autorités iraniennes et françaises
Iran : les travailleurs de la mine de Sungun doivent être libérés immédiatement !
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/06/07/solidarite-avec-les-syndicalistes-et-enseignant·e·s-diran-plusieurs-textes/
Plus de 9 000 fillettes de 10 à 14 ans mariées en Iran au printemps 2021
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2021/12/20/plus-de-9-000-fillettes-de-10-a-14-ans-mariees-en-iran-au-printemps-2021/
Les enfants-mères de plus en plus nombreuses, le mariage des enfants étant encouragé en Iran
https://women.ncr-iran.org/fr/2021/12/02/le-mariage-des-enfants-etant-encourage-en-iran/
Hausse des crimes d’honneur en Iran grâce aux lois misogynes
https://women.ncr-iran.org/fr/2021/11/29/hausse-des-crimes-dhonneur-iran/
Iran : intensification de la répression et du harcèlement des militants sociaux et des ouvriers 
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2021/11/21/iran-intensification-de-la-repression-et-du-harcelement-des-militants-sociaux-et-des-ouvriers/
Soutenons les nombreuses grèves qui ont lieu en Iran !
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/09/soutenons-les-nombreuses-greves-qui-ont-lieu-en-iran/ 
Iran. Les grèves dans le secteur pétrolier et leur place dans les protestations sociales. Le pouvoir de la mollahcratie s’effiloche-t-il ?
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/09/07/iran-les-greves-dans-le-secteur-petrolier-et-leur-place-dans-les-protestations-sociales-le-pouvoir-de-la-mollahcratie-seffiloche-t-il/
Iran : grève historique dans le secteur pétrolier, manifestations dans le Khouzistan et à Téhéran, droit des femmes bafouées
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/07/24/iran-greve-historique-dans-le-secteur-petrolier-manifestations-dans-le-khouzistan-et-a-teheran-droit-des-femmes-bafouees/
Les travailleurs et travailleuses iraniennes de l’industrie pétrochimique se mettent en grève
Solidarité avec les salariés du secteur pétrolier en Iran
Déclaration du Conseil d’organisation des mobilisations de protestation des travailleurs contractuels du pétrole
Déclaration n°6 du Conseil d’organisation des grèves des travailleurs du secteur pétrolier (13 juillet 2021)
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/07/01/les-travailleurs-et-travailleuses-iraniennes-de-lindustrie-petrochimique-se-mettent-en-greve/
Iran : campagne internationale pour la libération d’Esmaïl Abdi 
Les mineurs d’Asseminoun ont manifesté dans les rues de la ville de Manoojan
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/14/iran-campagne-internationale-pour-la-liberation-desmail-abdi/
Pour la libération sans condition des prisonniers politiques et d’opinion en Iran 
Iran : Solidarité avec les victimes de la répression
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/08/pour-la-liberation-sans-condition-des-prisonniers-politiques-et-dopinion-en-iran-et-appel-intersyndical/
Communiqué du Comité de soutien à Fariba, en grève de la faim et de la soif
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/12/27/iran-communique-du-comite-de-soutien-a-fariba-en-greve-de-la-faim-et-de-la-soif/
Femmes iraniennes en résistance
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/12/01/femmes-iraniennes-en-resistance/
L’Iran brûle et la gauche mondiale regarde ailleurs
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/11/29/liran-brule-et-la-gauche-mondiale-regarde-ailleurs/
Iran. Le régime fait face à une nouvelle crise
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/11/28/iran-le-regime-fait-face-a-une-nouvelle-crise/
Solidarité internationale avec le peuple iranien en lutte !
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/11/24/solidarite-internationale-avec-le-peuple-iranien-en-lutte/
Les travailleurs iraniens qui réclament des salaires impayés se sont vu infliger 14 à 18 ans de prison et des coups de fouet
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/09/21/les-travailleurs-iraniens-qui-reclament-des-salaires-impayes-se-sont-vu-infliger-14-a-18-ans-de-prison-et-des-coups-de-fouet/
Chahla Chafiq : 
Le rendez-vous iranien de Simone de Beauvoir
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/05/10/une-traversee-lucide-et-efficace-de-lhistoire-recente-de-liran/
Houshang Sepehr : 
Iran. Un tournant politique radical
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2018/03/04/iran-un-tournant-politique-radical/

Auteur : entreleslignesentrelesmots

notes de lecture

2 réflexions sur « Iran : Femme, Vie, Liberté (quelques textes) »

  1. FEMMES, VIE ET LIBERTÉ : SOUTENONS LA LUTTE DU PEUPLE D’IRAN
    Appel à rassemblement samedi 22 octobre à 13h30, Esplanade des droits de l’Homme, Place du Trocadéro

    Depuis la mort de Jina Mahsa Amini en détention après son arrestation arbitraire par la police des mœurs iranienne, la colère gronde en Iran. La terrible et sanglante répression du régime théocratique iranien a déjà causé des centaines de blessés et plus d’une centaine de morts, dont des enfants ou de très jeunes femmes, qui viennent chaque jour s’ajouter au sort de la jeune Kurde.
    Cette répression, notamment au Kurdistan, Sistan et Baloutchistan, n’entame pas la détermination de milliers de femmes et d’hommes qui, dans toutes les régions du pays, descendent chaque jour dans la rue au péril de leur vie.
    Faisant preuve d’un incroyable courage, les femmes ont été les premières à défier le pouvoir en refusant le port obligatoire du voile. Ce mouvement a vite gagné une grande partie de la jeunesse et c’est aujourd’hui une large part du peuple iranien qui se bat pour sa liberté, sa dignité, pour la démocratie et pour l’égalité.

    Pour dénoncer la répression qui s’abat sur celles et ceux qui manifestent pacifiquement.
    Pour dénoncer les violences policières, les arrestations arbitraires, les tortures et l’impunité de ceux qui les commettent.
    Pour soutenir les droits des femmes et la lutte du peuple d’Iran pour la liberté.
    Plus que jamais, chaque témoignage de solidarité compte, soyons nombreuses et nombreux à nous rassembler :

    Samedi 22 octobre à 13h30
    Esplanade des droits de l’Homme
    Place du Trocadéro

    Premiers signataires : LDH, CNDF, Ligue de défense des droits de l’Homme en Iran, Ligue des femmes iraniennes pour la démocratie, Centre culturel Pouya, Amnesty International – France, CFDT, FIDH, Fidl, Mrap, SOS racisme, Unsa

    Paris, le 20 octobre 2022
    https://www.ldh-france.org/femmes-vie-et-liberte-soutenons-la-lutte-du-peuple-diran/

  2. Comment la police des mœurs traque « l’immoralité » en Iran
    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64345

    En Irak, des jeunes Kurdes iraniens s’engagent contre Téhéran
    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64343

    En Iran, l’Internet en coupes réglées
    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64344

    Javaid Rehman, rapporteur spécial de l’ONU sur l’Iran : « C’est un Etat violent qui tue »
    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64347

    Sans voile islamique, la championne d’escalade Elnaz Rekabi défie la pesanteur du régime iranien
    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64356

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